La vie au fond de l’océan Pacifique // Life at the bottom of the Pacific Ocean

Dans une étude publiée le 8 août 2025 dans la revue Science Advances, des chercheurs chinois expliquent avoir découvert un système hydrothermal géant, jusqu’alors inconnu, au fond de l’océan Pacifique, et qui pourrait permettre de mieux comprendre les origines de la vie. Le système de Kunlun, au nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, est composé de 20 grands cratères, dont le plus grand mesure environ 1 800 mètres de diamètre et 130 mètres de profondeur. Ce groupe de cratères libère d’importantes quantités d’hydrogène qui alimentent la vie qui prospère dans tout le système.

Site hydrothermal de Kunlun, à proximité de la fosse de Mussau (Source: Xiao et al. 2025, Science Advance

Kunlun a beaucoup de points communs avec un champ hydrothermal dans l’océan Atlantique connu sous le nom de « Cité perdue », situé dans le massif sous-marin Atlantis, à l’intersection entre la dorsale médio-atlantique et la faille transformante d’Atlantis. Cependant, le site de Kunlun présente plusieurs caractéristiques qui le rendent unique, notamment sa taille extraordinaire. Il couvre une superficie d’environ 11 kilomètres carrés. Il est donc des centaines de fois plus grand que la Cité perdue.
Le système hydrothermal de Kunlun offre aux scientifiques une nouvelle perspective sur la serpentinisation des grands fonds marins, processus par lequel l’eau de mer réagit chimiquement avec les roches du manteau sous-marin pour créer des serpentines – groupe de minéraux connus pour leur couleur verdâtre – et libérer de l’hydrogène.
Les chercheurs pensent pouvoir étudier les liens potentiels entre ces émissions d’hydrogène et l’émergence de la vie à Kunlun. On pense que le système contient des fluides riches en hydrogène, semblables à l’environnement chimique de la Terre primitive.
Les auteurs de l’étude ont été surpris par le potentiel écologique du site. Ils ont observé une vie marine diversifiée avec crevettes, galatées, anémones et vers tubicoles, des espèces qui pourraient dépendre de la chimiosynthèse alimentée par l’hydrogène.

Crevettes sur des rochers dans le système hydrothermal de Kunlun.

La lumière du soleil n’atteignant pas les profondeurs océaniques, la vie au fond de l’océan ne peut donc pas utiliser la photosynthèse. Une partie de la vie dans les profondeurs océaniques dépend donc de la chimiosynthèse, qui consiste à utiliser des substances chimiques comme l’hydrogène comme source d’énergie pour produire de la nourriture. Une autre équipe de recherche dirigée par la Chine a récemment utilisé un submersible habité pour filmer des communautés basées sur la chimiosynthèse au fond du Pacifique Nord-Ouest, à environ 9 500 mètres de profondeur. Ces communautés sont rarement documentées car la grande majorité des fonds océaniques reste inexplorée.
Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont utilisé le même submersible pour cartographier le site de Kunlun et explorer quatre de ses plus grands cratères. En mesurant les concentrations d’hydrogène dans les fluides hydrothermaux de Kunlun, les scientifiques ont estimé que le champ hydrothermal produisait plus de 5% de l’hydrogène sous-marin non vivant dans le monde.
L’équipe chinoise pense que le groupe de cratères qu’elle a analysé s’est formé par étapes. D’abord, l’hydrogène s’est accumulé sous la surface et a été libéré lors d’explosions majeures. Des fractures se sont ensuite formées le long des bords et du fond des structures résultantes, en déclenchant de nouvelles éruptions intenses de fluides hydrothermaux riches en hydrogène. Ces fractures ont ensuite été lentement obstruées par des minéraux en formation, ce qui a permis à l’hydrogène de s’accumuler à nouveau et potentiellement d’alimenter d’autres explosions de moindre intensité.
Le site de Kunlun se distingue des systèmes hydrothermaux sous-marins d’origine volcanique plus courants, que l’on trouve en limite de plaques tectoniques. Ces systèmes présentent souvent des structures en forme de cheminée, comme les fumeurs noirs, avec des températures d’environ 400 °C. Les systèmes de serpentinisation comme celui de Kunlun et de la Cité perdue sont plus froids, avec des températures inférieures à 90 °C.

