Et si le Novarupta (Alaska) entrait en éruption aujourd’hui ? // What if Novarupta (Alaska) erupted today ?

Par une belle journée de juin 1912, un terrible chaos se produisit dans la partie de l’Alaska où les Aléoutiennes viennent jouxter le reste du 49ème État de l’Union. Aujourd’hui, cette région héberge le Parc National du Katmai.

Ce jour de juin 1912, des séismes firent vibrer le sol, une montagne se mit a trembler et gronder pour finalement s’effondrer sur elle-même. Son ancien sommet disparut dans un nuage de roche et de poussière. Quand le nuage se dissipa, la montagne était devenue un gouffre géant et fumant.

À une dizaine de kilomètres de ce cataclysme, des panaches cendres chauffées à haute température ont commencé à jaillir du sol comme le ferait un puissant geyser. Au cours d’une éruption qui a duré trois jours, l’un des paysages les plus extraordinaires de l’Alaska se transforma en une zone déserte recouverte de pierre ponce, baptisée quelques années plus tard Vallée des 10 000 fumées.

La grande éruption qui a donné naissance à la Vallée avait son origine sur une petite montagne, le Novarupta. D’une taille beaucoup plus modeste que son voisin le Mont Katmai, le Novarupta a vomi un nuage de cendres  qui est monté à 35 kilomètres dans l’atmosphère ; il contenait 100 fois plus de cendres que le Mont St. Helens en 1980. Bien que peu de gens connaissent son nom, le Novarupta a été responsable de la plus grande éruption du 20ème siècle.

Lors de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union à San Francisco, une professeure d’université anglaise a expliqué ce qui pourrait se passer si le Novarupta entrait en éruption aujourd’hui. Lorsque le Novarupta s’est manifesté en 1912, le ciel était encore le royaume exclusif des oiseaux et des insectes et l’Alaska attendait le premier vol postal effectué une dizaine d’années plus tard par Ben Eielson entre Fairbanks et McGrath. Aujourd’hui, le Pacifique Nord Est l’un des corridors aériens les plus fréquentés au monde avec plus de 200 vols quotidiens.

Pour calculer les effets qu’aurait, de nos jours, une éruption du Novarupta sur le trafic aérien, la scientifique a utilisé un modèle informatique appelé Puff développé par des scientifiques de l’Université d’Alaska à Fairbanks et amélioré par le Geophysical Institute.

A l’aide de ce modèle, la professeure a fait émettre de la cendre au Novarupta une fois par semaine pendant cinq ans. Elle voulait voir quels aéroports dans le monde seraient les plus affectés par le nuage. Il ressort que la plupart des aéroports de l’hémisphère nord seraient contraints de fermer. L’Europe semble la plus exposée à la cendre qui atteindrait également l’Australie.

Une éruption comme celle du Novarupta en 1912 aurait le potentiel de mettre notre société à genoux  en immobilisant la majorité des aéroports d’Amérique du Nord et d’Europe pendant au moins plusieurs jours. Dans le cas extrême, cette mésaventure coûterait plus de 300 millions de dollars rien qu’en termes de passagers et de vols retardés. On se trouverait à une échelle beaucoup plus grande que lors de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 puisque l’Amérique du Nord serait concernée. Il faut espérer qu’une telle catastrophe ne vienne pas s’ajouter à la pandémie de Covid-19 !

Source: Anchorage Daily News.

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On a nice day of June 1912, there was a terrible chaos in the part of Alaska where the Aleutians stick to the rest of the 49th State of the Union. This region of Alaska has become today Katmai National Park.

On that day of June,earthquakes rocked the ground, a mountain shook, groaned, and collapsed in on itself, its former summit swallowing rock and dust until it became a giant, steaming pit.

About 10 kilometres away, hot ash began spewing from the ground in a colossal geyser. During an eruption that lasted three days, one of the most gorgeous landscapes in Alaska became a gray badland covered with pumice, known today as the Valley of 10,000 Smokes.

