Islande : des prévisions hasardeuses // Iceland : risky predictions

L’éruption qui a débuté le 29 mai 2024 sur la péninsule de Reykjanes est désormais terminée. Un soulèvement du sol est toujours observé sous le secteur de Svasrtsengi, bien que plus lent qu’auparavant. Cela signifie-t-il qu’une nouvelle éruption se produira à court terme ? Personne ne sait.
De la même manière, les conclusions d’une nouvelle étude publiée dans la revue Terra Nova le 26 juin 2024 vont peut-être un peu trop loin. Les auteurs expliquent que la série d’éruptions volcaniques obsevée ces derniers temps en Islande pourrait durer des décennies, voire des siècles. Peut-être que oui, peut-être que non ; personne ne sait. Alors que nous ne sommes pas capables de faire des prévisions volcaniques à court terme, il est assez risqué de faire de telles déclarations.
La série actuelle d’éruptions a commencé en 2021 sur la péninsule de Reykjanes où vit une grande partie de la population islandaise. Elle abrite en outre l’aéroport international de Keflavik et plusieurs centrales géothermiques – Svartsengi étant la plus importante – qui approvisionnent le pays en eau chaude et en électricité.
Il y a eu cinq éruptions majeures depuis le seul mois de décembre 2023. La lave a été émises par des fissures éruptives, un dynamisme typique du volcanisme islandais. Les scientifiques ont analysé les données sismiques des trois dernières années et comparé les propriétés chimiques et physiques de la lave provenant de divers endroits pour savoir si la source se trouvait dans la même chambre magmatique.
Ils ont découvert qu’il s’agissait effectivement d’un magma aux propriétés pétrographiques identiques. Cela révèle la présence d’un système magmatique cohérent. Au vu des données sismiques, les chercheurs pensent qu’il existe une zone de stockage de magma de taille moyenne à une profondeur d’environ neuf à onze kilomètres, et qui s’étend sur une largeur de dix kilomètres. Ce réservoir se serait formé entre 2002 et 2020.
Les auteurs de l’étude concluent que la série d’éruptions actuelle pourrait être le début d’un long épisode, même s’ils ne sont pas en mesure de prévoir combien de temps durera cette série.
Source : agence de presse allemande DPA Internatioanl.

29 mars 2024 : une éruption fissurale classique en Islande

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The eruption that started on May 29th, 2024 on the Reykjanes Peninsila is now over. Ground uplift is still observed beneath the Svasrtsengi area, although slower than before. Does this mean a new eruption will occur in the short term ? Nobody knows.

In the same way, the conclusions of a new study published in the journal Terra Nova on June 26th, 2024, may be going a bit too far. The authors explain that the latest series of volcanic eruptions in Iceland could last for decades or even centuries. Maybe yes, maybe no ; nobody knows. At a time when we are not able to make short-term volcanic predictions, it is quite risky to make such statements.

The current series of eruptions began in 2021 on the Reykjanes Peninsula, with large part of the Icelandic population living in the affected region. It is also home to the Keflavik international airport and several geothermal power plants – Svartsengi being the most important one – that supply the country with hot water and electricity.

There have been five major volcanic eruptions since December 2023 alone. Lava flowed out of elongated cracks in the earth during fissure eruptions typical of Icelandic volcanism. The researchers analysed seismic data from the past three years and compared the chemical and physical properties of lava from various locations to determine whether it came from the same underground magma chamber.

They found that it was indeed magma with similar petrographic properties. This suggests a coherent underground magma system. Taken with the seismic data, the researchers believe that there is a moderately large magma accumulation at a depth of around nine to eleven kilometres, which extends over a width of ten kilometres. It formed between 2002 and 2020.

The authors of the study conclude that the current series of eruptions could be the beginning of a long episode, though they cannot predict how long the series will last.

Source : German press agency DPA International.

