Réchauffement climatique : Pauvres rivières ! (suite)

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (17 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Le 14 juillet 2026, j’alertais sur la situation catastrophique des rivières limousines. L’Office français de la biodiversité (OFB) vient de confirmer ce triste constat. Selon l’OFB, au 1er juillet, un quart des petits cours d’eau, soit 819, étaient localement en rupture d’écoulement ou carrément à sec. C’est deux fois plus qu’en 2022, année de forte sécheresse.

Chaque mois, l’OFB publie la carte des écoulements des petits cours d’eau établie grâce au réseau Observatoire national des étiages (ONDE), qui s’appuie sur les observations de terrain réalisées par les agents de l’OFB. La situation actuelle est « la plus critique enregistrée à cette période » depuis le début de ces relevés, en 2012, précise l’organisme.

Ces deux cartes montrent parfaitement le changement subi par la France entre le 27 mai et le 9 juillet 2026:

Source: Copernicus

Toutes les régions sont concernées, avec une dégradation plus marquée sur un axe reliant la Vendée au Grand Est, et dont fait partie le Limousin où j’habite.

L’OFB ajoute que cette sécheresse précoce a des conséquences sur le débit des plus grandes rivières ou fleuves, en aval, et donc sur la quantité d’eau disponible, mais aussi sur sa qualité. Une baisse de débit entraîne « des températures de l’eau qui ont tendance à plus se réchauffer. » Et d’ajouter : « Une eau qui est plus chaude va avoir tendance à être moins oxygénée et donc à avoir une qualité moins importante. » C’est pour cela que, personnellement, je suis très inquiet pour la population de truites fario, poisson qui demande une eau fraîche et bien oxygénée.

Cette situation de chaleur et de sécheresse extrêmes peut aussi avoir des conséquences sur le traitement de l’eau. En effet, si pour une même quantité de polluant on a moins d’eau, on a une capacité de dilution moins importante. Au final, cela demande aux stations de potabilisation de traiter une eau qui est de plus mauvaise qualité, avec une répercussion sur le coût du traitement de cette eau..

En l’absence d’épisodes pluvieux prochainement, l’OFB redoute que la situation continue de se dégrader sur les secteurs déjà les plus fragilisés. Actuellement, plus de 200 arrêtés de restriction d’usage de l’eau sont en vigueur en France pour tenter de préserver la ressource en eau qui s’amenuise.

Source : France Info.

Photo: C. Grandpey

Ça s’en va et ça revient : nouvelle canicule en vue !

La fin de la troisième vague de chaleur de la saison est attendue d’ici le week-end du 18-19 juillet 2026, avec une baisse significative des températures sur la majeure partie du territoire. Mais le répit ne durera pas et le sud-est sera à l’écart du rafraîchissement

Alors que la troisième canicule de l’été tire à sa fin, les modèles météorologiques signalent déjà un nouveau regain de chaleur. Selon le modèle européen, une nouvelle poussée d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord pourrait atteindre la France, avec une remontée de l’indicateur thermique national à partir du 20 juillet.

Cette prévision demande confirmation mais la configuration serait similaire à celle des épisodes précédents. Le sud et le sud-ouest de la France seraient les zones les plus touchées. Des températures maximales supérieures à 35 °C sont attendues sur ces régions.

Source : Météo France.

 

Anomalie thermique du 17 juillet 2026

Les émissions de méthane restent un poison pour l’atmosphère // Methane emissions remain a poison for the atmosphere

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (14 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Dans une note publiée le 30 mars 2026, je faisais référence à article paru dans The Guardian. On pouvait y lire que de nouvelles images satellites avaient mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révélait des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles provenaient d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier. Le top 25 mondial des points les plus polluants était largement dominé par le Turkménistan. Venaient ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas. Des rejets similaires étaient aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure.

Source : The Guardian.

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Aujourd’hui, un article paru sur le site web de France Info nous apprend que de nombreuses émissions de méthane ont été détectées en avril 2026 dans plusieurs sites gaziers du sud de la France. Au total, près des deux tiers des 57 sites gaziers visités par la « Clean Air Task Force » lors de cette inspection présentaient une ou plusieurs sources d’émissions de cette molécule du gaz naturel.

Selon le rapport, ces émissions provenaient en très grande majorité de fuites dans ces installations. En revanche, les relargages volontaires de méthane étaient bien moins nombreux. C’est un signe encourageant qui confirme l’efficacité de la réglementation européenne à ce sujet. Malgré tout, les fuites restent bien plus fréquentes en France qu’en Allemagne et les pratiques de détection et de réparations sont moins exigeantes. De nombreuses émissions constatées pourraient ainsi être évitées.

Environ 60% des émissions mondiales de méthane sont imputables à l’activité humaine, l’agriculture en tête, suivie de l’énergie. Les chiffres – voir ci-dessus – ne montrent aucune baisse des émissions du secteur des énergies fossiles, malgré des solutions d’atténuation bien connues et éprouvées.

Source : France Info.

Rappelons que le méthane le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2).

