La double éruption du Mauna Loa et du Kilauea (Hawaii) // The dual eruption of Mauna Loa and Kilauea (Hawaii)

Fin novembre et début décembre 2022, les visiteurs du Parc national des volcans d’Hawaii sur la Grande Ile ont eu la chance de pouvoir assister à deux éruptions simultanées. D’un côté, ils ont pu apercevoir un lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u sur le Kilauea et, et à environ 29 kilomètres de distance, ils ont pu admirer la forte lueur émise par la lueur de la lave qui avançait sur le flanc du Mauna Loa. Les deux volcans étaient déjà entrés en éruption en même temps en 1984, l’année de la dernière colère du Mauna Loa.
Cette double éruption vient de prendre fin. Le 11 décembre 2022, les scientifiques du HVO avaient déjà déclaré que l’éruption du Kilauea marquait une pause dans le cratère de l’Halema’uma’u. Le lac de lave était recouvert d’une croûte et il n’y avait plus aucune lave active sur le plancher du cratère. Dans le même temps, l’éruption du Mauna Loa diminuait régulièrement avec le front de coulée qui s’était immobilisé à environ 2,8 km de la Saddle Road.
Dans les années 1800, époque où le Kīlauea était actif en permanence, les éruptions doubles sur la Grande Île se produisaient assez souvent. Les scientifiques du HVO expliquent que « au cours des 200 dernières années d’éruptions du Mauna Loa, lorsque ce volcan entrait en éruption, le Kīlauea faisait de même la plupart du temps ».
Selon le Global Volcanism Program (GVP) de la Smithsonian Institution qui compile les informations sur l’activité volcanique dans le monde, il y a en permanence 40 à 50 volcans en éruption à un moment donné sur notre planète. La dernière mise à jour du GVP date du 28 octobre 2022 et répertorie 47 éruptions.
Il existe un certain nombre de volcans jumeaux dans le monde. Le meilleur exemple se trouve en République Démocratique du Congo où le Nyiragongo et le Nyamulagira entrent en éruption fréquemment en même temps. Le Nyiragongo est un peu comme le Kilauea car il héberge un lac de lave qui est généralement actif. Le Nyamulagira ressemble davantage au Mauna Loa, avec des émissions de coulées de lave espacées de quelques années. En distance, ces deux volcans sont encore plus proches l’un de l’autre que le Kilauea et le Mauna Loa.
En Indonésie, les volcans Ibu et Dukono entrent, eux aussi, souvent en éruption en même temps sur l’île d’Halmahera.
En ce qui concerne le Mauna Loa et le Kilauea, les deux volcans ont probablement des sources d’alimentation indépendantes dans le manteau terrestre car ils ont des laves dont la composition est légèrement différente. De plus, rien ne montre qu’il existe vraiment une influence du comportement de l’un sur l’autre. .
Le Kilauea et le Mauna Loa sont des volcans importants car ils sont bien surveillés. Comme le Piton de la Fournaise à La Réunion, ce sont des volcans « laboratoires ». Les leçons tirées de leur comportement peuvent être appliquées à d’autres volcans moins bien surveillés dans le monde.
Source : Big Island Now.

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Late in November and early in December 2022, visitors to Hawaii Volcanoes National Park on the Big Island have had the rare opportunity to view two eruptions. They could see a lava lake in Halemaʻumaʻu Crater on Kilauea; and about 29 kilometer away, the bright glow of lava travelling down the slopes of Mauna Loa. The last time the two volcanoes were erupting at the same time was in 1984. It was also the last time Mauna Loa erupted.

However, the dual eruption has ended. On December 11th, 2022, scientists said the Kilauea eruption within Halemaʻumaʻu crater had paused. The lava lake was all crusted over and no more active lava could be seen on the crater floor. In the meantime, the Mauna Loa eruption was steadily declining with the flow front stalled about 2.8 km from Saddle Road.

In the 1800s, when Kīlauea was continuously active, dual eruptions on the Big Island occurred more often. Sciebtists at HVO explain that “over the last 200 years of Mauna Loa eruptions, when Mauna Loa erupted, Kīlauea was also erupting a majority of the time.”

