Islande: Ça recommence sur la Péninsule de Reykjanes ! // Iceland: It’s starting again on the Reykjanes Peninsula !

Non seulement l’Islande est infectée par le coronavirus (avec 81 cas recensés), mais le pays doit maintenant faire face à un nouvel essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes. Une secousse de M 5.2 a été enregistrée sur la zone à 10 h 26 le 12 mars 2020. Elle a été ressentie jusqu’à Reykjavik et à Borgarnes, dans l’ouest de l’Islande. Plus de 100 personnes ont appelé le Met Office pour signaler l’événement.
La source de l’essaim sismique a été localisée à 5,4 km au nord-ouest de la ville de Grindavík, à une profondeur de 5,2 km. Elle a été précédée d’un événement de M 3.0 à 10h15, et de nombreuses répliques ont été enregistrées dans la zone depuis 9h30 ce matin (voir carte ci-dessous).
Selon un météorologue, la source de cette séquence sismique se situe à peu près là où il y a eu une inflation de 5 cm de la surface du sol en janvier et février.
Il est trop tôt pour dire ce que signifie l’essaim sismique. On ne peut pas prévoir, non plus, la suite des événements. L’ Icelandic Met Office a convoqué du personnel supplémentaire.
Source: IMO et Iceland Monitor.

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Not only Iceland is infected by coronavirus (with 81 cases in the country), but it is now facing another seismic swarm on the Reykjanes Peninsula. An M 5.2 earthquake hit the area at 10:26 am on March 12th, 2020. The quake was noticed inReykjavik and all the way to Borgarnes, West Iceland. Well over 100 people called the Met Office to report it.

The source of the earthquake was 5.4 km northwest of the town Grindavík, at a depth of 5.2 km. It was preceded by an M 3 event at 10:15, and numerous aftershocks have been registered in the area since 9:30 this morning (see map below).

According to a meteorologist, the source of the earthquake is approximately where there was a 5-cm inflation of the surface in January and February.

It is too early to tell what the seismic swarm means or what we can expect. The Icelandic Met Office has called out additional staff.

Source : IMO and Iceland Monitor.

Source: IMO

Attention: Ne pas explorer les grottes sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)! // Warning : Do not explore the caves on the Reykjanes Peninsula (Iceland) !

Suite à l’augmentation de la sismicité enregistrée depuis la fin du mois de janvier 2020 sur la Péninsule de Reykjanes, avec une inflation du sol près du Mont. Þorbjörn, pas loin de Grindavík, l’Icelandic Met Office (IMO) effectue des mesures hebdomadaires de gaz dans les grottes près des cratères d’Eldvörp, à l’ouest du Blue Lagoon.
Le 20 février, les mesures dans l’une des grottes ont révélé une concentration potentiellement mortelle de dioxyde de carbone ainsi qu’un manque d’oxygène.
En conséquence; L’IMO a émis un bulletin d’alerte et fortement déconseillé l’exploration des grottes de la région. La grotte en question se trouve à proximité d’un parking très fréquenté par les touristes qui vont visiter les cratères d’Eldvörp. La Protection Civile et le service des urgences ont été informés de la situation.
Le bulletin d’alerte ne concerne que l’exploration des grottes de la région. La randonnée ne pose pas de problème.

Source : Iceland Review.

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Following the increased seismicity recorded since late January 2020 on the Reykjanes Peninsula, with a significant land uplift near Mt. Þorbjörn by Grindavík, the Icelandic Met Office (IMO) conducts weekly gas measurements in the caves near the Eldvörp crater row, west of the Blue Lagoon.

On February 20th, the measurements in one of the caves revealed a life-threatening concentration of carbon dioxide along with a lack of oxygen.

As a consequence; IMO has issued a warning against exploring the caves in the area. The cave in question is near a parking lot popular among travellers seeking to visit the Eldvörp craters.. The Department of Civil Protection and Emergency Management has been informed of the situation.

Tourists are informed that the warning only applies to the exploration of the caves in the area. Walking is safe.

