COP 26 : la Sibérie au bord du gouffre (1ère partie) // COP 26 : Siberia on the brink of the abyss (part 1)

Alors que la COP 26 se tient à Glasgow, le Siberian Times a publié un article expliquant pourquoi la Sibérie subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Le journal donne huit exemples démontrant que la Sibérie est une véritable bombe à retardement écologique. Cela devrait faire réfléchir à deux fois nos dirigeants avant de faire des promesses qui ne sont jamais suivies actes.
En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire l’article dans son intégralité et découvrir de nombreuses photos illustrant la catastrophe en cours :

https://siberiantimes.com/other/others/news/siberias-stark-warning-to-scotland-for-cop26-climate-change-in-the-planets-last-great-wilderness/

Les statistiques montrent qu’en 2020, la Russie affichait des températures 3,2 °C au-dessus de la moyenne des trois décennies qui ont précédé l’année 1990. Les températures hivernales n’ont jamais été aussi douces avec l’air qui se réchauffe jusqu’à 5 °C au-dessus de la normale. Le nombre d’incendies de forêt a quadruplé, tandis que les tempêtes et les ouragans sont dix fois plus nombreux. En 2003, le président Vladimir Poutine a plaisanté en disant que « 2 à 3 degrés [de réchauffement climatique] ne feraient pas de mal. Nous dépenserons moins en manteaux de fourrure. » Bien qu’il ne se soit pas rendu à Glasgow, il a récemment déclaré: «Le changement et la dégradation de l’environnement sont si évidents que même les personnes les plus sceptiques ne peuvent plus les rejeter. »

Voici huit exemples montrant que la Sibérie est en train de changer.
1. Méthane !
Le méthane s’échappe du sol en Sibérie depuis peu de temps – l’espace d’une génération – en raison du dégel rapide du pergélisol, qui avait maintenu le gaz dans le sous-sol pendant des dizaines de milliers d’années. Les remontées de méthane dans les mers de Laptev et de Sibérie orientale montrent des concentrations élevées. La source se trouve dans des cratères sous-marins et des fissures dans le pergélisol du fond océanique en train de dégeler. Les scientifiques ont identifié une demi-douzaine de fissures géantes; une fois dans l’atmosphère, le gaz atteint des concentration de 16-32 ppm. C’est jusqu’à 15 fois la moyenne planétaire de 1,85 ppm.
Le méthane s’échappe également du lac Baïkal, qui contient 20% de l’eau douce non gelée de la planète. Le fond du lac compte une vingtaine de fissures profondes (à plus de 380 mètres de profondeur) d’où s’échappe le méthane, et des centaines sources de ce gaz à moindre profondeur. La quantité de méthane qui se cache dans les hydrates de gaz du Baïkal est estimée à mille milliards de mètres cubes.

Source: The Siberian Times

2. Les cratères de la péninsule de Yamal.
Au cours de la décennie écoulée, d’énormes explosions ont provoqué la formation d’au moins 20 cratères géants dans et près de la péninsule de Yamal, dans le nord de la Sibérie. Au cours de l’été 2021, les scientifiques ont identifié quelque 7 185 monticules de terre, également appelés pingos, présentant un risque d’explosion. Certains d’entre eux, sur les péninsules de Yamal et de Gydan, sont proches d’implantations et de gisements de gaz essentiels à l’approvisionnement énergétique de l’Europe. À l’intérieur des monticules, du méthane instable est libéré en raison du dégel du pergélisol. L’explosion de l’un de ces pingos a eu lieu au cours de l’été 2020 et a laissé un cratère de 40 mètres de profondeur. Lors d’une explosion en 2018 dans le lac Otkrytie, la couverture de glace de 1,5 mètre d’épaisseur a carrément explosé, avec des projections de débris jusqu’à une cinquantaine de mètres de distance.

