Nouvelles du Stromboli et de l’Etna (Sicile / Italie)

La webcam ‘live’ du Stromboli montre que l’activité est relativement soutenue en ce moment, avec de belles gerbes incandescentes relativement fréquentes Ces observations sont confirmées par le Laboratoire de géophysique Expérimentale (LGS) qui précise que cette activité se caractérise par de puissantes émissions de gaz au niveau du cratère NE et par des explosions au niveau de ce même cratère NE et du cratère central C. S’agissant de la sismicité, les événements VLP ont une amplitude moyenne. Le tremor montre des valeurs moyennes. Les émissions de SO2 dans la partie NE de la terrasse cratérique continuent à montrer des valeurs moyennes.

En résumé, l’activité du Stromboli est intéressante mais n’a rien d’exceptionnel. Comparent mes observations personnelles sur le terrain il y a quelques années et l’activité actuelle, j’ai eu l’occasion de passer des nuits beaucoup plus intenses et bruyantes sur la Cima….dont l’accès était autorisé !

 

Dans son bulletin hebdomadaire couvrant la période du 11 au 17 janviers 2019, le Laboratoire de Géophysique expérimentale (LGS) indique que l’on observe actuellement sur l’Etna une activité explosive périodique qui génère un signal d’amplitude moyenne. Cela correspond à des événements essentiellement situés dans la Bocca Nuova et la Voragine. A noter qu’une nouvelle bouche s’est ouverte sur la paroi interne de ce dernier cratère, à une quarantaine de mètres au NO de la petite bouche qui était apparue en août 2016. Selon Carmelo Ferlito, cette nouvelle bouche émet des gaz, fait entendre des explosions et montre probablement de l’incandescence de nuit.  Les anomalies thermiques de basse intensité détectées par les satellites confirment cette activité. Le tremor se maintient à un niveau bas.

———————————————————

The ‘live’ webcam of Stromboli shows that activity is relatively sustained at the moment, with nice ejections of incandescent materials. These observations are confirmed by the Laboratory of Experimental Geophysics (LGS) which specifies that this activity is characterized by powerful gas emissions at the NE crater and explosions at the NE crater and central crater C. Regarding seismicity, VLP events have a medium amplitude. The tremor shows medium values. SO2 emissions in the NE portion of the crater terrace continue to show medium values.
In short, the current activity of Stromboli is interesting but not exceptional. Comparing my personal observations on the ground a few years ago and the current activity, I must say I had the opportunity to observe much more intense and noisy nights at the Cima … .whose access was not prohibited!

In its weekly bulletin for the period from 11 to 17 January, 2019, the Laboratory of Experimental Geophysics (LGS) indicates that there is currently on Mt Etna a periodic explosive activity that generates a signal of medium amplitude. This corresponds to events mainly located in the Bocca Nuova and Voragine. A new vent has opened on the inner wall of this crater, about 40 metres from the vent that appeared in August 2016. According to Carmelo Ferlito, the new vent emits gases accompanied by explosions and probably shows incandescence at night. , The low intensity thermal anomalies detected by the satellites confirm this activity. The tremor stays at a low level.

Photos: C. Grandpey

Mt Agung (Bali / Indonésie) & Ambrym (Vanuatu)

Selon le Centre de gestion des risques, l’Agung a connu un nouvel épisode éruptif le 21 janvier 2019 à 17 heures (heure locale). Le sismogramme montre que l’éruption a duré 1 minute et 12 secondes avec une amplitude maximale de 23 millimètres. Les mauvaises conditions météo ont empêché d’évaluer la quantité de cendre émise par le volcan pendant l’éruption.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (siaga) sur une échelle de quatre niveaux.
Les habitants, les randonneurs et les touristes doivent respecter le rayon de 4 km de la zone de danger.