Source: Iceland Review.

Grotte dans le nord de l’Islande. Il est agréable de s’y baigner. S’assurer auparavant que l’eau n’est pas trop chaude! (Photo: C. Grandpey)

Prévision volcanique et principe de précaution

Heureusement qu’il y a le principe de précaution. Côté prévision éruptive, ça patauge un peu depuis quelque temps.

Sur l’Ile de la Réunion, on nous annonçait une éruption « imminente » du Piton de la Fournaise depuis le mois de décembre 2019. Tous les ingrédients étaient présents pour que le volcan se manifeste à nouveau, mais son humeur n’était pas éruptive à ce moment-là. Il a fallu attendre le 10 février 2020 pour que la lave montre le bout de son nez, avant de disparaître quelques jours plus tard..

Comme je l’expliquais précédemment, la prévision éruptive n’a qu’une importance relative à la Réunion dans la mesure où les éruptions se déroulent en général dans l’Enclos Fouqué qui est une zone désertique.

Le seul principe de précaution consiste, pour la Préfecture, à interdire l’accès de l’Enclos aux randonneurs. La mesure est facile à appliquer étant donné que l’entrée dans le site se fait par un portail qu’il suffit de cadenasser.

Le Piton de la Fournaise constitue surtout un excellent laboratoire pour étudier le comportement (fantasque !) d’un volcan.

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En Islande, l’activité sismique sur la Péninsule de Reykjanes a décontenancé les scientifiques de l’Icelandic Met Office (IMO). Ces derniers sont habitués à voir des essaims sismiques faire frissonner la péninsule de temps à autre. Le phénomène est prévisible et facile à comprendre étant donné le contexte tectonique dans lequel se situe l’Islande.

Le problème, c’est que depuis quelques semaines on enregistrait une inflation de plusieurs centimètres dans un secteur de la péninsule. Annonçait-elle une prochaine éruption ? L’IMO faisait état d’une possible intrusion magmatique, démentie quelques jours plus tard. Autrement dit, personne ne savait ce qui allait se passer.

Contrairement à l’Enclos Fouqué à la Réunion, le Péninsule de Reykjanes est habitée, même si la densité de population n’est pas énorme. De plus, en cas d’éruption, l’aéroport international de Keflavik, situé à quelques encablures de la péninsule, pourrait être impacté par des nuages de cendre.

La prévision sismique ou éruptive étant impossible, les autorités islandaises ont mis en place le principe de précaution et demandé aux habitants de se tenir prêts à une évacuation en cas d’éruption. Il leur a été vivement conseillé d’être attentifs aux messages d’alerte susceptibles d’être envoyés sur leurs smartphones.

A ce jour, aucune éruption ne s’est produite sur la Péninsule de Reykjanes.

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Aux Philippines, le volcan Taal a montré, lui aussi, les difficultés de la prévision éruptive. Le PHIVOLCS n’a pas prévu l’éruption qui a débuté le 12 janvier 2020 avec des panaches de vapeur et de cendre qui sont montés à 10-15 km de hauteur. L’Institut a immédiatement relevé le niveau d’alerte à 4 (éruption dangereuse éruption imminente), sur une échelle de 5 échelons. Aux Philippines, tous les ingrédients étaient présents pour que se produise une puissante éruption (sismicité, gonflement de l’édifice volcanique, intensification des émissions gazeuses), mais l’événement majeur attendu ne s’est (heureusement) jamais produit.

Le PHIVOLCS a constamment conseillé aux autorités d’évacuer sur une vaste zone les populations menacées par le Taal. Le principe de précaution a bien fonctionné et le 19 janvier 2020, 96 000 personnes avaient quitté leurs domiciles.

A la mi-février 2020, le niveau d’alerte pour le Taal est redescendu à 2, ce qui a permis à un grand nombre de personnes de quitter les structures d’hébergement provisoires.

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Le 9 décembre 2019, le cratère de White Island (Nouvelle Zélande) explosait, projetant des nuages de cendre, d’eau et de vapeur acides à haute température. Une quarantaine de touristes se trouvaient dans le cratère au moment de l’éruption et 21 personnes ont péri, soit immédiatement, soit des suites de leurs très graves brûlures.

Au moment de l’événement ; le niveau d’alerte était à 2 sur une échelle de 5 : « Moderate to heightened volcanic unrest [Activité volcanique modérée à élevée] .» Selon les volcanologues néo-zélandais, on avait affaire à une “activité volcanique pouvant conduire à un danger éruptif,” le type même de mise en garde vague que l’on rencontre sur tous les volcans actifs de la planète. Aucune éruption ou explosion majeure n’était prévue le 9 décembre 2019, même si le volcan présentait des signes d’activité.

C’est une fois la catastrophe passée que l’on se demande ce qu’il aurait fallu faire, comment on aurait prévenir un tel événement éruptif. La mesure la plus radicale était, bien sûr, d’interdire totalement l’accès à un volcan potentiellement dangereux. La poussée de plus en plus forte du tourisme de masse rend la mise en place d’une telle mesure extrêmement difficile. On aurait pu, aussi, limiter l’accès du cratère à des petits groupes, et éviter ainsi qu’une quarantaine de personnes se fasse surprendre.

Pour le moment, l’accès à White Island est interdit et il risque fort de le rester pendant longtemps. Le traumatisme subi par les Néo-Zélandais sera long à évacuer.

Panache éruptif du Taal (Source: Disaster Risk Reduction Management Council)

Le cratère de White Island après l’explosion (Source: Helicopter Rescue Trust)

 

Que diable s’est il passé sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? // What on earth happened on the Reykjanes Peninsula (Iceland)?

Je jette quotidiennement un coup d’oeil sur la sismicité dans la Péninsule de Reykjanes et j’ai observé une diminution du nombre et de l’intensité des événements au cours des derniers jours. Le Bureau islandais de météorologie (IMO) confirme ces observations, bien que de petits séismes soient encore enregistrés. L’inflation a également ralenti. Elle a atteint environ 5 cm depuis le 21 janvier 2020, date du début de la crise.
L’IMO pense que l’explication la plus probable de l’inflation et de l’activité sismique est une intrusion magmatique à 3 -5 km de profondeur à l’ouest du Mont Thorbjorn et il se pourrait que cette activité s’arrête sans qu’il y ait une éruption.
À la fin du mois de janvier 2020 (voir ma note du 31 janvier), des spécialistes du Met Office avaient indiqué qu’il n’y avait aucun signe de magma qui se serait accumulé près de la surface dans le secteur de Grindavík. C’était le résultat de mesures de gaz effectuées près du Mont Þorbjörn. En outre, l’analyse d’échantillons d’eau montrait le même résultat. La surveillance de la zone par l’IMO avait en outre révélé que l’inflation près du Mt Þorbjörn avait considérablement ralenti.
En conclusion, il semble bien que personne ne sache exactement ce qui s’est réellement passé sur la Péninsule de Reykjanes au cours des dernières semaines!

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 I have a daily look at seismicity on the Reykjanes Peninsula and I have observed a decrease in the number and intensity of events during the past days. The Icelandivc Mat Office confirms these observations, although small earthquakes are still being detected. The ground uplift has also slowed down. It has about 5 cm since January 21st, 2020 when the crisis started.

IMO thinks that the most likely explanation of the inflation and seismic activity is a magmatic intrusion 3 to 5 km deep just west of Mount Thorbjorn. IMO also believes that this activity will stop without an eruption..

By the end of January, specialists from the Icelandic Met Office had informed that there was no indication of magma having accumulated near the surface of the earth in the vicinity of Grindavík. It was the result of gas measurements done near Þorbjörn mountain. Beside, the analysis of water samples showed the same result. Monitoring of the area by the Icelandic Met Office furthermore revealed that inflation near Þorbjörn mountain had slowed down considerably.

As a conclusion, it seems nobody knows exactly what has really happened in th Reykjanes Peninsula during the past weeks!

Source: IMO