Source: The Siberian Times

3. Routes et voies ferrées déformées et bâtiments qui s’effondrent.
Les lignes de chemin de fer construites en Sibérie à l’époque de Staline sont maintenant tordues en raison des mouvement du sol à cause du dégel du pergélisol. Les ponts aussi se sont effondrés.
La Russie utilise une méthode fiable de construction dans les régions de pergélisol; elle consiste à enfoncer profondément des pieux dans le sol gelé. Le problème, c’est que si le sol dégèle, cette technique ne fonctionne plus. Des marécages et des lacs apparaissent, et certaines zone habitées ne sont plus viables.
Comme l’a dit un scientifique russe : « La température du pergélisol augmente, et nous arrivons au point où il commencera à dégeler partout, et très activement. Nous nous dirigeons vers un cercle vicieux où le réchauffement climatique accélérera le dégel du pergélisol, qui à son tour accélérera le réchauffement climatique et accélérera encore le dégel, jusqu’à ce que tout le carbone actif soit libéré par le pergélisol. »

Photo: C. Grandpey

4. La ‘bouche de l’enfer’.
Une récente image satellite montre l’élargissement de la dépression de Batagai, surnommée « la bouche de l’enfer » par les habitants. Cette cavité géante en forme de têtard présentait il y a plusieurs années 100 mètres de profondeur et environ 1 000 mètres de longueur, avec une largeur de 800 mètres.
On attend de nouvelles mesures précises de cette balafre dans le sol, mais on sait qu’elle s’élargit. À l’intérieur du cratère, des images montrent que l’eau qui était restée gelée dans le sol pendant des dizaines de milliers d’années, mais qui s’en échappe aujourd’hui en ruisselant. On aperçoit aussi des fragments de pergélisol qui tombent des falaises en train de dégeler.
C’est l’homme qui a provoqué la formation de ce cratère à une époque où il a arraché des arbres. Puis le dégel du pergélisol en Yakoutie a pris le relais, et l’élargissement de la dépression est maintenant rapide.

Source: The Siberian Times

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While COP 26 is being held in Glasgow, The Siberian Times has released an article explaining why Siberian is badly affected by global warming. The newspaper gives eight examples demonstrating that Siberia is an ecological time bomb. It should make world leaders think twice before making promises without acts.

By clicking on this link, you will find the complete article and numerous photos to illustrate the disaster:

https://siberiantimes.com/other/others/news/siberias-stark-warning-to-scotland-for-cop26-climate-change-in-the-planets-last-great-wilderness/

Statistics show that in 2020, Russia was 3.2°C degrees warmer than the average in the three decades to 1990. Winter temperatures are milder than ever, with air warming up to 5°C above the norm. The number of forest fires have increased four-fold, while storms and hurricanes are ten times more likely. In 2003 President Vladimir Putin quipped that ‘2 to 3 degrees [of global warming] wouldn’t hurt. We’ll spend less on fur coats’. While he did not travel to Glasgow, he said recently: ‘Change and environmental degradation are so obvious that even the most careless people can no longer dismiss them.

Here are eight examples showing that Siberia is changing.

1. Methane!

Methane is being released in Siberia in a way not seen just a generation ago due to the rapid thawing of permafrost, which had sealed the gas for tens of thousands of years. Discharges in the Laptev and East Siberian seas show high methane concentrations from underwater craters and ‘super seep holes’ in the thawing ocean floor permafrost. Scientists have identified half a dozen “mega seeps” and found concentration of atmospheric methane above these fields reaching 16-32ppm. This is up to 15 times the planetary average of 1.85ppm.

Methane seeps are also observed in Lake Baikal which contains 20 per cent of the world’s unfrozen freshwater. The lake has some two dozen major deepwater methane seeps – below 380 metres – and hundreds of shallower gas fountains. The quantity of methane hidden in gas hydrates in Baikal is estimated at one trillion cubic metres.

2. The Yama! Craters.

Huge explosions in the past decade have caused the formation of at least 20 giant craters in and near the Yamal peninsula in northern Siberia. By summer 2021 scientists have identified some 7,185 bulging Arctic mounds, also called pingos – potentially at risk of erupting. Some of them, on the Yamal and Gydan peninsulas, are close to settlements and gas fields vital for energy supplies in Europe. Inside the mounds is unstable methane released due to thawing permafrost. One example was a summer 2020 eruption leaving a 40 metre deep crater. In an explosion in 2018 in Lake Otkrytie, its 1.5 metre thick ice cover was smashed with debris scattering some 50 metres from the epicentre.

