Holuhraun (Islande) & Hawaii (Etats Unis)

drapeau francaisEn Islande, le Met Office indique dans ses dernières mises à jour que l’éruption ne montre pas de changements significatifs.
Alors que la sismicité est plutôt faible sur le site de l’éruption, de nombreuses secousses (généralement comprises entre M 3 et M 5) ​​sont encore enregistrées au niveau du Bárðarbunga, principalement sur la lèvre nord de la caldeira.
La pollution par les gaz de l’éruption dépend de la direction du vent. Le Met Office tient la population en permanence informée sur les régions les plus susceptibles d’être touchées.
La vidéo ci-dessous, filmée depuis un hélicoptère aux alentours du 20 septembre, donne une bonne idée de l’intensité de l’éruption fissurale et de la quantité de lave qui se déverse quotidiennement sur l’Holuhraun.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=zGMHD6-aV34

Sur la Grande Ile d’Hawaii, la situation évolue très lentement dans la région de Paoha. La coulée de lave du 27 juin continue d’avancer lentement, avec des hauts et des bas selon le système d’alimentation du Pu’uO’o. Le front de coulée le plus avancé se trouvait hier à 960 mètres de Apa’a Street. Pour le moment, la lave n’est donc pas une menace pour Pahoa mais pourrait le devenir dans moins de deux semaines, selon les informations du HVO et de la Protection Civile. Voici un exemple des bulletins délivrés par cette dernière le 9 octobre 2014
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=JrueptJELjE

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drapeau anglaisIn Iceland, the Met Office’s latest updates indicate that the eruption does not show any significant changes.

While seismicity is rather low on the eruption site, numerous earthquakes (usually ranging between M 3 and M 5) are still recorded in Bárðarbunga mainly in the northern rim of the caldera.

Gas pollution depends on the wind direction. The Met Office keeps people informed about the regions most likely to be affected.

This video, shot from a helicopter on September 20th or so, gives a good idea of the intensity of the fissure eruption and the amount of lava that is poured daily over Holuhraun.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=zGMHD6-aV34

At Hawaii Big Island, the situation is evolving very slowly in the Paoha area. The June 27th lava flow keeps slowly moving forward, with ups and downs according to Pu’uO’o’s feeding system. The most advanced lava front was located yesterday 960 meres from Apa’a Street. For the moment, lava is not yet a threat to Pahoa but could become so within two weeks, according to the HVO and Civil Defence information. Here is an example of the bulletins delivered by Civil Defence on October 9th 2014

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=JrueptJELjE

Pahoa-01

Pahoa-02

Vue aérienne et carte montrant l’avancée de la lave à proximité de Pahoa  (Source:   USGS / HVO)

Un drone observe de trop près l’éruption dans l’Holuhraun // A drone gets too close to the Holuhraun eruption

drapeau francaisEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez comment utiliser un drone pour filmer l’éruption actuelle en Islande. C’est en anglais, mais la plupart du temps les images parlent d’elles-mêmes. Un Américain (représentant d’une société japonaise) a fait une approche si serrée que la partie frontale de la caméra a fondu (voir la 2ème vidéo explicative). Les images de l’éruption ne sont pas mauvaises, sauf les jaunes qui sont à la limite de la surexposition. Il semble qu’un filtre ait été parfois utilisé pour corriger le problème

http://wtkr.com/2014/10/01/watch-photographers-fly-drone-so-close-to-volcano-the-face-of-the-camera-melts/

Au vu de la vidéo, il semble que le drone utilisé était un Phantom RTF MODE 2 DJI auquel a été adjoint un contrôle vidéo de pilotage à distance. La caméra est de type GoPro Hero 3 ou 4. Ce n’est pas vraiment un matériel haut de gamme. L’ensemble drone + caméra coûte environ 800  euros. Il existe des drones plus élaborés – mais aussi plus coûteux. On pourrait imaginer leur utilisation en volcanologie pour les prélèvements de gaz à l’intérieur des cratères ou à l’intérieur des panaches éruptifs. Il n’est toutefois pas certain qu’ils puissent résister aux turbulences qui apparaissent dans ce genre de situations. Il serait dommage de perdre un appareil qui a coûté plusieurs milliers d’euros.

Dans le même temps, l’éruption continue avec la même intensité dans la plaine de l’Holuhraun. La caldeira du Barðarbunga s’affaisse toujours, avec une sismicité soutenue et des événements qui, la plupart du temps se situent entre M 3 et M 5.