Islande : résultats des analyses de la lave // Iceland : results of lava analysis

Les dernières analyses de la lave émise par l’éruption actuelle ont révélé que le magma est sensiblement différent de celui des éruptions précédentes. Il ressemble davantage au magma de l’éruption du Geldingadalir en mars 2021.

Deux échantillons de lave ont été analysés, un premier issu de téphras et un deuxième de lave, collectés à la surface au début de l’éruption, le 29 mai 2024. Ce qui a surpris les scientifiques, c’est le rapport dioxyde de potassium/dioxyde de titane. La lave des éruptions précédentes sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar avait un rapport relativement élevé de dioxyde de potassium par rapport au dioxyde de titane, semblable à ce qui s’est produit lors de l’éruption de Litli-Hrútur en 2022 et de l’éruption dans la Meradalir en 2022. En revanche, au début de l’éruption dans la Geldingadalir en mars 2021, le magma a présenté un rapport potassium-titane très similaire à celui de l’éruption actuelle. Un scientifique a déclaré : « C’est comme si le magma qui est émis aujourd’hui avait la même source que celui qui est apparu pour la première fois dans la Geldingadalir.

Eruption dans la Meradalir en 2022 (image webcam)

Les similitudes entre les deux éruptions, survenues à trois ans d’intervalle, sont intéressantes pour plusieurs raisons. L’une d’elles est que l’éruption se produit dans deux systèmes volcaniques différents. Une autre raison est que le magma qui émis dans la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar provient d’une chambre magmatique sous Svartsengi. Après une brève période d’accumulation, il remonte à la surface, mais il s’est refroidi et un peu cristallisé dans la chambre, et est donc plus avancé. Ce n’était pas le cas lors de l’éruption dans la Geldingadalir. Cependant, personne ne sait pourquoi le magma qui remonte maintenant à la surface semble avoir la même composition que celui qui est apparu dans la Geldingadalir en 2021. Un scientifique islandais a déclaré : « Il faudrait le demander au Diable !. » On pense que ce magma pourrait provenir d ‘une zone entre la croûte et le manteau. Des analyses supplémentaires seront nécessaires pour espérer obtenir une réponse.

Image webcam de l’éruption du 29 mai 2024

On peut lire sur le site Internet de l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande : « Des échantillons de téphras et de lave ont été collectés au nord de Fiskidalsfjall et à l’est de Sýlingarfell le 1er et le 4ème jour de l’éruption qui a débuté le 29 mai 2024. Le verre volcanique présent dans les échantillons a été analysé avec la microsonde électronique de l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. La lave et les tephras sont composés de cristaux de plagioclase, d’olivine et de clinopyroxène. Le verre des tephras est exempt de microlites, tandis que les échantillons de lave en contiennent des quantités variables. Dans l’ensemble, les caractéristiques pétrographiques de la nouvelle lave sont assez semblables à celles des laves émises précédemment sur la fissure de Sundhnúksgígar depuis décembre 2023. »

Source  : Iceland Monitor..

Remarques personnelles à propos des dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes.

Les dernières analyses et celles effectuées lors des éruptions précédentes sont intéressantes car elles révèlent que le magma qui alimente les éruptions sur la péninsule de Reykjanes a sa source à grande profondeur, dans le manteau ou dans la zone entre le manteau et la croûte. La différence de composition chimique de la lave entre les différents échantillons prélevés est probablement liée au séjour – ou au non séjour – du magma dans une chambre magmatique comme celle sous Svartsengi.

Quelle que soit la zone source du magma, on peut remarquer que la composition chimique de la lave n’a guère d’influence sur le processus éruptif. Les événements observés sur la péninsule de Reykjanes ces dernières années se sont tous déroulés de la même façon. Ils sont d’ailleurs liés à la position de l’Islande sur le rift médio-atlantique.

