Essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (suite) // Seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (continued)

La nuit a encore été agitée sur la péninsule de Reykjanes avec plusieurs séismes d’une magnitude supérieure à M 3,0 et 4 événements supérieurs à M 4,0 (4,1; 4,8; 4,2; 4,5) . Les hypocentres des secousses les plus fortes ont été localisés entre 1 km et 3,5 km de profondeur. Cette superficialité explique pourquoi ils ont été ressentis par la population. La plupart des séismes les plus significatifs avaient les épicentres au NNE de Krysuvik. Au fur et à mesure que les jours s’écoulent, il semble de plus en plus probable que cette sismicité ait avant tout une origine tectonique avec des événements qui sont dispersés sue une bonne distance le long de l’épine dorsale de la péninsule. Affaire à suivre malgré tout.

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The night was again restless on the Reykjanes peninsula with several earthquakes with a magnitude greater than M 3.0 and 4 events greater than M 4.0 (4.1; 4.8; 4.2; 4.5) . The hypocenters of the strongest tremors were located between 1 km and 3.5 km deep. This superficiality explains why they were felt by the population. Most of the most significant earthquakes had epicentres NNE of Krysuvik. As the days go by, it seems more and more likely that this seismicity has primarily a tectonic origin with events that are scattered over a good distance along the backbone of the peninsula.

Source: IMO

Essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (suite) // Seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (continued)

La sismicité reste intense en ce 1er août 2022 sur la péninsule islandaise de Reykjanes. Plusieurs événements montrent des magnitudes supérieures à M 3,0, voire M 4,0. Les hypocentres se maintiennent à des profondeurs entre 3,6 et 4,7 km.

En regardant la carte du Met Office, on se rend compte que la hausse de la sismicité affecte une zone relativement vaste, même si les secousses les plus significatives restent concentrées dans la partie de centrale de la péninsule. Les événements avec la plus forte intensité ont été localisés à l’ENE de Fagradalsfjall (le site de la dernière éruption), au SE de Keilir, au NO de Grindavik, ou encore au NE de Krysuvik.

Comme je l’ai indiqué avant que se produise la dernière éruption,, la péninsule de Reykjanes est une zone complexe. Son histoire montre qu’elle a été exposée aussi bien à des événements sismiques que volcaniques. La prévision éruptive est donc difficile. Heureusement, la région ne présente pas une grande densité de population et il serait relativement facile de procéder à des évacuations si une éruption devait se produire.

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Seismicity remains intense on August 1st, 2022 on the Icelandic Reykjanes Peninsula. Several events had magnitudes greater than M 3.0, even M 4.0. The hypocenters have been located at depths between 3.6 and 4.7 km.
Looking at the Met Office map, one can see that the increase in seismicity affects a relatively large area, although the most significant tremors remain concentrated in the central part of the peninsula. The events with the strongest intensity were located ENE of Fagradalsfjall (the site of the last eruption), SE of Keilir, NW of Grindavik, or NE of Krysuvik.
As I stated before the last eruption, the Reykjanes Peninsula is a complex area. Its history shows that it has been exposed to both seismic and volcanic events. Eruptive prediction is therefore difficult. Fortunately, the area does not have a high population density and it would be relatively easy to carry out evacuations if an eruption were to occur.

Source: IMO

Épisode sismique dans le secteur du Sancy (Auvergne / France)

Depuis le mois de mars 2022, on enregistre une certaine sismicité dans la région auvergnate du Sancy. Plus de 250 microséismes ont été enregistrés en quelques mois sur une zone relativement restreinte entre Chambon-sur-Lac et .Beaune-le-Froid, du côté de Murol. La magnitude des événements ne dépasse jamais M 2,5.

Cette sismicité n’inquiète pas trop les habitants de la région car de tels épisodes ont déjà été enregistrés dans le passé, entre 1979 et 1984, en 2008, ou encore en 2013, et sur des laps de temps beaucoup plus courts qu’en 2022. C’est donc la durée de l’essaim en cours qui est le paramètre le plus remarquable.

Les scientifiques clermontois ne sont pas en mesure, pour le moment, d’expliquer le phénomène. Le Laboratoire Magmas et Volcans (LMV) et l’Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand (OPGC) unissent leurs forces et mettent les moyens pour assurer le suivi de cette sismicité. Un certain nombre de paramètres sont examinés, tel que la déformation potentielle du sol, la chimie de l’eau, le champ magnétique terrestre, etc. Les séismes se poursuivent chaque jour, mais aucune évolution n’est observée, que ce soit en intensité ou en profondeur.

En plus du dispositif de mesure permanent, trois nouvelles stations sismiques ont été installées localement. Une station GNSS (Global Navigation Satellite Systems) est en cours d’installation. A cela s’ajoute un drone, équipé d’un capteur magnétique destiné à étudier l’intensité du champ magnétique et ses variations à différents niveaux.

A l’heure actuelle, l’hypothèse privilégiée pour expliquer l’épisode sismique est celle de la réactivation d’anciennes failles, mais il faudra d’autres analyses pour avoir confirmation. Une chose est sure, cette sismicité n’annonce pas un réveil des volcans d’Auvergne!

