Sécheresse en Californie : du mieux, mais prudence // California drought : better, but caution

Alors que la France reste sous la menace d’une sécheresse inquiétante dans les mois à venir, il semble que la situation s’améliore un peu en Californie, mais la partie est loin d’être gagnée. Des semaines de précipitations record ont trempé la Californie mais, d’un point de vue technique, n’ont pas mis fin à la sécheresse dans cet État.
La Californie a connu une sécheresse quasi ininterrompue pendant la majeure partie de la dernière décennie. Ce manque de précipitations a entraîné de gigantesques incendies de forêt, de mauvaises conditions pour les agriculteurs et des restrictions d’eau pour la population.

Les scientifiques prennent en compte trois types de sécheresse : 1) Une sécheresse météorologique signifie un manque de précipitations. Dans ce cas, les dernières fortes pluies ont été positives pour la Californie. 2) Une sécheresse agricole signifie qu’il n’y a pas assez d’humidité dans le sol, ce qui rend difficile la croissance des plantes. 3) Une sécheresse hydrologique signifie que les rivières, les ruisseaux et les eaux souterraines ont des niveaux inférieurs à la normale.
Ces trois facteurs sont pris en compte par le U.S. Drought Monitor qui publie une carte du niveau de sécheresse chaque semaine. Cette carte (voir ci-dessous) divise le pays en zones avec différentes couleurs qui vont du jaune (anormalement sec) au rouge foncé (exceptionnellement sec), lorsque des cultures meurent et que les puits s’assèchent.
Juste après les fortes pluies de janvier 2023, la carte du U.S. Drought Monitor a montré que la majeure partie de la Californie était dans une situation de sécheresse « modérée » et a laissé quelques endroits en sécheresse « sévère », avec un risque d’incendie est encore élevé. Malgré tout, les pluies ont réussi à éliminer les zones de sécheresse « extrême ».
Le U.S. Drought Monitor concerne les Etats Unis dans leur ensemble. Il existe d’autres facteurs examinés par les autorités californiennes : 1) Tout d’abord, il y a les réservoirs, y compris les grandes pièces d’eau qui font partie du State Water Project. Les très fortes précipitations des dernières semaines n’ont pas suffi pour remplir les plus grands lacs artificiels de l’État après la sécheresse de plusieurs années. Cependant, le mois de janvier très humide a réussi à les ramener à 96 % de leur moyenne historique. 2) Ensuite, il y a le manteau neigeux de la Sierra Nevada qui représente en théorie 30 % du stockage d’eau de la Californie. Un mois chutes de neige au début de 2023 l’a placé au-dessus de sa moyenne historique, à 138% à la mi-février. Cependant, la mesure la plus importante du manteau neigeux a lieu en avril, à la fin de la saison de neige, car cette dernière peut commencer à fondre tôt pendant un hiver chaud. Les gestionnaires de l’eau espèrent qu’elle s’accumulera et restera gelée, afin de pouvoir fondre en été et s’écouler dans les ruisseaux et les ruisseaux qui alimentent le réseau hydraulique de l’État.
Au cours de la dernière décennie, la Californie a commencé à contrôler les problèmes de puits, en particulier dans les zones qui dépendent fortement des eaux souterraines, comme la Vallée Centrale. Certaines localités tirent la majeure partie ou la totalité de leur eau d’immenses lacs souterrains dont dépendent les maisons et les fermes. Ces plans d’eau souterrains peuvent prendre beaucoup plus de temps que les lacs de surface pour se remplir.
Au cours de l’été 2022, beaucoup de puits domestiques manquaient cruellement d’eau. Même après les grosses pluies survenues quelques mois plus tard, près des deux tiers des puits contrôlés par les autorités californiennes pour mesurer et surveiller les eaux souterraines étaient en dessous de leur niveau normal.
Tout cela signifie que l’entame pluvieuse de 2023 a éloigné la Californie de la sécheresse, mais il faut rester vigilant. Les sécheresses sont difficiles à surmonter. Malgré les périodes de fortes précipitations, l’État a besoin de plus de pluie et de températures moins chaudes pour sortir définitivement du statut de sécheresse.
Les Californiens croisent les doigts, en espérant que le printemps et l’été 2023 n’apporteront pas une chaleur torride comme en 2022.
Source : U.S. Drought Monitor.