Du fait de de la source profonde du magma, on a affaire à une lave à haute température, donc très fluide qui crée des intrusions en s’infiltrant dans les fractures qui tranchent l’Islande du nord-est au sud-ouest. Ces intrusions s’accompagnent généralement de fortes crises sismiques comme on l’a vu quand l’une d’elles a atteint Grindavik.

Une fois la surface atteinte, le magma ouvre des fractures et donne naissance à des éruptions fissurales. Telle une boutonnière, plusieurs bouches s’ouvrent le long de la fracture. Leur activité décline au fil des jours avec l’évacuation du magma et l’éruption se termine en général avec une seule bouche active, comme c’est le cas avec la dernière éruption.

Le Met Office islandais indique que la chambre magmatique sous Svartsengi est probablement à nouveau en cours de remplissage. Si c’est le cas, on peut s’attendre à de nouveaux événements éruptifs, à moins que le magma décide de séjourner dans la chambre et d’attendre un temps plus ou moins long avant de percer la surface. Ainsi va la vie volcanique dans cette partie de l’Islande…

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The latest analyses of the lava emitted by the current eruption have revealed that the magma differs significantly from its predecessors. It is more similar to the magma from the Geldingadalir eruption in March 2021.

Two lava samples have been analyzed, a tephra deposit and secondly a lava deposit, which came to the surface when the eruption began on May 29th, 2024. What surprised the scientists was the ratio of potassium dioxide to titanium dioxide. The lava from previous eruptions on the Sundhnúkagígar crater row has had a relatively high ratio of potassium dioxide to titanium dioxide, similar to what came up in the Mt Litli-Hrútur eruption in 2022 and the Meradalur eruption in 2022. By contrast, at the beginning of the eruption in Geldingadalir in March 2021, magma came up with a very similar potassium-titan ratio as in the current eruption, One scientis said : “It’s like the magma that’s coming up now is of the same strain as the one that first appeared in Geldingadalir.”

The similarities between the two eruptions, which occurred three years apart, are interesting for several reasons. One reason is that the eruption occur in two different volcanic systems. Another reason is that magma that comes up at Sundhnúkagígar crater row is first collected in a magma chamber under Svartsengi. After a brief accumulation period there, it then pops onto the surface, but then the magma has cooled, crystallized a little, and is usually more advanced. This was not the case in the eruption in Geldingadalir. However, nobody knows why the magma that is now rising to the surface appears to be of the same strain as the one that came in Geldingadalir 2021. An Icelandic scientist said : “You have to ask the devil about that.” It is thought that this magma may come from the area between crust and mantle. More analyses will be necessary to hope to get some answer.

One can read on the website of the Institute of Earth Sciences of the University of Iceland : “Samples of tephra and quenched lava were collected north of Fiskidalsfjall and east of Sýlingarfell on the 1st day and 4th day of the eruption at Sundhnúksgígar that started on May 29th, 2024. The volcanic glass in the samples was analysed with the electron microprobe of the Institute of Earth Sciences, University of Iceland. The lava and tephra are composed of vesicular glass, plagioclase, olivine and clinopyroxene crystals. The tephra glass is microlite-free, whereas quenched lava samples contain variable amounts of microlites. Overall, the petrographic features of the new lava resemble those of previous lavas erupted at Sundhnúksgígar since December 2023 .”

Source : Iceland Monitor.

Personal remarks about the latest eruptions on the Reykjanes Peninsula.

The latest analyzes and those carried out during previous eruptions are interesting because they reveal that the magma which fuels the eruptions on the Reykjanes Peninsula has its source at great depth, in the mantle or in the zone between the mantle and the crust. The difference in chemical composition of the lava between the different samples is probably linked to the stay – or non-stay – of the magma in a magma chamber like the one under Svartsengi.

Whatever the source area of ​​the magma, it can be noted that the chemical composition of the lava has little influence on the eruptive process. The events witnessed on the Reykjanes Peninsula in recent years have all developed in the same way. They are also linked to Iceland’s position on the mid-Atlantic rift.