 

Kunlun est non seulement plus grand que la Cité perdue, mais il occupe également un emplacement plus inhabituel. La Cité perdue est proche d’une dorsale médio-océanique qui se forme le long des limites de plaques divergentes et expose la roche mantellique. En revanche, Kunlun se trouve à l’intérieur de la plaque tectonique, loin de toute dorsale. Le système Kunlun se distingue par son flux d’hydrogène exceptionnellement élevé, son échelle et son contexte géologique unique. Il démontre que la production d’hydrogène par serpentinisation peut se produire loin des dorsales médio-océaniques, et remet donc en question d’anciennes hypothèses.
Source : Live Science via Yahoo News.

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In a study published on 8 August 2025 in the journal Science Advances, Chinese researchers explain that they have discovered a giant, previously unknown hydrothermal system at the bottom of the Pacific Ocean that could shed light on the origins of life. The Kunlun system, northeast of Papua New Guinea, is made up of 20 large craters, the largest of which is about 1,800 meters wide and 130 meters deep. These craters are clustered together and they release copious amounts of hydrogen, which may feed the life that thrives throughout the system.

Kunlun is similar to an Atlantic hydrothermal field known as the Lost City, which is located on the Atlantis Massif underwater mountain range. However, Kunlun has several features that make it unique, including its extraordinary size. It covers an area of about11 square kilometers, making it hundreds of times larger than the Lost City.

The Kunlun system offers scientists a new window into deep-sea serpentinization, which is the process by which seawater chemically reacts with mantle rocks beneath the seafloor to create serpentine minerals (a group of minerals known for their greenish color) and release hydrogen.

Researchers think they can study the potential links between these hydrogen emissions and the emergence of life at Kunlun. The system is thought to have hydrogen-rich fluids that are similar to early Earth’s chemical environment.

The authors of the study were surprised at the ecological potential of the site. They observed diverse deep-sea life – shrimp, squat lobsters, anemones, and tubeworms – species that may depend on hydrogen-fueled chemosynthesis. »

Sunlight doesn’t reach the deep ocean, so life at the seafloor can’t use photosynthesis. Some life in the deep ocean therefore relies on chemosynthesis, which involves using chemicals like hydrogen as an energy source to make food. A separate Chinese-led research team recently used a crewed submersible to film chemosynthesis-based communities at the bottom of the northwest Pacific, at depths of around 9,500 meters. Such communities are rarely documented asthe vast majority of the ocean floor is unexplored.

In the new study, researchers used the same submersible to map Kunlun and explore four of its largest craters. By measuring the hydrogen concentrations in Kunlun’s hydrothermal fluids, the scientists estimated that the field produced more than 5% of the world’s non-living submarine hydrogen output.

The Chinese team proposed that the cluster of craters they documented formed in stages. First, hydrogen accumulated beneath the surface and burst out in major explosions. Fractures then formed along the edges and bottom of the resulting structures, triggering further intense eruptions of hydrogen-rich hydrothermal fluids. These fractures then slowly became blocked by forming minerals, enabling hydrogen to accumulate again and potentially fuel additional smaller-scale explosions.

Kunlun is different from the more common volcano-powered hydrothermal seafloor systems found at plate boundaries. These systems often feature chimney-like structures, such as black smokers, with temperatures about 400 degrees Celsius. The serpentinization systems like Kunlun and the Lost City are cooler, with temperatures below 90° C.

Kunlun is not only bigger than the Lost City, it’s also in a more unusual location. The Lost City is close to a mid-ocean ridge, which form along diverging plate boundaries and expose mantle rock, while Kunlun is in the interior of its plate, far from any ridge.The Kunlun system stands out for its exceptionally high hydrogen flux, scale, and unique geological setting, It shows that serpentinization-driven hydrogen generation can occur far from mid-ocean ridges, challenging long-held assumptions.

Source : Live Science via Yahoo News.

