L’éruption de 1200 du Hualalai (Hawaii) // The 1200 Hualalai eruption (Hawaii)

Le Mauna Loa et le Kilauea sont les volcans les plus actifs de l’île d’Hawaï. Cependant, il ne faudrait pas oublier le Hualalai qui est le troisième volcan le plus actif de l’île. Il domine les zones densément peuplées de Kailua-Kona et de la côte centrale de Kona.
Le Hualalai entre en éruption beaucoup moins souvent que ses voisins. Les éruptions sont séparées par des siècles, plutôt que des années ou des décennies, comme c’est le cas pour le Mauna Loa et la Kilauea. L’activité la plus récente du Hualalai est un essaim sismique en 1929, qui correspondait probablement à une intrusion magmatique dans le volcan. La dernière éruption s’est produite en 1800-1801 (voir ma note du 22 mars 2018). Les coulées de lave de 1800 à 1801 ont recouvert presque toute la zone correspondant aujourd’hui à l’aéroport international de Kona. Les prochaines éruptions de Hualalai pourraient donc constituer une menace directe pour Kailua-Kona et les localités environnantes.

Avant celle de 1800-1801, une éruption – récente à l’échelle géologique – du Hualalai a été celle de Wahapele. Elle a probablement eu lieu entre 1200 et 1400 après JC. On ne sait pas combien de temps a duré l’événement, mais si l’on se réfère à des éruptions similaires à Hawaii, il a probablement duré quelques semaines à quelques mois, mais probablement pas plus de quelques années.
La source de cette éruption était le cratère Wahapele, une bouche sur le flanc sud du Hualalai à 1 540 mètres d’altitude (voir la carte ci-dessous). L’éruption a commencé avec l’édification du cône de projections (spatter cone) de Wahapele. Il a atteint environ 700 mètres de diamètre avec une pente faible. Au cours de cette première phase, le volcan a émis quelques courtes coulées de lave a’a et pahoehoe.
L’éruption est ensuite devenue violente. Une partie du cône s’est effondrée. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé pour le Pu’uO’o en 2018, l’effondrement du Wahapele a débouché sur une éruption phréatique, donc explosive. On ne sait pas combien de temps cette phase éruptive a duré, peut-être quelques jours ou plus. Une éruption similaire du Kilauea en 1924 a duré 18 jours. Ce que l’on sait, c’est que les fragments de roche éjectés au cours de cette phase ont couvert au moins 10 kilomètres carrés. Certains blocs mesuraient une cinquantaine de centimètres de diamètre. Des matériaux à grains plus fins ont également été émis par le volcan. La couche de dépôts avait par endroits une épaisseur de 3 mètres.
Après la phase explosive de l’éruption, un cône plus petit s’est formé dans le cône de la première phase. Ce nouveau cône mesurait environ 400 mètres de diamètre. Dans le même temps, une importante coulée de lave a’a s’est dirigée vers l’ouest, atteignant l’océan à environ 16 kilomètres de distance. À son point le plus large, la coulée mesurait un peu moins de 5 kilomètres de diamètre. Des plongées effectuées dans les années 1980 ont révélé que la coulée a avancé sur environ 2 kilomètres dans l’océan.
Sur terre, la zone occupée par la bouche éruptive et les coulées de lave de l’éruption du Wahapele occupe un peu plus de surface que l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kīlauea en 2018. C’est la troisième plus grande coulée émise par le Hualālai en termes de superficie.
Comparée au Kilauea et au Mauna Loa, l’activité volcanique du Hualalai demande une surveillance différente. En effet, la chambre magmatique du Hualalai se trouve à 20-30 km sous la surface. Elle est donc environ 10 fois plus profonde que les chambres magmatiques du Kilauea ou du Mauna Loa. Des chambres magmatiques aussi profondes provoquent rarement des déformations de surface. Il se pourrait donc qu’une éruption du Hualalai se produise sans beaucoup de signes avant-coureurs, comme un essaim sismique déclenché par l’ascension du magma vers la surface. L’éruption de 1800-01 montre que le magma peut se déplacer de la profondeur vers la surface en moins d’une journée. Bien qu’il s’agisse du pire scénario, il est bon de se tenir prêt à une telle éventualité. Pour le moment, le HVO n’enregistre aucun signe d’activité sur le Hualalai, mais l’Observatoire conseille aux habitants de s’abonner au Volcano Notification Service – service d’information volcanique – pour se tenir informés.
Source : HVO, USGS.

