Hawaii: Le Mauna Loa s’agite // Hawaii: Unrest at Mauna Loa volcano

drapeau francaisLe HVO vient de m’adresser le dernier rapport d’observation du Mauna Loa. Voici l’intégralité du document:
« Les stations sismiques continuent d’enregistrer un nombre élevé de séismes peu profonds et de faible magnitude sous le sommet du Mauna Loa, dans la partie supérieure de la Rift Zone Sud-Ouest, et sur le flanc ouest du volcan. Depuis plus d’un an, le nombre de séismes peu profonds varie mais il reste globalement supérieur à la moyenne sur le long terme. Au cours de cette même période, les mesures de déformation du sol effectuées par le HVO semblent révéler la recharge du système de stockage de magma à faible profondeur. L’ensemble de ces observations indique que le volcan n’est plus à un niveau normal d’activité. En conséquence, le HVO élève le niveau d’alerte du Mauna Loa à « Advisory » (surveillance recommandée) et l’alerte aérienne à la couleur Jaune.
Cette élévation du niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption est imminente ou que l’on se dirige à coup sûr vers une éruption.
Les séismes peu profonds ont été localisés dans les mêmes endroits que ceux qui ont précédé les deux éruptions les plus récentes du Mauna Loa en 1975 et 1984. Cependant, l’énergie libérée lors des séismes les plus récents reste relativement faible. La déformation du sol en ce moment est semblable à celle mesurée lors du gonflement du Mauna Loa en 2005, épisode d’activité qui ne s’est pas soldé par une éruption.
Il est possible que, comme en 2005, l’activité plus intense observée actuellement continue pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans déboucher sur une éruption. Il est également possible que l’activité décelée actuellement soit un signe précurseur d’une éruption, comme ce fut le cas avant les éruptions de 1975 et 1984. En l’état actuel des choses, le HVO est dans l’incapacité de sire laquelle de ces hypothèses est la plus probable « .

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drapeau anglaisHVO has just sent me the latest report about Mauna Loa. Here is the integrality of the document:
“Seismic stations continue to record elevated rates of shallow, small-magnitude earthquakes beneath Mauna Loa’s summit, upper Southwest Rift Zone, and west flank. For at least the past year, the rate of shallow earthquakes has varied but overall has remained above the long-term average. During this same time period, HVO has measured ground deformation consistent with recharge of the volcano’s shallow magma storage system. Together, these observations indicate the volcano is no longer at a background level of activity. Accordingly, HVO is elevating the Mauna Loa alert level to ADVISORY and the aviation colour code to YELLOW.
This increase in alert level does not mean that an eruption is imminent or that progression to an eruption is certain.
Shallow earthquakes are occurring in locations similar to those that preceded Mauna Loa’s two most recent eruptions in 1975 and 1984; however, the energy release of the recent earthquakes remains comparatively low. The current rate and pattern of ground deformation is similar to that measured during inflation of Mauna Loa in 2005, an episode of unrest that did not end in an eruption.
It is possible that, as in 2005, the present heightened activity will continue for many months, or even years, without progressing to an eruption. It is also possible that the current unrest is a precursor to an eruption, as was the case prior to eruptions in 1975 and 1984. At this early stage of unrest, we cannot determine which of these possibilities is more likely.”

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Moku’aweoweo, caldeira sommitale du Mauna Loa  (Photo: C. Grandpey)

Panaches mantelliques et points chauds // Mantle plumes and hotspots

drapeau-francaisLes sismologues de l’Université de Californie à Berkeley ont réalisé pour la première fois un scan en trois dimensions de l’intérieur de la Terre qui montre comment les panaches de roche à très haute température en provenance du manteau terrestre sont reliés à des points chauds qui génèrent des chaînes d’îles volcaniques à la surface de la Terre, omme Hawaï, les Samoa et l’Islande. Exemple de tomodensitométrie de l’intérieur de la Terre, l’image a été générée par une simulation informatique à l’aide de superordinateurs au Lawrence Berkeley National Laboratory.
Contrairement à la tomographie médicale qui utilise des rayons X pour examiner le corps humain, les chercheurs ont produit une image des panaches mantelliques en analysant le déplacement des ondes sismiques à l’intérieur de la Terre lors de puissants séismes qui ont secoué la planète au cours des 20 dernières années.
Des tentatives précédentes pour fournir une image des panaches mantelliques avaient montré des poches de roche à haute température qui s’élevaient dans les zones où les panaches avaient été proposés, mais il était difficile de savoir si ces poches étaient connectées aux points chauds volcaniques à la surface ou aux racines des panaches à la frontière entre le noyau et le manteau, à 2900 kilomètres sous la surface de la Terre.
La nouvelle carte haute résolution du manteau ne montre pas seulement ces connexions pour de nombreux points chauds de la planète, mais elle révèle aussi qu’en dessous d’environ 1000 km, les panaches présentent une largeur comprise entre 600 et 1000 kilomètres, ce qui est jusqu’à cinq fois plus que celle estimée jusqu’à maintenant par les géophysiciens. Les panaches ont probablement une température d’au moins 400 ° C supérieure à celle de la roche environnante.
Les connexions entre les panaches provenant de la partie inférieure du manteau et les points chauds volcaniques ne sont pas directes. En effet, les sommets des panaches s’étalent comme le delta d’un fleuve lorsqu’ils rencontrent la roche moins visqueuse du manteau supérieur.
Les nouvelles images montrent également que les bases de ces panaches sont ancrées à la frontière entre le noyau et le manteau où elle forment deux énormes masses de roche à très haute température, avec chacune un diamètre d’environ 5.000 kilomètres, probablement plus denses que les roches environnantes. On estime que ces deux points d’ancrage – l’un sous l’Afrique, l’autre sous l’Océan Pacifique – sont dans ces zones qui existent depuis 250 millions d’années.
L’analyse effectuée par les superordinateurs n’a pas détecté de panaches sous tous les volcans de points chauds, comme le Parc de Yellowstone. Les panaches qui les alimentent sont peut-être trop minces pour être détectés et la technique de modélisation informatique présente encore des limites.

