Départ du Tour du Limousin !

Départ du Tour du Limousin aujourd’hui à Veyrac, à 5 km de chez moi. Je suis allé y faire un tour. J’aime l’ambiance de ces courses professionnelles moins importantes que le Tour de France. C’est l’occasion de retrouver des cyclos pas vus depuis longtemps. On peut approcher quelques coureurs, discuter avec les mécanos et regarder de près le matériel, avec des vélos qui coûtent une fortune. Ce sont les Formule 1 du cyclisme, mais avec des retombées sur le cyclisme amateur (voir les freins à disques et les dérailleurs électriques, par exemple).

J’ai été surpris de voir un commissaire contrôler étroitement les bécanes pour s’assurer qu’il n’y avait pas de moteurs cachés dans les cadres.

Les coureurs ont leur alimentation et ses compléments énergétiques écrits en toutes lettres sur la potence.

En regardant le peloton passer devant moi au moment du départ, avec la flopée de voitures suiveuses, et après avoir vu les bus impressionnants des équipes les plus riches, je me disais que le bilan carbone des courses cyclistes laisse sacrément à désirer. Personne n’en parle car, là encore, le fric cache le problème. Les coureurs, ça va, même si le bilan carbone de la fabrication des vélos pourrait sûrement appeler des commentaires. Entre les voitures suiveuses et les dizaines de motos autour de la course, les émissions de CO2 et autres gaz polluants sont à la fête.

En regardant la fin de cette première étape à la télé, j’ai été stupéfait de voir à quel point le département de la Creuse – et le Limousin en général – est impacté par le réchauffement climatique…auquel contribue cette manifestation. Tout est jaune et brûlé par les températures extrêmes que nous avons connues, prés et arbres réunis. J’avais vraiment l’impression de voir une course cycliste en Afrique. Je ne suis pas certain que la Nature sera capable de récupérer son énergie quand arrivera de nouveau la pluie, à condition qu’elle tombe en quantité suffisante, ce qui est loin d’être gagné avec l’intensification du phénomène de réchauffement El Niño.

Lac de Vassivière en Limousin : comment Millevaches alimente Civaux

À cheval sur la Creuse et la Haute-Vienne, le lac de Vassivière est un barrage exploité par EDF. Sa vocation est double : produire de l’électricité et assurer le soutien d’étiage des cours d’eau en période de sécheresse.

Crédit photo: Office de Tourisme

Le niveau maximal de référence du lac de Vassivière se situe généralement autour de 649,50 m à 650 m (voire 651 m NGF aux plus hautes eaux). Cette cote maximale correspond au remplissage complet de la retenue gérée par EDF, offrant un volume d’environ 106 à 108 millions de mètres cubes.

Pour information, une cote NGF (Nivellement Général de la France) exprime une altitude en mètres par rapport au niveau moyen de la mer mesuré à Marseille (le zéro de référence). Pour l’eau, la cote NGF indique l’altitude exacte de la surface libre de l’eau, permettant de comparer des niveaux sur tout le territoire.

En raison d’un déficit hydrique exceptionnel observé au printemps 2026 sur les bassins de la Maulde et du Taurion, les débits de la Vienne sont aujourd’hui particulièrement faibles.

Depuis le début du mois de juillet, le département de la Haute-Vienne est placé en situation de crise sécheresse. Après une première phase de soutien assurée par les ouvrages du Taurion, le réservoir de Vassivière contribue désormais au maintien du débit de la Vienne, conformément aux objectifs fixés par les autorités. Suite à ces lâchers d’eau, le niveau du lac baisse d’une dizaine de centimètres par jour, si bien que deux mètres d’eau ont disparu en moins d’un mois.

Au 22 Juillet 2026, la cote du lac était de 648,35 m NGF.

Les prévisions communiquées par EDF indiquent :

  • 647 m NGF aux alentours du 2 août.
  • 646 m NGF avant la mi-août si les conditions météorologiques restent inchangées.

Cette évolution correspond à une baisse estimée de 5 à 10 cm par jour.

