Le tourisme en Islande : terres publiques et propriétés privées (2ème partie) // Tourism in Iceland : public land vs. private property (part 2)

Dans le sud de l’Islande, la plage de sable noir de Reynisfjara est connue pour être l’une des plages les plus dangereuses au monde. Les formations basaltiques attirent des foules de visiteurs, et les vagues traîtresses ont fait plusieurs morts, malgré de nombreux panneaux avertissant du danger. La gestion du site est d’autant plus difficile que les autorités doivent négocier avec plusieurs propriétaires fonciers.
Les propriétaires fonciers de Reynisfjara et les autorités locales ont discuté de l’installation d’infrastructures de sécurité supplémentaires sur la plage, comme la mise n place d’un feu clignotant et l’installation d’un portail qui pourrait être fermée lorsque les conditions sont particulièrement dangereuses. Les deux parties se sont accusées mutuellement de retarder ces initiatives. Un représentant des propriétaires fonciers a nié ces accusations, mais a exprimé des doutes quant à l’efficacité de l’équipement proposé.
L’installation d’un feu clignotant à Reynisfjara a depuis été approuvée par toutes les parties, mais il a fallu attendre qu’un autre touriste décède sur le site en juin 2023.

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L’Islande est une terre volcanique active, ce qui signifie que de nombreux sites ont le potentiel de devenir des attractions touristiques du jour au lendemain. Le problème, c’est que le magma ne fait pas de distinction entre les terres privées et publiques. Lorsque l’éruption du Fagradalsfjall a commencé en mars 2021, les Islandais (et les étrangers, une fois que les restrictions COVID ont été levées), ont afflué vers la péninsule de Reykjanes pour assister au spectacle.
L’éruption s’est produite sur un terrain privé où il n’y avait ni toilettes ni parking. En mai 2021, après avoir nettoyé les terrains et installé des toilettes au début du sentier, les propriétaires fonciers ont fait payer 1 000 ISK pour le stationnement. L’argent devait être utilisé pour construire des infrastructures dans le secteur. Le gouvernement a accepté de contribuer financièrement à la mise en place des services nécessaires. Des tensions sont apparues lorsque les propriétaires ont annoncé qu’ils seraient prêts à vendre leur propriété – y compris le nouveau volcan ! – au juste prix. Les représentants du gouvernement ont déclaré qu’ils protégeraient l’accès du public au site et qu’il était hors de question d’investir des fonds publics si de nouveaux propriétaires envisageaient d’exploiter le site dans un but lucratif.
Les éruptions posent d’énormes défis de planification aux propriétaires fonciers et aux autorités. En effet, elles sont difficiles à prévoir, attirent un grand nombre de personnes, comportent un danger important et modifient constamment le paysage qui les entoure. Ainsi, lors de l’éruption du Fagradalsfjall, les sentiers d’accès étaient régulièrement fermés ou modifiés car ils étaient coupés par la lave. L’éruption s’est arrêtée en septembre 2021…et avec elle tous les plans de développement du site.

 

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Tous ces exemples montrent que le gouvernement islandais manque d’une politique cohérente en matière de droits d’entrée, d’accès et de financement des infrastructures sur les sites touristiques les plus populaires. Les décisions semblent être prises au cas par cas. Les infrastructures ne sont pas créées en prévision de l’affluence, mais seulement lorsque l’on atteint les limites de saturation.
Si la population et les autorités islandaises estiment que la plupart, sinon la totalité, des sites naturels devraient rester gratuits et accessibles à tous, ils ne sont pas non plus opposés à la mise en place d’un droit d’entrée en échange de services, en particulier si les fonds collectés sont destinés à la protection de la nature avec les infrastructures nécessaires.
Payer un droit d’entrée ne semble pas dissuader les touristes de visiter les sites. De toute façon, cela coûte beaucoup moins cher que les hébergements, les repas ou la location de véhicules. En fait, les voyageurs acceptent volontiers de participer à la protection des sites qu’ils visitent.

Source: Iceland Review.

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In southern Iceland, the Reynisfjara black sand beach is known as one of the most dangerous beaches in the world. While the site’s basalt rock formations draw crowds of visitors, its dangerous sneaker waves have claimed several lives, despite extensive signage warning of their danger. What makes managing the site even more challenging is that authorities must negotiate with not just one, but several landowners at the site.