The great eruption that created the valley came from a small mountain called Novarupta. Nowhere near as grand as the nearby Mount Katmai, Novarupta spewed an ash cloud 35 kilometres into the atmosphere, belching 100 times more ash than did Mount St. Helens in 1980. Though few people know its name, Novarupta was responsible for the largest eruption of the 20th century.

At the American Geophysical Union’s Fall Meeting in San Francisco, an English university professor explained what might happen if Novarupta erupted today

When Novarupta erupted in 1912, the sky was still the exclusive realm of birds and insects and Alaska was still a decade away from Ben Eielson’s first mail flight from Fairbanks to McGrath.

Now, the North Pacific is one of the busiest air corridors in the world with more than 200 flights a day. To calculate the effects of a modern-day Novarupta eruption on today’s air travel, the scientist used a computer model called Puff developed by University of Alaska Fairbanks scientists and refined by the Geophysical Institute.

The professor used the model to spew ash from Novarupta’s vent once a week for five years. She wanted to see which airports in the world would be affected. The experiment revealed that most airports in the Northern Hemisphere would close. Europe seems to get the brunt of it, but ash even reached Australia. An eruption of Novarupta scale in today’s society has the potential to bring the world to a standstill by affecting the majority of airports in North America and Europe for several days at least. The worst-case scenario would cost in excess of $300 million just in terms of passengers and delayed flights. It would be a much larger scale than when the Eyjafjallajökull erupted in 2010 as North America would be affected.

Let’s hope that such a disaster does not come on top of the Covid-19 pandemic!

Source: Anchorage Daily News.

Le Novarupta et son dôme de lave (Source : AVO)

Vallée des Dix Mille Fumées (Photos : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

 Des panaches de vapeur s’élèvent actuellement jusqu’à 500 m de hauteur au-dessus du sommet du Sinabung (Indonésie). Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.
Source: CVGHM.

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Au Kamtchatka, un nouveau dôme de lave a commencé à croître dans le cratère du Bezymianny dont la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Des explosions ont été observées sur l’Ebeko au début du mois de septembre, avec des panaches de cendres atteignant 3,5 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.

Source : KVERT.

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Au Guatemala, entre 6 et 12 explosions sont enregistrées chaque heure sur le Fuego, avec des panaches de cendres atteignant 1,1 km au-dessus du cratère. Les ondes de choc font vibrer les bâtiments dans un rayon de 20 km. Des matériaux incandescents éjectés de 100 à 300 m de hauteur provoquent des avalanches de blocs dans plusieurs ravines; les avalanches atteignent parfois la végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones sous le vent.
L’activité du cratère Mackenney du Pacaya se caractérise par l’émission de coulées de lave et des explosions stromboliennes qui éjectent des matériaux jusqu’à 200 m au-dessus du sommet. Une coulée de lave active a parcouru le flanc nord-est sur 1 250 m; une autre environ 300 m sur le versant N. L’activité explosive fait vibrer des maisons dans un rayon de 4 km
Source: INSIVUMEH.

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En Equateur, un niveau d’activité élevé continue d’être enregistré sur le Reventador. Début septembre, les émissions de gaz, de vapeur et de cendres atteignaient 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulaient sur le flanc N et parcouraient jusqu’à 600 m le long des flancs S et SW. La coulée de lave sur le flanc NE n’a pas progressé.
Source: Instituto Geofisico.

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Au Costa Rica, le gouvernement a entamé le processus de déplacement des tours de télécommunication dans le parc national de l’Irazu en raison d’un important glissement de terrain qui a commencé le 26 août 2020. Les autorités demandent aux visiteurs d’éviter la partie inférieure de la montagne car des éboulements sont imminents. Quelque 25 millions de mètres cubes se sont détachés jusqu’à présent.
Source: The Watchers.