Le seuil minimal absolu (ou cote d’alerte critique) de gestion du réservoir du lac de Vassivière est établi autour de 633 mètres NGF. Nous n’en sommes donc pas encore là et les responsables d’EDF se veulent rassurants.

En période de sécheresse sévère, des restrictions de navigation surviennent dès que la cote franchit le seuil de 642 mètres NGF. La navigation devient alors interdite.

Cette eau prise à Vassivière permet de garantir l’alimentation en eau potable de nombreuses communes situées en aval ; la préservation des milieux aquatiques et de la biodiversité ; le maintien de certaines activités économiques, dont la centrale de Civaux

La baisse du niveau d’eau à Vassivière a des répercussions sur les activités nautiques et touristiques sur le lac : accès à certaines mises à l’eau, utilisation des pontons, etc.

Les équipes du Syndicat Mixte travaillent avec EDF pour adapter les équipements et assurer la sécurité. La grande majorité des activités demeure toutefois possible, avec quelques ajustements selon les secteurs.

Malgré cette baisse saisonnière du niveau d’eau, le Lac de Vassivière reste une destination pleinement accessible.

Source : Tourisme Creuse, EDF.

Pauvres rivières limousines !

Les vagues de chaleur que nous connaissons depuis le mois de mai et la sécheresse qui les accompagne font des ravages sur nos rivières. Dans le coin du Limousin où j’habite, c’est une catastrophe. Les ruisseaux où j’allais taquiner la truite il n’y a pas si longtemps sont à sec, vraiment à sec ! C’est la première fois que je vois un tel désastre. Il est bien évident qu’aucun poisson n’a pu survivre dans de telles conditions. En particulier, la truite fario a définitivement disparu.

Photos: C. Grandpey

Je ne cesse de le répéter : dans de telles conditions de chaleur et de sécheresse aquatique, la pêche devrait être interdite dans les cours d’eau de 1ère catégorie. Prendre les quelques poissons qui ont pu trouver refuge dans des trous d’eau relève du braconnage.

Près de chez moi, la Vienne – affluent de la Loire – coulait convenablement le matin de ce 14 juillet 2026. À priori, ce n’est pas normal. La rivière devrait avoir un niveau ultra bas, à l’image des autres cours d’eau de la région. La raison de ce niveau presque acceptable est artificielle et facile à comprendre. À quelques dizaines de kilomètres en aval, dans le département de la Vienne, se trouve la centrale nucléaire de Civaux qui a besoin d’eau pour refroidir ses réacteurs. Quand le niveau de la rivière Vienne n’est pas suffisant, le lac de Vassivière, sur le Plateau de Millevaches, vient en aide. La plaisanterie locale consiste à dire qu’il faut Millevaches pour alimenter Civaux !

Crédit photo: EDF

EDF a indiqué dès la première semaine de juillet qu’il fallait procéder à des lâchers pour apporter suffisamment d’eau vers la Haute-Vienne et la Vienne en aval. Le but est de maintenir un débit de 13 m3/seconde dans la Vienne au niveau de Lussac-les-Châteaux, donc de la centrale de Civaux. À ce jour, le débit de la Vienne est tombé à 5 m3/seconde!

Le soutien d’étiage permis par Vassivière doit garantir l’alimentation en eau potable de certaines villes, notamment Limoges, la sauvegarde du milieu aquatique, mais aussi le maintien d’activités industrielles nécessitant l’eau, telle la centrale nucléaire de Civaux.

Depuis le 6 juillet, Vassivière procure 7m3/seconde au soutien d’étiage et cela continuera tant que les conditions météorologiques resteront sèches. Cela entraînera une baisse progressive du niveau du lac entre 5 et 10 cm par jour. D’habitude, cette baisse intervient généralement en fin d’été et surtout durant l’automne. 2026 est vraiment une année exceptionnelle, mais ce côté exceptionnel risque fort de se reproduire dans les prochaines années.

Par convention, EDF s’engage à maintenir une cote raisonnable jusqu’au 31 août afin de garantir les activités touristiques sur le lac de Vassivière.

Lac de Vassivière (Crédit photo: Destination Limoges)

Des stations sismologiques en Limousin !