Due to the deep source of the magma, we are dealing with lava at high temperature, therefore very fluid, which creates intrusions by infiltrating the fractures which cut Iceland from the north-east to the south-west. These intrusions are generally accompanied by strong seismic crises as could be seen when one of them reached Grindavik.

Once it reaches the surface, the magma opens fractures and triggers fissure eruptions. Like a buttonhole, several vents open along the fracture. Their activity declines over the days as the magma evacuates and the eruption generally ends with only one active vent, as is the case with the current eruption. The Icelandic Met Office says the magma chamber beneath Svartsengi is likely filling again. If this is the case, we can expect new eruptive events, unless the magma decides to stay in the chamber and wait a longer or shorter time before breaking through the surface. Such is volcanic life in this part of Iceland…

Islande : Querelles de volcanologues à propos de la situation sur la péninsule de Reykjanes // Iceland : Volcanologists quarrel over the situation on the Reykjanes Peninsula

Le 23 mai 2024, un volcanologue islandais a déclaré dans un article sur le site Iceland Monitor qu’il était « très probable qu’il y ait une éruption volcanique au niveau du cratère Sundhnúkagígar, mais il faudra attendre encore deux semaines avant que quelque chose se produise. » Le scientifique rappelle au public qu’environ 17 millions de mètres cubes de magma supplémentaires sont entrés dans la chambre magmatique depuis le début de la dernière éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar le 16 mars. Il ajoute : « Il n’y a pas de formation de tunnel ou quelque chose comme ça, mais le magma s’accumule dans ce compartiment de stockage peu profond et provoque des tensions dans le toit du réservoir ; ces tensions semblent se relâcher, comme le montrent les secousses sismiques qui suivent le tunnel de Sundhnúkagígar.  » Le scientifique pense que l’éruption ressemblera à celle qui a débuté le 16 mars et s’est terminée le 9 mai.

Dans une interview publiée sur le site Iceland Review le 25 mai 2024, une approche différente de la situation est suggérée par deux autres scientifiques. Selon eux, la série d’éruptions dans le secteur de Sundhnúksgígar pourrait prendre fin en juillet. Ils rappellent au public que la première éruption de la série a commencé le 18 décembre 2023 après une période d’activité sismique qui a provoqué l’évacuation de Grindavík. Trois autres éruptions ont suivi, la plus récente ayant duré du 16 mars au 9 mai. Le volcanologue et le géophysicien expliquent que « le refroidissement et la coagulation du magma réduisent constamment son passage dans le couloir magmatique, ce qui finira par mettre fin à l’activité de Sundhnúksgígar. » Sur la base des données, ils prévoient que la série d’éruptions cessera début juillet.
Ils sont conscients que la Direction de la Protection Civile n’approuve pas leurs conclusions. « C’est dommage et, en fait, inquiétant, que le Département ait une vision aussi négative de la science.  » Ils ajoutent que ce qui se passera sur la péninsule de Reykjanes après la fin de l’éruption est « bien sûr complètement incertain.  »
Ce n’est pas la première fois que des divergences d’opinion apparaissent parmi les scientifiques islandais sur la possibilité d’une nouvelle éruption qui, selon eux, semblait imminente lorsque la dernière s’est arrêtée le 9 mai. Ces querelles entre scientifiques confirment que nous ne sommes pas capables de prévoir les éruptions.

