Début d’octobre chaud en Alaska // Warm early October in Alaska

drapeau-francaisCinq mois après une fonte de neige extrêmement précoce au printemps dernier (la neige a commencé à fondre le 13 mai, 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002), Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska, vient d’établi un nouveau record pour l’arrivée tardive de la neige.
Le sol de Barrow était toujours intact le samedi 15 octobre. L’ancien record pour la dernière journée sans couverture neigeuse remonte au 12 octobre 1998. Les services météorologiques ont confirmé le nouveau record. Quelques flocons sont tombés depuis cette date, mais sans laisser une couche de neige mesurable.
Les relevés météorologiques de Barrow remontent à 1920.

La période sans neige à Barrow a été particulièrement longue cette année. Le nouveau record de manque de neige intervient après une période de températures anormalement chaudes dans le nord de l’Alaska. Les 10 premiers jours d’octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés à Barrow pour cette période, avec des températures moyennes très largement supérieures à la normale. Un front de haute pression sur le sud-est et l’est de l’Alaska, avec un prolongement vers le nord de l’Arctique, a maintenu la trajectoire des intempéries sur le centre de la mer de Béring et bien à l’écart de l’Alaska du Sud-Est. A cette situation météorologique viennent s’ajouter des températures de surface de la mer anormalement chaudes suite à l’absence presque totale de la glace de mer à proximité de l’Alaska. En conséquence, une grande partie de l’ouest de l’Alaska a connu la première décade d’octobre la plus chaude jamais enregistrée. De plus, il n’y a pratiquement pas eu de pluie dans le sud-est alors que le mois d’octobre est, pour beaucoup d’endroits, le plus pluvieux de l’année.
Le mois de septembre avait déjà été chaud en Alaska. Au cours de mon séjour dans le 49ème Etat de l’Union, j’ai été surpris par les températures élevées, en particulier dans la région de Juneau où elles avoisinaient souvent les 20°C, ce qui m’a obligé à acheter des T-shirts!

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drapeau-anglaisFive months after a record-early spring snowmelt (snow started to melt on May 13th, 10 days earlier than the previous record set in 2002), the nation’s northernmost community has set a new record for late snow accumulation.

The ground in Barrow was barren of snow on Saturday October 15th, breaking the previous record for the latest calendar date for zero snow-cover in that community. The old record for the latest day without snow coverage was October 12th 1998. The weather service confirmed the new record. A trace of snow has fallen since then, but it is not enough to be considered measurable snow-cover.

Barrow’s weather and climate records go back to 1920.

The snowless period in Barrow has been particularly long this year. The new no-snow record comes after a stretch of unusually warm temperatures in Barrow. The first 10 days of October were the warmest on record for Barrow in that early October period, with temperatures largely above normal. High pressure over Southeast and eastern mainland Alaska, extending into the high Arctic has kept the storm track over central Bering Sea and away from Southeast Alaska. This is in addition to continued unusually warm sea surface temperatures and nearly complete lack of sea ice near Alaska. As a result, much of western Alaska has had the mildest first ten days of October of record, while there has been virtually no rain in Southeast during what for many places is the wettest month of the year.

September was equally warm in Alaska . I was surprised at the high temperatures during my stay in the last Frontier, especially in the Juneau area where the temperatures averaging 20°C forced me to buy T-shirts!

 temp

Source: US National Weather Service Alaska.

Une prise de conscience du changement climatique ? // An awareness of climate change ?

drapeau-francaisLa presse française serait-elle en train de prendre conscience de la catastrophe qui guette notre planète ? Ces derniers temps, plusieurs articles sont parus, indiquant que l’année 2015 était « la pire année de l’histoire en terme de climat ». Ils s’appuient sur le rapport annuel sur l’état du climat – State of the Climate – un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier. Ce rapport révèle à quel point 2015 a été catastrophique. Certains indicateurs clés comme la sécheresse, le recul des glaces, la montée des eaux, les inondations ou encore la hausse des températures ont tous progressé et battu des records. Le rapport confirme en tous points la note que j’ai publiée, graphiques à l’appui, le 8 mars 2016.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/08/rechauffement-climatique-co2-temperatures-oceans-et-glace-global-warming-co2-temperatures-oceans-and-ice/

Selon les scientifiques, la tendance au réchauffement de la planète devrait se confirmer en 2016, puisque les six premiers mois de cette année ont été de loin les plus chauds sur le globe, au vu des dernières données fournies par la NASA. Certes, le phénomène El Niño, particulièrement vigoureux en 2015, a accentué la tendance au réchauffement, mais cela n’explique pas tout. Les concentrations de trois des principaux gaz à effet de serre, dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O), ont « atteint de nouveaux sommets en 2015 », indique le rapport, qui s’appuie sur des dizaines de milliers de relevés tirés de nombreuses bases de données indépendantes.