Reynisfjara landowners and local authorities have been discussing installing additional safety infrastructure at the beach, such as a flashing light and a gate that could be closed when conditions were particularly dangerous. Both parties have accused the other of delaying such developments. One representative of the landowners denied the accusations, but expressed doubt about the effectiveness of the proposed equipment.

The installation of a flashing warning light at Reynisfjara has since been approved by all parties, but not before another tourist death occurred at the site last June.

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Iceland is volcanically active, meaning that many sites have the potential to become tourist attractions overnight; and magma does not distinguish between private and public land. When the Fagradalsfjall eruption began in March 2021, locals (and international visitors, once pandemic restrictions allowed), streamed to the Reykjanes peninsula to witness the spectacle with their own eyes.

The eruption occurred on private land where here were neither washrooms nor a place to park. In May 2021, after clearing unpaved lots and installing washrooms at the trailhead, landowners instituted a parking fee of ISK 1.000. The moeny would be used to build up infrastructure in the area. The government also agreed to contribute finances toward building up necessary services at the site. Tension arose, however, when the lot’s owners announced that they would be willing to sell the property – including the new volcano – for the right price. Government representatives stated they would protect public access to the site and that investing public funds was out of the question if any new owners planned to operate the site for profit.

Eruptions pose huge planning challenges for landowners and authorities: they are difficult to predict, attract huge numbers, involve significant danger, and constantly change the very landscape around them. Hiking trails at the Fagradalsfjall eruption, for example, were regularly closed or modified as they were cut off by lava. The eruption stopped in September 2021. All development plans at the site came to a halt.

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All these examples show that Iceland’s government lacks a cohesive policy when it comes to entry fees, access, and funding of necessary infrastructure at popular tourist sites. Decisions appear to be made on a case-by-case basis. Infrastructure is not created in anticipation of increased traffic, but only once that traffic is already straining the limits of the site in question.

While Icelanders, and Icelandic authorities, have a sense that most, if not all, natural sites should remain free and accessible to all, they are also not opposed to charging fees in exchange for services, particularly if the funds collected go toward nature conservation and necessary infrastructure.

Fees don’t seem to deter foreign tourists or locals from visiting sites: and likely seem minor compared to the cost of their accommodation, dinner, or rental car. In fact, travellers often seem happy to take part in protecting the areas they are visiting.

Source: Iceland Review.

Nouveau séisme sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // New earthquake on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un nouveau séisme, d’une magnitude M 4,2, a été enregistré sur la péninsule de Reykjanes le 30 octobre 2023 à 12h19. L’hypocentre a été localisé à 6 km de profondeur. Il a été ressenti en de nombreux endroits, y compris dans la région de Reykjavik. L’épicentre se trouvait à Sýlingarfell, à environ trois kilomètres à l’est du Blue Lagoon, et donc pas très loin de la centrale électrique de Svartsengi. La sismicité est irrégulière sur la péninsule mais a diminué depuis l’essaim observé ces derniers jours.
Le dernier séisme survient après l’annonce selon laquelle la terre est en train de se soulever au nord-ouest de Þorbjörn, bien à l’ouest de Fagradalsfjall. et à proximité du Blue Lagoon, de Svartsengi et de Grindavík. Selon un volcanologue islandais, il ne serait pas surprenant qu’il faille procéder à une évacuation et il faudrait faire vite.
Le soulèvement du sol a été assez rapide, trois centimètres en 24 heures. La terre s’est soulevée cinq fois dans la région depuis 2020, mais la vitesse de soulèvement des derniers jours est plus grande que les fois précédentes.
La grande question est de savoir ce qui pourrait être fait pour protéger les structures sous la menace d’une éruption. La centrale électrique de Svartsengi n’est pas loin de cette zone et alimente toute la péninsule de Reykjanes. Le Blue Lagoon n’est pas loin, non plus, du secteur où la terre se soulève. Grindavik.
Comme je l’ai expliqué précédemment, le contexte volcano-tectonique de la Péninsule de Reykjanes et personne ne sait si, quand et où une éruption pourrait avoir lieu.

Dernière minute : Les dernières mesures révèlent que la nouvelle intrusion magmatique se situe juste au nord-ouest de la ville de Grindavík, à proximité de Þorbjörn et du Blue Lagoon. Si une éruption devait se produire, cela pourrait sêtre près du mont Þorbjörn aou du Fagradalsfjall, la zone où se sont produites les trois dernières éruptions sur la péninsuke de Reykjanes.

