L’Islande en état d’alerte ! // Iceland on alert !

L’état d’alerte – « threat level » selon la Protection Civile – a été déclaré ce soir en Islande en raison d’une forte hausse de la sismicité dans le sud-ouest du pays et notamment dans la péninsule de Reykjanes, et d’un risque potentiel d’éruption. Une forte secousse (M 3,8) a été enregistrée à 16h51 le 10 novembre 2023 et a été ressenti dans de nombreuses régions du sud-ouest de l’Islande. Une autre secousse s’est produite peu de temps après, à 16 h 56. Un autre séisme de M4,9 a été enregistré à 18h20. L’essaim sismique a pris de l’ampleur ces dernières heures et un certain nombre de secousses avaient une magnitude de M 3,0 et plus. (voir carte ci-dessous).
La population a été avertie que « les séismes peuvent être plus importants que ceux qui se sont produits et ce scénario pourrait conduire à une éruption volcanique. Cependant, rien n’indique pour le moment que le magma remonte à la surface. La situation est surveillée attentivement..
En outre, il est demandé aux habitants de suivre toutes les informations figurant sur le site web de la Protection Civile, ainsi que sur les sites web du Met Office islandais et des médias.
La couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’Orange. Ce dernier niveau correspond à la « probabilité croissante d’une éruption volcanique, ou d’une éruption volcanique en cours, bien qu’avec peu ou pas de production de cendres ». »
Sources  : Met Office, Protection civile.

Dans sa dernière mise à jour (10 novembre à 20h00), le Met Office explique que « l’activité sismique actuellement observée à Sundhnjúkagígar se produit dans une zone située à environ 3 km au nord-est de Grindavík. Les événements les moins profonds se situent à une profondeur d’environ 3 à 3,5 km.
La situation observée actuellement à Sundhnjúkagígar ressemble à celle observée la veille de la première éruption à Fagradalsfjall en 2021 et est très semblable à l’activité sismique mesurée environ un mois avant cette éruption. Le scénario le plus probable aujourd’hui, si l’on se réfère à l’activité qui a culminé avec le début du 19 mars 2021, est qu’il faudra plusieurs jours (plutôt que quelques heures) pour que le magma atteigne la surface. »

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An alert level – a « threat level » according to the Civil Protection – has been declared tonight in Iceland because of a strong increase of seismicity in the southwestern part of the country and especially the Reykjanes Peninsula and a potential risk of eruption. A strong earthquake (M 3.8) occurred at 16.51 on November 10th, 2023 and was felt in many parts of the southwest of Iceland. Another earthquake hit shortly afterwards, at 16.56. The largest earthquake that hit in the last hour was magnitude M 4.9 at 18.20. The seismic swarm has been gaining momentum in the last few hours and a number of tremors have been measured of magnitude M 3.0 and above (see map below)..

The population is warned that “earthquakes can be larger than the ones that have occurred and this scenario could lead to a volcanic eruption. However, there are no signs yet that magma is moving to the surface. Progress is being closely monitored.”

Furthermore, residents are encouraged to follow up on all information on the Civil Protection website, as well as the websites of the Icelandic Met Office and the media.

The aviation color code has been upgraded from Yellow to Orange because of the « growing likelihood of a volcanic eruption, or, a volcanic eruption is underway, although with little or no ash production. »

Sources : Met Office, Civil Protection.

In its latest update (November 10th at 8:00 pm), the Met Office explains that « the seismic activity currently measured at Sundhnjúkagígar occurs within an area about 3 km northeast of Grindavík. The shallowest earthquakes measured now are at a depth of about 3-3.5 km.

The signs that can be seen now at Sundhnjúkagígar are similar to those seen on the eve of the first eruption at Fagradalsfjall in 2021 and are very similar to the seismic activity that was measured about a month before that eruption. The most likely scenario now, taking into account the activity that culminated in the onset of the March 19th 2021, is that it will take several days (rather than hours) for magma to reach the surface. »

Source : Met Office

Péninsule de Reykjanes : éruption ou pas éruption? Personne ne le sait ! // Reykjanes Peninsula : eruption or no eruption? Nobody knows !