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While France is under the threat of a worrying drought in the coming months, it looks as if the situation is getting a little better in California, but the game is not won yet. Weeks of heavy rainfall left California drenched, but did not technically end the state’s drought.

California has been living through droughts for most of the last decade. They can mean big wildfires, bad growing conditions for farmers, and water restrictions for the population.

There are three basic kinds of drought that scientists look at : 1) A meteorological drought means a lack of rainfall. In this case, the latest big storms were positive for California. 2) An agricultural drought generally means there is not enough moisture in the soil, which makes it hard for plants to grow. 3) A hydrologic drought means that rivers, streams and groundwater are lower than normal.

All three factors go into the U.S. Drought Monitor. It is a map (see below) that comes out every week. It breaks up the country into color-coded areas, from yellow (abnormally dry) to deep red (exceptionally dry) , when entire crops die off, and wells run dry.

Right after the heavy rains in January 2023, the U.S. Drought Monitor map showed most of California in a « moderate » drought, and left a few places in a « severe » drought where fire danger is still high. In short, the rains managed to eliminate the areas of « extreme » drought.

The U.S. Drought Monitor is a national index. There are other factors state regulators look at in California. 1) First, there are the reservoirs, including the big ones that are part of the State Water Project. Even the biggest rainstorm is not enough to refill the state’s largest man-made lakes after a multi-year drought. However, the very wet January managed to bring them to 96 percent of their historical average. 2) Second, there is the Sierra snowpack, which actually makes up 30 percent of the state’s water storage. A month of storms at the start of 2023 put that above its historical average, at 138 percent by mid-February. However, the more important snowpack measurement happens in April, at the end of the snow season, because snow can start to melt early during a warm winter. Water managers hope it will pile up and stay frozen, so it can melt in the summer, and run off into creeks and streams that feed the state’s water system.

In the last decade, the state started tracking problems with wells, especially in areas that depend heavily on groundwater, like the Central Valley. Some communities get most or all of their water from huge underground lakes that both homes and farms rely on, and those subterranean bodies of water can take a lot longer to fill back up than lakes on the surface.

In the summer of 2022, there were a lot of household wells that literally ran out of water. Even after the big storms a few months later, almost two-thirds of the wells the state uses to measure and monitor groundwater were below their normal level.

It all means the wet start to 2023 got California closer to being out of a drought, but not all the way there. Droughts are difficult to overcome, and even those unprecedented storms left the state needing more rain and more cool temperatures to officially get out of drought status.

Californians are just crossing their fingers, hoping the spring and summer 2023 will not develop a scorching heat like in 2022.

Source : U.S. Drought Monitor.

 

Carte montrant le niveau « modéré »  de sécheresse en Californie à la mi-février 2023 (Source : U.S. Drought Monitor)

Effondrement glaciaire en Patagonie // Glacial collapse in Patagonia

Au Chili, la hausse des températures et des précipitations a provoqué l’effondrement spectaculaire d’une partie d’un glacier suspendu dans le parc national Queulat en Patagonie, à plus de 1 200 kilomètres au sud de Santiago. Voici une petite vidéo de l’événement :

https://youtu.be/Aan_6PnvT2M

Selon des scientifiques chiliens, les décrochages de masses de glace sont une phénomène normal, mais qui devient de plus en plus fréquent en raison des vagues de chaleur et des épisodes de précipitations intenses. On avait observé une vague de chaleur avec des températures « très anormales » dans cette région de la Patagonie avant l’effondrement. On a aussi enregistré une « rivière atmosphérique » avec de l’air relativement chaud chargé d’humidité. Lorsque cette « rivière rencontre la topographie andine et patagonienne, elle forme de gros nuages et donne naissance à des trombes d’eau

Source : Yahoo Actualités.

