Du Mauna Loa à la planète Mars // From Mauna Loa to Mars

drapeau francaisUne nouvelle odyssée de l’espace a commencé le 28 Mars dans la soirée à Hawaii quand les six membres d’une nouvelle mission de simulation d’exploration spatiale (Hawaii Space Exploration and Analog Simulation – HI-SEAS) sont entrés dans un habitat isolé pour la première nuit d’un « voyage » de quatre mois.
Sous un ciel étoilé du Mauna Loa, le commandant de la mission a verrouillé la porte de l’habitat derrière l’équipage, coupant ainsi tout contact physique avec le monde extérieur pour une durée de 120 jours.
Toutefois, si le monde extérieur est devenu inaccessible, le monde intérieur sera étroitement surveillé. Grâce à des caméras, des systèmes de contrôle électronique, aux  journaux de bord tenus par les membres de l’équipe scientifique et d’autres données, des chercheurs de l’Université d’Hawaii à Manoa garderont en permanence un œil sur cette mission. Ils étudieront en particulier la cohésion du groupe ainsi qu’un large éventail de facteurs cognitifs, sociaux et affectifs. Ils seront attentifs à la façon dont le groupe évolue techniquement et socialement, comment les tâches sont effectuées au sein du groupe avec le temps et dans quelle mesure elles affectent les performances.
Tout cela fait partie d’une recherche financée par la NASA pour comprendre comment les équipes d’astronautes se comporteront en situation d’isolement durant les expéditions de longue durée, comme celles pour atteindre la planète Mars.
Pour un vaisseau spatial inhabité, il faut compter entre 150 à 300 jours pour voyager entre la Terre et la planète rouge. Les scientifiques estiment qu’un voyage habité vers Mars durera environ trois ans, aller et retour. La NASA pense que certains facteurs émotionnels et psychologiques joueront un rôle important pendant ces très longs trajets.
En Juin 2013, la NASA a accordé 1,2 million de dollars à l’Université d’Hawaii à Manoa pour financer au cours des trois prochaines années trois missions spatiales semblables à celle en cours sur le Mauna Loa.
Les membres de l’équipe HI- SEAS vivront dans un dôme de 40 mètres de diamètre alimenté par l’énergie solaire. Le rez-de-chaussée de l’habitat dispose d’une cuisine, d’une salle à manger, d’une salle de bains avec douche, d’un laboratoire, d’un espace de culture physique et d’une pièce commune. Un loft à l’étage offre six chambres minuscules et une salle de bain avec toilette et lavabo.
Un soin particulier a été pris pour assurer l’intégrité de l’environnement de simulation spatiale. Par exemple, les membres de l’équipe subiront un retard de communication de 20 minutes chaque fois qu’ils entreront en contact avec l’équipe au sol, comme cela se produira quand les astronautes devront communiquer avec la Terre depuis la planète Mars.
De même, les membres de l’équipage devront revêtir de faux scaphandres chaque fois qu’ils sortiront de l’habitat. Ces «excursions» copieront celles qui ont déjà eu lieu loin de la Terre, comme les missions Apollo vers la Lune.

Source : Hawaii 24/7.

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drapeau anglaisA new space odyssey began on March 28th in the evening as the six members of the new Hawaii Space Exploration and Analog Simulation (HI-SEAS) mission entered their remote habitat on the first night of a four-month-long journey.

Under the starry night sky on Mauna Loa, the mission commander closed the simulated air lock behind the crew, cutting off all physical contact with the outside world for the next 120 days.

But while the outside world is locked away, the inside world will be closely monitored.

Using surveillance cameras, electronic surveys, crew member diaries and other sources, researchers from the University of Hawaii at Manoa will be keeping an eye on the crew.

Researchers are tracking group cohesion and a wide range of cognitive, social and emotional factors. They are particularly interested in how technical, social, and task roles within the group evolve over time and how they affect performance.

It’s all part of NASA-funded research to understand how teams of astronauts will perform during isolated, long-duration space exploration missions, such as those that will be required for human travel to Mars.

It takes an unmanned spacecraft between 150 to 300 days to travel between Earth and the Red Planet. Scientists estimate that a manned journey to Mars will take around three years to complete round-trip.

NASA believes that different emotional and psychological factors might be more important for longer duration trips.

In June 2013, NASA awarded UH Manoa $1.2 million to support three space analog missions over the next three years.

The HI-SEAS crew members will be living in a solar-powered dome that is 40 metres in diameter. The first floor of the habitat has a kitchen, dining area, bathroom with shower, a lab, and exercise and common spaces. A second floor loft features six tiny bedrooms and a half bath.

Special care has been taken to ensure the integrity of the space analog environment.

For example, crew members experience a 20-minute communications delay whenever they make contact with the ground crew, just as astronauts would when Earth and Mars are at their farthest apart.

Likewise, crew members will suit up in mockup spacesuits whenever they step outside of the habitat. These “excursions” will be modeled after extraterrestrial surface explorations such as those conducted during the Apollo missions to the Moon.