There are always 40 to 50 volcanoes erupting at any given time in the world, according to the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Program which compiles the information about volcanic activity around the world. The latest update for active volcanoes is from October 28th, 2022 and lists 47 eruptions.

There are a number of pairs of volcanoes that are in close proximity around the world. The best example is in the Democratic Republic of Congo, where Nyiragongo and Nyamulagira frequently erupt at the same time. Nyiragongo is a bit like Kilauea because there is a lava lake that is usually active, while Nyamulagira is similar to Mauna Loa, with lava flow eruptions every few years. Those two volcanoes are located even closer together than Kilauea and Mauna Loa.

In Indonesia, volcanoes Ibu and Dukono are erupting in tandem on the same island in the remote Maluku island chain.

As far as Mauna Loa and Kilauea are concerned, both volcanoes probably have independent source areas in the mantle because they erupt in slightly different compositions. Moreover, there is not really a record of them impacting one another in a direct way.

Kilauea and Mauna Loa are important volcanoes because they are well monitored. Like Piton de la Fournaise on Reunion Island, they are dubbed “laboratory” volcanoes. The lessons learnt from their behaviour can be applied to other, less-well-understood volcanoes around the world.

Source: Big Island Now.

Des coulées de lave sur les flancs du Mauna Loa et un lac de lave au sommet du Kilauea, un comportement habituel de ces deux volcans (Crédit photo: USGS / HVO)

Prévision volcanique et sismique // Volcanic and seismic prediction

L’éruption du Mauna Loa n’a surpris personne. Tout le monde l’attendait, d’autant plus que Madame Pele ne s’était pas mise en colère depuis 1984. Cela faisait plusieurs mois que les scientifiques américains enregistraient une inflation de l’édifice volcanique. Au cours des semaines qui ont précédé la sortie de la lave, la sismicité s’était intensifiée et des réunions avaient été organisées pour expliquer la situation aux populations susceptibles d’être menacées.

Mais la prévision éruptive s’arrêtait là. La suite dépendrait des humeurs de la déesse. Les volcanologues ne savaient pas où allait sortir la lave. Elle a commencé à apparaître le 27 novembre 2022 dans la zone sommitale du Mauna Loa, avant de migrer, au grand soulagement des scientifiques, vers la zone de rift nord-est où la menace pour les zones habitées étaient très faible, alors qu’elle aurait été très forte si la lave avait décidé de sortir dans le rift sud-ouest.

L’éruption s’est déroulée sans grande surprise, avec des coulées de lave à haute température, donc très fluides, comme cela s’était déjà produit en 1984.

Sans que les scientifiques sachent pourquoi, le débit éruptif a brusquement décliné vers le 8 décembre. Aujourd’hui, aucune reprise de l’éruption ne semble à l’ordre du jour et l’histoire éruptive du Mauna Loa montre qu’un tel retour d’activité est hautement improbable.

Quand l’éruption du Mauna Loa a débuté, le Kilauea voisin avait pris de l’avance avec une éruption qui avait débuté le 29 septembre 2021. Un petit lac de lave était apparu dans le cratère de l’Halema’uma’u. Or, vers le 8 décembre 2022, alors de l’éruption du Mauna Loa montrait des signes d’épuisement, celle du Kilauea a appuyé sur la touche « pause ». La lave a cessé de s’écouler sur le plancher du cratère et le lac de lave s’est recouvert d’une croûte. S’agit-il d’une simple interruption de l’éruption ou de son arrêt définitif? Personne ne le sait.

Est-ce à dire que les deux volcans sont en relation et qu’ils sont alimentés par une chambre magmatique commune? C’est ce que pensent depuis pas mal de temps les scientifiques américains. Il sera intéressant de voir comment se comporteront les deux volcans dans les prochaines semaines.

Comme je l’ai écrit précédemment, notre aptitude à prévoir les éruptions reste faible. Certes, celle du Mauna Loa n’a pas été une surprise, mais la difficulté était de prévoir où la lave allait sortir et les volcanologues américains ne savent pas le faire.