En lisant Le Populaire du Centre du 3 mai 2025, on apprend qu’une douzaine de stations sismologiques temporaires ont été installées en Limousin. Elles font partie du projet MACIV (Imagerie sismique multi-échelle des sources du volcanisme du Massif Central) mené sur le Massif Central et les départements alentour. Son but est de « mieux comprendre les sources du volcanisme en profondeur. » C’est pourquoi une douzaine de stations sismologiques temporaires ont été installées en Limousin: sept en Haute-Vienne, trois en Creuse et deux en Corrèze, situées dans des communes bien identifiées. Selon la responsable du projet MACIV, « d’un point de vue géologique, le Limousin fait partie du Massif Central. Dans notre étude globale, le Limousin a toute sa place. On ne peut pas uniquement installer des stations dans la chaîne des Puys et dans les monts Dore, nous souhaitons vraiment une approche globale. »

En visitant le site web du projet MACIV (https://maciv.osug.fr/ ), on apprend qu’il s’agit effectivement d’un « projet de science fondamentale. Son objectif est de mieux comprendre les sources du volcanisme en profondeur, ainsi que l’influence des structures varisques sur ce volcanisme. Pour cela, nous installons une série d’expériences sismologiques temporaires multi-échelles et non-destructives sur tout le massif et ses zones volcaniques. Les données de ces expériences seront analysées par les méthodes de tomographie sismique les plus innovantes, afin de préciser la structure de la croûte et du manteau sous le Massif Central et d’imager les systèmes d’alimentation des volcans. MACIV est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) sur la période 2023-2028. »

De 2023 à 2027, cinq réseaux sismologiques temporaires multi-échelles vont être déployés sur l’ensemble du Massif Central. 750 stations sismologiques seront installées, dont 35 stations large bande (LB) en une nappe couvrant l’ensemble du massif pour 3 ans, 65 stations moyenne bande (MB) sur trois profils au travers des principaux ensembles volcaniques pendant 2 ans, et 650 capteurs courte période (SP) de type « nodes » pour un mois.

Carte des installations du projet MACIV

Les réseaux temporaires grande échelle complèteront les réseaux permanents français et permettront de préciser la position et la géométrie des sources volcano-magmatiques dans le manteau, les conditions de fusion, leurs liens avec les structures varisques et Cénozoïques. A l’échelle kilométrique, des nappes de plusieurs centaines de capteurs SP seront déployées à l’automne 2025 sur les volcans pour étudier les systèmes de transport du magma dans la croûte et les liens entre systèmes volcaniques, gisements minéraux et ressources géothermiques. Ces nappes de capteurs multi-échelles amélioreront considérablement les capacités de détection des événements sismiques des réseaux permanents, et permettront d’élaborer une stratégie de surveillance de l’activité volcanique à long terme.
Le projet MACIV fournira ainsi une base de données sismologiques unique qui sera exploitée pendant des années pour mieux comprendre le volcanisme intraplaque. La nappe de stations large-bande constitue aussi la contribution française au grand projet Européen « AdriaArray », dans lequel des stations sismologiques temporaires sont en cours d’installation du Massif Central aux Carpates. Les données sismologiques de cette partie du réseau sont en libre accès depuis le centre de données RESIF-SI.

Actuellement, des équipes d’ISTerre et de l’IRAP sillonnent le Massif Central pour prospecter les sites qui accueilleront les stations LB du projet. Les quatre premières stations viennent d’être installées, et les autres vont l’être du printemps à l’automne. Les données, collectées en temps réel, sont diffusées par le centre de données RESIF-SI (https://ws.resif.fr/resifsi/) et déjà accessibles à tous.

Sur son site Internet, le projet MACIV fait régulièrement état des séismes et autres événements remarquables. Ainsi, on y apprend que la station sismologique installée dans le cadre du projet à Oradour-sur-Vayres (Haute-Vienne) a, comme les autres stations, . observé des mouvements du sol après le séisme survenu le 28 mars 2025 en Birmanie.

Source : Le Populaire du Centre, MACIV.