Source : Hawaii 24/7.

HISEAS-Panels

Le dôme, lieu de vie de l’équipe scientifique HI-SEAS sur le Mauna Loa, avec le Mauna Kea en toile de fond.

Il y a 30 ans, le Mauna Loa entrait en éruption! // 30 years ago, Mauna Loa started an impressive eruption!

drapeau francaisAujourd’hui 25 Mars 2014 marque le 30ème anniversaire de la dernière éruption du Mauna Loa. À 01h30 le 25 Mars 1984, le volcan se réveillait de manière aussi soudaine que spectaculaire, après neuf ans de sommeil. L’éruption a envoyé plusieurs coulées de lave qui ont avancé très rapidement. L’une de ces coulées a menacé directement, mettant ses habitants en état d’alerte dans les jours qui ont suivi.
L’éruption a pris fin au bout de trois semaines et la lave s’est arrêtée à seulement 6,5 kilomètres des premières maisons de Hilo. Depuis cette époque, c’est le calme plat sur le Mauna Loa.
Avant ces trois dernières décennies pendant lesquelles il ne s’est rien passé, le Mauna Loa était entré en éruption 33 fois depuis 1843, à  raison d’une éruption en moyenne tous les cinq ans. En remontant plus en amont dans l’histoire éruptive du volcan, les scientifiques de l’ Observatoire Volcanologique ont constaté que le Mauna Loa était entré en éruption environ une fois tous les six ans au cours des 3000 dernières années.
L’absence d’activité éruptive au cours des dernières décennies montre clairement, si besoin était, que la notion de cycle éruptif est très fragile et très contestable.

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drapeau anglaisToday March 25th; 2014 marks the 30th anniversary of the last eruption of the Mauna Loa volcano. At 1:30 a.m. on March 25th, 1984, the volcano woke up suddenly and spectacularly after nine years of slumber. The eruption sent several fast-moving fingers of lava down the slopes. One of the fastest of these fingers quickly took direct aim at Hilo, putting its residents on high alert in the days that followed.

The eruption ended three weeks after it began, with lava stopping just 6.5 kilometres from the nearest Hilo home. Mauna Loa has been quiet ever since.
Prior to the recent three decade eruptive dry spell, Mauna Loa had erupted 33 times since 1843, at an average rate of one eruption every five years. Going further back into research on the volcano’s eruptive history, scientists at the Hawaii Volcano Observatory say Mauna Loa has erupted about once every six years for the last 3,000 years.

The lack of eruptive activity during the past decades clearly shows, if needs be, that the notion of eruptive cycle is very fragile and highly disputable.

Mauna-Loa

A 4200 mètres d’altitude, le cratère du Mauna Loa peut être recouvert de neige! (Photo:  C.  Grandpey)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Activité stable

drapeau francaisL’activité reste relativement stable sur le Kilauea. L’éruption continue, à la fois au sommet et sur l’East Rift Zone. Le lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u est assez profond en ce moment. Sa surface est stable à une cinquantaine de mètres sous la lèvre. Le long de l’East Rift Zone, le Pu’uO’o continue à alimenter la coulée Kahauale’a 2 qui progresse lentement vers le NE en brûlant la forêt sur son passage. On observe toujours de l’incandescence au niveau des spatter cones sur le plancher du Pu’uO’o, tandis qu’un petit lac de lave d’une dizaine de mètres de diamètre s’élève et s’abaisse au gré de la pression des gaz (« gas pistoning ») dans la partie NE du cratère.

Le HVO a mis en ligne de très bonnes images du cratère de l’Halema’uma’u et de son lac de lave, ainsi que du petit lac de lave dans le cratère du Pu’uO’o et des coulées de lave dans la forêt.

Ce n’est vraiment pas la peine de braver les interdictions d’accès pour faire des photos. Vos clichés ne seront pas meilleurs que ceux réalisés par les scientifiques du HVO !

Cratère de  l’Halema’uma’u:

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-626.jpg

Lac de lave dans le cratère du Pu’uO’o :

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-622.jpg

Coulées de lave à travers la forêt:

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-621.jpg

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drapeau anglaisActivity at Kilauea volcano remains fairly stable. The eruption continues at the summit and within the East Rift Zone. The Halema’uma’u lava lake is quite deep these days, with its surface about 50 metres below the crater rim. At the East Rift Zone, the Pu`u `O`o vent keeps feeding the Kahauale`a 2 lava flow that advances very slowly to the northeast while burning the forest. Spatter cones on the floor of Pu`u `O`o crater display persistent glow, with a small lava pond (about 10 metres wide) within the NE part of the crater.

HVO has released great images of Halema’uma’u Crater and its lava lake, as well as the small lava pond within Pu’uo’o Crater and the lava flows burning the forest to the NE.

There’s really no point infringing the interdictions of access to these zones. Your photos will not be better than those taken by HVO scientists!