De la même façon, leurs collègues italiens n’ont pas vu venir la dernière crise éruptive du Stromboli. L’accès à la Fossa de Vulcano reste interdit car les émissions gazeuses sont trop importantes et personne ne connaît l’avenir éruptif de ce volcan. Une coulée de lave est apparue à la base du Cratère Sud-Est de l’Etna. Simple épisode éruptif ou annonce d’un événement de plus grande ampleur? Impossible de le dire.

Pourtant, le Mauna Loa, le Kilauea, le Stromboli et l’Etna sont truffés d’instruments. Aujourd’hui, nous savons décrire le déroulement des éruptions – c’est ce que je fais sur ce blog – mais nous sommes incapable de dire où, quand et comment une éruption va se dérouler.

C’est la même chose pour les séismes. Nous connaissons la plupart des zones où ils sont susceptibles de se déclencher, mais la prévision s’arrête là. Comme pour les volcans, nous savons décrire les conséquences et expliquer les causes. C’est ce qui vient de se passer pour les séismes qui ont secoué la Sicile ces derniers jours. Leur source se trouve sur le complexe Alfeo-Etna, un immense système de failles situé à l’est de l’escarpement ibléo-maltais et qui génère des séismes depuis novembre 2021. Ces derniers n’ont pas causé de dégâts majeurs, contrairement à la secousse de M 5,6 qui a tué plus de 300 personnes le 21 novembre 2022 dans la région de Cianjur sur l’île indonésienne de Java. Elle aussi était imprévisible.

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The Mauna Loa eruption came as no surprise. Everyone was waiting for it; Madame Pele had not been angry since 1984. American scientists had been recording inflation of the volcanic edifice for several months. In the weeks before the lava erupted, seismicity had intensified and meetings had been held to explain the situation to people who might be at risk.
But eruptive prediction did not go any further. What would happen next would depend on the moods of the goddess. The volcanologists did not know where lava would be emitted. The eruption began on November 27th, 2022 in the summit area of Mauna Loa, before migrating, to the relief of scientists, to the northeast rift zone where the threat to inhabited areas was very low, while it would have been very high if lava had decided to erupt in the southwest rift.
The eruption took place without great surprise, with lava flows at high temperature, therefore very fluid, as had already happened in 1984.
Without the scientists knowing why, the eruptive output abruptly declined around December 8th. Today, no resumption of the eruption seems on the agenda and the eruptive history of Mauna Loa shows that such a return of activity is highly unlikely.
When Mauna Loa’s eruption began, neighboring Kilauea had forged ahead with an eruption that began on September 29th, 2021. A small lava lake had appeared in Halema’uma’u crater. However, around December 8th, 2022, while the eruption of Mauna Loa was showing signs of exhaustion, Kilauea pressed the « pause » button. Lava stopped flowing on the crater floor and the lava lake became crusted over. Is it a simple interruption of the eruption or its permanent cessation? No one knows.
Does this mean that the two volcanoes are related and that they are fed by a common magma chamber? This is what American scientists have been thinking for quite a lot of time. It will be interesting to see how the two volcanoes behave in the coming weeks.
As I put it previously, our ability to predict eruptions remains low. Sure, the Mauna Loa eruption was not a surprise, but the difficulty was to predict where the lava was going to erupt and American volcanologists do not know how to do it.
In the same way, their Italian colleagues did not see the last eruptive crisis of Stromboli coming. Access to the Fossa di Vulcano remains prohibited because the gaseous emissions are too high and no one knows the eruptive future of this volcano. A lava flow appeared at the base of Mt Etna’s Southeast Crater. Is it a single eruptive episode or does it announce a larger event? No one knows.
However, Mauna Loa, Kilauea, Stromboli and Etna are full of instruments. Today, we know how to describe the course of eruptions – that’s what I’m doing on this blog – but we are unable to say where, when and how an eruption will take place.
It is the same for earthquakes. We know most of the areas where they are likely to occur, but the prediction stops there. As with volcanoes, we know how to describe the consequences and explain the causes. This is what has just happened for the earthquakes that have shaken Sicily in recent days. Their source is on the Alfeo-Etna complex, a huge fault system located east of the Ibleo-Maltese escarpment and which has been generating earthquakes since November 2021. The quakes have not caused major damage, unlike the M 5.6 quake that killed more than 300 people on November 21st, 2022 in the Cianjur region on the Indonesian island of Java. It was unpredictable.