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In a post published on March 30, 2026, I referred to an article in The Guardian. It stated that new satellite images had revealed the worst methane « mega-leaks » recorded on the planet in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), revealed dozens of giant emissions spread across several continents. These originated from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are easily identifiable and would be simple to address. The top 25 global polluting sites was largely dominated by Turkmenistan. Next came the United States, with several monumental leaks, notably in Texas. Similar releases had also been detected at facilities in Venezuela and Iran. These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community. Carbon Mapper data, analyzed by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour.
Source: The Guardian.

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Today, an article published on the France Info website reports that numerous methane emissions were detected in April 2026 at several gas sites in southern France. In total, nearly two-thirds of the 57 gas sites visited by the Clean Air Task Force during this inspection had one or more sources of emissions of this natural gas molecule.
According to the report, the vast majority of these emissions came from leaks at these facilities. In contrast, deliberate releases of methane were far less frequent. This is an encouraging sign that confirms the effectiveness of European regulations on this issue. Despite everything, leaks remain far more frequent in France than in Germany, and detection and repair practices are less stringent. Many of the emissions detected could therefore be avoided.
Approximately 60% of global methane emissions are attributable to human activity, primarily agriculture, followed by energy. The figures – see above – show no decrease in emissions from the fossil fuel sector, despite well-known and proven mitigation solutions.
Source: France Info.

Let’s keep in mind that methane (CH4) is a greenhouse gas with a warming potential more than 80 times greater than that of carbon dioxide (CO2).

Réchauffement climatique : le Cervin (Suisse) devient trop dangereux

Cet été, avec les canicules à répétition, l’ascension du Cervin dans les Alpes suisses est particulièrement dangereuse. La montagne donne une illusion de facilité à laquelle il ne faut surtout pas se fier. Comme l’a confirmé un guise suisse, «on pourrait gravir le Cervin en ce moment même, sans crampons et en simple t-shirt, mais cette apparente facilité cache un réel danger. Quiconque ne connaît pas la montagne n’a rien à faire sur le Cervin. C’est beaucoup trop dangereux!»

Le Cervin domine la ville de Zermatt

Avec ses collègues, il appelle à renoncer provisoirement à l’ascension. Le bureau des guides «Zermatters» recommande «de s’abstenir de gravir le Cervin jusqu’à nouvel ordre.»,

Le danger est dû aux températures constamment élevées et au risque accru de chutes de pierres qui en résulte. A 4478 mètres d’altitude, au sommet du Cervin, les températures restent habituellement négatives, même en été. Lors des années normales, le manteau neigeux résiste lui aussi à la saison estivale. En revanche, cet été, la situation est différente: il fait trop chaud sur le Cervin. C’est dommage pour les alpinistes car la montagne traverse habituellement sa meilleure période de l’année pour les ascensions de la montagne.

En ce mois de juillet 2026, le risque de chutes de pierres ne cesse d’augmenter. Le sommet du Cervin est particulièrement exposé et rocheux. En temps normal, une épaisse couche de neige stabilise les pierres instables. Les randonneurs suivent toujours une trace à travers le névé et ne voient pas le sol en contrebas. Le problème, c’est que cette année la couche de neige a disparu. L’hiver peu enneigé n’a pas permis d’accumuler des réserves suffisantes pour résister aux températures exceptionnellement élevées de ces derniers mois. Sans trace de neige, les alpinistes vont dans tous les sens au lieu de suivre un itinéraire bien défini.

Un secouriste en montagne explique que si des grimpeurs inexpérimentés utilisent une corde trop longue, ce qui arrive fréquemment, elle touche la roche et la met en mouvement. Toute personne se trouvant plus bas sur la voie d’ascension se retrouve alors immédiatement en danger.

Les événements des derniers jours confirment que le danger est bien réel. Plusieurs cordées ont été piégées par un éboulement sur le Cervin. Un guide de montagne, blessé à l’épaule après avoir été touché par une pierre, a dû être évacué par hélicoptère.

Les chutes de pierres ont toujours fait partie des risques de la montagne. Selon les statistiques du Club alpin suisse (CAS), elles sont à l’origine d’une trentaine d’interventions de secours chaque année lors de randonnées en haute montagne. Au cours des cinq dernières années, le CAS a recensé deux accidents mortels liés à des chutes de pierres. Je les ai signalés en temps utile sur ce blog.

La décision de déconseiller l’ascension du Cervin a déjà été prise dans le passé, comme pendant la canicule de 2003: Un immense bloc de pierre s’était détaché au-dessus du refuge Hörnlihütte et 70 alpinistes ont dû être évacués. La principale voie d’ascension du Cervin était restée fermée pendant plusieurs jours.

Vue du Cervin depuis le Gornergrat

Selon les guides locaux, l’évolution future de l’alpinisme estival dépendra avant tout de l’enneigement et des températures. Le phénomène ne concerne pas uniquement le Cervin, mais l’ensemble du massif alpin. Comme l’ont déjà indiqué les guides de Chamonix, il va falloir revoir l’approche de l’alpinisme et adapter les itinéraires à ces nouvelles conditions . Les guides vont devoir se préparer à grimper plus souvent durant les intersaisons, en juin ou en septembre. Et puis, il n’y a pas que le Cervin dans les Alpes suisses. Elles possèdent 28 autres sommets de plus de 4000 mètres ; les alternatives ne manquent pas !

Photos: C. Grandpey

Source : presse suisse.