Cette étude a été soutenue par la National Science Foundation et le Conseil Européen de la Recherche.
En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo montrant la simulation par superordinateur des panaches de roche à haute température pendant leur ascension à travers le manteau, avant de former des chaînes d’îles volcaniques.
https://www.youtube.com/watch?v=tCphzt8iaWc&feature=youtu.be

Source: Université de Californie à Berkeley.

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drapeau-anglaisSeismologists of the University of California at Berkeley have produced for the first time a three-dimensional scan of the Earth’s interior that shows how plumes of hot rock rising through the mantle are connected with surface hotspots that generate volcanic island chains like Hawaii, Samoa and Iceland. A computed tomography (or CT scan) of the Earth’s interior, the picture emerged from a supercomputer simulation at the Lawrence Berkeley National Laboratory.

While medical CTs employ X-rays to probe the body, the scientists mapped mantle plumes by analyzing the paths of seismic waves bouncing around Earth’s interior after 273 strong earthquakes that shook the globe over the past 20 years.

Previous attempts to image mantle plumes had detected pockets of hot rock rising in areas where plumes had been proposed, but it was unclear whether they were connected to volcanic hotspots at the surface or to the roots of the plumes at the core/mantle boundary 2,900 kilometres below the surface.

The new, high-resolution map of the mantle not only shows these connections for many hotspots on the planet, but reveals that below about 1,000 kilometres the plumes are between 600 and 1,000 kilometres across, up to five times wider than geophysicists thought. The plumes are likely at least 400°C hotter than surrounding rock.

The connections between the lower-mantle plumes and the volcanic hotspots are not direct because the tops of the plumes spread out like the delta of a river as they merge with the less viscous upper mantle rock.

The new picture also shows that the bases of these plumes are anchored at the core/mantle boundary in two huge blobs of hot rock, each about 5,000 kilometres in diameter, that are likely denser than surrounding rock. It is estimated that those two anchors – directly opposite one another under Africa and the Pacific Ocean – have been in the same spots for 250 million years.

The supercomputer analysis did not detect plumes under all hotspot volcanoes, such as those in Yellowstone National Park. The plumes that feed them may be too thin to be detected given the computational limits of the global modeling technique.

This study was supported by the National Science Foundation and the European Research Council.

By clicking on this link, you will see  a video showing the supercomputer simulation of plumes of hot rock rising through the mantle to form volcanic island chains.

https://www.youtube.com/watch?v=tCphzt8iaWc&feature=youtu.be

Source: University of California at Berkeley.

Vue globale des points chauds dans le monde (Source : Université de Californie à Berkeley)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): L’éruption continue // The eruption is going on

drapeau-francaisDans son dernier bulletin en date du 31 août, l’OVPF indique que l’éruption se poursuit avec seulement quelques fluctuations. L’activité sismique reste assez élevée. Sur le site, la bouche la plus en aval est toujours active. La lave s’écoule toujours en partie en tunnel avant de ressortir pour former un grand bras et plusieurs petits écoulements intermittents.

Les mauvaises conditions météo ne permettent que très rarement de voir l’éruption avec les webcams.

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drapeau-anglaisIn its latest update (August 31st), the Observatory indicates that the eruption is going on with only a few fluctuations. Seismic activity remains quite high. On the field, the lowest vent on the slope is still active. Lava is still partly flowing within a tunnel before reappearing and forming  long branch and several breakouts.