Source: Presse locale.

Source: LMVA

Islande : si des infrastructures étaient menacées… // Iceland : if infrastructure were under threat…

Dans le sillage des récentes crises sismiques sur la péninsule de Reykjanes, avec intrusion magmatique et soulèvement du sol au niveau de la centrale de Svartsengi, les autorités islandaises craignent qu’une éruption affecte les infrastructures sur la péninsule. Selon le ministre islandais de la Justice, qui supervise également les questions de protection civile, « les infrastructures de la péninsule de Reykjanes doivent être renforcées et améliorées dès que possible afin d’éviter des perturbations majeures lors d’une éruption volcanique ».
Des représentants de la Protection civile ont assisté à une réunion du conseil des ministres le 27 mai 2022 et ont passé en revue divers scénarios éruptifs. La situation de la centrale électrique de Svartsengi, qui gère la production d’eau chaude et froide, ainsi que d’électricité, pour 30 000 personnes, a été au centre des débats.
La terre autour du Mt Þorbjörn s’est soulevée de quatre centimètres depuis la fin avril, et il est clair que la centrale électrique pourrait être en danger en cas d’éruption dans la région. En conséquence, il est important d’avoir en réserve des sources d’eau alternatives pour les habitants. Il est urgent de chercher de nouvelles sources, et un nouveau système d’échange de chaleur doit être construit ailleurs, afin qu’une quantité suffisante d’eau chaude puisse être fournie. Le ministre de la Justice pense que l’Islande doit également accélérer la construction de Suðurneslína 2, une ligne électrique dont on parle depuis longtemps et qui irait des environs de Grindavík jusqu’à la périphérie de Hafnarfjörður.
De tels projets doivent généralement être examinés conformément à un ensemble de procédures, à savoir l’acceptation de plusieurs appels d’offre et la réalisation d’une évaluation environnementale. Suðurneslína 2 est débattue depuis au moins dix ans, mais c’est aujourd’hui une question urgente. Il serait souhaitable de mettre de côté les procédures compliquées et de donner la priorité à la construction d’infrastructures et de sources supplémentaires qui pourraient ensuite être intégrées dans les systèmes de services publics du pays si Svartsengi cessait de fonctionner.
Après l’éruption de Fagradalsfjall, des scientifiques de l’Université d’Islande, du Met Office et de la société d’ingénierie Efla ont été chargés d’évaluer les infrastructure sur la péninsule de Reykjanes et de proposer des mesures de protection contre les coulées de lave près de Grindavík et Svartsengi. Selon la conclusion du rapport, de nouvelles infrastructures, de nouveaux systèmes de services publics et de nouveaux systèmes de transport sont nécessaires dans la région. On sait que si une éruption devait avoir lieu, il y aurait très peu de temps pour mettre en place des mesures de protection. En effet, il existe de nombreux sites éruptifs potentiels qui sont très proches d’importantes infrastructures existantes.
Source : Iceland Review.

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Following the recent seismic crises on the Reykjanes Peninsula, the magma intrusion and the ground uplift at Svartsengi power plant, there are fears that an eruption might affect infrastructure on the peninsula. According to Iceland’s Minister of Justice, who also oversees Civil Defense issues, « infrastructure on the Reykjanes peninsula needs to undergo significant reinforcement and expansion as soon as possible in order to preclude major disruptions during a potential volcanic eruption, »

Civil Defense representatives attended a meeting of the council of ministers on May 27th, 2022 and reviewed various eruption scenarios. Of particular concern is the Svartsengi power station that manages the production of hot and cold water, as well as electricity, for 30,000 people.

Land around Þorbjörn has risen four centimetres since the end of April, and it is clear that the power plant could be in danger if there was an eruption in the area. As a consequence, it is important to have alternative sources of water ready for residents in the area. New water sources should be looked for and a new heat exchange system should be built somewhere else, so that enough hot water could be supplied. The Minister of Justice thinks Iceland needs to speed up the construction of Suðurneslína 2, a long-debated powerline that would run from around Grindavík to the outskirts of Hafnarfjörður.

Construction projects such as these usually have to proceed according to a set of standing regulations, namely the acceptance of multiple project bids and the conducting of an environmental assessment. Suðurneslína 2 has been debated for at least ten years, but it is nowan urgent matter. It might be advisable to push regulations aside and prioritize the construction of additional infrastructure and wellsprings that can then de integrated into the country’s utility systems if something were to happen at Svartsengi to hinder its operations.

After the eruption at Fagradalsfjall, experts at the University of Iceland, the Met Office, and engineering firm Efla were commissioned to assess the infrastructure on Reykjanes and propose measures to protect it from lava flow near Grindavík and Svartsengi. According to the final report’s main conclusion, new infrastructure, utilities systems, and transportation systems are needed in the area. This conclusion is underpinned by the knowledge that if an eruption was to start in the specified areas, there would be very little time to enact protection measures, as there are many possible eruption sites that are very close to important existing infrastructure.

Source: Iceland Review.

Il serait dommage qu’une éruption fasse disparaître le site de Svartsengi… (Photo: C. Grandpey)