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Another strong earthquake with a magnitude M 4.2 hit the Reykjanes peninsula at 12.19 on October 30th, 2023, at a depth of 6 km. It was felt in many places, including in the capital area. The epicenter of the earthquake was at Sýlingarfell, about three kilometers east of the Blue Lagoon, and therefore closer to the power plant in Svartsengi. Seismicity is irregular on the peninsula but has decreased since the swarm observed in the past days.

The earthquake comes after the news that the land has been rising northwest of Þorbjörn, considerably west of Fagradalsfjall. close to the Blue Lagoon, Svartsengi and Grindavík. An Icelandic volcanologist warns that it would not be surprising if there were to be an evacuation and that the response time would be low.

The land rise has been quite fast, three centimeters in 24 hours.. Land has risen in the area five times since 2020, but the speed is now considerably higher than in the previous times.

The big question is what could be done to protect the structures that would be under the threat of an eruption. The power plant in Svartsengi is not far from this area and it powers the whole of the Reykjanes peninsula. Furthermore the Blue Lagoon is not far from the center of the land rising. Without forgetting Grindavik.

As I explained previously, the volcano-tectonic setting of the Reykjanes Peninsula is very complex and no one knows if, when and where an eruption could take place.

Last minute : The latest measurements reveal that the new magma intrusion is just northwest of the town of Grindavík, close to Þorbjörn mountain and the Blue Lagoon. Should an eruption occur, it might be by Þorbjörn Mountain as well as by Fagradalsfjall, the area where the last three eruptions on Reykjanes occurred.

Source: IMO

Le tourisme en Islande : terres publiques et propriétés privées (1ère partie) // Tourism in Iceland : public land vs. private property (part 1)

Un article paru sur le site web Iceland Review informe le public que le voyagiste Arctic Adventures a acquis toutes les actions de Kerfélagið, les principales concernant le cratère du Kerið, une destination très populaire dans le sud de l’Islande. Le voyagiste a acheté les actions de quatre personnes qui détenaient un quart de participation dans la société.

Il est utile de rappeler aux visiteurs que certains sites touristiques très fréquentés Islande sont situés sur des terres privées. La loi islandaise garantit au public l’accès aux sites d’importance naturelle ou historique, même s’ils appartiennent à des propriétaires privés. Il est toutefois nécessaire que tous ces visiteurs disposent d’infrastructures pour protéger le site lui-même et pour répondre à leurs besoins. L’État et les gouvernements locaux ont donc un rôle à jouer. Les autorités islandaises et les propriétaires fonciers privés partagent le devoir de garantir l’accessibilité, la sécurité et la conservation de ces sites. C’est la raison pour laquelle les touristes doivent souvent payer un droit d’entrée. Toutefois, les modalités d’accès varient considérablement d’un site touristique à l’autre.
En 2008, le ton est monté lorsque les propriétaires fonciers du Kerið ont annoncé qu’ils allaient faire payer l’entrée au cratère. De nombreux habitants ont jugé absurde de faire payer l’accès à un site naturel, estimant qu’il devait rester accessible gratuitement. Bien que la décision de faire payer l’entrée ait été annulée en raison de l’ampleur des protestations, le site du Kerið est devenu payant cinq ans plus tard, en 2013.

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La notion de droit d’entrée a été évoquée pour lz première fois lors de l’achat par l’État islandais de la zone géothermale de Geysir. Propriété à l’origine d’un agriculteur, la région a été vendue dans les années 1890 à un distillateur de whisky qui est devenu Premier ministre irlandais. Le nouveau propriétaire a été le premier à faire payer aux visiteurs un droit d’entrée sur le site, jusqu’au jour où il a cédé la propriété à un ami, qui a rendu le site gratuit. Ce dernier changea de mains à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il soit cédé à l’État islandais en 1935.
En 2016, après que les propriétaires fonciers aient tenté (en vain) d’instaurer à nouveau un droit d’entrée, l’État a décidé d’acquérir également les terrains environnants. Il faudra attendre 2020 pour que le site soit officiellement protégé.