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Mauna Loa and Kilauea are the most active volcanoes on he Island of Hawaii. However, one should not forget Hualalai which is the island’s third-most active volcano. It underlies the most populated areas of Kailua-Kona and the central Kona coast.

Hualalai erupts much less often than its neighbours, with centuries rather than years or decades separating eruptions. The most recent documented activity was an earthquake swarm in 1929, which likely corresponded to an intrusion of magma into the volcano. Its most recent eruption occurred in 1800-01 (see my post of 22 March 2018). The erupted lava flows from 1800-01 underlie almost the entire Ellison Onizuka Kona International Airport. Future eruptions from Hualālai might pose a direct threat to Kailua-Kona and the surrounding communities.

Taking into account the geological timescale, nother recent Hualalai eruption was the Wahapele eruption, which likely occurred sometime between 1200 and 1400 AD. We do not know how long the event lasted, but based on similar eruptions in Hawaii, it probably lasted a few weeks to months, but probably not more than a few years.

The source of this eruption was Wahapele crater, a vent on the south flank of Hualalai at 1,540 meters elevation (see map below). The eruption started with the building of the Wahapele spatter cone. It grew to be about 700 meters across with a shallow slope. During this first phase there were a few short lava flows, both a’a and pahoehoe.

The eruption then turned violent. Part of the cone collapsed. However, unlike what happened at Pu’uO’o in 2018, the collapse at Wahapele led to an explosive phreatic eruption. It is unclear how long this phase of the eruption lasted ; it could have been a few days or longer. A similar eruption at Kilauea in 1924 lasted 18 days. What we do know is that rock fragments ejected during this phase covered at least 10 square kilometers. Some of the rock chunks were half a meter across. Finer grained material was also produced, and in places these deposits reached a thickness of 3 meters.

After the explosive phase of the eruption, a smaller cone was formed within the cone of the first phase. This new cone was about 400 meters across. At the same time, a large a’a flow headed west, reaching the ocean about 16 kilometers away. At its widest point, the flow was just under 5 kilometers across. Submersible dives in the 1980s suggest that this flow continued for about 2 kilometers into the ocean.

On land, the vent area and lava flows from the Wahapele eruption cover slightly more than Kīlauea’s 2018 Lower East Rift Zone eruption. It is the third largest known flowfor Hualālai in terms of area covered by the lava.

Compared to Kilauea and Mauna Loa, Hualalai poses a different challenge for monitoring volcanic activity. Hualalai’s magma chamber sits 20-30 km beneath the surface, about 10 times deeper than the magma chambers of Kilauea or Mauna Loa. Magma chambers this deep rarely cause surface deformation, so there might not be much warning prior to an eruption, like a seismic swarm triggered by magma moving to the surface. Evidence from the 1800-01 eruption suggests that magma can move from depth to the surface in less than a day. While this is a worst case scenario, it is good to be prepared. For the time being, HVO does not see any indication of volcanic unrest at Hualalai, but the Observatory encourages residents to subscribe to the Volcano Notification Service to stay informed.

Source : HVO, USGS.

Schéma montrant l’éruption du Hualalai en 1200 (Source: USGS)

En rouge l’éruption de 1200-1400 et en orage l’éruption de 1800-1801 (Source: USGS: HVO)

Le long de la route qui conduit au sommet du Hualalai (Photos: C. Grandpey)

Nouvelle éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // New eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

16h00 (heure française) / 14h00 (GMT): : L’intense sismicité observée ces dernières semaines s’est finalement soldée par une éruption. Le magma a atteint la surface vers 13h40 (GMT) dans Geldingadalir sur la péninsule de Reykjanes. Une fissure de plusieurs centaines de mètres s’est ouverte près du Fagradalsfjall, site de la précédente éruption.