La sismicité est assez forte au Vanuatu ces temps-ci. Plusieurs événements tectoniques ont été enregistrés au cours des derniers mois. Un événement peu profond d’une magnitude de M 6,6 a été enregistré près des côtes du Vanuatu le 15 janvier 2019.
Des témoins ont indiqué que des séismes liés à l’activité volcanique à Ambrym ont ouvert des fractures dans le sol au cours du mois écoulé. Elles ont endommagé des villages entiers et entraîné l’évacuation de 700 personnes. Ces dernières ont été transférées dans des zones plus sûres de l’île. Jusqu’à présent, il n’est pas prévu de les transférer dans d’autres îles. Toutefois, si l’activité volcanique s’intensifie, il est envisagé de les déplacer à Malekula, l’une des grandes îles de la province.
L’activité volcanique est actuellement faible et le niveau d’alerte reste à 3. La zone de danger reste d’environ 2 km autour de Benbow et à 4 km autour de Marum (voir carte). Une autre zone de risque se situe à moins de 3 km des principales fractures au sud-est d’Ambrym.
Bien qu’elle soit inférieure à celle de décembre 2018 et non ressentie par la population, la sismicité persiste à Ambrym. GeoHazards indique qu’elle est lié à l’activité volcanique actuelle. Elle pourrait continuer d’affecter les fractures existantes, en particulier dans le sud-est d’Ambrym. Les dernières images satellitaires confirment la déformation du sol à Ambrym, ce qui signifie que la population de l’île et des îles voisines doivent s’attendre à plus de séismes, de gaz volcaniques et de retombées de cendre.
Source: GeoHazards, The Watchers.

————————————————-

According to the Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation, Mount Agung erupted on January 21st, 2019 at 5 p.m. (local time). The seismogram shows that the eruption lasted 1 minute and 12 seconds with a maximum amplitude of 23 millimetres. Foggy weather prevented from measuring the amount of ash the volcano spewed during the eruption.

The alert level is kept at 3 (siaga) on a four-level scale.

Residents, climbers and tourists should steer clear of the danger zone within a 4-kilometer radius of the crater.

 

Seismicity is quite hjgh in Vanuatu these days. Several tectonic earthquakes have been recorded during the past months. A strong and shallow event with an M 6.6 magnitude hit near the coast of Vanuatu on January 15th, 2019.

Witnesses indicate that other earthquakes related to volcanic activity at Ambrym opened fissures in the ground during the past month. They damaged entire villages, forcing the evacuation of 700 people. These persons are being relocated to safer zones on the island. There are so far no plans to relocate them to other islands. Should volcanic activity intensify, there is a plan to move them to Malekula, one of the big islands in the province.

Volcanic activity is currently low and the alert level remains at 3. The danger zone remains about 2 km around Benbow and 4 km around Marum (see map). The additional area of risk is within 3 km from major cracks in the South East of Ambrym.

Although it is lower than in December 2018 and not felt by the population, seismicity persists at Ambrym. GeoHazards indicates it is related to the current volcanic activity. It may continue to affect the existing cracks, especially in the South East Ambrym area. The latest satellite imagery confirms ongoing land deformation at Ambrym, which means the population of the island and neighbouring ones may expect more earthquakes, volcanic gases and ashfall at any time.

Source : GeoHazards, The Watchers

 Fractures provoquées par l’activité sismique à Ambrym (Source: strangesounds.org)

Zones de sécurité sur l’île d’Ambrym (Source: GeoHazards)

Le nouveau périmètre de sécurité de La Soufrière (Guadeloupe)

Comme je l’indiquais précédemment, le préfet de la Guadeloupe a pris un nouvel arrêté de délimitation du périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière. Comme il fallait s’y attendre, l’accès est très sensiblement restreint.

Le nouvel arrêté fait suite aux recommandations de l’Observatoire qui a constaté au cours des derniers mois une augmentation de l’activité sismique et fumerollienne sur le volcan. Il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, mais la déformation du dôme due à des phénomènes hydrothermaux en profondeur provoque des événements à la surface. L’activité des fumerolles est plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, avec risque de projections de boues brûlantes et acides. De plus, toujours selon l’Observatoire, les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Après concertation avec la mairie de Saint-Claude, l’OVSG, le Parc national, Routes de Guadeloupe, la DEAL et les services de sécurité et de secours, un nouveau périmètre a été défini. Il s’étend sur le territoire des communes de Saint-Claude et de Capesterre-Belle-Eau. Il sera rapidement matérialisé par le Parc National de la Guadeloupe, par la pose de barrières et l’affichage de l’arrêté.