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drapeau anglaisBy clicking on the link below, you’ll see how to use a drone to film the current eruption in Iceland. The article is in English, but most of the time the images speak for themselves. The American (working for a Japanese company) drove the drone so close to lava that the front part of the camera melted (see the second video). The images of the eruption are not bad, except the yellows which are on the verge of overexposure. It seems that a filter was sometimes used to correct the problem.

http://wtkr.com/2014/10/01/watch-photographers-fly-drone-so-close-to-volcano-the-face-of-the-camera-melts/

Looking at the video, it seems that they used a Phantom RTF MODE 2 DJI drone to which they have added a remote video control. The camera is a GoPro Hero 3 or 4. It’s not really a high-end equipment. Both the drone and the camera cost about 600 – 800 euros. There are more sophisticated drones which are also more expensive. One could imagine using them in volcanology for gas samples inside the crater or inside eruptive plumes. However, it is unclear whether they could withstand the turbulences that occur in these situations. It would be a shame to lose a device that cost several thousand dollars!

Meantime, the eruption continues with a similar intensity in Holuhraun. The Barðarbunga caldeira keeps collapsing with an elevated seismicity and events that mostly range between M 3 and M 5.

Drone-blog

Drone Phantom RTF MODE 2 DJI avec nacelle et caméra.

Holuhraun (Islande): L’éruption continue // The eruption continues

drapeau francaisSelon les derniers bulletins du Met Office, l’éruption fissurale qui a commencé à la fin du mois d’août dans l’Holuhraun se poursuit avec la même intensité. Dans le même temps, la caldeira du Barðarbubga continue à s’affaisser, avec des événements sismiques entre M 3 et M 4 pour la plupart. On observe actuellement une certaine baisse de la sismicité dans la partie nord du dyke et sur le site de l’éruption.
Des concentrations élevées de SO2 (en moyenne 35000 tonnes par jour) sont encore détectées. Les émissions de gaz affectent généralement la partie nord de l’Islande, mais peuvent varier en fonction de la direction du vent. Il est conseillé à la population de se tenir informée de la qualité de l’air et des conditions environnementales. Une carte montrant les prévisions de déplacement des gaz est accessible sur la page web du Met Office islandais:
www.vedur.is/vedur/spar/textaspar/oskufok/

Une carte interactive montrant la répartition des gaz se trouve à cette adresse:
www.vedur.is/vedur/spar/gasdreifing

Par ailleurs, il convient de noter que le Barðabunga n’est pas en éruption comme on pourrait le croire en lisant certains articles de presse et rapports scientifiques. Certes, le magma a migré depuis ce volcan avant d’atteindre la plaine d’Holuhraun en suivant un réseau de fractures, mais le Barðarbunga n’est jamais entré en éruption !! S’il l’avait fait, les choses auraient été fort différentes. Une éruption sous-glaciaire aurait très probablement généré des panaches de cendres, des perturbations dans le trafic aérien et des inondations autour du glacier. Il est beaucoup plus pertinent de parler d’une éruption de (ou dans) l’Holuhraun.

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drapeau anglaisAccording to the Met Office’s latest updates, the fissure eruption that started at the end of August in Holuhraun continues with unchanged intensity. The Barðarbubga caldera is still subsiding, with seismic events between M 3 and M 4 for most of them. Fewer earthquakes are now detected the northern part of the dyke and around the eruption site.

High concentrations of  SO2 (an average of 35,000 tons per day) are still detected. The gas emissions usually affect the northern part of Iceland but may vary according to the wind direction. People are encouraged to follow closely the air quality monitoring data and environmental conditions. A map showing the

gas forecast can be found on the web page of the Icelandic Met Office:

www.vedur.is/vedur/spar/textaspar/oskufok/

An interactive map showing the gas distribution can be seen at :

www.vedur.is/vedur/spar/gasdreifing

By the way, it should be noted that no eruption is occurring at Bardabunga volcano as can be read in many media and scientific reports. Sure, magma migrated from beneath this volcano and then travelled to Holuhraun where a fissure eruption is taking place, but Bardarbunga never erupted!! Had it done so, it would have been another matter. It would have been a subglacial eruption, with probable ash plumes, disruptions to air traffic and flooding around the glacier. Speaking of « Holuhraun eruption » is far more relevant!

Holuhraun-eruption

L’éruption vue hier par l’une des webcams.

Bardarbunga-blog

Graphique montrant l’affaissement du glacier du Barðarbunga,  ainsi que la sismicité qui l’accompagne  (Source: Icelandic Met Office).