Halema’uma’u Crater:

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-626.jpg

Lava pond within Pu’uO’o Crater :

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-622.jpg

Lava flows burning the forest:

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-621.jpg

Volcans des Galapagos et archipel hawaiien

drapeau francaisDans une note publiée le 6 février 2014, je mentionnais une étude parue le 19 janvier dans la revue Nature Geoscience ; elle nous apprenait que le panache volcanique qui a donné naissance aux Iles Galapagos ne se situe pas là où les scientifiques espéraient le trouver.

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Rochester permet une meilleure approche du système d’alimentation des volcans des Galapagos, tout en mettant en évidence une différence majeure avec l’archipel hawaiien. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Geophysical Research.
Pour effectuer leur travail, les scientifiques ont installé 15 sismomètres autour du Sierra Negra (Ile Isabela), le volcan le plus imposant et le plus actif. Cet équipement a servi à mesurer la vitesse et la direction des ondes générées par les séismes sous ce volcan. Dans la mesure où le comportement des ondes varie selon la température et le type de matériaux qu’elles traversent, les données recueillies ont permis aux chercheurs de construire une image 3D du système d’alimentation qui existe sous le volcan.

Galapagos-graphique

A une profondeur de 5 km se trouve le début d’une grande chambre magmatique située en partie à l’intérieur de l’ancienne croûte océanique qui est enfouie sous plus de 8 km de couches de roches éruptives. La croûte océanique semble reposer sur une épaisse sous-couche de roche qui s’est formée lorsque le magma qui se frayait un chemin vers la surface se retrouva bloqué sous la croûte et se refroidit, processus très similaire à celui observé dans l’archipel hawaiien. Un autre point commun avec Hawaii est la présence d’une vaste chambre remplie d’un magma refroidi contenant des minéraux cristallisés.
Les Iles Galapagos se sont formées à partir d’un point chaud dans la plaque de Nazca, selon un processus très similaire à la création des îles hawaiiennes. Au cours du déplacement de la plaque vers l’ouest, de nouvelles îles sont apparues et ont formé l’archipel des Galapagos tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Bien qu’il existe plusieurs similitudes entre Hawaii et les Galapagos, les chercheurs ont découvert une différence majeure. Les volcans plus anciens des îles hawaïennes sont inactifs, voire éteints, parce qu’ils se sont éloignés du point chaud. A l’inverse, aux Galapagos, les volcans sont reliés au même système d’alimentation. En examinant des vues satellitaires des volcans, les scientifiques ont remarqué que lorsque le magma s’enfonçait sous un volcan, il réapparaissait dans un volcan différent, ce qui laisse supposer que certains des volcans les plus jeunes ont des connexions magmatiques, même si ces connexions ne sont que temporaires .
Source : University of Rochester: http://www.rochester.edu/news/show.php?id=8472

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drapeau anglaisIn a note published on February 6th 2014, I mentioned a study released on January 19th in the journal Nature Geoscience that told us that the volcanic plume that gave birth to the Galapagos Islands is not where scientists thought it was.

A new study by University of Rochester scientists is providing a better picture of the subterranean plumbing system that feeds the Galapagos volcanoes, as well as a major difference with the Hawaiian Islands. The findings have been published in the Journal of Geophysical Research.

In order to perform their study, the researchers buried 15 seismometers around Sierra Negra, the largest and most active volcano in the Galapagos. The equipment was used to measure the velocity and direction of different sound waves generated by earthquakes as they traveled under Sierra Negra. Since the behaviour of the waves varies according to the temperature and types of material they’re passing through, the data collected allowed the researchers to construct a 3D image of the plumbing system beneath the volcano.

(see sketch above)

At a depth of 5 kilometres is the beginning of a large magma chamber lying partially within old oceanic crust that had been buried by more than 8 km of eruptive rock layers. The oceanic crust has what seems to be a thick underplating of rock formed when magma that was working its way toward the surface became trapped under the crust and cooled, a process very similar to the one observed under the Hawaiian Islands. Another common point is the presence of a large chamber filled with a cooled magma that includes crystallized minerals.

The Galapagos Islands formed from a hotspot within the Nazca plate in a process very similar to how the Hawaiian Islands were created. As the plate made its way westward, new islands formed, resulting in the present-day Galapagos Archipelago.

While there are several similarities between the two island chains, the researchers uncovered a major difference. The older volcanoes in the Hawaiian Islands are extinct, because they’ve moved away from the hotspot. In the Galápagos, the volcanoes are connected to the same plumbing system. By studying satellite views of the volcanoes, the scientists noticed that, as the magma would sink in one, it would rise in a different volcano, indicating that some of the youngest volcanoes had magma connections, even if those connections were temporary.

Source : The University of Rochester:  http://www.rochester.edu/news/show.php?id=8472

Sierra-negra

L’éruption du Sierra Negra le 22 octobre 2005 vue depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)