L’arrêté est censé concilier des exigences de sécurité et celles résultant de l’intérêt scientifique et touristique du volcan. Son élaboration a donné lieu à des échanges, notamment avec les accompagnateurs en moyenne montagne et le Parc national. Il ressort que l’accès au périmètre demeure possible pour tout agent public ou professionnel exerçant une mission d’intérêt général, à condition qu’il ait à franchir le périmètre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Même chose  pour les accompagnateurs en moyenne montagne et leurs groupes, sous réserve du respect strict de plusieurs conditions.

Malgré ces nouvelles restrictions d’accès, le touriste lambda pourra tout de même accéder au point culminant du volcan. Ouf ! En fait, c’est tout le périmètre des gouffres (Dupuy et Tarissan en particulier), autrement dit la zone la plus susceptible d’engendrer des projections, qui est interdit.

S’agissant des accompagnateurs en moyenne montagne, ils devront  détenir le diplôme d’État d’alpinisme accompagnateur en moyenne montagne, option « moyenne montagne tropicale et équatoriale » à jour de l’obligation de recyclage. Ils devront disposer d’équipements individuels de protection respiratoire. Ils doivent être assurés pour l’ensemble du groupe et laisser visible un système d’identification visuelle (étiquette, badge…) identique pour chaque membre du groupe.

Source : France Antilles.

Reste à savoir comment réagiront lesdits accompagnateurs si une brutale éruption phréatique semblable à celle qui a surpris Tazieff ; Le Guern et Allègre en 1976 se produit au moment d’une visite de La Soufrière. Pas sûr que les équipements mentionnés ci-dessus soient d’une grande utilité dans le cas d’une douche de boue bien chaude…. ! J’avais formulé une remarque semblable à propos du Stromboli. Je ne suis pas certain que la présence d’un guide auprès d’un groupe d’une vingtaine de personnes ou plus empêche un mouvement de panique si une forte explosion envoie des matériaux incandescents sur la Cima ! Je suis conscient que mes remarques ne feront pas plaisir aux autorités (qui seront moins responsables en cas de pépin !), mais mon expérience du milieu volcanique me conduit à les formuler…

Vue du nouveau périmètre de sécurité

Mayotte (Archipel des Comores) : Vers une éruption sous-marine? // Toward a possible submarine eruption ?