Vous avez dit prévision volcanique?

Alors que la lave continue à jaillir de la fracture éruptive de l’Holuhraun en Islande et qu’elle a cessé de progresser à Hawaii, on peut se poser de sérieuses questions à propos de la prévision volcanique dans ces deux situations. Je ne parlerai pas de l’explosion phréato-magmatique du Mont Ontake (Japon) qui a surpris des centaines de randonneurs … mais aussi les volcanologues japonais!

S’agissant de l’Islande, 90% des observateurs misaient sur une éruption du Barðarbunga à la mi-août quand les premiers signes d’activité souterraine sont apparus. On évoquait alors l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 et la presse se régalait d’avance des tracas que la cendre allait causer au trafic aérien. On évoquait le système AVOID adopté par la compagnie EasyJet et censé détecter les nuages de cendre, même s’il n’a jamais été vraiment testé dans des conditions éruptives réelles. On s’affolait à l’idée que l’intrusion magmatique pouvait entrer en contact avec le système volcanique de l’Askja avec une forte activité explosive à la clé…

Au lieu de cela, la lave a fini par sortir – et sort toujours au moment où je rédige cette note – dans la plaine de l’Holuhraun après avoir suivi l’une des lignes de fractures qui tranchent l’Islande du sud-ouest vers le nord-est. Le volcan sous-glaciaire Barðarbunga n’a toujours pas émis ses nuages de cendre! Par contre, sa caldeira est en train de s’affaisser de plusieurs dizaines de mètres suite à l’évacuation et à la migration du magma. Au vu de la profondeur initiale des événements sismiques qui n’avaient jamais tendance à devenir superficiels, j’ai toujours défendu l’idée d’une migration du magma sans jamais croire à un événement explosif majeur au niveau du Barðarbunga. Il était clair qu’un dyke était en train de se mettre en place. La seule question était de savoir si la lave allait sortir à l’air libre ou bien emprunter une fracture et disparaître dans les profondeurs, comme cela s’était produit sur le Krafla dans les années 1990. C’est finalement la première solution qu’elle a choisie, dans un lieu désert et donc sans le moindre risque direct pour la population. Le seul problème, et pas le moindre, réside dans les gaz éruptifs qui affectent tout le nord de l’Islande et demandent aux habitants de prendre des précautions.

Les différentes hypothèses éruptives ont fait s’affronter les volcanologues islandais dont le comportement rappelait celui des médecins du 17ème siècle qui opposaient leurs diagnostics au chevet de leurs malades. Ne sachant quelle position adoptée, ces scientifiques évoquaient, via le site web du Met Office, quatre scénarios allant de l’éruption explosive du Barðarbunga à un arrêt de l’intrusion sans apparition de la lave en surface. Le risque d’erreur était vraiment faible !!! C’est comme si un météorologue disait : Le prochain été sera 1) ensoleillé, 2) pluvieux, 3) mitigé !

S’agissant d’Hawaii, il semble aujourd’hui que la déesse Pele ait piégé les volcanologues américains. Alors que la lave avançait régulièrement ces dernières semaines et menaçait très sérieusement la bourgade de Paoha et ses environs, les derniers bulletins du HVO indiquent que la coulée du 27 juin a cessé sa progression et que les zones habitées sont donc beaucoup moins exposées. Il ne faut, bien sûr, pas crier victoire car la lave est susceptible de reprendre sa progression dans les prochains jours. Le passé est là pour le démontrer. Le dernier bulletin du HVO indique que les scientifiques « se refusent à faire des prévisions ». Pendant ce temps, les travaux continuent pour mettre en place des routes de secours dans l’éventualité d’une coupure de la Route 130. Comme je l’indiquais précédemment, les bulldozers s’activent le long de l’ancienne Chain of Craters Road. Si l’arrêt de la coulée de lave se confirme, la situation aura coûté beaucoup d’argent…pour rien. Toutefois, je me garderai bien de critiquer les autorités hawaiiennes. Dans une telle situation, le principe de précaution était essentiel. Si rien n’avait été fait, la situation aurait pu être dramatique pour le district de Puna.

En observant la situation en Islande et à Hawaii, je garde à l’esprit les paroles du regretté François Le Guern qui se plaisait à débuter ses interventions publiques avec ces mots : « Je ne sais pas, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique ».

Lave Hawaii

Vue de la situation actuelle à Hawaii  (Source: USGS / HVO)