Belle activité éruptive sur l’Etna (Sicile) // Nice eruptive activity on Mount Etna (Sicily)

Dans son dernier bulletin diffusé vers 20h45 (heure locale) le 27 décembre 2025, l’INGV indique que ce même jour à 18h48, une série de fortes explosions a débuté au cratère Nord-Est de l’Etna, avec projection de matériaux pyroclastiques sur l’ensemble du cône et bien au-delà de sa base. Des explosions stromboliennes sporadiques se produisaient au moment de la publication du bulletin.
Parallèlement, l’activité s’est intensifiée au niveau de la bouche située sur le flanc supérieur de la Voragine. Elle est le siège d’une fontaine de lave continue de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La coulée de lave émise par une bouche à la base est de la Voragine continue d’être alimentée. Elle a parcouru environ 1,8 km vers l’est, en direction de la Valle del Bove.

L’amplitude moyenne du tremor éruptif s’est stabilisée, bien qu’à des valeurs élevées.

L’analyse des données de déformation du sol ne révèle aucun changement significatif.

Source : INGV.

Image webcam de l’Etna ce matin

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Après l’émission de volumineux panaches de cendres dans la matinée du 28 décembre, l’activité se situe ce soir au niveau de la bouche située sur le flanc supérieur de la Voragine. Elle est le siège d’une activité strombolienne continue avec des projections de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La coulée de lave mentionnée précédemment ne semble plus active et a cessé sa progression.

Panaches de cendres émis par le Cratère Nord-Est

Images webcam de l’activité sur le flanc de la Voragine le 28 décembre 2025

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In its latest bulletin, issued around 8:45 PM (local time) on December 27, 2025, the INGV reported that earlier that day, at 6:48 PM, a series of powerful explosions began at Mount Etna’s Northeast Crater, ejecting pyroclastic material over the entire cone and well beyond its base. Sporadic Strombolian explosions were occurring at the time the bulletin was published.
Concurrently, activity intensified at the vent on the upper flank of the Voragine. A continuous lava fountain, several tens of meters high, is erupting there. The lava flow from a vent at the eastern base of the Voragine continues to be well fed. It has traveled approximately 1.8 km eastward, toward the Valle del Bove.

The average amplitude of the eruptive tremor has stabilized, although at high levels. Analysis of ground deformation data reveals no significant changes.
Source: INGV.

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Following the emission of voluminous ash plumes on the morning of December 28, activity this evening is concentrated at the vent on the upper flank of the Voragine, with continous Strombolian activity and ejections reaching several tens of meters in height. The lava flow that had been mentioned previously is no longer active.

Nouvelle méthode d’alerte précoce des éruptions volcaniques // New early warning method for volcanic eruptions

En volcanologie, l’expérience m’a appris à me méfier des annonces tonitruantes qui, au final, font Pschitt ! et ne font pas avancer la science. C’est pourquoi je reçois avec la même prudence l’annonce par l’Institut Physique du Globe de Paris (IPGP) d’une nouvelle méthode – baptisée « Jerk » – qui permettrait d’accélérer l’alerte précoce des éruptions volcaniques.

Force est d’admettre qu’aujourd’hui nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques les plus dangereuses, celles produites par les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. La plupart du temps, les populations sont évacuées après le déclenchement des éruptions. S’agissant des volcans effusifs comme le Kilauea, l’urgence est beaucoup moins grande car il suffit de se déplacer pour éviter les coulées de lave lorsqu’elles apparaissent. J’ai tendance à appeler le Kilauea ou le Piton de la Fournaise des volcans d’opérette avec des éruptions pour touristes.

La prévision éruptive ne prend son sens que si les scientifiques sont en mesure d’alerter les autorités et les populations. Dans une étude publiée dans le journal Nature Communications, des chercheurs et ingénieurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et du GFZ Helmholtz Centre for Geosciences proposent une nouvelle méthode de détection, baptisée « Jerk » (en français «secousse » ou « saccade », même si ce terme peut avoir un sens plus péjoratif), capable d’identifier en temps réel des signaux précurseurs très précoces des éruptions volcaniques à partir d’un seul instrument sismologique.

L’IPGP nous explique que la méthode « Jerk » permet de détecter en temps réel des mouvements extrêmement subtils du sol liés aux injections de magma en profondeur. Ces signaux, appelés signaux Jerk, se manifestent sous la forme de transitoires à très basse fréquence observés dans les mouvements horizontaux du sol, à la fois en accélération et en inclinaison. Les auteurs montrent qu’ils sont probablement générés par les processus de fracturation dynamique de la roche précédant une éruption. D’une amplitude de l’ordre de quelques nanomètres par seconde cube (nm/s³), ces signaux peuvent être détectés à l’aide d’un seul sismomètre à très large bande, moyennant un traitement spécifique intégrant notamment la correction des marées terrestres.