Eruption du Mauna Loa…

Eruption du Kilauea…

…et la main de Pele!

 

 

 

 

 

 

L’éruption du Mauna Loa vue par le HVO // The Mauna Loa eruption as seen by HVO

Alors que l’éruption du Mauna Loa semble toucher à sa fin, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii – Hawaiian Volcano Observatory (HVO) – a écrit un article expliquant comment les scientifiques ont surveillé et géré l’événement.
Au cours des premières heures de l’éruption du Mauna Loa, les volcanologues ont attentivement observé les données fournies par les instruments pour suivre l’évolution de l’événement et essayer de comprendre comment l’éruption allait évoluer. Cette surveillance est cruciale pour diffuser des messages d’alerte aux localités qui pourraient être sous la menace de la lave.
Pendant les mois qui ont précédé l’éruption, les instruments avaient indiqué que le Mauna Loa allait entrer en éruption à court terme. En effet, Le volcan gonflait depuis des années et les derniers mois avaient vu une augmentation de la sismicité. Début octobre, le HVO a commencé à diffuser des mises à jour quotidiennes, au lieu d’hebdomadaires, concernant l’activité volcanique. L’Observatoire a également commencé à organiser des réunions publiques dans les zones de l’île susceptibles d’être impactées par une éruption du Mauna Loa.
L’éruption a commencé dans la caldeira sommitale Mokuʻāweoweo du Mauna Loa vers 23h30. (heure locale) le 27 novembre 2022. Les quelques scientifiques qui ont réagi aux premiers signaux d’alerte environ 45 minutes avant l’éruption ont rapidement été rejoints en ligne par une vingtaine de leurs collègues spécialistes en sismologie, déformation du sol, géologie et imagerie satellite. De plus, la Protection Civile a été immédiatement informée du comportement du volcan en participant à la réunion en ligne et avec la visite d’un volcanologue au QG de la Protection Civile à Hilo. Des scientifiques des observatoires volcanologiques de l’USGS en Alaska, en Californie et dans l’Etat de Washington se sont également joints à la réunion pour apporter leur aide. La principale préoccupation était que l’éruption migre vers la zone de rift sud-ouest et atteigne des zones habitées en quelques heures.
Quelques heures après le début de l’éruption, des images ont commencé à apparaître sur les réseaux sociaux, avec des coulées de lave visibles depuis Kona. Dans l’obscurité de la nuit, ces coulées semblaient menaçantes et il était évident que le public craignait que l’éruption ait pénétré dans la zone du Rift sud-ouest. La fracture qui est d’abord apparue dans la caldeira Moku’aweoweo a continué à s’ouvrir vers le sud, à l’extérieur de la caldeira mais toujours à l’intérieur de la zone sommitale du Mauna Loa. Cela a produit la coulée de lave sur le côté sud-ouest du sommet qui était visible depuis Kona, mais il ne s’agissait pas d’une éruption sur le rift sud-ouest. Ces coulées n’ont menacé aucune zone habitée et ont finalement été actives très peu de temps. Les données de surveillance montraient que l’éruption était concentrée au sommet du volcan.
Vers 6 heures du matin (heure locale) le 28 novembre, des rapports d’observateurs au sol, ainsi que des images thermiques fournies par les satellites, ont indiqué que l’éruption avait migré vers la zone de rift nord-est. Quelques minutes plus tard, cela a été confirmé par les infrasons (ondes sonores à basse fréquence) et la sismicité. De plus, les caméras montraient que l’éruption dans la zone sommitale s’était arrêtée. Les volcanologues se sont rapidement rendus sur le site de l’éruption pour recueillir des données et effectuer des observations supplémentaires. Ils ont été soulagés de voir que la lave avait choisi de sortir dans la zone de rift nord-est. L’histoire du Mauna Loa montre qu’une fois qu’une éruption débute dans une zone de rift, elle y reste.
Ces premières heures pleines de tension au sein de la communauté scientifique ont permis de tester la capacité du HVO à travailler avec la Protection Civile et les volcanologues appartenant à d’autres agences de l’USGS pour analyser rapidement l’activité volcanique. Ensemble, ces agences continuent de surveiller l’éruption du Mauna Loa dans la zone de rift nord-est et tiennent le public informé de l’activité.
Le 8 décembre 2022, le front principal de coulée de lave qui s’approchait de la Saddle Road s’est arrêté à environ 2,8 km de la route. La lave continuait de sortir de la Fracture n°3 mais les coulées ne s’éloignaient guère de la bouche éruptive. La route n’était plus sous la menace de la lave
De nouvelles éruptions du Mauna Loa sont inévitables, que ce soit dans la caldeira sommitale, dans une zone de rift, soit à partir de bouches sur les flancs du volcan. Il est toutefois impossible de prévoir avec précision à quel moment ces éruptions se produiront. Les réseaux de surveillance du HVO font de leur mieux pour gérer les risques liés à de telles éruptions.