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Dans le sud de l’Islande, le canyon de Fjaðrárgljúfur, peu fréquenté jusque là, a connu un grand succès après être apparu dans un clip de Justin Bieber en 2015. Entre 2016 et 2017, le nombre de visiteurs a doublé. Les sentiers sont devenus très boueux avec le piétinement des visiteurs qui s’éloignaient de plus en plus du site, causant des dégâts à la flore environnante. Le site a dû être fermé plusieurs semaines ces dernières années pour permettre à la flore de se reconstituer.
Le canyon et ses environs appartiennent à des propriétaires privés. En juin 2022, lors de la mise en vente du site, le ministre de l’Environnement a signé un accord avec le futur propriétaire foncier qui devrait assurer la protection du canyon. Jusqu’à présent, aucun droit d’entrée ou de stationnement n’a été mis en place au canyon, mais le gouvernement islandais a laissé entendre que des frais de stationnement pourraient apparaître ; ils seraient utilisés dans leur intégralité pour développer des services et des infrastructures à l’attention de ceux qui voyagent dans la région.

(Photos: C. Grandpey)

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An article in the website Iceland Review informs us that Arctic Adventures has acquired all shares of Kerfélagið, the main asset of which is the Kerið crater, a popular tourist destination in South Iceland..The tour operator bought the shares from four people who held a quarter stake in the company.

It is useful to remind visitors that some of Iceland’s most popular tourist sites are located on privately-owned land. Icelandic law ensures that the public can access sites of natural or historical significance, despite them being in private ownership. But all those visitors require infrastructure, both to protect the site itself and to attend to the visitors’ needs, and the state and local governments have a role to play. Icelandic authorities and private landowners share a duty to ensure accessibility, safety, and conservation at such sites. This is the reason why tourists have a fee to pay when entering these sites. However, the execution of these duties varies greatly from one tourist attraction to the next.

In 2008, controversy erupted when Kerið’s landowners announced they would begin charging entry to the crater. Many locals considered it absurd to put a price tag on a natural site, believing it should remain accessible to all without a fee. While the decision to charge entry was reversed due to the amount of backlash it received, a fee was eventually instituted at Kerið five years later, in 2013.

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In a way, entrance fees were the instigator for the Icelandic state’s purchase of the Geysir geothermal area. Originally owned by a farmer, the area was sold to a whiskey distiller and future Prime Minister of Ireland, in the 1890s. The new owner was the first to charge visitors an entrance fee to the site, until he relinquished ownership to a friend, who dropped the fees. The land changed hands a few times, until it was given to the Icelandic state in 1935.

In 2016, after landowners attempted (in vain) to institute an entry fee once again, the state decided to acquire the surrounding land. It was not until 2020 that the site was officially protected.

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The Fjaðrárgljúfur canyon in South Iceland exploded in popularity after it was featured in a Justin Bieber music video in 2015. Between 2016 and 2017, the number of visitors to the canyon doubled. The existing dirt trails were turned to mud by the increased foot traffic; visitors stepped further and further off the paths, causing damage to the surrounding flora. The site was closed for weeks at the time in recent years to allow the flora to recover.

The canyon and surrounding area are privately owned. In June 2022, when the site was put on sale, the Environment Minister signed an agreement with the to-be landowner that is expected to ensure the canyon’s protection. Until now, no admission or parking fees have been charged at the canyon, but a government notice implied that a parking fee may be implemented, and used in its entirety to develop services and infrastructure for those travelling in the area.

Péninsule de Reykjanes (Islande) : sismicité en baisse et déformation du sol en hausse // Reykjanes Peninsula (Iceland) : declining seismicity and increasing ground deformation

Y aura-t-il une nouvelle éruption sur la péninsule de Reykjanes dans les prochains jours  ? Il semble que l’essaim sismique observé ces derniers jours ait pris fin et que la sismicité ait diminué. Le dernier essaim sismique au nord de Grindavík est interprété comme la réaction de la croûte aux changements de contrainte induits par l’arrivée de magma en profondeur sous le système volcanique de Fagradalsfjall.

Le 28 octobre 2023, le Met Office islandais a indiqué que, selon les données GPS et une image satelllitaire InS-AR, une inflation du sol était en cours depuis le 27 octobre près de Svartsengi, au nord-ouest du Þorbjörn sur la péninsule de Reykjanes. Cette inflation est probablement causée par une intrusion magmatique. Le centre de l’inflation se trouve près du Blue Lagoon, à environ 1,5 km au nord-ouest du Þorbjörn. C’est la cinquième fois depuis 2020 qu’un soulèvement du sol est détecté dans cette zone.