En avril 2014, l’outil a été implémenté à l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) comme un module entièrement automatisé du système WebObs, en exploitant les données d’une station sismologique du réseau mondial Geoscope située à 8 km du sommet du volcan (Rivière de l’Est).

Dès le 20 juin 2014, une première alerte a été envoyée 1 heure et 2 minutes avant le début de l’éruption. Durant plus de 10 années, ce système de détection et d’analyse des signaux Jerk a fonctionné en continu 24h/24, permettant d’émettre des alertes automatiques pour 92 % des 24 éruptions qui se sont produites entre 2014 et 2023. Les délais d’alerte varient de quelques minutes à 8,5 heures avant que le magma n’atteigne la surface. La méthode a également été testée sur les données de 24 anciennes éruptions entre 1998 et 2010, montrant que l’alerte Jerk fonctionne de façon systématique. Le système a cependant fait quelques erreurs en émettant des alertes claires mais non suivies d’éruptions.

Toujours avec les populations à l’esprit, c’est le délai d’alerte qui me semble le plus important. Si l’alerte ne se déclenche que quelques minutes avant la sortie de la lave, il est évident qu’elle ne sert à rien.

Lors de la dernière crise sismique au Piton de la Fournaise le 5 décembre 2025, associée à de faibles déformations et anomalies de gaz, un petit signal Jerk a été émis (seulement 0,1 nm/s3), confirmant qu’une intrusion de magma avait bien eu lieu. Bien, mais fin décembre, le magma n’a toujours pas percé la surface ! Heureusement, aucune population n’a été évacuée et mise à l’abri dans des centres d’hébergement provisoires. Car c’est là que se trouve l’intérêt d’une prévision éruptive digne de ce nom : savoir prévoir une éruption et évacuer des populations dans des délais raisonnables.

Comme le rappelle l’IPGP, le Piton de la Fournaise est un volcan laboratoire très instrumenté et surveillé,mais c’est un volcan inoffensif d’un point de vue humain. Il est urgent de tester la méthode Jerk sur d’autres volcans plus dangereux et peu instrumentés, avec des populations à risque. L’Etna pourrait servir de tremplin vers les volcans philippins ou indonésiens.

Source : IPGP.

Le Piton de la Fournaise est un excellent volcan laboratoire (Photo: C. Grandpey)

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In volcanology, experience has taught me to be wary of sensational announcements that ultimately fizzle out and don’t help science to progress. That’s why I receive with the same caution the announcement by the Paris Institute of Earth Physics (IPGP) of a new method—dubbed « Jerk »—that is supposed to accelerate the early warning of volcanic eruptions.
Xwe are forced to admit today that we are not able to predict the most dangerous volcanic eruptions, those produced by the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire. Most of the time, populations are evacuated after eruptions begin. With effusive volcanoes like Kilauea, the urgency is much less significant because one just neeeds to move a few steps away to avoid the lava flows when they appear. I tend to call Kilauea or Piton de la Fournaise « opera-style volcanoes » with eruptions for tourists.
Eruptive prediction is only meaningful if scientists are able to alert authorities and the public. In a study published in the journal Nature Communications, researchers and engineers from the IPGP and the GFZ Helmholtz Centre for Geosciences propose a new detection method, called « Jerk », capable of identifying very early precursor signals of volcanic eruptions in real time using a single seismological instrument.
The IPGP explains that the « Jerk » method makes it possible to detect extremely subtle ground movements in real time, linked to deep magma injections. These signals, called Jerk signals, appear as very low-frequency transients observed in horizontal ground movements, both in acceleration and inclination. The authors show that these signals are likely generated by the dynamic fracturing processes of the rock preceding an eruption. With an amplitude on the order of a few nanometers per cubic second (nm/s³), these signals can be detected using a single very broadband seismometer, provided that specific processing is implemented, notably incorporating correction for Earth tides.
In April 2014, the tool was implemented at the Piton de la Fournaise Volcanological Observatory (OVPF) as a fully automated module of the WebObs system, using data from a seismological station of the Geoscope global network located 8 km from the summit of the volcano (Rivière de l’Est).
On June 20, 2014, an initial alert was sent 1 hour and 2 minutes before the start of the eruption. For over 10 years, this Jerk signal detection and analysis system operated continuously, 24/7, enabling automatic alerts for 92% of the 24 eruptions that occurred between 2014 and 2023. Alert times ranged from a few minutes to 8.5 hours before magma reached the surface. The method was also tested on data from 24 past eruptions between 1998 and 2010, demonstrating that the Jerk alert system works consistently. However, the system did make some errors, issuing clear alerts that were not followed by eruptions. Always keeping the population in mind, the alert time seems to me to be the most important factor. If the alert is triggered only a few minutes before the start of an eruption, it is clearly useless.
During the last seismic crisis at Piton de la Fournaise on December 5, 2025, associated with minor deformations and gas anomalies, a small jerk signal was emitted (only 0.1 nm/s³), confirming that a magma intrusion had indeed occurred. However, by the end of December, magma has still not pierced the surface! Fortunately, no population needs to be evacuated or sheltered in temporary accommodation centers. This is precisely where the value of a truly reliable eruption prediction lies: being able to predict an eruption and evacuate populations within a reasonable timeframe.
As the IPGP points out, Piton de la Fournaise is a highly instrumented and monitored laboratory volcano, but it is harmless from a human perspective. It is urgent to test the jerk method on other, more dangerous and less instrumented volcanoes with at-risk populations. Mount Etna could serve as a springboard to volcanoes in the Philippines or Indonesia.
Source: IPGP