Aucun événement significatif n’a été signalé au cours de la journée et de la nuit écoulées. L’essaim sismique a débuté le 25 octobre 2023 sur la péninsule de Reykjanes. Cela signifie que cela fait 16 jours qu’on attend une éventuelle éruption, … et aucun événement de ce type ne s’est produit ! Le 9 novembre, un volcanologue islandais a déclaré qu’il y avait 60 % de chances qu’une éruption se produise prochainement. Il a ajouté : « Nous ne pouvons pas dire exactement ce qui se passe. » La prévision éruptive a du plomb dans l’aile ! Quand le risque éruptif se situe dans une zone désertique comme lors des précédentes éruptions, il est facile de faire des prévisions à tout va. Quand des infrastructures ou des habitations sont menacées, la prévision devient tout de suite plus compliquée!
L’activité sismique a culminé avec un événement de M4.8 aux premières heures du 9 novembre à l’ouest du Mt Þorbjörn. Il s’agit du plus puissant séisme depuis le début de l’essaim. Sept événements de M4,0 ou supérieurs ont été enregistrés dans la zone allant d’Eldvörp à l’est de Sýlingarfell. Selon le Met Office, le fait qu’il y ait des séismes plus forts qu’auparavant dans la région ne signifie pas nécessairement une accélération de la vitesse d’accumulation du magma. Cependant, comme cette accumulation se poursuit, il faut s’attendre à de nouveaux événements sismiques sur la péninsule de Reykjanes car l’intrusion magmatique génère une intensification des contraintes dans la région.
Par mesure de précaution, le Blue Lagoon est fermé pendant une semaine jusqu’au 16 novembre. Les employés recevront l’intégralité de leur salaire pendant les heures de fermeture et les clients seront remboursés intégralement.
Sources  : IMO, Iceland Monitor, Iceland Review.

Dernière minute : le Met Office islandais indique aujourd’hui (10 novembre 2023) que l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes a migré vers la ligne de cratères Sundhnúkar au cours de la dernière journée. Presque tous les séismes dans la région se sont produits sur cette ligne de cratères qui se trouve à l’est de Sýlingarfell et de l’autre côté de la crête par rapport à la centrale de Svartsengi.

L’activité sismique, à nouveau soutenue, a traversé la route qui conduit à Grindavik et s’éloigne donc de la centrale de Svartsengi. L’intrusion magmatique joue avec les nerfs des Islandais! (Source: Met Office)

Il semble que la sismicité soit en train de s’éloigner de la centrale électrique de Svartsengi (voir ci-dessus), mais la Protection civile a proposé le 9 novembre d’édifier un mur de protection autour du site. Selon le Ministre des Infrastructures, une autorisation de mise en œuvre venant du gouvernement sera disponible dans les prochaines heures.  » Nous sommes toujours dans un état d’incertitude (Uncertainty). Nous sommes souvent dans une telle situation en Islande et rien de grave ne se produit, donc nous allons maintenant attendre et espérer que rien de grave n’arrivera, mais nous devons aussi nous préparer au pire. »
En ce qui concerne la population, le Ministre a ajouté :  » Tout le monde fait de son mieux et on tentera de donner l’alerte le plus rapidement possible, si quelque chose arrive. Mais il est tout aussi probable que rien ne se passe, personne ne le sait. »
Source : Iceland Monitor.

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No significant event occurred during the past day and night. The seismic swarm started on October 25th, 2023 on the Reykjanes Peninsula. This means that an eruption has been expected for 16 days….and no such event has happened. On November 9th, an Icelandic volcanologist said there is a 60% chance of an eruption soon. He added : « We can’t say exactly what the situation is. » Eruptive prediction is in trouble! When the eruptive risk is located in a desert area as during previous eruptions, it is easy to make random predictions. When infrastructure or homes are threatened, predictions immediately become more difficult!

Seismic activity culminated with an M4.8 event in the early hours of November 9th west of Þorbjörn. It is the largest earthquake since the swarm began. Seven earthquakes M4.0 or larger in size were measured in the area from Eldvörp to the area east of Sýlingarfell. According to the Met Office, the fact that there are now larger earthquakes than before in the area does not necessarily mean an increased rate of magma accumulation. However, while the accumulation of magma continues, seismic activity can be expected on the Reykjanes Peninsula because the magma intrusion causes increased tension in the area.

As a precaution, the Blue Lagoon has been closed for one week until November 16th. Employees will be paid full wages during the closing hours and guests will receive a full refund.

Sources : IMO, Iceland Monitor, Iceland Review.

Last minute : The Icelandic Met Office indicates today (November 10th, 2023)that seismic activity on the Reykjanes peninsula has shifted to the Sundhnúkar crater line in the past day. Almost all of the earthquakes in the area have occurred in that crater line, which lies to the east of Sýlingarfell and the other side of the ridge from the power plant in Svartsengi.