Image satellite montrant la déformation du sol observée entre le 26 et le 28 octobre 2023

Les dernières données montrent que la vitesse de soulèvement est plus rapide qu’auparavant. Cependant, rien n’indique que le magma se rapproche de la surface, bien que la situation puisse évoluer rapidement. Par exemple, une fracturation importante s’est produite dans la région de Svartsengi en raison de la sismicité de ces derniers jours. Une telle fracturation pourrait permettre au magma de trouver une voie vers des zones moins profondes.
Le Met Office islandais explique que la complexité des mouvements du magma dans la croûte a un impact sur une grande partie de la péninsule de Reykjanes. Le signal de déformation du sol détecté dans la zone à l’est de Festarfjall a été confirmé par les dernières données GPS. Le déplacement horizontal de ces derniers jours est d’environ 2 cm et la déformation est confirmée par une autre station GPS située à Selatangar. Cependant, les interférogrammes fournis par les satellites ne révèlent pas de changements significatifs dans les mouvements du sol.

Graphiques montrant le déplacement de la station GNSS FEFC à l’est de Festarfjall. La ligne verticale bleue marque le début de l’intrusion de dyke en juillet 2023 et la ligne rouge le début de l’éruption près de Litli-Hrútur le 10 juillet 2023. Les points les plus récents montrent un mouvement vertical et un mouvement horizontal vers le sud-est.

Les volcanologues islandais indiquent que le magma émis lors des dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes ressemble à celui de l’Askja, du Veiðivötn, ou encore du Grímsvötn. Il n’a pas grand-chose à voir avec les laves émises jusqu’à présent sur la péninsule de Reykjanes. Certains scientifiques islandais pensent que cela pourrait indiquer un changement dans l’activité volcanique sur la péninsule. Le panache mantellique, dont on pense qu’il a sa source sous le Vatnajökull, pourrait s’étendre jusque dans la partie sud-ouest de l’Islande et apparaître lors des éruptions. Il ne faudrait toutefois pas oublier qu’un magma qui séjourne longtemps dans un réservoir subit des différentiations et sa composition est donc différente du magma originel. Pas sûr que la prochaine éruption apporte une réponse définitive aux questions que se posent les volcanologues islandais.

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Will there be a new eruption on the Reykjanes Peninsula in the coming days ? It looks as if the seismic swarm observed in the past days has come to an end and seismicity has declined. The latest seismic swarm north of Grindavík is interpreted as the response of the crust to the stress changes induced by continued magmatic inflow at depth beneath the Fagradalsfjall volcanic system.

On October 28th, 2023, the Icelandic Met Office indicated that, according to GPS data and an InS-AR image from satellite data, land had been rising near Svartsengi, northwest of Þorbjörn mountain on the Reykjanes peninsula since October 27th. The ground inflation is likely caused by magma intrusion. The center of the land rise is near the Blue Lagoon, about 1.5 km northwest of Þorbjörn mountain. It is the fifth time since 2020 that a land rise has been detected in that area.

The latest data show that the current speed of the land rise is faster than before. However, there is no sign of magma moving closer to the surface although conditions can change in a short period of time. For instance, significant fracturing has occurred in the Svartsengi area due to triggered seismicity in recent days. Such fracturing could allow magma to find pathways to shallower depth.

The Icelandic Met Office explains that the complexity of the magma movements in the crust has an impact on a large area of the Reykjanes peninsula. The ground-deformation signal detected in the area East of Festarfjall has been confirmed by the latest GPS data. The horizontal displacement over the past few days is about 2 cm and the deformation is confirmed by another GPS station located in Selatangar. However, the interferograms provided by satellites do not reveal significant changes in ground movement.

The magma emitted during the latest eruptions on the Reykjanes Peninsula is more similar to that of Askja, Veiðivötn and Grímsvötn. It has little to do with the lavas studied so far on the Reykjanes Peninsula. Some Icelandic scientists believe this could indicate changes in the peninsula’s volcanic activity. The mantle plume, which is believed to have its center under Vatnajökull, could extend into the southwestern part of Iceland and appear during eruptions. However, we should not forget that a magma that stays for a long time in a reservoir undergoes differentiation and its composition is therefore different from the original magma. Not sure that the next eruption will provide a definitive answer to the questions askd by Icelandic volcanologists.