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Le 20 décembre 2025, une éruption de boue s’est produite au niveau du Black Diamond Pool, dans le Parc national de Yellowstone. Une vidéo partagée par l’USGS sur les réseaux sociaux montre de la boue en train de jaillir du Biscuit Basin, à mi-chemin entre l’Old Faithful et le Grand Prismatic. Il se peut que d’autres éruptions soient passées inaperçues si elles ont eu lieu de nuit ou lorsque la caméra était masquée par la glace.
Le Black Diamond Pool a déjà été le théâtre d’une explosion hydrothermale en juillet 2024. Elle avait projeté des roches et de la boue à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et endommagé une passerelle. Cet incident avait entraîné la fermeture de la zone aux visiteurs en raison des dégâts et du risque de nouvelles explosions.
Voici une vidéo de l’éruption du 20 décembre :
https://youtu.be/U6lBFU1mL5s

Source : Service des parcs nationaux.

Éruption du 20 décembre 2025 (Source : NPS)

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En Indonésie, les autorités locales mettent en garde contre le danger des coulées pyroclastiques et des lahars. Le 21 décembre 2025, une importante coulée de boue, déclenchée par de fortes pluies sur le Semeru, a piégé un mineur de sable dans la rivière Regoyo, dans l’est de l’île de Java. L’homme a survécu sans être emporté par les eaux. Par ailleurs, un camion a également été bloqué par la crue. De plus, les routes menant à trois hameaux ont été coupées par la coulée de boue.
Voici une courte vidéo de l’incident :

https://www.youtube.com/shorts/E9ZGFZaOgwU?feature=share

Source : presse indonésienne.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Merapi (Java) se poursuit. Ces derniers jours, le dôme de lave sud-ouest a généré entre 3 et 36 avalanches par jour ; elles ont parcouru jusqu’à 1,5 km vers le sud-ouest dans la ravine de la Bebeng, 1,8 km dans celle de Sat/Putih et 1,8 km dans celle de la Krasak. Une coulée pyroclastique a dévalé le flanc du volcan sur 1,5 km le 20 décembre 2025. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est conseillé au public de se tenir à une distance d’au moins 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Source : PVMBG.

Dôme du Merapi (Photo: C. Grandpey)

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Dans sa dernière mise à jour du 23 décembre 2025, le Met Office islandais indique que l »accumulation de magma sous Svartsengi demeure lente mais régulière, comparable à celle des dernières semaines. Tant que cette accumulation se poursuit, la probabilité d’une éruption reste élevée ; cependant, l’incertitude quant à la date de la prochaine éruption augmente lorsque l’accumulation est lente, comme c’est le cas actuellement. Compte tenu du rythme actuel d’accumulation, cette incertitude s’étend sur plusieurs mois. Le constat est simple : personne ne sait quand se produira la prochaine éruption !
Les mesures et les modélisations montrent que depuis mars 2024, le volume de magma nécessaire pour déclencher une éruption a augmenté. La quantité de magma accumulée sous Svartsengi entre les éruptions depuis cette date oscille entre 17 et 23 millions de mètres cubes. Depuis la dernière éruption en juillet 2025, un peu plus de 18 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi.