3. Distorted roads and railways, and collapsing buildings.

Once usable railway lines built in Siberia during the Stalin era are now twisted due to the ground moving because of permafrost thaw. Bridges, too, have collapsed.

Russia has used a trusted method of building in permafrost regions, driving piles deep into the frozen ground. But if the ground is no longer frozen, the whole reality changes.Swamps and lakes appear, towns and even cities become unviable.

As a Russian scientis put it: « The temperature of the permafrost is rising, and we are reaching the point when it will begin to thaw everywhere, and very actively. We are heading towards a vicious circle when climate warming will speed up the thawing of permafrost, which will in turn add to faster climate warming and further accelerate the thawing, until all active carbon is released from permafrost. »

4. The ‘mouth of Hell’.

A new satellite image shows the widening of the Batagai Depression, nicknamed by the local residents as the Mouth of Hell. The tadpole-shaped giant hole was measured several years ago at 100 metres deep and around 1,000 metres in length, with a width of 800 metres.

New precise measurements are awaited from this gash in the ground but the snapshot from space shows it broadening. Inside the crater, pictures show that water frozen in the soil for tens of thousands of years trickles and gushes away. Beside this, chunks of thawing permafrost fall off the cliffs.

The trigger for his crater’s formation was man made, caused by the removal of trees. Then the thawing of the permafrost in Yakutia took over, and the expansion is now rapid.

La Sibérie envahie par la fumée des feux de tourbe // Siberia invaded by the smoke of peat bog fires

La Sibérie est actuellement touchée par la fumée des incendies de tourbières où le feu brûle lentement la végétation jusqu’en profondeur, ce qui rend l’extinction de ces incendies particulièrement difficile.

La visibilité dans la région d’Ekaterinbourg est particulièrement mauvaise en raison du brouillard généré par les fumées. Certaines routes sont inaccessibles, des avions ont été détournés en raison de la mauvaise visibilité, des écoles ont dû être fermées et les gens ont été invités à rester chez eux. La fumée des tourbières a atteint Ekaterinbourg, la plus grande ville de l’Oural, le 11 octobre 2021 et la situation n’a fait qu’empirer, malgré les efforts des pompiers.
Plusieurs importantes routes d’accès dans et autour de la ville ont dû être fermées en raison de la visibilité extrêmement faible. Un avion en provenance de République dominicaine n’a pas pu atterrir à Ekaterinbourg et a été dérouté vers Tioumen en Sibérie occidentale. La fumée des feux de tourbe autour d’Ekaterinbourg a atteint Chelyabinsk (215 km au sud) et Tioumen (323 km à l’est) où les habitants se sont plaints d’une forte odeur de fumée.
La population a partagé des vidéos d’immeubles engloutis dans le brouillard et de routes ressemblant à des scènes de films d’horreur avec un épais voile gris recouvrant les humains et les véhicules.
Les services d’urgence locaux ont également signalé plusieurs incendies de forêt dans la région de Tioumen, ce qui est extrêmement rare pour cette période de l’année. Mi-octobre en Russie est le moment où la neige commence à recouvrir le sol en Sibérie et dans l’Oural. Avec des feux de tourbe et des feux de forêt à la fin de l’automne, la saison des incendies en 2021 est l’une des plus longues jamais enregistrées. Les premiers feux de forêt de cette année ont été signalés fin avril en Yakoutie.
La Sibérie est l’une des régions du monde les plus touchées par le réchauffement climatique. La combustion de la tourbe est préoccupante car la chaleur générée par ces incendies favorise le dégel du pergélisol en dessous, avec le dégagement de plus en plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Vous verrez plusieurs photos du bruillard dans la région d’Ekaterinbourg en cliquant sur ce lien :

https://siberiatimes.com/other/others/news/burning-peat-and-wildfires-bring-unseasonal-smoke-apocalypse-to-urals-and-siberia/

Source : The Siberian Times.

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Siberia is currently affected by the smoke from smouldering peat bogs. Visibility in the area around Yekaterinburg is very low because of the smog caused by the smokes. Some roads are blocked, planes have been diverted due to low visibility, schools had to be shut, and people have been advised to stay home. The smoke from smouldering peat bogs reached the largest city in the Urals on October 11th, 2021 and has intensified since, despite the firefighters working to extinguish the fire.