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On observe actuellement un faible niveau d’activité à White Island (Nouvelle-Zélande). Les données recueillies au cours des dernières semaines montrent que le magma à faible profondeur dégaze rapidement à travers un système bien ouvert. La température reste élevée au niveau des bouches actives (environ 440 ° C), soit 100 degrés de moins qu’en juillet. Certaines bouches se sont agrandies et l’eau s’est accumulée sur le fond du cratère. On observe également un affaissement continu au niveau des bouches actives et des parties S et O des parois du cratère. Le tremor volcanique est généralement faible, hormis une courte période début août. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source: GeoNet.

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Alors que le ciel de l’ouest des États-Unis était envahi par la fumée des incendies de forêt, l’Alaska était également aux prises avec un problème de qualité de l’air né il y a un siècle. De forts vents du sud ont remobilisé la cendre de l’éruption de 1912  du Novarupta , et envoyé un nuage de cette même cendre à environ 1200 mètres de hauteur le 14 septembre 2020. Il n’a pas été fait état de retombées de cendre dans les localités à proximité du Parc National du Katmai, mais un message d’alerte a été adressé aux pilotes d’aéronefs car  la cendre peut endommager les moteurs. Ce genre d’événement se produit régulièrement chaque année au printemps et à l’automne.
Il est bon de rappeler que l’éruption du Novarupta, l’une des plus importantes au monde, a commencé le 6 juin 1912. Elle a duré 3 jours et a propulsé la cendre jusqu’à 30 kilomètres au-dessus de la région du Katmai. L’USGS estime qu’un volume de 15 kilomètres cubes de lave a été émis par le volcan. L’éruption du Novarupta a été la plus puissante du 20ème siècle et figure parmi les plus importantes de l’histoire. Les cendres se sont déposées dans la Vallée des Dix Mille Fumées.
Suite à l’apparition du nuage de cendre, l’AVO a rassuré la population et précisé qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle éruption. Les pluies qui se sont abattues le 15 septembre sur la région de Bristol Bay ont mis fin à l’alerte.
Source: Médias d’information de l’Alaska.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

Steam plumes are currently rising up to 500 m above Sinabung’s summit (Indonesia). The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km on the SE sector and 4 km in the NE sector.

Source : CVGHM.

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In Kamchatka, a new lava dome has started growing in the summit crater of Bezymianny whose aviation colour code remains at Yellow.  (the second lowest level on a four-color scale).

Explosions have been observed at Ebeko in early September, with ash plumes up to 3.5 km a.s.l. The aviation colour code remains at Orange.

Source: KVERT.

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In Guatemala, between 6 and 12 explosions are recorded each hour on Fuego, with ash plumes as high as 1.1 km above the crater. Shock waves rattle buildings within a 20-km radius. Incandescent material ejected 100-300 m high cause avalanches of blocks in several drainages; avalanches sometimes reach the vegetation. Ashfall is reported in several areas downwind.

Activity at Pacaya’s Mackenney Crater is characterized by the emission of lava flows and Strombolian explosions that eject material as high as 200 m above the summit. An active lava flow has travelled on the NE flank over 1,250 m; another on the N flank is about 300 m long. Explosive activity rattled houses within a 4-km radius

Source : INSIVUMEH.

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In Ecuador, a high level of activity continues to be recorded at Reventador. In early September, gas, steam, and ash emissions rose as high as 1 km above the summit crater. Incandescent blocks rolled down the N flank and travelled as far as 600 m down the S and SW flanks. The lava flow on the NE flank has not lengthened.

Source: Instituto Geofisico.

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In Costa Rica, the government has started the process of relocating telecommunication towers in the Irazu National Park due to an ongoing massive landslide which started on August 26th, 2020. Officials warn people to avoid the lower part of the mountain as rockslides are imminent, with around 25 million cubic metres of land detached so far.

Source : The Watchers.

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Low levels of activity are observed at White Island (New Zealand). The data collected during the past weeks show that shallow magma is degassing at a high rate through an open, unobstructed system. Temperatures at the gas vents remain high (about 440°C), which is 100 degrees less than in July. Some of the gas vents have become larger and water has ponded on the crater floor. Continuing subsidence of the active vent areas and the S and W parts of Main Crater wall is also observed. The volcanic tremor is generally low, except for a short period in early August. The volcanic alert level has been lowered to 1 and the aviation colour code remains at Yellow.