Volume de magma accumulé sous Svartsengi depuis décembre 2023. Les barres orange représentent le volume accumulé entre les éruptions. La barre rouge représente le volume accumulé entre l’éruption de juillet 2025 et aujourd’hui.

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Débuté le 23 décembre 2025 à 20h20 (heure locale), l’Épisode 39 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a brutalement pris fin le 24 décembre 2025 à 2h13, après environ six heures de fontaines de lave ininterrompues. Les fontaines émises par la bouche sud ont atteint une hauteur de 420 mètres, tandis que celles de la bouche nord ont culminé à près de 280 mètres. Cet Épisode 39 a produit environ 10 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen, calculé à partir des deux fontaines, a dépassé 190 mètres cubes par seconde. Les coulées de lave ont recouvert environ 60 à 70 % du plancher du cratère de l’Halema’uma’u.
Source : HVO.

Fontaines de plus de 400 m de hauteur (image webcam)

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Dans son dernier rapport hebdomadaire, l’’IGP indique que le Sabancaya (Pérou) poursuit son activité éruptive. Au cours de la semaine écoulée, une explosion d’intensité modérée a été détectée, avec une colonne de cendres et de gaz qui est montée à 1 300 m au-dessus du sommet du volcan. L’IGP a également enregistré une activité sismique liée à la circulation des fluides magmatiques et à la fracturation interne de roches. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique reste Orange.

Crédit photo: IGP

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Les images satellites de Home Reef (arc volcanique de Tofua / Tonga) montrent qu’entre le 17 et le 22 décembre 2025, de nouveaux lobes de lave se sont formés dans plusieurs directions à partir d’un cratère situé au centre de l’île. Les coulées à l’est et au sud-est ont atteint l’océan et ont étendu le littoral d’environ 100 m. Des anomalies thermiques ont également été observées au sommet de l’île.
Source : Copernicus.

Home Reef en décembre 2025 (Source : Copernicus Sentinel-2)

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une activité éruptive est toujours observée au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima. Une incandescence nocturne du cratère est visible sur les images des webcams et de petites éruptions sont parfois détectées. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5) et le public est invité à la prudence dans un rayon de 2 km autour des cratères Minamidake et Showa.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Puracé (Colombie). La sismicité est caractérisée par de brefs épisodes de trémor, des signaux longue période indiquant des mouvements de fluides et des périodes de trémor continu. La sismicité se situe à des profondeurs inférieures à 2 km. Les émissions de gaz et de cendres s’élèvent entre 600 et 1 700 m au-dessus du sommet. D’importantes émissions de SO₂ sont détectées sur les images satellitaires. Les températures élevées dans la zone du cratère sont probablement liées aux émissions de gaz à haute température. Des retombées de cendres sont toujours signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Servicio Geologico Colombiano.

Cratère du Puracé (Crédit photo : SGC)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala), avec des explosions stromboliennes quotidiennes. Des grondements et des ondes de choc sont toujours signalés. Des explosions projettent parfois des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs incandescents dévalent plusieurs ravines, atteignant parfois la végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Le 18 décembre 2025, des lahars ont dévalé trois ravines, emportant des branches d’arbres, des troncs, des matériaux volcaniques et des blocs atteignant 3 mètres de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Krasheninnikov et le Sheveluch. Elle est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.

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Dernière minute : Pour le moment la situation n’est pas inquiétante, mais il semblerait que l’Etna (Sicile) ait choisi la veille de Noël pour rappeler aux Siciliens qu’il est toujours en vie. Une hausse d’activité est observée par l’INGV et l’alerte aérienne (VONA) est passée à la couleur Jaune (niveau 2, avant l’Orange et le Rouge). Les instruments montrent une activité strombolienne à l’intérieur du Cratère Nord-Est, accompagnée d’une hausse du tremor. Le dernier bulletin de l’INGV (26 décembre 2025) fait état de projections  de matériaux incandescents qui retombent parfois sur le flanc du cône, et l’émission de quantités modestes de cendres volcaniques. Le nuage éruptif est transporté par le vent en direction nord-est, et de légères retombées de cendres ont été signalées à Piano Provenzana et Taormina.