En complément de ce qui est écrit ci-dessus, le HVO indique dans sa dernière mise à jour du 12 décembre 2022 que le seul souvenir laissé par l’éruption du Mauna Loa est l’incandescence au niveau du cône qui s’est formé Sur la Fracture n°3. Il n’y a aucun autre signe d’activité ailleurs sur le champ de lave.
Par ailleurs, on peut lire dans le bulletin du HVO que « l’inflation observée sur le volcan alors que le champ d’écoulement de la lave est inactif n’a pas encore trouvé d’explication ; il est fréquent que les éruptions montrent des fluctuations ou s’arrêtent complètement, mais aucune des huit éruptions connues du Mauna sur la zone de rift nord-est n’a montré de reprise significative après que l’activité ait considérablement diminué. »

Source : USGS/HVO.

Vous trouverez une description détaillée de l’éruption du Mauna Loa en lisant les différentes notes que j’ai publiées sur ce blog depuis le début de l’événement.

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As the Mauna Loa eruption seems to be coming to an end, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has written an article explaining how scientists monitored ansd managed the event.

The first few hours of Mauna Loa’s eruption were dynamic, and volcanologists intently watched monitoring data to track changing conditions and understand how the eruption was developing. This monitoring is crucial to issuing hazards notifications to communities that may be at risk.

For months, monitoring data had indicated that Mauna Loa was inching closer to an eruption. The volcano had been inflating for years, and the past few months had seen an increase in seismicity. By early October, daily, instead of weekly, activity updates were initiated. HVO also began holding community meetings in areas of the island that might be impacted by a Mauna Loa eruption.

The eruption started in Mokuʻāweoweo, Mauna Loa’s summit caldera, at about 11:30 p.m. (local time) on November 27th, 2022. The handful of scientists that responded to alarms about 45 minutes before the eruption quickly turned into an online meeting of 15–20 experts in seismology, deformation, geology, and satellite imagery. Additionally, Civil Defense was immediately appraised of the volcano’s behavior, both via the online meeting and with the addition of a volcanologist who quickly went to the Civil Defense Operations Center in Hilo. Scientists from USGS volcano observatories in Alaska, California, and Washington also joined to assist. The primary concern was that the eruption might shift toward the Southwest Rift Zone and reach populated areas within hours.

A few hours after the eruption started, images began to appear on social media, with lava flows visible from Kona. In the dark, these flows looked menacing, and the public had clear concerns that the eruption had made its way into the Southwest Rift Zone. Indeed, the fissure that first opened in Moku’aweoweo continued opening towards the south, outside the topographic caldera, but still inside Mauna Loa’s summit region. This produced the lava flow on the southwest side of the summit that was visible from the Kona coast. These flows did not threaten any populated areas and were ultimately short-lived. Monitoring data continued to show that the eruption was focused at the summit.