Comme je l’ai indiqué dans ma note du 8 mars, la concentration de CO2 mesurée sur le Mauna Loa à Hawaii a enregistré en 2015, la plus forte augmentation depuis le début des relevés, avec le franchissement,  pour la première fois, de la barre symbolique des 400 parties par million (ppm), à 400,8 ppm. Sur l’ensemble de la planète, le CO2 a frôlé cette limite en 2015, atteignant 399,4 ppm, soit une hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014.

Le niveau des océans a atteint son plus haut point, avec quelque 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993. L’eau monte graduellement autour de la Terre, avec une poussée d’environ 3,3 millimètres par an, mais la hausse est plus rapide en certains points du Pacifique et de l’Océan Indien. Elle risque d’accélérer dans les prochaines décennies, à mesure que les glaciers et les calottes glaciaires fondront, menaçant la vie de millions d’habitants sur les côtes.

Selon le rapport, l’année 2015 a aussi été marquée par une saison des pluies avec des précipitations plus abondantes que la moyenne, ce qui a provoqué des graves inondations. A côté de cela, des sécheresses sévères ont également frappé, affectant des superficies presque deux fois plus importantes en 2015 qu’en 2014 (14% en 2015, contre 8% en 2014).

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l’Arctique a continué à se réchauffer, avec des records depuis le début des relevés au début du 20ème siècle, et une augmentation de 2,8°C depuis cette époque.

Partout dans le monde, le recul des glaciers s’est poursuivi pour la 36ème année consécutive. J’ai décrit ce recul à plusieurs reprises suite à des observations que j’ai effectuées en Alaska, en Nouvelle Zélande ou, plus près de nous, dans les Alpes.

Certains scientifiques pensent que l’évanouissement d’El Niño et l’arrivée d’El Niña plus froid pourrait inverser quelque peu la tendance au réchauffement dans les prochaines années, mais nous ne possédons par suffisamment de recul pour être certain qu’une évolution climatique inverse se produira.

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drapeau-anglaisIs the French press becoming aware of the disaster that awaits our planet? Recently, several articles appeared, indicating that 2015 was « the worst year in the climate history. » They relied on the State of the Climate annual report, a 300-page document involving 450 scientists worldwide. This report reveals how disastous 2015 was. Some key indicators such as drought, ice retreat, rising sea levels, floods or rising temperatures all rose and broke records. The report confirms in every way the note I published, illustrated with graphics, on March 8th 2016.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/08/rechauffement-climatique-co2-temperatures-oceans-et-glace-global-warming-co2-temperatures-oceans-and-ice/

According to scientists, the warming trend of the planet is expected to continue in 2016, since the first six months of this year were by far the warmest on the globe, given the latest data provided by NASA. There is little doubt that the El Niño phenomenon, particularly strong in 2015, intensified the warming trend, but that does not explain everything. The concentrations of three of the main greenhouse gases, carbon dioxide (CO2), methane (CH4) and nitrous oxide (N2O), have « reached new heights in 2015, » the report states, based on tens of thousands of records from several independent databases.
As I put it in my note of March 8th, the concentration of CO2 measured on Mauna Loa in Hawaii in 2015 showed the largest increase since records began, with the crossing, for the first time, of the symbolic 400 parts per million (ppm), to 400.8 ppm. On the whole planet, CO2 was close to this limit in 2015, reaching 399.4 ppm, an increase of 2.2 ppm from 2014.
The sea level reached its highest point, with some 70 millimeters more than the average recorded in 1993. The water rises slowly around the Earth, with an increase of about 3.3 millimetres per year, but the rise is faster in some parts of the Pacific and the Indian Ocean. It might accelerate in the coming decades as glaciers and ice caps will melt, threatening the lives of millions of people on the coasts.
According to the report, 2015 was also marked by a season of more abundant rainfall than average, which caused severe flooding. Beside this, severe droughts have also hit, affecting  areas twice as large in 2015 as in 2014 (14% in 2015, against 8% in 2014).
An area particularly sensitive to climate change, the Arctic continued to warm, with new records since measurements began in the early 20th century, and an increase of 2.8°C since that time.
Around the world, the glacier retreat has continued for the 36th consecutive year. I described this retreat several times after several visits I made to Alaska, New Zealand and, more recently, in the Alps.
Some scientists believe that the fading El Niño and the arrival of colder El Niña could somewhat reverse the warming trend in the coming years, but we do not have historic date to be certain that an opposite climate change will occur.

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Courbe de Keeling

Mer de Glace 2015 01

La Mer de Glace, symbole du recul des glaciers. (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle galerie photo : Le Groenland vu du ciel // New photo gallery : Greenland seen from above

drapeau-francaisA l’heure où le Groenland connaît une fonte record de sa banquise, j’ai ajouté dans la colonne de droite de ce blog une galerie de photos prises depuis l’avion qui me conduisait vers l’Alaska ou la côte ouest des Etats-Unis. Quand la couverture nuageuse se déchire, on peut admirer des vues magnifiques de ce territoire.

Pour voir les images individuellement, il suffit d’interrompre le diaporama, faire un clic droit avec la souris et choisir « Afficher l’image ».