Source: GeoNet.

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While western U.S. was suffering from hazy skies from wildfires, Alaska was dealing with an air quality problem born a century ago. Strong southerly winds picked up loose ash from the 1912 Novarupta eruption, sending an ash cloud about 1,200 metres into the sky on September 14th, 2020. There were no reports of ashfall in nearby communities near Katmai National Park, but pilots were warned about the cloud because the ash can cause damage to plane engines. This sort of event happens every spring and autumn.

It is wotrh remembering that Novarupta’s three-day eruption, one of the world’s largest, began on June 6th, 1912, and sent ash as high as 30kilometres above the Katmai region. The USGS estimates a volume of 15 cubic kilometres of magma was erupted. The Novarupta eruption was the most powerful of the 20th century and ranks among the largest in recorded history.

The ash was deposited in the Valley of Ten Thousand Smokes.

After the last ash cloud, AVO issued a statement alerting people that this was not a new eruption. Widespread rains on September 15th in the Bristol Bay region prompted the cancellation of ash advisories.

Source: Alaskan news media.

Nuage de cendre du Novarupta emporté par le vent vers l’île Kodiak en octobre 2014 (Source : NASA)

Vallée des 10 000 Fumées (Photos : C. Grandpey

La cendre du Novarupta (Alaska) // Novarupta’s ash (Alaska)

Le 6 juin 1912, une violente éruption a secoué le Novarupta en Alaska, à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui le Parc National du Katmai. Pendant trois jours, le volcan a vomi 100 fois plus de matériaux que l’éruption du Mont St. Helens, avec des panaches qui sont montés jusqu’à plus 30 kilomètres dans le ciel avant de retomber sur la vallée qui a été enfouie par endroits sous plus de 150 mètres de cendres et de roches volcaniques. Le Mont Katmai s’est effondré pendant l’éruption. Quatre ans plus tard, quand le botaniste Robert Griggs a visité la région, des gaz continuaient à s’échapper de la cendre qui recouvrait la vallée, et il lui a donné le nom de Vallée des 10 000 Fumées.
Aujourd’hui, quelques jours chaque année, le vent rappelle à la population de la région cette impressionnante éruption. Cela se passe le plus souvent à l’automne, lorsque les tempêtes balayent la région, avant l’arrivée de la neige.
La semaine dernière, de forts vents de nord-ouest ont soulevé la cendre de l’éruption du 20ème siècle, affectant la visibilité sur l’Ile Kodiak. Le Service Météorologique a publié un bulletin spécial pour Kodiak, avertissant les habitant que le vent avait soulevé la cendre qui se dirigeait essentiellement vers la partie ouest de l’île.
Aujourd’hui, une éruption semblable à celle du Novarupta affecterait gravement le trafic aérien. Au début du 20ème siècle, quand le Novarupta est entré en éruption, il n’y avait aucun avion dans le ciel; le premier aéronef a volé en Alaska seulement un an après l’éruption. De nos jours, le Pacifique Nord est l’un des couloirs aériens les plus fréquentés au monde, avec plus de 200 vols par jour.
Pour calculer les effets qu’aurait aujourd’hui une éruption du Novarupta sur le trafic aérien, un chercheur américain a utilisé un modèle informatique appelé Puff développé par des scientifiques de l’Université de l’Alaska et affiné par un scientifique de l’Institut de Géophysique. A l’aide de ce modèle, le chercheur a imaginé que le Novarupta émettait de la cendre une fois par semaine pendant cinq ans. Il a constaté que la plupart des aéroports de l’hémisphère Nord fermeraient, mais aussi que la cendre de l’éruption atteindrait probablement l’Australie. Le pire scénario coûterait plus de 300 millions de dollars uniquement en termes de passagers et de vols retardés.
Source: Alaska Dispatch News.