Dernière minute : Ajoutant à la confusion, le scientifique en charge des mesures de déformation au Met Office islandais affirme aujourd’hui que les autorités islandaises s’attendent toujours à une éruption volcanique à tout moment. « L’inflation continue à la même vitesse, l’activité sismique se poursuit et plus de 17 millions de mètres cubes de magma sont entrés dans la chambre magmatique sous Svartsengi. Quelque chose va forcément se produire. La question est plus de savoir quand cela va se produire que si cela va se produire. »
Lorsqu’on lui a demandé s’il pourrait s’écouler encore quelques semaines avant qu’une éruption volcanique se produise, le scientifique a répondu : « Bien sûr, c’est possible, mais je pense que l’événement est plus susceptible de se produire plus tôt. Vu la façon dont le système se comporte, nous nous attendons à ce que quelque chose se produise bientôt. » À son avis, le préavis sera bref, comme cela a été le cas lors des éruptions précédentes.
Source  : Iceland Monitor.

 

Belle image du cratère après la dernière éruption de Sundhnúkagígar Crédit photo : Hörður Kristleifsson)

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On May 23rd, 2024, an Icelandic volcanologist declared on the website Iceland Monitor that it was « most likely­ that there would be a volcanic eruption at the Sund­hnúkagígar crater row, but it might take two more weeks­ before something happened. » The scientist reminds that public that around 17 million cubic metres of magma have been added to the magma chamber since the last eruption on the Sundhnúkagígar crater row started on March 16th.. He added : « There is no tunnel forming or anything like that, but the magma is accumulating in this shallow storage compartment and it causes tension in the roof on top, which seems to be loosening in these tremors following the Sundhnúkagígar tunnel. » He expected the eruption to be similar to the eruption that began on March 16th and ended on May 9th.

In an interview published on the website Iceland Review on May 25th, 2024, a different approach to the situation is suggested. According to two other scientists, the string of volcanic eruptions in the Sundhnúksgígar area could come to an end in July.

They remind the public that the first eruption in the last series began on December 18th, 2023 after a period of seismic activity which triggered the evacuation of Grindavík. Three more eruptions followed, with the most recent one lasting from March 16th through May 9th. The volcanologist and the geophysicist explain that « the cooling and coagulation of magma in the magma corridor is constantly narrowing the magma’s path and will eventually end the activity under Sundhnúksgígar. » Based on the data, they predict that the series of eruptions will cease at the start of July.

They are conscious that the Department of Civil Protection does not support their findings. « It’s a shame and, in fact, worrisome, that the Department has such a negative view of the science. » They add that what happens in Reykjanes after the end of the eruption is « of course completely uncertain. »

This is not the first time that differences of opinion have appeared among Icelandic scientists about the possibility on another eruption which, they said, looked imminent when the last one stopped on May 9th. These quabbles among scientists confirm that we are not yet able to predict eruptions.

Last minute : Adding to the confusion, the Icelandic Met Office’s deformation measurement director says today that the Icelandic authorities are still expecting a volcanic eruption at any time. “The inflation continues at the same speed, the seismic activity is ongoing, and more than 17 million cubic meters of magma have been collected in the magma chamber under Svartsengi, Something is expected to happen. It is more a question of when it is going to happen than if it will happen. ”

When asked if it could be a few more weeks before a volcanic eruption occurs, he answered : “Of course it is possible, but I think it is more likely to happen sooner. The way the system is behaving we’re expecting something to happen soon.” In his opinion, it is assumed that the notice of an eruption will be short as it has been in previous eruptions.

Source : Iceland monitor.

Compréhension en profondeur des éruptions // Deep understanding of eruptions

Les derniers événements en Islande ont montré que les scientifiques savent qu’une éruption est susceptible de se produire, mais ils ne peuvent pas prédire le moment précis où elle débutera. Lorsqu’ils sont sur le point d’entrer en éruption, les volcans montrent des signes qui sont enregistrés par des instruments tels que des sismomètres, des inclinomètres ou même par les satellite. Ces paramètres concernent les couches les plus superficielles de la croûte terrestre.
De nouvelles recherches, menées par des équipes de l’Imperial College de Londres et de l’Université de Bristol, révèlent que nous devrions observer ce qui se passe plus profondément, jusqu’à 20 km sous terre. Certains indices annonciateurs d’éruptions pourraient nous aider à améliorer nos prévisions.