Poor weather conditions rarely allow to see the eruption through the webcams.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Le point sur l’éruption

7 heures : La visibilité n’est pas très bonne ce matin et il est difficile de faire le point sur l’éruption à l’aide de la webcam du Piton de Bert. L’Observatoire ne divulgue que très peu d’informations et, contrairement au HVO à Hawaii, les sismographes ne sont pas mis en ligne.

Il faut donc se tourner vers le Journal de l’Ile (http://www.clicanoo.re/488121-le-piton-de-la-fournaise-joue-les-prolongations.html) pour avoir les dernières nouvelles.

On peut lire que « c’est en début de soirée, à 18h50 précises, qu’une première fissure éruptive a fait son apparition dans le sud de l’enclos, au niveau du cratère Rivals […] Peu après 21h15, une seconde fissure éruptive, moins puissante que la première, est apparue aux trois-quarts supérieurs de la pente du cratère sommital, au nord-nord-ouest du Bory avec deux coulées de lave.» Selon le directeur de l’Observatoire, « avec l’ouverture d’une seconde fissure éruptive plus de deux heures après le début de cette phase, nous constatons qu’il y a une propagation de l’intrusion du magma sous l’Enclos. »

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8 heures : Le dernier bulletin de l’Observatoire indique que « dans la soirée, les fontaines situées en amont se sont arrêtées. A l’heure actuelle seule la fissure la plus basse (à proximité du cratère Rivals) semble être encore active (mais cela est à vérifier in situ). L’énergie sismique a diminué durant la nuit. Le front de coulée n’est pas localisé à l’heure actuelle car il est a quitté le champ de la caméra tard dans la soirée. Quatre séismes ont été détectés dans la nuit. »

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une série de belles photos de l’éruption prises ce matin par Serge Gélabert. Comme je le fais souvent remarquer, l’aube et le crépuscule sont les meilleurs moments pour les photos d’éruptions. Mieux vaut éviter la nuit noire qui donne des résultats décevants, surtout avec les appareils photo dotés de petits capteurs. :

http://www.clicanoo.re/488165-photos-l-eruption-au-lever-du-jour.html

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17 heures : Dans son bulletin de fin de journée, l’Observatoire indique que l’éruption continue, ce qui est confirmé par les images de la webcam (voir ci-dessous). L’intensité du tremor éruptif a baissé depuis le début de l’éruption tout d’abord très rapidement au cours des deux premières heures, puis plus lentement.
Les premières analyses d’images satellites montrent également une diminution très rapide du débit de lave (entre 30 et 60 m3/s hier soir et moins de 10 m3/s ce matin).
Une seule fissure, longue d’une centaine de mètres, reste active à l’heure actuelle. En son point amont, un petit cône s’est édifié, avec des projections rythmées. Plus en aval, trois fontaines continuent également de fonctionner.

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7:00: Visibility is not very good this morning and it is difficult to see the eruption with the webcam at the Piton Bert. The Observatory discloses very little information and, unlike HVO at Hawaii, seismographs are not posted online.
We must therefore refer to the Journal de l’Ile (http://www.clicanoo.re/488121-le-piton-de-la-fournaise-joue-les-prolongations.html) for the latest news.
We can read that « It was in the early evening, at 6:50 p.m., that a first eruptive fissure appeared in the southern part of the Enclos, close to the Rivals Crater […] Shortly after 9:15 p.m., a second eruptive fissure, less active than the previous one, appeared at the upper three-quarters of the slope of the summit crater, north-northwest of the Bory Crater, with two lava flows. »According to the director of the Observatory,  « With the opening of a second eruptive fissure more than two hours after the start of this phase, we can see that there is a spread of the magma intrusion beneath the Enclos . « 

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8:00: The Observatory’s latest update states that « in the evening, the upslope lava fountains have stopped. At present only the lower part of the fissure (near the Rivals Crater) seems to be still active (but this needs to be checked in situ). Seismic energy decreased during the night. The lava front is not defined at this time because could no longer be seen on the webcam late in the evening. Four earthquakes were detected during the night. »

Here are some nice photos of the eruption:

http://www.clicanoo.re/488165-photos-l-eruption-au-lever-du-jour.html

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17:00: In its evening update, the Observatory indicates that the eruption continues, which is confirmed by the images of the webcam (see below). The intensity of the eruptive tremor has decreased since the beginning of the eruption, rapidly during the first two hours, then more slowly.
The first analyses of satellite images show a rapid decrease in the lava output (between 30 and 60 m3 /s last night and less than 10 m3 /s this morning).
A single fissure, about one hundred metres long, remains active. In its upslope point, a small cone has been built, with rhythmic projections. Further downslope, three lava fountains are still active.

Evolution de la sismicité (Source: OVPF)

L’éruption vue par la webcam du Piton de Bert ce soir à 19 heures (heure locale)