Les scientifiques recueillent des informations sur la zone de l’éruption. En attendant, il est demandé aux visiteurs d’être prudents et de ne pas  se rendre sur le site jusqu’à ce que de nouvelles informations soient publiées.

Le Président islandais a bien résumé la situation: « C’est ainsi que les choses se passent ici en Islande. Aujourd’hui, j’ai lu aux informations : « Aucun signe d’éruption pour le moment » à 12h55. Puis la nature prend le dessus (l’éruption a débuté vers 13h40). Maintenant, espérons juste que tout se passera bien et que cette éruption ne causera pas de dégâts. »

Capture écran webcam

Eruption fissurale « à l’islandaise » qui me rappelle celle du Krafla, dans le NE de l’Islande en 1984.

Crédit photo: USGS

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18 heures (GMT): L’éruption fissurale se poursuit à proximité du Fagradalsfjall et semble avoir adopté un rythme de croisière. La sismicité est moins intense sur la péninsule, tandis que le tremor éruptif s’est stabilisé à un bon niveau.

Une interdiction de vol est actuellement en vigueur au-dessus de la zone,mais il ne devrait s’agir que d’une mesure temporaire pendant l’évaluation des conditions. Selon la Protection civile, l’éruption n’est pas de grande ampleur et se situe à bonne distance des zones habitées et des infrastructures. Les émissions de gaz se dirigent actuellement vers le sud, loin des zones habitées.

Juste une question que ne manqueraient pas de poser les Américains à Hawaii: S’agit-il d’une nouvelle éruption, ou de la suite de la précédente?

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16:00 (French time) / 14h00 (GMT): : The intense seismicity observed during the past weeks has finally ended with an eruption. Magma reached the surface around 13:40 in Geldingadalir in the Reykjanes peninsula. A several hundred-meter long crack has opened close to Fagradalsfjall, the site of the previous eruption.

Scientists are gathering information regarding the area, in the meantime, visitors are asked to be careful and not to visit the site until further news has been published.

The Icelandic President summed up the situation quite well : » « This is how things happen here in Iceland. Today I read on the news: « No signs of eruption at this time » at 12:55 PM, and then Nature just takes the reins. Now we just hope for the best, that this eruption will not cause havoc. »

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6 p.m. (GMT): The fissure eruption continues near Fagradalsfjall and seems to have adopted a cruising speed. Seismicity is less intense on the peninsula, while the eruptive tremor has stabilized at medium values.

A flight ban is currently in effect over the area, though officials say it is only a temporary measure while conditions are being assessed. According to the Civil Protection, the eruption is relatively small and is located a considerable distance from inhabited areas and infrastructure. Gas emissions are currently streaming south, away from inhabited areas.

Just one question Americans would inevitably ask in Hawaii : Is this a new eruption or the continuation of the previous eruption?

Retour de la lave dans les volcans et émeutes en République Démocratique du Congo // Lava is back in the volcanoes ; riots in DRC

Dans un article publié le 26 juillet 2022 sur le site Futura Sciences, on peut lire: « Les images satellite récentes sont formelles : [le Nyiragongo et le Nyiamulagira], deux volcans très actifs de la République démocratique du Congo, sont en éruption en ce moment ! L’activité éruptive semble avoir repris au fond du cratère du Nyiragongo, après la vidange de son célèbre lac de lave en mai 2021, et l’éruption du Nyamulagira continue, avec des coulées de lave qui envahissent la caldeira sommitale. »

La situation semble donc avoir évolué depuis le mois de janvier 2022 quand un survol du volcan montrait « un point d’incandescence au fond du gouffre »

Le 23 juin 2022, l’Observatoire Volcanique de Goma (OVG) dressait un bilan complet de la situation.

https://acpcongo.com/index.php/2022/06/23/les-volcans-nyiragongo-et-nyamulagira-demeurent-toujours-actifs-selon-lobservatoire-volcanologique-de-goma/

L’Observatoire informait les populations de Goma, Gisenyi et de partout ailleurs que les volcans Nyiragongo et Nyamulagira demeurent actifs, selon les données instrumentales acquises pendant la période du 13 au 19 juin 2022. Les observations au cours de la période d’étude mettaient en exergue l’existence d’un lac de lave dans les cratères de ces deux volcans. Dans la soirée du 15 juin 2022, une lueur rouge était perceptible d’une manière intermittente au sommet du Nyiragongo par la population des localités proches du volcan.