It looks as if seismicity migrated away from the Svartsengi power station in the past hours, but a proposal was made for a defence wall around Svartsengi by the Civil Protection on November 9th. According to the Minister of Infrastructure, an idea of implementation from the government will be available in the next few hours.“We’re still in a state of uncertainty. We’re often in a state of uncertainty in Iceland and nothing serious happens, so we’ll now see and hope for the best, but we also need to be ready for the worst.”

As far as the population is concerned, the Minister added : « “Everyone is trying to do their best and will try to give out warning as soon  as possible, if something happens. But it’s also just as likely that nothing happens, no one knows.”

Source : Iceland Monitor.

Photo: C. Grandpey

Hausse de la sismicité sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Increase in seismicity on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la presse islandais fait la Une de ses journaux avec la grève des femmes pour de meilleures conditions de travail et de salaires, la Péninsule de Reykjanes manifeste à sa façon avec une hausse significative de la sismicité au cours des dernières heures. Les secousses se situent dans la zone entre Grindavik et Fagradalsfjall, site de la dernière éruption. Certains événements ont atteint M 3,5 et M 4,5. Les hypocentres ont été localisés en moyenne entre 3 et 5 km de profondeur. Dans ma note du 20 octobre consacrée à cette région de l’Islande, j’évoquais la possibilité d’une nouvelle éruption d’ici Noël. L’inflation du sol est comparable à celle observée avant la dernière éruption.

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While the Icelandic press is making headlines with the women’s strike for better working conditions and wages, the Reykjanes Peninsula is demonstrating in its own way with a significant increase in seismicity in the last few hours. The events are located in the area between Grindavik and Fagradalsfjall, site of the last eruption. Some events reached M 3.5 and M 4.5. The hypocenters were located on average between 3 and 5 km depth. In my post of October 20th devoted to this region of Iceland, I mentioned the possibility of a new eruption by Christmas. Ground inflation is comparable to that observed before the last eruption.

Source: IMO

Champs Phlégréens (Italie) : on se sait pas prévoir… // Phlegrean Fields (Italy) : we cannot predict…

C’est formidable de dire que l’on est capable de prévoir les éruptions de volcans comme le Piton de la Fournaise (La Réunion) ou le Kilauea (Hawaï). Ce sont des volcans effusifs qui présentent peu ou pas de danger pour les zones habitées. La prévision devient très différente quand il s’agit des volcans explosifs. Elle est encore plus compliquée lorsque ces volcans sont situés à proximité ou au milieu de zones densément peuplées.
C’est le cas du Vésuve près de la ville de Naples, et des Champs Phlégréens autour desquels vivent quelque 360 000 habitants. Si le Vésuve ou les Campi Flegrei devaient se réveiller, il faudrait prendre des mesures très rapidement pour mettre les habitants en sécurité.
Ces derniers jours, l’inquiétude a grandi autour de Pouzzoles devant le risque d’éruption des Champs Phlégréens. En effet, la région a été secouée par le séisme le plus puissant (M 4,2) depuis 40 ans. L’activité sismique dans la région s’est intensifiée au cours de l’année écoulée et en particulier ces derniers mois, avec plus de 80 événements enregistrés au petit matin du 27 septembre 2023.
Bien entendu, tout le monde souhaite que l’activité sismique cesse, comme cela a été le cas après une longue période d’agitation du sol au début des années 1980. La pire situation serait une éruption semblable à la dernière qui a eu lieu en 1538 ; elle a donné naissance au Monte Nuovo et a détruit une cité médiévale. .
Les scientifiques de l’INGV surveillent étroitement la situation mais sont forcés d’admettre qu’ils ne savent pas comment elle va évoluer. En cas d’éruption, ils ne savent pas, non plus, quand ni où un tel événement pourrait se produire. Aussi minime que soit une telle éruption, elle provoquerait de sérieux problèmes de société. Il suffit de voir toutes les maisons autour de la Solfatare, l’un des points les plus chauds des Campi Flegrei, pour comprendre les difficultés qu’impliquerait une évacuation.
Contrairement au Vésuve voisin, dont l’éruption en 79 après JC a détruit Pompéi et Herculanum, les Campi Flegrei ne présentent pas la forme conique d’un volcan. Ils se trouvent dans une caldeira de 11 kilomètres de long qui s’est formée il y a 39 000 ans après qu’une éruption l’ait vidée de son magma. Cependant, le secteur est beaucoup plus actif que le Vésuve.
Depuis les années 1950, des milliers de petits séismes ont affaibli la caldeira, favorisant les conditions d’une rupture. C’est ce que l’on peut lire dans une étude publiée en juin 2023 par l’INGV italienne et l’University College London (UCL). Les recherches ont conclu que le volcan était sur le point d’atteindre un « point de rupture » et se trouverait dans un « état extrêmement dangereux ».
Giuseppe De Natale, directeur de l’INGV, a déclaré qu’il y avait un « risque élevé de fortes secousses », ajoutant qu’il avait écrit à la municipalité de Naples le 18 septembre pour que des contrôles de sécurité soient effectués dans les bâtiments publics, en commençant par les écoles et les hôpitaux, et que des procédures d’évacuation soient mises en œuvre si nécessaire.
Le séisme du 27 septembre dernier, qui a été ressenti jusqu’à Rome, a provoqué la fuite des habitants et des perturbations dans le trafic ferroviaire, même si aucun blessé ni aucun dégât majeur n’ont été signalés. Nello Musumeci, en charge de la Protection civile, a déclaré qu’il rencontrerait les responsables locaux à Naples dans les prochains jours pour demander une « accélération dans l’élaboration des plans d’évacuation en cas d’urgence ». Il a ajouté : « Nous devons être prêts à toute éventualité, mais nous devons aussi éviter l’alarmisme car, pour le moment, cela n’est pas justifié. »
Sources  : The Guardian et médias d’information italiens.