Des explosions stromboliennes sporadiques se sont également produites durant la nuit dans la Bocca Nuova, en particulier au niveau de la bouche BN-2, avec l’éjection de matériaux incandescents
jusqu’à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du cratère.

Source: INGV.

Source : INGV

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Dernière minute : L’activité du volcan de boue Piparo (Trinité-et-Tobago) a commencé à s’intensifier tôt le 24 décembre 2025 et s’est poursuivie jusqu’à Noël, avec des projections de boue jusqu’à 4,60 m de hauteur et des dégâts aux routes, habitations et infrastructures environnantes. Plusieurs maisons situées aux alentours du volcan ont signalé des fissures et des effondrements de murs en raison de la hausse d’activité depuis mercredi. Les autorités ont confirmé la présence de soulèvements du sol et de fréquentes éruptions du volcan de boue toutes les 10 à 20 secondes. Les éruptions étaient audibles jusqu’à 15-30 m du site.

La dernière éruption majeure du volcan remonte au 22 février 1997, lorsqu’il a projeté de la boue et des débris à 61 m de hauteur, recouvrant une superficie de 2,5 km². Plus de 300 personnes ont été évacuées. 31 familles ont été déplacées, et des animaux domestiques et du bétail ont péri lors de l’événement.

https://www.youtube.com/watch?v=mCYTPWIIsdo&pp=ygUgUGlwYXJvIG11ZCB2b2xjYW5vIGRlY2VtYmVyIDIwMjU%3D

Le volcan est resté relativement inactif jusqu’à l’éruption majeure de 2019, qui a provoqué des fissures et des effondrements de murs, affectant plusieurs maisons du secteur.

Source: The Watchers.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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On 20 Decembern 2025, a muddy eruption occurred at Black Diamond Pool in Yellowstone National Park. Video shared by the USGS on social media shows mud spraying up and out from the pool in Biscuit Basin which is located about midway between Old Faithful and Grand Prismatic. Other recent eruptions have mostly been audible and not visible, because they happened either at night or when the camera was obscured by ice.

Black Diamond Pool was previously the site of a hydrothermal explosion, in July 2024, that sent rocks and mud flying tens of meters high and damaged a boardwalk. It prompted the closure of the area to visitors due to the damage and the potential for additional hazardous activity.

Source : National Park Service.

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In Indonesia, local authorities warn against the dangers of pyroclastic flows and lahars. A large lahar triggered by heavy rains on Mount Semeru trapped a sand miner in the Regoyo River in East Java, on December 21, 2025. The man survived without being swept away. Meanwhile, a truck was also reportedly stranded by the flood. In addition, roads leading to three hamlets were reportedly cut off by the mudflow.

Source : Indonesian news media.

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Still in Indonesia, the eruption at Merapi (Java) continues. During the past days, the SW lava dome produced 3-36 daily lava avalanches that traveled as far as 1.5 km SW down the Bebeng drainage, 1.8 km down the Sat/Putih drainage, and as far as 1.8 km SW down the Krasak drainage. A pyroclastic flow traveled 1.5 km down the flanks on 20 December 2025. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is advised to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Source : PVMBG.

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In its latest update of 23 December 2025, the Icelandic Met Office indicates that magma accumulation beneath Svartsengi remains slow but steady, comparable to recent weeks. As long as magma accumulation continues, the likelihood of an eruption remains elevated; however, uncertainty regarding the timing of the next eruption increases when magma accumulation is slow. Given the current rate of accumulation, the uncertainty in timing spans several months. It’s easy to conclude that nobody knows when the next eruption will occur !

Measurements and modelling indicate that since March 2024, the volume of magma required to trigger an eruption has increased. The amount of magma that has accumulated beneath Svartsengi between eruptions since that time has ranged between 17 and 23 million cubic metres. Since the last eruption in July 2025, just over 18 million cubic metres of magma has accumulated beneath Svartsengi.