D’après l’OVG, au regard de la puissance radiative enregistrée, le Nyamulagira est resté plus actif que le Nyiragongo. De plus, l’activité sismo-volcanique a été plus concentrée dans le cratère du Nyamulagira, à une profondeur variant entre 2 et 10 km.

Les mesures géodésiques et géochimiques montraient une certaine stabilité au mois de juin.

Dans la conclusion de son rapport, l’OVG recommande à la population de Goma et de ses environs de veiller sur ses matériels d’observation, de respecter les règles strictes d’hygiène, de ne pas consommer l’eau de pluie et de couvrir les aliments.

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En ce moment, la population de Goma et des environs semble au moins aussi active que les deux volcans. Le 25 juillet 2022, des rassemblements ont dégénéré en saccage et en pillage des locaux de la MONUSCO, la Mission de l’Organisation des Nations Unie pour la stabilisation en République Démocratique du Congo  . Les autorités congolaises déplorent au moins cinq morts et une cinquantaine de blessés à Goma. Selon des sources policières, à Butembo, le bilan est de dix morts, dont 7 manifestants et trois membres de la Monusco. Les manifestants réclament le départ de cette dernière. Ils la jugent inefficace à lutter contre les groupes armés dans l’est du pays. La Monusco est accusée d’avoir tiré depuis son QG sur les manifestants, ce qui est démenti par la mission. La Monusco a appelé à la désescalade, mais la situation reste tendue.

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In an article published on July 26th, 2022 on the Futura Sciences website, we can read: « Recent satellite images are definitive: [Nyiragongo and Nyiamulagira], two very active volcanoes in the Democratic Republic of Congo, are currently erupting. Eruptive activity appears to have resumed at the bottom of Nyiragongo crater, after its famous lava lake drained in May 2021, and Nyamulagira’s eruption continues, with lava flows invading the summit caldera. »
The situation therefore seems to have evolved since January 2022 when an overflight of the volcano showed « a point of incandescence at the bottom of the abyss »
On June 23rd, 2022, the Volcanic Observatory of Goma (OVG) drew up a complete assessment of the situation.

https://acpcongo.com/index.php/2022/06/23/les-volcans-nyiragongo-et-nyamulagira-demeurent-toujours-actif-selon-lobservatoire-volcanologique-de-goma/

The Observatory informed the populations of Goma, Gisenyi and everywhere else that the Nyiragongo and Nyamulagira volcanoes remain active, according to the instrumental data acquired during the period from June 13th to 19th, 2022. The observations during the period highlighted the existence of a lava lake in the craters of these two volcanoes. On the evening of June 15th, 2022, a red glow wasobserved intermittently at the summit of Nyiragongo by the population of communities near the volcano.
According to OVG, with regard to the radiative power recorded, Nyamulagira remained more active than Nyiragongo. In addition, the seismo-volcanic activity was more concentrated in the Nyamulagira crater, at a depth varying between 2 and 10 km.
Geodetic and geochemical measurements showed some stability in June.
In the conclusion of its report, OVG recommends to the population of Goma and its surroundings to watch over their observation equipment, to respect the strict rules of hygiene, not to consume rainwater and to cover food.
If there is a lava lake in Nyiragongo, it appears less voluminous than the one that triggered the May 22nd, 2021 eruption.

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At this time, the population of Goma and surrounding areas appears to be at least as active as the two volcanoes. On July 25th, 2022, rallies degenerated into ransacking and looting of the premises of MONUSCO, the United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of the Congo. The Congolese authorities deplore at least five dead and fifty injured in Goma. According to police sources, in Butembo, the death toll is ten, including 7 demonstrators and three members of Monusco. The demonstrators demand the departure of the latter. They consider it ineffective in the fight against armed groups in the east of the country. Monusco is accused of having fired from its HQ on the demonstrators, which is denied by the mission. Monusco has called for de-escalation, but the situation remains tense.