Several key roads in and around the city had to be shut due to extremely low visibility. A tourist plane from the Dominican Republic could not land in Yekaterinburg and was diverted to Tyumen in Western Siberia. The smoke from the peat fires around Yekaterinburg reached Chelyabinsk (215km south) and Tyumen (323km east) where residents complained about strong smell of smoke.

Residents have shared videos of blocks of flats engulfed in smog, and roads looking like horror movie scenes with thick grey mist blanketing humans and vehicles.

Local emergency services also reported several active wildfires in the Tyumen region, which is extremely late for this time of year. Middle of October in Russia is the time when snow starts setting across vast expanses of Siberia, and in the Urals. To have peat fires and wildfires active this late into the autumn makes season 2021 one of the longest in the recorded history. The first wildfires of this year were reported in Yakutia, in late April.

Siberia is one region of the world most affected by global warming. The burning of the peat is worrisome because the heat from the fires favours the thawing of permafrost beneath, with the release of more and more greenhouse gases in the atmosphere.

You will see several photos of the smog by clicking on this link :

https://siberiantimes.com/other/others/news/burning-peat-and-wildfires-bring-unseasonal-smoke-apocalypse-to-urals-and-siberia/

Source: The Siberian Times.

Un brouillard très dense a envahi la région d’Ekaterinbourg (Source: The Siberian Times)

Réchauffement climatique : Ours polaires de plus en plus agressifs // Climate change : More and more aggressive polar bears

En Sibérie, les autorités sont inquiètes car de plus en plus d’ours polaires quittent leur habitat naturel et se rapprochent des humains. Ce nouveau comportement n’est guère surprenant. Avec la fonte de la glace de mer, les plantigrades éprouvent de plus plus de difficulté à se nourrir car la chasse au phoque est rarement couronnée de succès.
Sept ours polaires, dont une mère blessée accompagnée de deux oursons, ont dû être mis en fuite à l’aide d’un hélicoptère après s’être dangereusement rapprochés des éleveurs de rennes en plusieurs endroits sur la péninsule de Yamal. Les plantigrades ont montré un comportement agressif et sont restés insensibles aux menaces classiques. Il a donc fallu avoir recours à l’hélicoptère pour les effrayer, comme on peut le voir sur cette vidéo :
https://youtu.be/OJF6F8Z2-50

Les autorités russes expliquent que le comportement des ours est lié au changement climatique, au recul de la glace et au fait que leur régime alimentaire évolue : il leur est plus facile de venir fouiller les poubelles que de chasser. Un biologiste local a déclaré :« Tout cela finira mal ; au train où vont les choses, nous finirons par envoyer tous nos ours polaires dans des zoos. »
Plusieurs autres cas d’ours au comportement agressif ont été signalés à l’extrémité nord de la Péninsule de Yamal. Les ours qui ont assiégé le campement des éleveurs de rennes semblaient avoir très faim. Alors que les bergers attendaient de l’aide, les ours ont tué un renne et un chien.
Un vétérinaire sera envoyé sur place pour voir s’il est possible de secourir l’ourse blessée. La prochaine étape consistera à lui administrer un sédatif et à transporter par avion les sept ours plus au nord.

Source : The Siberian Times.

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Un Danois a été transporté par avion vers un hôpital d’Akureyri (Islande) le 2 août après avoir été mordu par un ours polaire au Groenland où une équipe de cinéastes séjournait dans une cabine de recherche gérée par l’Université d’Aarhus. Il y a quelques jours, ils ont été réveillés lorsqu’un ours polaire a brisé une fenêtre et a attaqué l’un des hommes, le mordant à une main.
L’incident a eu lieu près de la base militaire danoise de Daneborg, dans le nord-est du Groenland. Des soldats étaient présents pour aider les hommes, mais le cinéaste blessé a ensuite été transporté par avion à Akureyri pour y recevoir des soins.
L’ours était connu pour être être un « ours à problèmes et avait été impliqué dans des actes d’agression antérieurs contre des êtres humains. S’il continue à se montrer agressif, il sera euthanasié par les autorités.

