Mayotte (Archipel des Comores) : Vers une éruption sous-marine? // Toward a possible submarine eruption ?

Il semble que la situation s’oit en train de s’accélérer dans le secteur de Mayotte, dans l’archipel des Comores. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la région est affectée par un essaim sismique intense qui inquiète la population. Toutefois, jusqu’à présent, la cause de cette sismicité n’a été ni détectée, ni expliquée.
L’inquiétude a récemment grandi lorsque de nombreux poissons morts sont apparus sur plusieurs sites au large de la barrière de corail, à l’est-sud-est de Mayotte, entre Madagascar et le Mozambique, là où l’essaim a commencé en mai 2018. Les premiers événements avaient des magnitudes proches de M 3,0, suivis d’autres secousses de magnitudes M 3,5 et M 3,7, avec un séisme de M 4,5 le 10 mai 2018.
Selon les autorités locales, la découverte de poissons morts était accompagnée «d’une forte odeur de gaz, de caoutchouc ou de plastique brûlé, et de soufre.».
Il se peut que les poissons morts soient liés à l’essaim sismique ou à un possible événement volcanique qui aurait pu perturber le fragile équilibre écologique des fonds océaniques où évolue cette faune. Des situations semblables ont été observées à La Réunion et à Hawaii dans le passé, lorsque la lave a pénétré dans l’océan. La vente des poissons morts a été interdite. Suite à leur découverte, la Préfecture a conseillé aux pêcheurs d’éviter certaines zones définies par leurs coordonnées GPS.
À titre préventif, les pompiers de Mayotte organisent des exercices visant à simuler le sauvetage de personnes piégées par des glissements de terrain, et on apprend aux habitants de l’île à vérifier si les murs de leurs maisons et de leurs entreprises ne sont pas fissurés. Un de mes amis dont la fille est médecin dans un hôpital m’a raconté qu’il y a de plus en plus de patients souffrant de crises d’angoisse et se rendant à l’hôpital pour obtenir des médicaments.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un signal sismique atypique de très basse fréquence en provenance de l’île de Mayotte a été détecté par les réseaux du monde entier peu avant 9h30 (TU) le 11 novembre 2018. Le signal s’est répété toutes les 17 secondes environ, sur une durée d’une vingtaine de minutes. Le BRGM a déclaré que les signaux de ce type sont caractéristiques des phénomènes volcaniques.
J’ai également indiqué que depuis la mi-juillet, les stations GPS de l’île ont détecté un glissement de plus de 61 mm vers l’est et de 30 mm vers le sud. Au vu de ces mesures, des chercheurs français ont estimé qu’une volumineuse poche de magma se frayait un chemin vers la surface à proximité de Mayotte.
Je pense personnellement que cette hypothèse mérite d’être prise en compte. Le risque d’une éruption dans les profondeurs de l’océan est réel. Jusqu’à présent, aucun signe externe d’une telle éruption (changements de couleur de l’eau de mer, par exemple) n’a été observé. Cependant, la présence de poissons morts fait penser à une possible émission de lave (?), de gaz nocifs et éventuellement d’eau à haute température au fond de l’océan. En conséquence, la situation doit être surveillée de près.
Source: The Watchers, BRGM, IPG, média français.

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It seems the situation is accelerating at Mayotte in the Comoros. As I put it several times before, the region is affected by an intense seismic swarm that worries the population. Up to now, the cause of this seismicity has not been detected and explained.

More anxiety was recently triggered when a large number of dead fish emerged at various sites off the barrier reef just east-southeast of Mayotte, between Madagascar and Mozambique where the swarm started in May 2018. The first evenys had magnitudes close to M 3.0, followed by more quakes with magnitudes M 3.5 and M 3.7 and culminating at M4.5 on May 10th, 2018.

According to local authorities, the discovery of dead fish was accompanied by “a strong smell of gas, burning rubber, plastic or sulphur.”