Le lac de lave du Nyiragongo a-t-il retrouvé sa splendeur d’autrefois? Probablement pas, si on se réfère aux images satellitaires (Source: Wikipedia)

Leçons de l’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 1916 // Lessons from the 1916 Mauna Loa eruption (Hawaii)

C’est en 1916 qu’est né le Parc National des Volcans d’Hawaii. C’est aussi cette même année que le Mauna Loa est entré en éruption avec la coulée de lave d’Honamalino sur la zone de rift sud-ouest (southwest rift zone – SWRZ) du volcan. L’éruption a commencé le 19 mai 1916 et a duré moins de deux semaines. Même si elle a été courte, on peut tirer des leçons pour les futures éruptions du Mauna Loa.
Le Dr Thomas Jaggar, qui avait fondé l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, en 1912, a tenté de prévoir la prochaine éruption du Mauna Loa en se basant sur le schéma éruptif des zones de rift depuis 1868. Les éruptions précédentes avaient eu lieu tantôt sur la zone de rift nord-est (NERZ ), tantôt sur la zone sud-ouest(SWRZ), tout en étant fréquemment séparées par des éruptions dans la caldeira sommitale du Mauna Loa (Moku’āweoweo).

 

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Source: USGS)

Le Mauna Loa était entré en éruption en 1907 dans la SWRZ et en 1914-15 au sommet. C’est pourquoi le Dr Jaggar a émis l’hypothèse que la prochaine éruption latérale se produirait sur la NERZ.
Le 19 mai 1916, l’éruption sur la SWRZ n’a pas respecté le schéma éruptif que le Dr Jaggar avait observé sur le Mauna Loa. Comme de nombreuses éruptions sur l’île d’Hawaï, elle a été précédée d’une activité sismique. Les habitants de Ka’u ont ressenti de nombreuses secousses en début de matinée avant qu’apparaisse un impressionnant panache de vapeur au-dessus de la SWRZ du Mauna Loa dans la matinée du 19 mai. L’activité dans cette zone a duré moins de 24 heures.

 

Source: Université d’Hawaii

Plus tard, un autre essaim sismique a secoué la région de Ka’u lorsque la lave a pénétré dans la SWRZ, avec l’ouverture d’une ligne de fractures dans la partie inférieure de cette zone dans la soirée du 21 mai. La lave émise par les différentes bouches s’est répandue sur la crête de la zone de rift, avec des coulées de chaque côté: la coulée d’Honomalino a dévalé le versant sud-ouest, plus escarpé, tandis que la plus grande coulée de Kahuku se répandait plus largement vers le sud-est.
En raison de la nature ramifiée de l’éruption de 1916 et des coulées de part et d’autre de la zone de rift, avec un volume éruptif relativement faible, les coulées de lave ne sont pas allées très loin. Une seule structure a été détruite lors de l’éruption qui s’est terminée le 31 mai.
L’éruption de 1916 a été suivie par les éruptions de 1919 et 1926 sur la SWRZ du Mauna Loa, sans éruptions intermédiaires. Au cours de ces deux éruptions, des coulées de lave ont atteint l’océan et détruit des villages côtiers. Les coulées de lave de 1919 et 1926 auraient coupé l’actuelle Highway 11 et causé de graves problèmes aux personnes qui habitent actuellement dans ce secteur.
Plusieurs autres coulées de lave en provenance de la SWRZ du Mauna Loa, notamment en 1868, 1887 et 1950, ont également affecté cette région. Elles ont traversé des routes et atteint l’océan, parfois quelques heures après l’ouverture des bouches éruptives.

Eruptions sur la SWRZ du Mauna Loa (Source: USGS)