Source : Yahoo Actualités.

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Authorities in Siberia are concerned because more and more polar bears are leaving their natural habitat and coming closer to humans. This new behaviour is hardly surprising. As the sea ice melts, plantigrades find it more difficult to feed because the seal hunt is rarely successful.

Seven polar bears, including a wounded sow with two cubs, were scared away by rescuers after they got dangerously close to reindeer herders at several locations on the Yamal peninsula. The predators behaved aggressively and did not respond to threats, so rescuers had to fly a helicopter to frighten them away, as can be seen on this video :

https://youtu.be/OJF6F8Z2-50

Russian authorities explain that the bears’ behaviour is related to climate change, ice retreating, and the fact that their diet is changing: it is easier for them to rummage garbage bins than to hunt. A local biologist said : « There is nothing good about this; if it continues this way we will end up sending all our polar bears to zoos. »

The cases of aggressively-behaving bears were registered at the northern tip of the Yamal peninsula. The bears besieging the reindeer herder settlements appeared to be very hungry. While the herders were waiting for help, the bears killed a reindeer and a dog.

A veterinarian will be sent to see if people can help the limping mother bear; the next step will be to sedate and air lift all seven bears further north away from the settlements.

Source : The Siberian Times.

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A Danish man was flown to a hospital in Akureyri this Monday, August 2nd, after being bitten by a polar bear in Greenland. Danish filmmakers were staying in a research cabin run by the University of Aarhus. A few days ago, they were awakened as a polar bear broke through a window and attacked one of the men, whose hand was bitten.

The attack took place near a Danish military base, Daneborg, in the northeast of Greenland. Soldiers were present to aid the men, but the man was then flown to Akureyri for further treatment.

The bear was to be a ‘trouble bear and had been involved in previous acts of aggression against humans. If he continues his ways, he will be killed by authorities.

Source : Yahoo News.

Photo : C. Grandpey

Le dégel du permafrost libère les lions des cavernes // Permafrost thawing brings out cave lions

Quand il dégèle, le pergélisol permet aux scientifiques de faire des découvertes remarquables. D’innombrables défenses de mammouths ont été extraites de la boue sibérienne. Aujourd’hui, une équipe internationale de scientifiques a mis au jour deux lionceaux datant de l’ère glaciaire. Ils font partie des spécimens les mieux conservés. Les scientifiques pensent que les lionceaux ont brièvement parcouru la steppe de l’est de la Russie il y a des dizaines de milliers d’années.
Le lion des cavernes d’Eurasie, Panthera spelaea, vivait autrefois dans une grande partie de l’Eurasie avant de disparaître il y a environ 10 000 ans. Les animaux étaient plus gros que leurs homologues d’Afrique tel qu’on les connaît aujourd’hui.