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On June 6th 1912, a violent eruption shook Mt Novarupta in Alaska, in what is now Katmai National Park and Preserve. For three days, the volcano spewed 100 times more material than the Mount St. Helens eruption, shooting plumes 30 kilometres into the air and burying the valley downwind in over 150 metres of ash and volcanic rock. Mount Katmai collapsed during the explosion. Four years later, when botanist Robert Griggs visited the region, steam still poured from vents across the valley, prompting the crew to name it the Valley of 10,000 Smokes.

Today, a few times every year, the wind reminds the population of the region of that impressive eruption. It is most commonly seen in fall, when storms are passing through the area, and before snow has settled.

Last week, strong northwestern winds kicked up ash from the 20th century eruption, impacting visibility on Alaska’s Kodiak Island. The National Weather Service issued a special weather statement for Kodiak, letting locals know that loose ash had been stirred up, particularly toward the west side of the island.

Today, an eruption similar to Novarupta’s would severely affect air traffic. In the early 20th century, when Novarupta erupted, there were no planes in the air; the first plane didn’t fly in Alaska until one year after the eruption. Now, the North Pacific is one of the busiest air corridors in the world, with more than 200 flights a day.

To calculate the effects of a modern-day Novarupta on today’s air travel, a U.S. researcher used a computer model called Puff developed by University of Alaska scientists and refined by a scientist at the Geophysical Institute. The researcher used the model to spew ash from Novarupta’s vent once a week for five years and discovered that most airports in the Northern Hemisphere would close, but ash would also likely reach Australia. The worse case scenario would cost in excess of 300 million dollars just in terms of passengers and delayed flights.

Source: Alaska Dispatch News.

Falaises de cendre dans la Vallée des 10 000 Fumées (Photos: C. Grandpey)

Conséquences d’une éruption du Novarupta (Alaska) au 21ème siècle // Aftermath on a Novarupta eruption (Alaska) in the 21st century

drapeau-francaisLe 6 juin 1912, le volcan Novarupta est entré en éruption en Alaska et a envoyé de volumineux nuages de cendre autour du globe. Ce fut la plus importante éruption du vingtième siècle. La cendre est retombée aux États-Unis, au Canada et en Afrique. A l’époque, le trafic aérien était nul dans cette partie du monde. Aujourd’hui, la situation a bien changé !
Le Pacifique Nord est l’un des couloirs aériens les plus fréquentés au monde. L’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en avril 2010 a démontré à quel point une éruption volcanique peut mettre à mal le trafic aérien. L’Europe a été quasiment paralysée. Au troisième jour de l’éruption, 17 000 vols étaient annulés en Europe. L’éruption islandaise, relativement mineure, a soulevé des questions sur les effets possibles d’une éruption de plus grande envergure, en particulier dans des régions où le trafic aérien est vital, comme l’Alaska et le nord du Canada.

Dans le sillage de l’éruption islandaise, Rebecca Anne Welchman, une étudiante britannique, a étudié quels seraient aujourd’hui les effets d’une éruption semblable à celle du Novarupta. Le titre de son travail de recherche est «Le monde à l’arrêt: Etude des effets actuels sur l’industrie aéronautique d’une éruption volcanique comme celle du Novarupta ».

Le nuage de cendre de l’éruption de 1912 – qui a duré environ 60 heures – s’est élevé à plus de 32 000 mètres, et le jet stream a emporté la cendre vers l’est. L’éruption a façonné la Vallée des 10.000 Fumées. On estime qu’elle a provoqué plus de retombées de cendre que toutes les autres éruptions des volcans d’Alaska réunies. La poussière et les aérosols soufrés ont été détectés en Californie, en Europe et en Afrique du Nord pendant les deux semaines qui ont suivi l’éruption. Il a également été fait état de retombées de cendre en Grèce. Cette cendre a également été repérée dans des carottes de glace prélevées au Groenland.