The dead fish may be linked to the earthquake swarm and a possible volcanic origin which could have disturbed the fragile ecological balance of the shallows in which this fauna evolves. Similar situations have been observed in Réunion and Hawaii in the past when lava entered the ocean. The sale of the dead fish has been prohibited. Following their discovery, the Prefecture has advised fishermen to avoid certain zones defined by their GPS coordinates.

As a prevention Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching island residents to check their homes and businesses for cracked walls. A friend of mine whose daughter is a doctor in a hospital told be there are more and more patients suffering from anxiety attacks and visiting the hospital to get medicines.

As I put it in a previous post, an atypical very low frequency signal originating near the island of Mayotte was detected by international networks around the world just before 09:30 UTC on November 11th, 2018. The signal repeated in a wave about every 17 seconds, lasting for about 20 minutes in total. The French BRGM said signals of this type are characteristic of volcanic phenomena.

I also indicated that since mid-July, GPS stations on the island have tracked it sliding more than 61 mm to the east and 30 mm to the south. Using these measurements, French researchers estimated that a voluminous magma body is squeezing its way through the subsurface near Mayotte.

In my opinion, this hypothesis needs to be taken into account. The risk of an eruption in the depths of the ocean is real. Up to now, external signs of such an eruption (changes of colour in the ocean water, for instance) have not been observed. However, the presence of dead fish is an indication of the release of lava (?), noxious gases and possibly hot water on the ocean floor. As a consequence, the situation should be closely monitored.

Source: The Watchers, BRGM, IPG, French news media.

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Essaim sismique à proximité de Santorin // Seismic swarm close to Santorini

Un essaim sismique a été enregistré au sud-ouest de l’île de Santorin le 13 janvier 2019.
Selon le réseau grec de surveillance sismique, l’essaim a commencé aux premières heures du 13 janvier avec un événement de M 2.5 à une profondeur de 13 km. Cinq minutes plus tard, un autre séisme de magnitude M 2,5 a été enregistré, suivi de 15 autres secousses au cours de l’après-midi. Les magnitudes allaient de M 2,1 à M 3,9 à des profondeurs de 8 à 17 km. Aucun autre séisme n’a été enregistré dans la région au cours des heures suivantes.
L’essaim sismique s’est produit près de la ligne tectonique de Kameni, qui s’étire dans une direction sud-ouest / nord-est. Le magma s’est souvent frayé un chemin le long de cette ligne au cours des 100 000 dernières années, mais rien ne permet de dire aujourd’hui que la dernière sismicité est d’origine volcanique.
La dernière éruption à Santorin a débuté à Nea Kameni le 10 janvier 1950 et s’est terminée le 2 février de la même année. Elle a édifié un petit dôme et produit une coulée de lave, avec une petite activité explosive. Aujourd’hui, quelques fumerolles avec une température d’environ 80°C nous rappellent que le volcan est encore potentiellement actif.
Santorin est surtout connue pour son éruption cataclysmale aux alentours de 1600 av. J.-C. Elle avait probablement un VEI de 7 et est considérée comme l’une des plus grandes éruptions de l’histoire sur Terre. Elle a détruit la civilisation minoenne. Elle fut probablement plus puissante que l’éruption du Krakatau en 1883. L’éruption de Santorin est souvent liée aux Dix Plaies de l’Égypte que j’ai évoquées dans plusieurs notes sur ce blog en octobre 2010.
Source: Réseau sismique grec, The Watchers.

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A seismic swarm was recorded south-west of Santorini volcano on January 13th, 2019.

According to the Hellenic Unified Seismic Network, the swarm started in the early hours of January 13th with an M 2.5 event at a depth of 13 km. It was followed by another M 2.5 quake five minutes later and another 15 earthquakes in the afternoon. Magnitudes ranged from M 2.1 to M 3.9 and depths from 8 to 17 km. No other earthquakes were registered in the area over the next hours.