On pense que les deux lionceaux étaient âgés d’un mois ou deux lorsqu’ils sont morts ; ils avaient à peu près la taille d’un chat domestique adulte. La datation au Carbone 14 a révélé qu’ils sont restés momifiés, probablement dans la boue, à peu près au même endroit à des milliers d’années d’intervalle. Le lionceau le moins bien conservé est estimé avoir vécu il y a 43 448 ans et le mieux conservé il y a 27 962 ans.
C’est surtout la jeune femelle qui donne tout son intérêt à la découverte. Selon les chercheurs, il s’agit du spécimen le mieux conservé à ce jour de la dernière période glaciaire. Il se trouve en effet dans un état quasiment parfait.
On peut voir dans la grotte Chauvet (France), découverte en 1994, une paroi recouverte d’images de lions des cavernes, avec des motifs de couleurs qui sont différents des lions africains actuels. La grotte française contient à elle seule la moitié de toutes les représentations paléolithiques de lions des cavernes connues à ce jour. On pense que les lions des cavernes avaient des crinières avec des couleurs moins prononcées que les lions actuels. De plus, la différence de couleur entre les jeunes et les adultes incite les chercheurs à penser que le motif de la fourrure a pu changer avec le passage à l’âge adulte.
Les chercheurs pensent que les hommes préhistoriques ne représentaient que des lions des cavernes femelles, ou que les mâles n’avaient pas de crinière, mais cela reste un mystère. Il faudra trouver un lion des cavernes mâle adulte congelé dans le permafrost pour obtenir une réponse.
De la même manière, on ne sait toujours pas exactement comment les lions des cavernes se sont adaptés à la vie dans les conditions difficiles des hautes latitudes. La périodicité saisonnière est rapide, les vents sont forts et les hivers froids et longs avec des nuits continues. Les chercheurs fournissent quelques éléments de réponse. Par exemple, la fourrure des oursons était semblable mais pas identique à celle du lion d’Afrique actuel. La fourrure du lion des cavernes présente également un sous-poil de fourrure long et épais composé de poils aérifères et strombuliformes (= en forme de spirale). Ce sous-poil couvre le corps uniformément et a probablement aidé les lionceaux des cavernes à s’adapter au climat froid.
Les deux oursons ont été découverts en Yakoutie, dans l’est de la Sibérie, le long de la rivière Senyalyakh. Les chercheurs ne savent pas comment ils sont morts, car de nombreux oursons meurent jeunes, mais la mort par prédation semble peu probable.
Selon les scientifiques, le grand nombre de lionceaux des cavernes bien conservés trouvés dans cette région de la Russie laisse supposer que cette zone, à une époque où le climat se réchauffait et favorisait une végétation arborescente, était un site propice à la reproduction des lions des cavernes.
Il semble également probable que ce site, au cours de cette période, avait certaines caractéristiques qui le rendaient plus susceptible de geler rapidement et donc de préserver les animaux.
Source : Yahoo Actualités.

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When thawing, permafrost allows scientists to make remarkable discoveries. Innumerable mammoth tusks have been pulled out of the mud. This time, a team of international scientists identified a pair of extinct Ice Age lions cubs that are among the best preserved specimens ever found. The scientists believe that the cubs briefly roamed the steppe of what is now eastern Russia tens of thousands of years ago.

Cave lions, or panthera spelaea, once lived across much of Eurasia before going extinct around 10,000 years ago. The animals were larger than their African lion relatives that still exist today.

The two cubs are believed to have been about a month or two old when they died — about the size of an adult house cat — but carbon dating showed that they were mummified, likely in mud, at roughly the same location thousands of years apart. The less intact cub is estimated to be around 43,448 years old and the more intact cub 27,962 years old.

What makes this find unique is the female cub. According to the researchers, it is the best preserved frozen specimen from the last Ice Age ever found. It is indeed in near-perfect condition.

The Chauvet cave in France, discovered in 1994, features one wall covered with images of cave lions, with different colour patterns than African lions today. The French cave alone contains half of all cave lions Palaeolithic paintings known to date. Cave lions are believed to have had less pronounced manes, and the difference in colour patterns between the juveniles and adults gave the researchers insight into how the animal’s fur pattern might have changed from youth to adulthood.

Researchers think that prehistoric people either only depicted female cave lions, or the cave lion males lacked mane, This is a mystery not yet solved today. It will be necessary to find a frozen adult male cave lion to get an answer.

In the same way, it is still unknown exactly how cave lions adapted to life in the harsh conditions of the high latitudes with their rapid season periodicity, strong winds, and cold and long winters with associated continuous nights.The researchers’ report says there are some clues, for instance that the cubs’ fur was similar but not identical to that of the African lion currently in existence. Cave lion fur also has a long thick fur undercoat consisting of strombuliform aeriferous fur hair. It covers the body evenly and probably helped cave lion cubs adapt to the cold climate.

The two cubs were found along the River Senyalyakh in the Yakutia region of Siberia. Researchers do not know how they died, since many cubs die young from a variety of threats, but death by predation seems unlikely.

The scientists conclude that the large number of well-preserved cave lion cubs found in this region of Russia suggests that this area, at a time when the climate was becoming relatively warm and tree vegetation was spreading, was a favourable breeding site for cave lions.

It also seems probable that this site, during this time period, had some characteristics that made it more likely to rapidly freeze and preserve animals.

Source : Yahoo News.

L’un des lions des cavernes découverts en Sibérie (Source: The Siberian Times)

Lions des cavernes dans la Grotte Chauvet (Source: Grotte Chauvet)