L’éruption de 1950 sur la SWRZ a été la plus grande éruption observée sur le Mauna Loa. Elle a donné naissance à des coulées qui se sont dirigées de part et d’autre de la crête de la zone de rift, comme lors de l’éruption de 1916. Toutefois, contrairement à l’éruption de 1916, trois coulées de lave sont apparues en 1950 et sont entrées dans l’océan moins de 24 heures après le début de l’éruption. Une répétition de l’éruption de 1950 serait aujourd’hui très problématique en raison de l’importante population de la région.
La principale leçon à tirer de l’éruption du Mauna Loa en 1916 est que les éruptions – et les volcans – ne suivent pas toujours les mêmes schémas éruptifs . Alors que la plupart des éruptions observées dans la SWRZ couperaient au minimum la Highway 11, la plus petite éruption de 1916 démontre que ce n’est pas toujours le cas.
Au cours des 200 dernières années, les éruptions sur les zones de rift du Mauna Loa se sont réparties de manière égale entre la SWRZ et la NERZ. Cependant, la remarquable série de quatre éruptions consécutives (1907, 1916, 1919, 1926) sur la SWRZ montre le peu de fiabilité des modèles de probabilité éruptive, aussi bien à long terme qu’à court terme.
Source : USGS, HVO.

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1916 marked the birth of Hawaiʻi Volcanoes National Park, but it was also the year of a Mauna Loa eruption with the Honamalino flow on the volcano’s Southwest Rift Zone (SWRZ).

The eruption began on May 19th, 1916, and lasted less than two weeks. even though it was short, it offers lessons for future Mauna Loa eruptions.

Dr. Thomas Jaggar, who had founded the Hawaiian Volcano Observatory in 1912, attempted to forecast the next Mauna Loa eruption based on the pattern of rift zone eruptions on the volcano since 1868. The previous rift eruptions alternated locations between the Northeast Rift Zone (NERZ) and the SWRZ though these were frequently separated in time by eruptions confined to Mauna Loa’s summit caldera (Moku‘āweoweo).

Mauna Loa had erupted in 1907 from the SWRZ and in 1914-15 from the summit. Therefore, Dr. Jaggar hypothesized that the next Mauna Loa flank eruption would occur from the NERZ.

The May 19th, 1916, SWRZ event deviated from the pattern of eruptions Dr. Jaggar had observed at Mauna Loa. Like many eruptions on the Island of Hawaii, it was preceded by earthquake activity. Residents of Ka‘u felt numerous earthquakes early in the morning before an impressive steam plume rose high up on Mauna Loa’s SWRZin the morning of May 19th, marking the start of the eruption (sse image above). Activity in this area lasted less than 24 hours.

Later, another seismic swarm shook the Ka‘u area as lava intruded the SWRZ resulting in a line of fissures opening on the lower SWRZ on the evening of May 21st. Lava from the vents spread over the crest of the rift zone feeding lava flows on either side : the Honomalino flow moving down the steep southwest side and the larger Kahuku flow spreading more widely to the southeast.

Due to the branched nature of the 1916 eruption and the flows on either side of the rift zone, coupled with the relatively small total erupted volume, lava flows did not travel very far. Only one homestead was destroyed during the eruption, which ended on May 31st.

The 1916 eruption was followed by Mauna Loa’s 1919 and 1926 SWRZ eruptions with no intervening eruptions. During both eruptions, lava flows reached the ocean and destroyed Hawaiian coastal villages. The 1919 and 1926 lava flows would have cut the current Highway 11 and caused severe disruptions for current residents.

Several other lava flows from Mauna Loa’s SWRZ, including in 1868, 1887 and 1950, have also travelled quickly through this region, crossing roads and entering the ocean, sometimes within a matter of hours of the vent opening.

The 1950 eruption on the SWRZ was the largest recorded Mauna Loa eruption and fed flows on either side of the rift zone crest like the 1916 eruption. In a contrast to the 1916 eruption, three lava flows erupted in 1950 entered the ocean within less than 24 hours of that eruption starting.

A repeat of the 1950 eruption would be of great concern today due to the increased population of the area.

The main lesson to be drawn from Mauna Loa’s 1916 eruption is that eruptions and volcanoes do not always follow the same patterns. While repeats of most recorded SWRZ eruptions would at a minimum cut off Highway 11, the smaller 1916 eruption demonstrates this is not always the case.

Over the past 200 years, Mauna Loa rift zone eruptions are evenly divided between the SWRZ and the NERZ. However, the remarkable run of four SWRZ eruptions in a row (1907, 1916, 1919, 1926) shows the weakness of long-term or short-term probability models.

Source: USGS, HVO.

 

Coulée de lave et système d’alerte sur le versant SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)