By about 6 a.m. (local time) on November 28th, reports from observers on the ground, as well as thermal satellite data, indicated that the eruption had moved into the Northeast Rift Zone. A few minutes later, this was confirmed by infrasound (low-frequency sound waves) and seismicity, and cameras showed that the summit-area eruption had stopped. Volcanologists rapidly flew to the eruption site to gather additional data and observations and were relieved to see that lava had chosen to erupt in the North-East Rift Zone. History suggests that once a Mauna Loa eruption moves into one rift zone, it stays there.

Those tense first several hours served as a good test of how HVO is able to work with Civil Defense officials and volcanologists from other USGS offices to rapidly respond to volcanic activity. Together, these agencies continue to monitor the Northeast Rift Zone eruption of Mauna Loa and keep the public informed on the activity.

As of December 8th, 2022, the main lava flow front that was approaching the Saddle Road stalled about 2.8 km away. Lava continues to erupt from fissure 3 but these flows are now closer to the vent. The road is no longer under the threat of lava

Future Mauna Loa eruptions, from the summit, either rift zone, or radial vents, are inevitable, but it is impossible to forecast precisely when those might happen. HVO’s monitoring networks do their best to provide mitigation for hazards from any such eruption.

As a complement to what is written above, HVO indites in its latest update of December 12th, 2022 that the only sign left by the Mauna Loa eruption is incandescence restricted to the cone that formed around fissure 3. There is no observable activity anywhere on the rest of the flow field.

Moreover, one can read in the HVO bulletin that  » the significance of the continuing inflation while the flow field is inactive is not yet clear; it is common for eruptions to wax and wane or pause completely, but none of the eight recorded eruptions from Mauna Loa’s Northeast Rift Zone returned to high eruption rates after those rates decreased significantly. »

Source: USGS / HVO.

You will find a detailed description of the Mauna Loa eruption by reading the numerous posts I have released on this blog since the start of the event.

Dernier sursaut de la Fracture n°3 avant le rapide déclin de l’éruption (capture écran webcam)

Image webcam montrant la très faible activité au niveau de la Fracture n°3

Incandescence au fond du cône de la Fracture n°3 (Crédit photo: USGS)

Image thermique de la lave en cours de refroidissement dans la caldeira sommitale du Mauna Loa (Source: HVO)

Vers la fin de l’éruption du Mauna Loa (Hawaii) // The Mauna Loa eruption is coming to an end

L’éruption continue timidement sur la Fracture n°3 de la zone de rift nord-est du Mauna Loa. Les coulées de lave et les émissions de gaz volcaniques se sont considérablement réduites. La plupart de la lave reste à l’intérieur de la bouche où elle forme un petit lac. Les coulées de lave qui étaient encore actives jusqu’à environ 2,4 km de la bouche éruptive se sont arrêtées et ne menacent plus la Saddle Road.
Selon le HVO, « l’éruption ne reprendra pas de manière intense si l’on se réfère au comportement éruptif passé du volcan et le comportement actuel laisse supposer que l’éruption va bientôt se terminer. Cependant, une tendance inflationniste du sommet du Mauna Loa accompagne la diminution de l’activité et il se pourrait que l’éruption continue faiblement. »
Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé de WARNING (Danger) à WATCH (Vigilance). La couleur de l’alerte aérienne restera à ORANGE tant que l’activité éruptive persistera, avec la possibilité d’émissions de cendres volcaniques. (voir mon article sur les différents niveaux d’alerte.)
Source : HVO.

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The eruption from fissure 3 on the Northeast Rift Zone of Mauna Loa continues but with greatly reduced lava output and volcanic gas emissions.  Most lava is confined to the vent in a small pond. The short lava flows that were still active about 2.4 km from the vent have stalled and no longer threaten the Saddle Road.

According to HVO, « high eruption rates will not resume based on past eruptive behavior and current behavior suggests that the eruption may end soon. However, an inflationary trend of Mauna Loa’s summit is accompanying the decreased activity and there is a small possibility that the eruption could continue at very low eruptive rates. »

The volcano alert level has been lowered from WARNING to WATCH. The aviation color code will remain at ORANGE as long as eruptive activity persists, with the possibility of volcanic ash emissions. (see my post about the different alert levels.)

Source: HVO.

Peu d’activité dans la Fracture n°3 (capture écran webcam)