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drapeau-anglaisAt a time when Greenland is experiencing a record melting of its ice, I have just added in the right-hand column of this blog a gallery of photos taken from the plane that took me to Alaska or the western coast of the United United. When cloud cover breaks open, you can watch great views of this territory.
To view the images individually, simply pause the slide show, right click the mouse and select « View Image. »

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Photo: C. Grandpey

Modification du comportement des ours polaires dans la Mer de Beaufort // Changes in the behaviour of polar bears in the Beaufort Sea

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude effectuée sur le long terme par des scientifiques de l’USGS, du Fish and Wildlife Service et de deux universités, les ours polaires passent maintenant plus de temps sur terre dans l’Arctique à cause de la fonte de la glace. Dans la partie méridionale de la Mer de Beaufort ils sont maintenant beaucoup plus susceptibles de venir vivre sur la terre ferme en été et à l’automne qu’au milieu des années 1980. L’évolution a surtout eu lieu au cours des quinze dernières années, période au cours de laquelle on a observé un important déclin de la glace au cours de cette période de l’année.

Depuis la fin des années 1990, la période pendant laquelle la mer n’est pas recouverte de glace dans le sud de la Mer de Beaufort a augmenté en moyenne de 36 jours. Depuis cette époque, les ours polaires qui nagent vers le rivage y passent 31 jours de plus. L’étude s’appuie sur les déplacements de 228 femelles adultes qui, entre 1986 et 2014, ont été équipées de colliers émetteurs. Seules les femelles adultes peuvent porter les colliers car le cou des mâles est trop volumineux pour que ces colliers restent en place. L’étude utilise également les données provenant de relevés aériens effectués entre 2010 et 2013. Ces observations concernent tous les ours polaires, mâles ou femelles, adultes ou jeunes.
Pour le moment, les ours qui viennent à terre ne représentent qu’une minorité de la population. Ils semblent être attirés par les accumulations d’os chargés des viande et de graisse laissés sur le rivage par les chasseurs de baleines Inupiat à la fin de la saison de chasse. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus en automne des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Les os de baleines et la viande qui y subsiste constituent pour les ours une source de nourriture riche en graisse qui fait défaut sur la banquise. Toutefois, les chercheurs ne savent pas quels seront les effets à long terme de cette dépendance des os de baleines boréales. Qu’arrivera-t-il si ces restes de baleines ne sont plus suffisants pour nourrir tous les ours ? Cela pourrait mettre la population locale en danger. Déjà, les habitants de Kaktovik organisent des patrouilles pendant la période où les ours polaires se rassemblent autour des tas d’os.
En dépit de leur accès aux restes de baleines boréales chaque automne, les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort montrent davantage de problèmes que d’autres populations. Leur nombre a chuté de 40 pour cent au cours de la première décennie du 21ème siècle, avec peu de survie chez les oursons. Les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort présentent un déficit de poids et un état corporel moins satisfaisant que leurs homologues de la Mer des Tchouktches. De plus, ils souffrent d’un mal récurrent qui leur fait perdre la couche de poils assurant leur isolation thermique.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new long-term study by scientists from the U.S. Geological Survey, the U.S. Fish and Wildlife Service and two universities, polar bears are spending more time on land because of the dwindling ice in the Arctic. Polar bears in the southern Beaufort Sea are now three times as likely to come ashore in summer and fall as they were in the mid-1980s. The big changes have happened over the past decade and a half, which corresponds to big reductions in summer and fall sea ice.

Since the late 1990s, the open-water season in the southern Beaufort Sea has expanded by 36 days on average. Since that time, the polar bears that swim to shore are spending 31 more days a year there. The study uses data from movements of 228 adult female polar bears that, over the period from 1986 to 2014, were fitted with radio collars. Only adult females can wear the tracking collars; males’ necks are too wide to allow collars to stay in place. The study also uses data from aerial surveys conducted from 2010 to 2013. Those surveys tracked all polar bears ; whether male or female, adult or subadult.

The bears that come ashore still make up only a minority of the population, but they may be making the better choice. They seem to be attrracted by piles of meat- and blubber-laden bones left after local Inupiat hunters butcher bowhead whales on the beaches. As I put it in a previous note, the bowhead bone piles near the village of Kaktovik have become autumn gathering spots for polar bears and even some North Slope grizzlies. The piles give the bears a source of high-fat food that the bears on the ice are lacking. However, researchers do not know the long-term effects of the bears’ reliance on the bowhead bone piles. There are some worrisome possibilities, especially if it happens that there are not enough bowhead scraps to go around. This might put local residents at risk. Already, locals in Kaktovik have organized bear patrols to protect villagers in the season when polar bears gather at the bone pile.

Despite their access to bowhead whale scraps each autumn, the southern Beaufort Sea polar bears are showing more trouble signs than several other populations. Numbers dropped by 40 percent in the first decade of the 21st century, with few cubs surviving in many of those years. The southern Beaufort Sea polar bears have lower weight and worse body condition than their Chukchi counterparts, and they have been hit by a recurring disorder that causes them to lose their heat-insulating hair.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey