Alaska: Une catastrophe glaciaire (1) // A glacial disaster (1)

drapeau-francaisJe viens de passer trois semaines en Alaska. Laissant les volcans momentanément de côté, je me suis attardé sur la situation des glaciers. J’avais pris des photos au cours de mes trois séjours précédents et il m’a donc été facile d’établir des comparaisons. J’ai déjà montré le recul spectaculaire du Columbia Glacier qui vient vêler dans le Prince William Sound. Mes propres photos, étayées par les images satellitaires de la NASA constituaient une partie de l’exposition que j’ai présentée au Festival de Montier-en-Der en novembre 2015.

Au cours du mois de septembre 2016, j’ai été surpris de constater avec quelle vitesse les glaciers remontaient dans les zones sommitales des montagnes de l’Alaska. Beaucoup d’entre eux auront disparu avant la fin de notre décennie. En particulier, je n’ai pas reconnu les langues glaciaires qui descendaient il n’y a pas si longtemps des sommets le long du Thomson Pass que la route escalade avant d’atteindre Haines.

S’agissant des glaciers plus imposants qui viennent vomir des icebergs dans les fjords, la situation est tout aussi inquiétante. Beaucoup n’atteignent plus la mer. Le Sawyer Glacier vient terminer sa course en deux branches dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau, la capitale de l’Alaska. Le capitaine du petit bateau qui m’a conduit devant le glacier m’a expliqué que, si la branche ouest du glacier semblait être assez stable, son homologue sud reculait à vue d’oeil. Selon lui, elle s’est raccourcie de « trois huitièmes de mile » – soit six cents mètres – en trois mois entre juin et septembre 2016.

Le glacier Beloit à côté de Whittier est sur le point de ne plus vêler. On aperçoit la roche qui constitue son soubassement et il est fort à parier que dans très peu de temps le front n’aura plus la force d’atteindre la mer.

La fonte des glaciers aura à court terme des conséquences sur la faune. Je connais une charmante rivière d’une trentaine de kilomètres de long dans le sud de l’Alaska qui prend sa source dans la montagne grâce à la fonte d’un glacier. Elle traverse ensuite un superbe lac quelques kilomètres après sa source, puis poursuit sa route en direction d’un fjord dans lequel elle vient se jeter. Jusqu’à très récemment, cette rivière regorgeait de saumons qui faisaient le bonheur des ours et des pygargues à tête blanche. Quand je me suis rendu auprès de ce cours d’eau en septembre 2016, j’ai tout de suite remarqué que la situation n’était plus la même. Suite à la fonte accélérée du glacier qui l’alimente, le débit de la rivière avait nettement baissé. L’eau n’étant plus aussi abondante, les saumons étaient aux abonnés absents et je ne les ai plus vu sauter au cours de leur remontée comme ils le faisaient précédemment. Suite  au manque de saumons, les ours se faisaient rares. Je n’ai observé que trois d’entre eux qui, astucieusement, s’étaient postés sur un poste de comptage de poissons pour trouver leur pitance. Au train où vont les choses, je pense que cette rivière va devenir rapidement un lit de galets où se faufileront quelques filets d’eau. Triste fin de vie!

Comme je l’ai écrit précédemment, les Américains ne se sentent pas vraiment responsables du réchauffement climatique. Ils semblent avoir été conditionnés (par leur gouvernement ?) à l’idée que le changement climatique est un processus naturel et seulement cela. Deux scientifiques avec lesquels j’avais rendez-vous m’ont confirmé cette impression et expliqué leurs difficultés à faire admettre la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement global de notre planète.

Vous trouverez ci-dessous une première série de clichés montrant le triste état des glaciers sommitaux.

Ensuite, je présenterai une suite de photos montrant des glaciers qui n’ont plus la force d’atteindre l’océan.

Une troisième série montrera les glaciers qui, comme le Sawyer ou le Blackstone, viennent encore vêler (autrement dit, produire des icebergs). C’est un spectacle magnifique et impressionnant quand des effondrements se produisent sur le front du glacier. Il faut se dépêcher d’en profiter car le show glaciaire risque fort de ne pas être éternel.

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drapeau-anglaisI have just spent three weeks in Alaska. Leaving aside momentarily the world of volcanoes, I dwelt on the situation of glaciers. I had taken photos during my three previous visits and it was therefore easy to draw comparisons. I have already shown the dramatic retreat of Columbia Glacier which calves in Prince William Sound. My own photos, supported by satellite images from NASA, were a part of the exhibition that I presented at the Festival of Montier-en-Der in November 2015.
In September 2016, I was surprised to see how fast the glaciers were retreating in the summit areas of the mountains of Alaska. Many of them will be gone before the end of the decade. In particular, I did not recognize the glacial tongues that used to come down the summits along the Thomson Pass before reaching Haines.
Regarding the largest glaciers that produce icebergs in the fjords, the situation is equally worrying. Many of them no longer reach the sea. Sawyer Glacier ends up in two branches in Tracy Arm, southeast of Juneau, the capital of Alaska. The captain of the small boat that brought me to the glacier explained me that if the western branch of the glacier seemed to be fairly stable, its southern counterpart is visibly shrinking. He told me it had shortened by « three-eighths of a mile » – or six hundred meters – in the three months between June and September 2016.
Beloit glacier near Whittier is about to stop calving. One can see the rock that forms its base and it is likely that in a very short time the front of the glacier will not have the strength to reach the sea.
Melting glaciers will have short-term consequences for wildlife. I know a lovely river about thirty kilometers long in the south of Alaska, which has its source in the mountains through the melting of a glacier. It then crosses a beautiful lake a few kilometers after its source, and then moves on towards a fjord. Until very recently, the river was full of salmon that were the delight of bears and bald eagles. When I visited the river in September 2016, I immediately noticed that the situation was not the same. Due to the accelerated melting of the glacier that feeds the river, its flow had dropped significantly. Since water is not as plentiful, the salmon were no longer there and I did not see them jump during their ascent, as they did previously. Due to the lack of salmon, the bears were scarce. I observed only three of them, cleverly posted on a fish counting station to find their food. The way things are going, I think this river will quickly become a pebble bed with a few rivulets. The sad end of a life!
As I wrote earlier, Americans do not really feel responsible for global warming. They seem to have been conditioned (by their government?) to the idea that climate change is a natural process, nothing else. Two scientists I met have confirmed this impression and explained their difficulties to make people accept the responsibility of human activities in global warming.

Here is a first series of photos showing the sad situation of the summit glaciers.
Then I will present a series of photos showing glaciers that no longer have the strength to reach the ocean.
A third series will show the tidal glaciers, such as Blackstone and Sawyer, that are still calving (ie producing icebergs). This is a beautiful and impressive sight, especially when collapses occur on the glacier front. You need to hurry to enjoy it because the ice show may well not be eternal.

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Photos: C. Grandpey

 

Nicolas Sarkozy et le changement climatique // Nicolas Sarkozy and climate change

drapeau-francaisAprès Claude Allègre, voici Nicolas Sarkozy !  S’exprimant devant des chefs d’entreprise, l’ancien chef de l’état a souhaité mettre l’accent sur la question du «choc démographique», éclipsée selon lui par les sujets climatiques. Il a renouvelé ses doutes quant à l’importance du réchauffement climatique et à la responsabilité humaine dans ce processus. «On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement», a estimé Nicolas Sarkozy. Ces déclarations font écho à des positions climatosceptiques déjà développées le 3 mai 2016, à l’occasion d’une «journée de travail sur l’environnement». Il déclarait alors : «La terre a une ancienneté de 4 milliards d’années. Des changements climatiques, la terre en a connu d’immenses. Il n’y a encore pas si longtemps, il y a 3 ou 4 millions d’années, il y a eu une période de glaciations immenses qui faisait que l’on allait à pied de l’Alaska jusqu’à l’Écosse (…) Ça a aussi permis la colonisation de la planète pas les êtres humains (…) Le changement climatique, le monde, la planète en a connu quantité», avait-il minimisé. Avant de convenir: «Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’en occuper».

Signataire de la charte environnementale de Nicolas Hulot et initiateur du Grenelle de l’environnement à partir de 2007, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois assumé des positions controversées sur les questions relatives à l’écologie depuis son retour sur le devant de la scène politique. Il s’est notamment déclaré en faveur de l’exploitation du gaz de schiste, contre le principe de précaution, et pour le maintien de l’activité nucléaire à Fessenheim. «On a peur de quoi? D’un tsunami sur le Rhin?», avait-il ironisé devant les salariés de la centrale, en référence à Fukushima.

Source : Le Figaro.

De retour d’Alaska où le réchauffement climatique fait fondre les glaciers à une vitesse vertigineuse, je suis furieux quand je lis les déclarations de Nicolas Sarkozy. Elles rejoignent celles de Donald Trump – candidat républicain à l’élection présidentielle du mois de novembre – qui a déclaré d’emblée qu’il refuserait de mettre en pratique les promesses de la COP 21 de Paris.

A l’inverse de ces deux personnages, le Président Obama a eu le courage de se rendre en Alaska et de reconnaître que le réchauffement climatique n’était pas une illusion. «Le changement climatique perturbe déjà notre agriculture et nos écosystèmes, nos alimentations en eau et en nourriture, notre énergie et nos infrastructures ». Il a approuvé les conclusions de la COP 21 visant à protéger notre planète « pendant qu’il est encore temps ». Au cours de son voyage dans la Dernière Frontière, il a annoncé des mesures à l’attention des populations qui vont devoir quitter les côtes de l’Alaska à cause le la montée des eaux.

Au lieu de regarder la pointe de ses chaussures, Nicolas Sarkozy ferait bien d’aller jeter un coup d’œil aux glaciers alpins qui sont en passe de connaître le même sort que leurs homologues d’Alaska. Au train où vont les choses, les stations de sports d’hiver ont du souci à se faire, car les canons à neige ne suffiront bientôt plus à fournir l’or blanc. Pour terminer, je conseille à l’ancien président de jeter un coup d’œil à la courbe de Keeling qui montre l’évolution des émissions de CO2 dans l’atmosphère. A moins que son intelligence soit défaillante, je pense qu’il comprendra assez vite l’urgence de la situation !

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drapeau-anglaisAfter Claude Allègre, here is Nicolas Sarkozy! Speaking to business leaders, the former head of the state wished to focus on the issue of the « demographic crisis », which, in his opinion, has been eclipsed by climate issues. He reiterated his doubts about the importance of climate change and human responsibility in this process. « There was a climate conference. Much is said about climate change, it is very interesting but climate has changed over the past 4.5 billion years. Man is not the only one responsible for this change, »said Nicolas Sarkozy. These statements echo his positions already developed in May 3, 2016, during a « workday on the environment. » He said: « The Earth is 4 billion years old and has already gone through enormous climate changes. Not so long ago, 3 or 4 million years ago, there was a period of massive glaciation that allaowed to walk from Alaska to Scotland ( …) It also allowed the colonization of the planet by human beings (…) The world, the planet have experienced a lot of climate changes. » He however concluded saying:: « It does not mean that we should not take care. »
A signatory of Nicolas Hulot’s environmental charter and the initiator of the 2007 Grenelle Environment, Nicolas Sarkozy has repeatedly taken controversial positions on issues related to ecology since his return to the front of the political stage. He particularly expressed support for shale gas, against the precautionary principle, and for the maintenance of nuclear activity at Fessenheim. « What are we afraid of? A tsunami on the Rhine? « he had joked before employees of the plant, in reference to Fukushima.
Source: Le Figaro.

Back from Alaska where global warming melts the glaciers at breakneck speed, I was furious when I read Nicolas Sarkozy’s statements. They closely resemble those of Donald Trump – the Republican candidate in the November presidential election – who declared from the outset that he would refuse to implement the promises of the Paris COP 21.
Unlike these two persons, President Obama had the courage to go to Alaska and admit that climate change was not an illusion. « Climate change is already disrupting our agriculture and our ecosystems, our supplies of water and food, energy and infrastructure. » He endorsed the conclusions of the COP 21 to protect our planet « if we start now. » During his trip to the Last Frontier, he announced measures to the attention of the people who will have to leave the coast of Alaska because the rising ocean water.
Instead of looking at the tips of his shoes, Nicolas Sarkozy had better take a look at the alpine glaciers that are poised to suffer the same fate as their Alaskan counterparts. The way things are going, the ski resorts have the need to worry because the snow guns will soon no longer enough to provide white gold. In conclusion, I advise the former president to take a look at the Keeling curve that shows the evolution of CO2 emissions into the atmosphere. Unless his intelligence is faulty, I think he will quickly understand the urgency of the situation!

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La Mer de Glace, preuve irréfutable du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)

Une prise de conscience du changement climatique ? // An awareness of climate change ?

drapeau-francaisLa presse française serait-elle en train de prendre conscience de la catastrophe qui guette notre planète ? Ces derniers temps, plusieurs articles sont parus, indiquant que l’année 2015 était « la pire année de l’histoire en terme de climat ». Ils s’appuient sur le rapport annuel sur l’état du climat – State of the Climate – un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier. Ce rapport révèle à quel point 2015 a été catastrophique. Certains indicateurs clés comme la sécheresse, le recul des glaces, la montée des eaux, les inondations ou encore la hausse des températures ont tous progressé et battu des records. Le rapport confirme en tous points la note que j’ai publiée, graphiques à l’appui, le 8 mars 2016.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/08/rechauffement-climatique-co2-temperatures-oceans-et-glace-global-warming-co2-temperatures-oceans-and-ice/

Selon les scientifiques, la tendance au réchauffement de la planète devrait se confirmer en 2016, puisque les six premiers mois de cette année ont été de loin les plus chauds sur le globe, au vu des dernières données fournies par la NASA. Certes, le phénomène El Niño, particulièrement vigoureux en 2015, a accentué la tendance au réchauffement, mais cela n’explique pas tout. Les concentrations de trois des principaux gaz à effet de serre, dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O), ont « atteint de nouveaux sommets en 2015 », indique le rapport, qui s’appuie sur des dizaines de milliers de relevés tirés de nombreuses bases de données indépendantes.

Comme je l’ai indiqué dans ma note du 8 mars, la concentration de CO2 mesurée sur le Mauna Loa à Hawaii a enregistré en 2015, la plus forte augmentation depuis le début des relevés, avec le franchissement,  pour la première fois, de la barre symbolique des 400 parties par million (ppm), à 400,8 ppm. Sur l’ensemble de la planète, le CO2 a frôlé cette limite en 2015, atteignant 399,4 ppm, soit une hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014.

Le niveau des océans a atteint son plus haut point, avec quelque 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993. L’eau monte graduellement autour de la Terre, avec une poussée d’environ 3,3 millimètres par an, mais la hausse est plus rapide en certains points du Pacifique et de l’Océan Indien. Elle risque d’accélérer dans les prochaines décennies, à mesure que les glaciers et les calottes glaciaires fondront, menaçant la vie de millions d’habitants sur les côtes.

Selon le rapport, l’année 2015 a aussi été marquée par une saison des pluies avec des précipitations plus abondantes que la moyenne, ce qui a provoqué des graves inondations. A côté de cela, des sécheresses sévères ont également frappé, affectant des superficies presque deux fois plus importantes en 2015 qu’en 2014 (14% en 2015, contre 8% en 2014).

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l’Arctique a continué à se réchauffer, avec des records depuis le début des relevés au début du 20ème siècle, et une augmentation de 2,8°C depuis cette époque.

Partout dans le monde, le recul des glaciers s’est poursuivi pour la 36ème année consécutive. J’ai décrit ce recul à plusieurs reprises suite à des observations que j’ai effectuées en Alaska, en Nouvelle Zélande ou, plus près de nous, dans les Alpes.

Certains scientifiques pensent que l’évanouissement d’El Niño et l’arrivée d’El Niña plus froid pourrait inverser quelque peu la tendance au réchauffement dans les prochaines années, mais nous ne possédons par suffisamment de recul pour être certain qu’une évolution climatique inverse se produira.

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drapeau-anglaisIs the French press becoming aware of the disaster that awaits our planet? Recently, several articles appeared, indicating that 2015 was « the worst year in the climate history. » They relied on the State of the Climate annual report, a 300-page document involving 450 scientists worldwide. This report reveals how disastous 2015 was. Some key indicators such as drought, ice retreat, rising sea levels, floods or rising temperatures all rose and broke records. The report confirms in every way the note I published, illustrated with graphics, on March 8th 2016.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/08/rechauffement-climatique-co2-temperatures-oceans-et-glace-global-warming-co2-temperatures-oceans-and-ice/

According to scientists, the warming trend of the planet is expected to continue in 2016, since the first six months of this year were by far the warmest on the globe, given the latest data provided by NASA. There is little doubt that the El Niño phenomenon, particularly strong in 2015, intensified the warming trend, but that does not explain everything. The concentrations of three of the main greenhouse gases, carbon dioxide (CO2), methane (CH4) and nitrous oxide (N2O), have « reached new heights in 2015, » the report states, based on tens of thousands of records from several independent databases.
As I put it in my note of March 8th, the concentration of CO2 measured on Mauna Loa in Hawaii in 2015 showed the largest increase since records began, with the crossing, for the first time, of the symbolic 400 parts per million (ppm), to 400.8 ppm. On the whole planet, CO2 was close to this limit in 2015, reaching 399.4 ppm, an increase of 2.2 ppm from 2014.
The sea level reached its highest point, with some 70 millimeters more than the average recorded in 1993. The water rises slowly around the Earth, with an increase of about 3.3 millimetres per year, but the rise is faster in some parts of the Pacific and the Indian Ocean. It might accelerate in the coming decades as glaciers and ice caps will melt, threatening the lives of millions of people on the coasts.
According to the report, 2015 was also marked by a season of more abundant rainfall than average, which caused severe flooding. Beside this, severe droughts have also hit, affecting  areas twice as large in 2015 as in 2014 (14% in 2015, against 8% in 2014).
An area particularly sensitive to climate change, the Arctic continued to warm, with new records since measurements began in the early 20th century, and an increase of 2.8°C since that time.
Around the world, the glacier retreat has continued for the 36th consecutive year. I described this retreat several times after several visits I made to Alaska, New Zealand and, more recently, in the Alps.
Some scientists believe that the fading El Niño and the arrival of colder El Niña could somewhat reverse the warming trend in the coming years, but we do not have historic date to be certain that an opposite climate change will occur.

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Courbe de Keeling

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La Mer de Glace, symbole du recul des glaciers. (Photo: C. Grandpey)

Acidification de l’Océan Arctique sibérien // Acidification of the Siberian Arctic Ocean

drapeau francaisJ’ai souvent insisté dans ce blog sur le rôle joué par la fonte du pergélisol dans le réchauffement climatique en raison des énormes quantités de méthane envoyées dans l’atmosphère.
Selon une nouvelle étude effectuée par une équipe scientifique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, l’Académie des Sciences de Russie et d’autres organismes en Russie et en Suède, la fonte du permafrost en Sibérie, conjuguée à l’effritement des côtes russes et l’effet érosif de grandes rivières – comme la Léna – qui se jettent dans l’Arctique, déverse de vastes quantités de carbone organique dans les eaux océaniques, accélérant leur acidification et mettant en danger dans un avenir proche l’ensemble de l’Océan Arctique.
Les scientifiques ont étudié pendant des années le plateau arctique de Sibérie orientale, une zone maritime qui représente environ le quart des eaux de l’Océan Arctique. Les observations faites depuis 1999 montrent que, dans certains secteurs, l’acidité a atteint des niveaux que les chercheurs ne pensaient pas observer avant l’année 2100, en partie à cause d’une très forte sous-saturation en aragonite.
L’aragonite est une forme de carbonate de calcium qui est omniprésente dans les eaux océaniques et qui contribue à maintenir leur pH à son niveau de base. Le carbone présent dans l’eau acidifie cette dernière et fait donc baisser le pH. La mesure de la saturation en aragonite donne une indication sur la teneur générale en calcium et, par voie de conséquence, sur l’augmentation de carbone dans l’eau. Lorsqu’il y a plus d’aragonite que l’eau peut en absorber, ont dit qu’elle est sursaturée ; l’excès de calcium est alors utilisé par les organismes marins pourvus de coquilles. Inversement, quand il y a moins d’aragonite que l’eau pourrait normalement absorber, elle est considérée comme sous-saturée. Comme le plateau arctique de Sibérie orientale joue un rôle important pour l’ensemble des eaux de l’Océan Arctique, les modifications chimiques pourraient avoir des effets profonds sur les écosystèmes marins de toute la région.
Les eaux de la Mer de Beaufort, la Mer des Tchouktches et la Mer de Béring sont déjà connues pour être vulnérables à l’acidification en raison de leurs températures froides qui gardent le carbone et d’autres composants. Les dernières recherches effectuées sur le plateau arctique de Sibérie orientale confirment l’accélération de l’acidification de l’Océan Arctique.
À l’échelle mondiale, on considère généralement que l’acidification des océans est un sous-produit des émissions de carbone dans l’atmosphère. Comme environ un quart du carbone est absorbé par les océans, les émissions anthropiques de dioxyde de carbone sont considérées comme la principale source d’acidification des océans dans le monde entier. Cependant, sur le plateau arctique de Sibérie orientale, le carbone déversé dans la mer par l’érosion du pergélisol et par les rivières qui y débouchent dépasse largement le carbone en provenance de l’atmosphère et peut à lui seul provoquer l’acidification.
Source: Alaska Dispatch Nouvelles: http://www.adn.com/

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drapeau-anglaisI have often insisted on the contribution of the thawing of the Arctic permafrost to the current global warming because of the huge quantities of methane it sends into the atmosphere.

According to a new study by a team of scientists from the University of Alaska Fairbanks, the Russian Academy of Sciences and other institutions in Russia and Sweden, as Siberian permafrost thaws, crumbling Russian coastlines and big rivers flowing north along eroding banks are dumping vast loads of organic carbon into marine waters, accelerating their acidification and signalling future danger for the entire Arctic Ocean.

The scientists have been studying for years the East Siberian Arctic Shelf, a marine area that accounts for about a quarter of the Arctic Ocean’s open waters. Observations made since 1999 showed signs that in some locations acidity has reached levels researchers didn’t expect to emerge until the year 2100, due in part to « extreme aragonite undersaturation. »

Aragonite is a form of calcium carbonate that is pervasive in the ocean and tilts the chemistry toward the base level of the pH scale. Carbon in the water tilts the pH scale toward the acid level. The degree to which the water is saturated with aragonite is a marker of overall calcium levels, and a marker of acidification caused by increasing loads of carbon in the water. When there is more aragonite than can be absorbed by the water, it is considered to be supersaturated, leaving excess amounts to be used by shell-bearing marine organisms. But when there is less aragonite than the water could normally absorb, it is considered undersaturated. Since the East Siberian Arctic Shelf is so important to the Arctic Ocean’s open water, the chemistry changes could have wide-ranging effects on marine ecosystems in the entire Arctic Ocean.

Marine waters in the far north – in areas like the Beaufort, Chukchi and Bering seas – are already known to be vulnerable to acidification because of their cold temperatures that hold carbon and other attributes. The research from the East Siberian Arctic Shelf now adds to evidence pointing to a faster-acidifying Arctic Ocean.

Globally, ocean acidification is generally considered a byproduct of carbon emissions into the atmosphere. Since about a quarter of that atmospheric carbon winds up absorbed by the ocean, human-caused carbon dioxide emissions are considered the major source of ocean acidification worldwide. However, on the East Siberian Arctic Shelf, the carbon washed into the sea by eroding permafrost and river outwash far outpaces the carbon coming from the atmosphere and is enough to cause acidification on its own.

Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

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Source: Climats et Voyages