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Higher temperatures and rainfall caused part of a hanging glacier to break off at Queulat National Park in Chile’s Patagonia region, more than 1,200 kilometers south of Santiago. Here is a short video of the event :

https://youtu.be/Aan_6PnvT2M

According to Chilean scientists, detachments between masses of ice are normal, but they are getting more and more frequent because of heat waves and intense precipitation events. There was a heat wave with « very abnormal » temperatures in that area of Patagonia before the collapse. Moreover, an « atmospheric river » consisting of relatively warm air laden with moisture was also recorded. When this « river meets with Andean and Patagonian topography, it forms large clouds and discharges.

Source : Yahoo News.

Glissements de terrain en série // A series of landslides

Nous sommes en décembre mais il ne fait pas froid dans les hautes latitudes. En conséquence, le sol est à peine gelé ou pas du tout. Lorsque de fortes pluies s’abattent sur ces régions, elles peuvent déclencher d’importants glissements de terrain. C’est ce qui vient de se passer en Colombie-Britannique au Canada, dans l’est de l’Islande et en Alaska

Un glissement de terrain majeur a frappé Bute Inlet en Colombie-Britannique. Tel un tsunami, le flot de débris a causé des ravages dans la forêt, détruisant au passage l’habitat de nombreux animaux. En arrivant dans la mer, le flot de boue a mis en danger le trafic maritime dans la région. On pense que le glissement de terrain s’est produit fin novembre, à la suite de fortes pluies. A la source, le glissement de terrain a probablement été provoqué par un bloc de glace qui s’est détaché d’un glacier et a terminé sa course dans le lac glaciaire. Ce dernier, à son tour, a éventré la moraine qui le retenait et propulsé une énorme vague de boue, d’arbres et de débris en aval. L’événement a complètement modifié le cours de la rivière Southgate qui est un refuge pour de nombreux animaux comme les saumons, les grizzlys, les lynx et les wapitis.

Source: CBC.CA

Une alerte a été déclenchée le 15 décembre 2020 à Seyðisfjörður, dans les Fjords de l’Est de l’Islande, en raison de glissements de terrain. L’alerte est également valable pour le reste des fjords de l’Est. Cinquante maisons ont été évacuées suite à des glissements de terrain à Seyðisfjörður. Le sol en partie gelé sur le flanc des montagnes est complètement saturé après six journées inhabituelles de fortes pluies. De nouvelles précipitations sont prévues, probablement sous forme de neige en montagne. Quelque 120 personnes ont dû évacuer leurs maisons. Aucun blessé n’a été signalé et il est difficile de savoir pour le moment s’il y a eu des dégâts importants.

Source: Iceland Monitor.

La semaine dernière, un glissement de terrain majeur s’est produit à Haines (Alaska) après que de fortes pluies aient frappé la région. Deux personnes sont toujours portées disparues et des centaines d’autres ont dû être évacuées. Plusieurs maisons ont été détruites par la boue.

Source : Anchorage Daily News.

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We are in December but it is not cold in high latitudes so that the ground is not frozen or only half frozen. When heavy rains fall on these regions, they may trigger significant landslides. This is what has just happened in Canada’s British Columbia, in eastern Iceland and in Alaska

A massive landslide hit Bute Inlet in British Columbia, triggering a wave of debris that caused a lot of destruction to the forest, wiping out critical habitat for many animals, and causing hazards for marine traffic in the area. The landslide is believed to had happened in late November, following heavy rains that struck the region.

The landslide probably originated with a block of glacier that crashed into the glacial lake. This in turn caused the lake to break the moraine that retained it and send a huge flow of mud, trees and debris downslope. The event completely changed the course of the Southgate River which is a refuge to many animal populations such as salmon, grizzly bears, bobcats, and elk.

Source: CBC.CA

An alert phase was declared on December 15th, 2020 in Seyðisfjörður, East Fjords (Iceland), due to landslides. A warning was also issued for the rest of the East Fjords for the same reason. Fifty houses were evacuated after landslides occurred in Seyðisfjörður. The partly frozen soil in the mountain slopes is completely saturated after six days of unusually heavy rain. There is more precipitation in the forecast, which will likely be in the form of snow in the mountains.