Les auteurs de l’étude se sont concentrés sur la compréhension des réservoirs magmatiques, là où une chaleur extrême fait fondre les roches solides et les transforme en magma à des profondeurs d’environ 10 à 20 kilomètres.
Après avoir collecté des données sur cette zone, l’équipe scientifique les a intégrées dans des modèles informatiques. Les chercheurs ont découvert que certaines conditions au sein des réservoirs magmatiques profonds pouvaient donner des indications sur la taille, la composition et la fréquence des éruptions volcaniques. En d’autres termes, en étudiant ce qui se passe en bas, nous pouvons mieux prévoir ce qui pourrait se passer en haut.
La flottabilité du magma est peut-être l’un des indicateurs les plus surprenants d’une éruption. Contrairement aux théories émises jusqu’à présent, la nouvelle étude montre que c’est la flottabilité du magma, plus que la proportion de roches solides et fondues, qui déclenche les éruptions. Une fois que la densité du magma lui permet de flotter, donc de s’élever, il crée des fractures dans la roche solide sus-jacente. ; il s’engouffre alors très rapidement dans ces fractures et provoque une éruption.
Un autre facteur est la taille du réservoir magmatique proprement dit. Un réservoir magmatique de grande taille ne signifie pas forcément que l’éruption sera plus importante. En effet, plus le réservoir est grand, plus la chaleur est dispersée, ce qui réduit la vitesse de fusion des roches et leur transformation en magma. De plus, plus le magma reste longtemps sous terre, plus l’éruption sera réduite.
Un auteur de l’étude affirme qu' »en améliorant notre compréhension des processus à l’origine de l’activité volcanique et en fournissant des modèles qui mettent en lumière les facteurs contrôlant les éruptions, la nouvelle étude constitue une étape cruciale vers une meilleure surveillance et prévision de ces puissants événements géologiques ».
Source : Science Advances.

Vous pourrez lire l’étude (en anglais) et découvrir les illustrations en plus grande taille en cliquant sur ce lien :

https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.add1595

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The recent events in Iceland have shown that scientissts know that an eruption is likely to erupt. However, they cannot predict the precise moment an eruption will begin. When tey are bout to erupt,volcanoes often show signs that are recorded by instruments suchas seismometers, tiltmetersor even satellite images. These parameters concern the topmost layers of Earth’s crust.

New research, led by teams from Imperial College London and the University of Bristol, suggests we should look deeper, down to 20 km underground, at different eruption clues that might help us improve our predictions.

The authors of the study focused on understanding magma source reservoirs deep beneath our feet, where extreme heat melts solid rocks into magma at depths of around 10 to 20 kilometers.

After collecting data from this part of the Earth’s crust, the team fed that data into computer models. What they found was that certain conditions within deep magma reservoirs could indicate the size, composition and frequency of volcanic eruptions. In other words, by studying what is going on below, we can better predict what might happen above.

Magma buoyancy is perhaps one of the most surprising indicators of an eruption. Contrary to previous beliefs, the new study suggests that the buoyancy of the magma, rather than the proportion of solid and molten rock, is what drives eruptions, Once the magma becomes buoyant enough to float, it rises and creates fractures in the overlying solid rock ; it then flows through these fractures very rapidly, causing an eruption.

Another factor is the size of the reservoir itself. While it is true that larger reservoirs hold more magma, that doesn’t always mean the eruption will be greater. The larger the reservoir, the more heat is dispersed, reducing the rate of melting rock into magma. Plus, the longer magma sits underground, the smaller the eruption will be.

One author of the study says that « by improving our understanding of the processes behind volcanic activity and providing models that shed light on the factors controlling eruptions, the new research is a crucial step towards better monitoring and forecasting of these powerful geological events. »

Source : Science Advances.

You can read the whole  study and discover the full-scale  illustrations by clicking on this link :

https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.add1595