The earthquakes occurred near the Kameni tectonic line, while lies in a south-west / north-east direction. Magma often rose to the surface along this line in the Santorini volcano’s past 100 000 years. However, there is currently no sign that the earthquakes have a volcanic origin.

The last eruption at Santorini started at Nea Kameni on January 10th, 1950 and ended on February 2nd of the same year. It produced a small lava dome and a lava flow, accompanied by some explosive activity. Today only a few fumaroles with atemperature of about 80°C remind us that the volcano is still potentially active.

Santorini is better known for the major catastrophic eruption around 1600 B.C. It probably had a VEI of 7, and is considered as one of the largest eruptions on Earth in recorded history. It destroyed the Minoan civilisation. It was probably more powerful than the 1883 eruption of Krakatau. The early eruption of santorini is often linked with the Ten Plagues of Egypt which I explaines in several posts of the blog (in French) in October 2010.

Source : Hellenic Unified Seismic Network, The Watchers.

La caldeira de Santorin vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Sabancaya (Pérou / Peru)

Le dernier bulletin de l’Institut de Géophysique du Pérou nous apprend que l’éruption du Sabancaya se poursuit sans changements significatifs. On enregistre en moyenne une vingtaine d’événements explosifs chaque jour. Les sismographes confirment que ces explosions sont essentiellement liées à des mouvements de fluides et que la sismicité n’est pas provoquée par une ascension de magma. Les nuages de cendre atteignent une hauteur de 3500 mètres. On ne relève pas de déformation majeure de l’édifice volcanique.

Source : IGP, INGEMMET.

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The latest report of the Institute of Geophysics of Peru informs us that the eruption of Sabancaya continues without significant changes. On average, there are about twenty explosive events every day. The seismographs confirm that these explosions are essentially related to fluid movements and that the current seismicity is not caused by magma ascent. The ash plumes reach a height of 3500 metres above the crater. There is no major deformation of the volcanic edifice.
Source: IGP, INGEMMET.

Source: INGEMMET

La Soufrière (Guadeloupe) [suite]

Suite à l’intensification de l’activité sismique et fumerollienne récemment observée sur la Soufrière, la zone interdite d’accès vient d’être étendue par les autorités locales, sur recommandation de l’OVSG. Ce dernier indique dans son dernier bulletin du 13 janvier 2019 que la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier dans la zone du volcan, continue avec l’enregistrement de quelque 600 séismes depuis son début. Ils sont de très faible magnitude (M < 1) et aucun événement n’a été signalé ressenti par la population.

Selon les géologues, on a affaire à un regain d’activité de « processus cyclique d’injection de gaz magmatiques profonds, à la base du système hydrothermal à une profondeur de 2 à 3 km sous le sommet ». L’Observatoire considère a conseillé aux autorités locales d’établir une distance de sécurité d’au moins 50 mètres de rayon autour des principaux centres d’émission de gaz fumerolliens.

Un périmètre de sécurité existe depuis une vingtaine d’années car les émanations gazeuses, aux abords et sous le vent des principales fumerolles du sommet de la Soufrière qui présentent des risques d’irritation et de brûlures pour les yeux, la peau ou les voies respiratoires. Les lieux les plus concernés sont le cratère sud, le Tarissan, et le gouffre de 1956. Il existe également un risque de projection de boue brûlante et acide. On a observé des phénomènes violents de ce type au cours de la célèbre crise de 1976. En raison des gaz toxiques, un arrêté municipal, du 29 octobre 2001, modifié le 27 janvier 2015, interdit l’accès du public à certaines zones du sommet de la Soufrière.

Après le Stromboli, l’Etna ou le Kilauea, voici un nouveau volcan dont l’accès va être restreint. Dans le même temps le hors piste n’est pas interdit dans les stations de ski, malgré les dangers qu’il comporte pour les skieurs et les sauveteurs !

Source: France Antilles, OVSG.

Crédit photo: Wikipedia