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It’s great to say we are able topredict eruptions of volcanoes like Piton de la Fournaise (Reunion Island) or Kilauea (Hawaii). These are effusive volcanoes with little or no danger to populated areas. Prediction becomses greatly different on explosive volcanoes, all the mare when they are located close to, or in the middle of densely populated areas.

This is the case of Mount Vesuvius close to the city of Naples and the Phlegrean Fields which are surrounded by 360,000 residents. Should an eruption occur on Vesuvius or the Campi Flegrei, measures would have to be taken very fast to send residents out of danger.

These days, concern is mounting over the risk of an eruption on the Phlegrean Fields after the area was struck by the strongest earthquake (M 4.2) in 40 years. Seismic activity in the region has intensified over the past year and especially in recent months, with more than 80 events occurring in the early hours of September 27th, 2023 in the morning.

Of course, the best-case scenario would be that the activity ends, as it did after a long period of unrest in the early 1980s, while the worst would be an eruption similar to the last one in 1538, which created Monte Nuovo and destroyed a medieval city. .

INGV scientists are monitoring the situation but they admit they don’t know how it will evolve. In the event of an eruption, they don’t know when or where it could happen. However small, it would cause social unrest. You just need to see all the houses around the Solfatara, one of the hottest spots of the Campi Flegrei, to understand the difficulties an evacuation would include.

Unlike nearby Mount Vesuvius, whose eruption in AD79 destroyed the ancient Roman cities of Pompeii and Herculaneum, Campi Flegrei is an 11-kilometer-long caldera that was formed 39,000 years ago after an eruption emptied it of magma. However, it is much more active than Vesuvius.

Thousands of small earthquakes since the 1950s have weakened the caldera, favouring the conditions for a rupture, according to a study published in June 2023 by Italy’s INGV and University College London (UCL). The research concluded that the volcano was edging towards “breaking point” and in an “extremely dangerous state”.

Giuseppe De Natale, a director at INGV, said there was a “high risk of strong tremors”, adding that he had written to Naples council on September 18th, suggesting safety checks be carried out on public buildings, starting with schools and hospitals, and for evacuation procedures to be enacted if necessary.

The earthquake of September 27th, which was felt in Rome, caused people to flee their homes and trains to be disrupted, although no injuries or major damage were reported. Nello Musumeci, minister for Civil protection, said he would be meeting local officials in Naples over the next few days to ask for an “acceleration in the drafting of exodus plans in the event of an emergency”. He added : “We need to be ready for any eventuality, but we need to avoid alarmism because, at the moment, it is not justified.”

Sources : The Guardian and Italian news media.

Pouzzoles est l’un des centres urbains les plus importants de la région des Champs Phlégréens.

La Solfatara est l’un des points chauds des Champs Phlégréens.

(Photos: C. Grandpey)