Les chercheurs estiment que 5 principaux secteurs de l’Alaska souffriraient d’une nouvelle éruption du Katmai: 1) le couloir aérien de l’Alaska; 2) Les ports et les bases militaires de la région; 3) L’industrie de la pêche et voies de navigation ; 4) La faune; 5) Les installations touristiques.
Aujourd’hui, plus de 200 vols par jour passent à proximité des volcans de l’Alaska. Le fret aérien est la principale source de revenus de cet Etat et un grand nombre de petites localités dépendent des aéroports locaux pour leur approvisionnement. 5% du fret aérien international des États-Unis est passé par l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage en 2008. Le trafic aérien sur l’ensemble du Pacifique Nord, de l’Alaska, du Canada et des États-Unis pourrait être affecté par une éruption, avec interruption du commerce aérien national et international.

Des simulations ont été effectuées entre 2005 et 2009 par les chercheurs pour examiner l’impact des nuages de cendre sur une longue période. Elles ont été ensuite importées dans un programme informatique géographique, ce qui a permis une évaluation visuelle de la répartition de la cendre. Une fois toutes ces informations rassemblées, il a été possible de comptabiliser pour chaque simulation le nombre d’aéroports directement affectés par les nuages de cendre. Les totaux et les moyennes ont été calculés pour chaque semaine afin d’établir le pire scénario. Sur la base du nombre de passagers et de la durée de la présence du nuage de cendre à proximité de l’aéroport, on a estimé les pertes totales sur sept jours.

Les simulations ont révélé que dans le pire des scénarios une éruption comme celle du Novarupta affecterait directement 43 aéroports par jour en Alaska, ainsi qu’environ 7 aéroports situés à proximité de la trajectoire empruntée par le nuage de cendre. Le coût total des retards et annulations de vols a été estimé à plus de 322 millions de dollars. Les gens seraient bloqués jusqu’à ce que les dépôts de cendre aient été nettoyés.

L’Alaska dépend du reste des Etats-Unis pour son approvisionnement en nourriture. L’Etat s’appuie sur l’aviation pour approvisionner les villages les plus éloignés et n’est pas en mesure d’offrir un transport alternatif. L’aviation est particulièrement vitale pendant l’hiver lorsque les routes sont impraticables en raison de la neige. Les approvisionnements de ces régions deviendrait rapidement impossible, ce qui entraînerait forcément des problèmes de santé et mettrait la vie des gens en danger.
En outre, l’Alaska est une escale obligée pour le ravitaillement des navires et des avions qui traversent le Pacifique ou l’Arctique. Leur immobilisation pendant plusieurs jours serait une perte financière importante pour l’économie de l’Alaska.

Tous les vols long courrier entre les États-Unis et l’Asie, l’Australasie et certains pays du Moyen-Orient passent au-dessus de l’Alaska. Le tourisme serait fortement impacté dans le monde entier. De nombreuses industries perdraient probablement confiance à l’égard de l’aviation pour le transport des marchandises avec des conséquences désastreuses pour les compagnies aériennes et les aéroports. En seulement 20 jours, la cendre recouvrirait l’hémisphère nord ainsi que le sud de l’Inde. Si la cendre venait à traverser l’équateur, la situation deviendrait catastrophique. Si le Katmai, ou n’importe quel autre volcan, devait connaître une nouvelle éruption de cette ampleur, cela causerait des perturbations sur toute la planète. La simulation montre qu’une éruption de cette envergure ne se dissiperait pas rapidement et pourrait mettre le monde à genoux.

L’étude devra être approfondie, mais elle donne un aperçu de ce qui nous attend, en Alaska et ailleurs dans le monde, si une éruption à grande échelle, comme celle du Novarupta, se produisait un jour.

Source : Alaska Park Science, Volume 11, Issue 1.

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drapeau-anglaisOn June 6th 1912, Novarupta erupted in Alaska, sending ash over the globe. It was the biggest eruption of the twentieth century. The ash settled over the U.S.A., Canada and as far as Africa.

Today, the North Pacific is one of the busiest air corridors in the world. The eruption of Eyjafjallajökull (Iceland) in April 2010 demonstrated how disruptive a volcanic eruption can be to the aviation industry, as Europe was almost brought to a standstill. By the third day of the eruption, 17,000 flights had been cancelled across Europe. The relatively small eruption in Iceland raised questions about the possible effects of a larger eruption, particularly in an area where air traffic is vital, such as Alaska and northern Canada.