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Started at 8:20 pm (local time) on December 23, 2025, Episode 39 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended abruptly at 2:13 a.m. on December 24, 2025 after about 6 hours of continuous fountaining. Lava fountains from the south vent reached up to 420 m while north vent fountains were just under 280 meters at their heighest. Episode 39 fountains produced an estimated10 million cubic meters of lava. The global average eruption rate was over 190 cubic meters per second from the dual fountains. Lava flows covered about 60-70% of the floor of Halemaʻumaʻu crater.

Source : HVO.

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In its latest weekly report, the IGP indicates that Sabancaya (Peru) continues its eruptive activity. During the past week, a moderate explosion was detected, with a column of ash and gas rising 1,300 meters above the volcano’s summit. The IGP also recorded seismic activity related to the circulation of magmatic fluids and internal fracturing of rocks. Consequently, the volcanic alert level remains Orange.

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Satellite images of Home Reef (Tofua volcanic arc / Tonga) showed that between 17-22 December 2025 new lobes of lava advanced in multiple directions from a crater the center of the island. Flows to the E and SE each entered the ocean and extended the coastline by about 100 m. Thermal anomalies were also observed over the summit. .

Source: Copernicus.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that eruptive activity is still observed at Sakurajima‘s Minamidake Crater. Nightly crater incandescence is visible in webcam images and small eruptive events are occasionally detected. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and the public is advised to be cautious within 2 km of both the Minimadake and Showa craters.

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Eruptive activity continues at Puracé (Colombia). Seismicity is characterized by pulses of tremor, long-period signals indicating fluid movement, and periods of continuous tremor. The seismicity is located at depths of less than 2 km. Gas-and-ash emissions are rising 600-1,700 m above the summit. Significant SO2 emissions are detected in satellite data. Elevated temperatures in the crater area are possibly associated with the emissions of hot gases. Ashfall is still reported in several communities. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Servicio Geologico Colombiano.

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with daily Strombolian explosions. Occasional rumbling sound and shock waves associated with gas emissions are reported. Explosions occasionally eject incandescent material as high as 300 m above the summit. Incandescent block avalanches descend several drainages, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall is reported in areas downwind. On December 18, 2025, lahars descended three drainages, carrying tree branches, trunks, volcanic material, and blocks as large as 3 meters in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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In Kamchatla, the aviation color code is kept at Orange for Krasheninnikov and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

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Last minute: For the moment, the situation is not alarming, but it seems that Mount Etna (Sicily) chose Christmas Eve to remind Sicilians that it is still alive. An increase in activity has been observed by the INGV, and the aviation color code (VONA) has been raised to Yellow (level 2, before Orange and Red). Instruments are showing Strombolian activity inside the Northeast Crater, accompanied by an increase in the tremor. The latest INGV bulletin (December 26, 2025) reported ejections of incandescent material that occasionally fell back onto the flank of the cone, and the emission of modest quantities of volcanic ash. The eruptive cloud is being carried by the wind in a northeast direction, and light ashfall has been reported in Piano Provenzana and Taormina.

Sporadic Strombolian explosions also occurred overnight in Bocca Nuova, particularly at vent BN-2, with incandescent material being ejected up to several tens of meters above the crater.

Source: INGV.

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Activity at the Piparo Mud Volcano (Trinidad and Tobago) began increasing early on December 24, 2025, and continued through Christmas, ejecting mud up to 4.6 m into the air and damaging roads, homes, and nearby infrastructure. Multiple homes in areas around the volcano have reported cracks and wall collapses due to the increasing activity since Wednesday.. Officials confirmed visible cracks, ground uplift, and frequent eruptions occurring every 10–20 seconds. The eruptions were audible up to 15–30 m away from the site

The last major eruption at the volcano occurred on February 22, 1997, when it erupted mud and debris 61 m into the air, covering an area of 2.5 km². This forced the evacuation of over 300 people. Thirty-one families were displaced, while some pets and livestock were killed during the incident.

https://www.youtube.com/watch?v=mCYTPWIIsdo&pp=ygUgUGlwYXJvIG11ZCB2b2xjYW5vIGRlY2VtYmVyIDIwMjU%3D

The volcano remained relatively dormant until its next major burst in 2019, when it caused cracks and wall collapses affecting multiple homes in the area.

Source: The Watchers.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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