Il semble que la situation s’oit en train de s’accélérer dans le secteur de Mayotte, dans l’archipel des Comores. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la région est affectée par un essaim sismique intense qui inquiète la population. Toutefois, jusqu’à présent, la cause de cette sismicité n’a été ni détectée, ni expliquée.
L’inquiétude a récemment grandi lorsque de nombreux poissons morts sont apparus sur plusieurs sites au large de la barrière de corail, à l’est-sud-est de Mayotte, entre Madagascar et le Mozambique, là où l’essaim a commencé en mai 2018. Les premiers événements avaient des magnitudes proches de M 3,0, suivis d’autres secousses de magnitudes M 3,5 et M 3,7, avec un séisme de M 4,5 le 10 mai 2018.
Selon les autorités locales, la découverte de poissons morts était accompagnée «d’une forte odeur de gaz, de caoutchouc ou de plastique brûlé, et de soufre.».
Il se peut que les poissons morts soient liés à l’essaim sismique ou à un possible événement volcanique qui aurait pu perturber le fragile équilibre écologique des fonds océaniques où évolue cette faune. Des situations semblables ont été observées à La Réunion et à Hawaii dans le passé, lorsque la lave a pénétré dans l’océan. La vente des poissons morts a été interdite. Suite à leur découverte, la Préfecture a conseillé aux pêcheurs d’éviter certaines zones définies par leurs coordonnées GPS.
À titre préventif, les pompiers de Mayotte organisent des exercices visant à simuler le sauvetage de personnes piégées par des glissements de terrain, et on apprend aux habitants de l’île à vérifier si les murs de leurs maisons et de leurs entreprises ne sont pas fissurés. Un de mes amis dont la fille est médecin dans un hôpital m’a raconté qu’il y a de plus en plus de patients souffrant de crises d’angoisse et se rendant à l’hôpital pour obtenir des médicaments.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un signal sismique atypique de très basse fréquence en provenance de l’île de Mayotte a été détecté par les réseaux du monde entier peu avant 9h30 (TU) le 11 novembre 2018. Le signal s’est répété toutes les 17 secondes environ, sur une durée d’une vingtaine de minutes. Le BRGM a déclaré que les signaux de ce type sont caractéristiques des phénomènes volcaniques.
J’ai également indiqué que depuis la mi-juillet, les stations GPS de l’île ont détecté un glissement de plus de 61 mm vers l’est et de 30 mm vers le sud. Au vu de ces mesures, des chercheurs français ont estimé qu’une volumineuse poche de magma se frayait un chemin vers la surface à proximité de Mayotte.
Je pense personnellement que cette hypothèse mérite d’être prise en compte. Le risque d’une éruption dans les profondeurs de l’océan est réel. Jusqu’à présent, aucun signe externe d’une telle éruption (changements de couleur de l’eau de mer, par exemple) n’a été observé. Cependant, la présence de poissons morts fait penser à une possible émission de lave (?), de gaz nocifs et éventuellement d’eau à haute température au fond de l’océan. En conséquence, la situation doit être surveillée de près.
Source: The Watchers, BRGM, IPG, média français.

———————————————-

It seems the situation is accelerating at Mayotte in the Comoros. As I put it several times before, the region is affected by an intense seismic swarm that worries the population. Up to now, the cause of this seismicity has not been detected and explained.

More anxiety was recently triggered when a large number of dead fish emerged at various sites off the barrier reef just east-southeast of Mayotte, between Madagascar and Mozambique where the swarm started in May 2018. The first evenys had magnitudes close to M 3.0, followed by more quakes with magnitudes M 3.5 and M 3.7 and culminating at M4.5 on May 10th, 2018.

According to local authorities, the discovery of dead fish was accompanied by “a strong smell of gas, burning rubber, plastic or sulphur.”

The dead fish may be linked to the earthquake swarm and a possible volcanic origin which could have disturbed the fragile ecological balance of the shallows in which this fauna evolves. Similar situations have been observed in Réunion and Hawaii in the past when lava entered the ocean. The sale of the dead fish has been prohibited. Following their discovery, the Prefecture has advised fishermen to avoid certain zones defined by their GPS coordinates.

As a prevention Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching island residents to check their homes and businesses for cracked walls. A friend of mine whose daughter is a doctor in a hospital told be there are more and more patients suffering from anxiety attacks and visiting the hospital to get medicines.

As I put it in a previous post, an atypical very low frequency signal originating near the island of Mayotte was detected by international networks around the world just before 09:30 UTC on November 11th, 2018. The signal repeated in a wave about every 17 seconds, lasting for about 20 minutes in total. The French BRGM said signals of this type are characteristic of volcanic phenomena.

I also indicated that since mid-July, GPS stations on the island have tracked it sliding more than 61 mm to the east and 30 mm to the south. Using these measurements, French researchers estimated that a voluminous magma body is squeezing its way through the subsurface near Mayotte.

In my opinion, this hypothesis needs to be taken into account. The risk of an eruption in the depths of the ocean is real. Up to now, external signs of such an eruption (changes of colour in the ocean water, for instance) have not been observed. However, the presence of dead fish is an indication of the release of lava (?), noxious gases and possibly hot water on the ocean floor. As a consequence, the situation should be closely monitored.

Source: The Watchers, BRGM, IPG, French news media.

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)