About 120 people had to evacuate their homes. No injuries have been reported and it is unclear whether there has been damage to property.

Source: Iceland Monitor.

Last week, a major landslide occurred in Haines (Alaska) after heavy rains impacted the region. Two persons are still reported missing and hundreds had to be evacuated. Several houses were destroyed by the mud.

Source : Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

2018 : L’année la plus chaude en Limousin !

Selon les relevés de Météo France, 2018 a été l’année la plus chaude depuis la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a pas d’année aussi chaude dans les archives de la station de Limoges-Bellegarde.

Pendant dix des douze mois de 2018, les températures moyennes ont été supérieures à la normale, dont 9 mois consécutifs d’avril à décembre. Dans la grande région récemment créée de Nouvelle-Aquitaine, la température moyenne a été de 14,8°C, soit 1,2°C de plus que la normale, ce qui est considérable.

Ces chiffres placent l’année 2018 au même niveau que 2003, 2011 et 2014. En 2018, les services météo ont relevé entre 50 et 120 jours pendant lesquels les températures maximales ont été supérieures ou égales à 25°, soit 30 à 40 jours de plus qu’à la normale.

La pluviométrie a été très irrégulière avec un début d’année et un mois de décembre 2018 très arrosés. Entre les deux, la période de sécheresse s’est étendue de mi-juin à novembre, avec un manque d’eau sévère du 30 juin au 30 septembre, des sols extrêmement secs et un impact sur l’agriculture et surtout l’élevage. On a malgré tout observé plusieurs épisodes orageux qui ont déversé de fortes pluies sur le département au cours de l’année, mais il s’agit là d’événements très ponctuels

La neige est tombée un peu au moins de février, avec 8 cm de neige de 400 à 600 mètres d’altitude et 10 cm sur le plateau de Millevaches le 6 février. Un nouvel épisode neigeux a eu lieu fin octobre 2018 avec quelques centimètres sur les monts d’Ambazac et un peu plus sur le plateau de Millevaches.

Beaucoup de gens (en particulier les cyclos dont je fais partie) remarquent depuis pas mal de temps que le Limousin est plus venté qu’autrefois. En 2018, de forts coups de vent ont balayé la Haute-Vienne, avec notamment le passage des deux tempêtes Carmen et Eleonor au début du mois de janvier. Une rafale a été flashée à 98 km/h à la station météo de Limoges-Bellegarde.

Les climatologues limousins pensent qu’avec le dérèglement climatique, il faut s’attendre à des événements extrêmes plus marqués comme des canicules plus fréquentes ou des périodes fraîches. Il va falloir s’adapter et réfléchir à de nouvelles manières de faire, notamment dans le choix des cultures.

Source : Le Populaire du Centre, Météo-France.

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Dans le nord aussi!

Voici le texte d’un courrier électronique que vient de m’adresser un visiteur fidèle de mon blog. Je le remercie chaudement (!) pour ce partage d’informations;

« Je rebondis sur  votre article, météo en Limousin, pour signaler  que c’est la même chose dans le Nord de la France : je relève depuis 1968, la météo quotidienne  à Caudry ( petite ville à 15 km au Sud-est de Cambrai)( eh oui je suis un fêlé de la météo….)

La moyenne des températures croît régulièrement décennie après décennie, avec une accélération depuis le début des années 1990 : la température moyenne de cette année bat tous les records des années précédentes, avec près de +2.8 degrés par rapport à la moyenne  des années 1970-1980. Le mois de juillet notamment, a enregistré une moyenne de 28.3 degrés pour une moyenne de 22.5 degrés  en début de relevés…. Il faut bien entendu faire la part des phénomènes ponctuels (on n’aura pas tous les ans des mois de juillet aussi chauds, et des périodes chaudes aussi longues, mois après mois) mais  l’augmentation rapide et croissante du nombre de températures de plus en plus élevées et sur des durées de plus en plus longues est un marqueur clair du réchauffement anthropique.

Je pense que la tentation sera grande pour les Hommes de tenter de refroidir artificiellement le climat après 2040, quand  le réchauffement sera devenu tellement violent que les hommes prendront peur…. »