With the Iceland eruption in mind, British graduate student Rebecca Anne Welchman  investigated the possible effects of a Novarupta scale eruption. The title of the study was “Bringing the World to a Standstill: An Investigation into the Effects of a Novarupta Scale Volcanic Eruption on Today’s Aviation Industry.”

The ash cloud from the1912 eruption – which lasted approximately 60 hours – rose to over 32,000 metres, and the jet stream carried the ash eastwards. The eruption formed the Valley of 10,000 Smokes. It is estimated that it created and spread more ash fallout than all the other historic eruptions from Alaska volcanoes combined. The dust and sulphurous aerosols were detected over California, Europe and North Africa within two weeks of the eruption. It was also reported that ash reached as far as Greece. The ash and dust deposited by the eruption have also shown up in ice cores taken from Greenland.

Researchers believe 5 main sectors in Alaska would suffer from another Katmai cluster eruption: 1) Alaska’s air corridor; 2) Regional and military bases and ports; 3) Fisheries and shipping lanes; 4) Wildlife habitats; 5) Tourist facilities.

Today, over 200 flights per day pass in the range of Alaska’s volcanoes. Air freight is the primary source of aviation commerce in Alaska, and many of the smaller communities rely on local airports for supplies. About 5% of all US-international air cargo passed through Ted Stevens Anchorage International Airport in 2008. Air traffic over the entire North Pacific, Alaska, Canada and U.S.A could be affected, interrupting both national and international air commerce

Simulations from 2005 until 2009 were run by the researchers to look at how the ash would behave over a longer period. They were imported into a Geographical Information Systems program, which allowed a visual assessment of the distribution of ash. Once all this information was collated, the number of  airports directly affected by the ash clouds was counted on each simulation. The totals and mean averages were calculated per week to discover a ‘worst-case’ scenario. Based on passenger numbers and how long the ash cloud was in the vicinity of the airport, a total loss figure was estimated for the seven days

The simulations revealed that in the worst-case scenario a Novarupta-like eruption in Alaska would directly affect 43 airports per day in the State, as well as an average of 7 airports close to the ash cloud path. The total cost for delayed and cancelled flights for the scenario was estimated over $322 million. People would become stranded until the eruption deposits were cleaned up.

Alaska is reliant on food from mainland U.S.A. It is dependent on aviation to supply remote villages and is not able to offer alternative transport. Aviation is particularly vital during the winter when roads are impassable due to snow. Supplies in these areas would quickly run out, causing extra health issues and putting people’s lives at risk.

Besides, Alaska is used as a midway-stop for ships and planes to refuel when travelling across the Pacific or Arctic. Having planes grounded for many days would be a significant financial strain on Alaska’s economy.

All major flights from the U.S. to Asia, Australasia and some to the Middle East fly over Alaska. The tourism industry would be heavily affected around the globe. Many industries would likely lose confidence in the reliance on aviation for the transport of goods as a result of the disruption. In this case, whilst airports would probably be affected all over the world, air traffic itself would likely not be possible throughout North America and Europe. In just 20 days, ash covered the whole of the northern hemisphere as well as southern India. If volcanic ash were to cross the equator, it would become a devastating situation. If Katmai, or even any volcano, were to erupt at this magnitude again, it would cause global disruption. The simulation showed that an eruption of this size is not likely to dissipate quickly and could bring the world to a standstill.

There is still room for many developments of the study but it gives a basic overview of what we could be dealing with, maybe in our life time, if not in Alaska, somewhere else around the world, if a large-scale eruption were to take place.

Source : Alaska Park Science, Volume 11, Issue 1.

nova-1

Simulation de la dispersion de la centre au bout de 20 jours d’une éruption du Novarupta qui aurait débuté le 6 juin 2009.

nova-2

L’éruption du Novarupta comparée à d’autre éruptions majeures dans le monde.