Les gaz volcaniques à Pahoa (Hawaii) // Volcanic gases at Pahoa (Hawaii)

drapeau francaisAlors que la lave continuait à avancer inlassablement, empiétant sur les zones résidentielles et brûlant forêts, pâturages, routes et différentes structures, le panache qui avait envahi la région de Pahoa était un mélange de gaz et de particules volcaniques et non volcaniques. Bien que moins menaçante que la lave elle-même, la mauvaise qualité de l’air en aval de la coulée de lave active peut présenter des problèmes pour certaines personnes. Depuis quelques jours, les gaz sont moins agressifs, mais rien ne dit qu’ils ne seront pas de retour dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
Le dioxyde de soufre (SO2), le gaz qui contribue le plus à la pollution de l’air et entraîne la formation du vog hawaiien, provient essentiellement des bouches actives au sommet du Kilauea (cratère de l’Halema’uma’u) et sur l’East Rift Zone (cratère du Pu’u O’o). Toutefois, une petite quantité de ce gaz est également émise par les coulées de lave. Les personnes atteintes de maladies respiratoires comme l’asthme sont susceptibles d’être affectées par ces faibles quantités de SO2 si elles se trouvent à proximité immédiate d’une coulée de lave active.
Lorsque la lave entre en contact avec la végétation, la combustion des végétaux produit un mélange complexe qui comprend du dioxyde de carbone et du monoxyde de carbone, ainsi que diverses particules. La végétation peut se décomposer dans l’environnement très chaud sous la surface de la lave, entraînant l’émission de gaz comme le méthane qui peuvent s’enflammer et exploser lorsqu’ils sont enfermés dans des poches souterraines. Ces explosions se produisent fréquemment autour de la coulée du 27 juin.
La combustion de zones occupées par l’homme, telles que les routes goudronnées, dégage des fumées toxiques. A court terme, la fumée qui émane du goudron en train de fondre peut irriter les yeux et les voies respiratoires. Les ouvriers exposés à de telles fumées peuvent développer des maux de tête, des éruptions cutanées, de la toux et même un cancer.
Si la coulée du 27 juin vient à poursuivre sa marche en avant, la lave pourrait finir par atteindre l’Océan Pacifique. Dans ce cas, la lave réagira avec l’eau de mer froide en produisant un volumineux panache de vapeur chargé en acide chlorhydrique. Une étude de 1990 a montré que près de la côte la concentration d’acide chlorhydrique diminuait de dix fois sur une distance d’environ 700 mètres. Les zones immédiatement sous le vent d’une entrée de lave dans l’océan seraient probablement les plus touchées.
Les habitants de Puna sont invités à se tenir informés de la progression de la coulée de lave du 27 juin.

Source : West Hawaii Today.

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drapeau anglaisWhile lava was still flowing, encroaching on residential areas and burning forests, pastures, roads and other man-made structures and debris, the plume that invaded the Pahoa area was a mixture of volcanic and non volcanic gases and particles. Although less threatening than lava itself, poor air quality downwind of the active lava flow can present challenges for some individuals. Over the past few days, the gases aahve been less agressive, but they might be back in some days or some weeks.

Sulphur dioxide (SO2), the main contributor to Hawaii’s volcanic air pollution, or vog, is primarily released from actively degassing vents at Kilauea Volcano’s summit (Halema’uma’u) and East Rift Zone (Pu’u O’o). However, a small amount of this gas is also released from flowing lava. Individuals with pre-existing respiratory conditions, such as asthma, could be impacted by the low levels of SO2 if they are immediately adjacent to an active lava flow.

When lava comes into contact with vegetation, burning plant material produces a complex mixture that includes carbon dioxide and carbon monoxide, as well as various particulates. Vegetation can decompose in the hot environment beneath the surface of the lava, generating gases like methane that can ignite and explode when confined in underground pockets. These explosions occur frequently around the June 27th lava flow.

The burning of manmade features, such as paved roads, creates toxic fumes. In the short-term, molten asphalt fumes can cause eye and respiratory tract irritation. Workers exposed to asphalt fumes are at risk of developing headaches, rashes, coughing and possibly cancer.

If the June 27 flow continues its forward progress, lava could eventually reach the Pacific Ocean. If this happens, lava will react with the cold seawater, creating a large steam plume laden with hydrochloric acid. A 1990 study showed that near-shore hydrochloric acid concentration decreased tenfold over a distance of about 700 metres, so areas immediately downwind of an ocean entry would likely be most impacted.

Puna residents are encouraged to stay informed about the progress of the June 27th lava flow.

Source : West Hawaii Today.

Panache-Hawaii

Panache généré par l’arrivée de la lave dans l’océan  (Photo:  C.  Grandpey)

La lave et les gaz de l’Holuhraun (Islande) // Lava and gases from Holuhraun (Iceland)

drapeau francaisL’éruption se poursuit dans l’Holuhraun sans changement significatif. L’affaissement de la caldeira du Bárðarbunga continue et la sismicité reste élevée sur le volcan. La zone couverte par la lave mesure maintenant 70 kilomètres carrés, soit 7 km carrés de plus qu’il y a deux semaines et demi. A titre de comparaison, la calotte glaciaire de l’Eyjafjallajökull mesure 78 kilomètres carrés et le Þingvallavatn, le deuxième plus grand lac du pays a une superficie de 82 kilomètres carrés.
La lave récemment émise a été baptisée Nornahraun ou «lave des sorcières» à cause de l’abondance de filaments semblables à ceux que l’on trouve sur le Kilauea à Hawaii où ils sont appelés « cheveux de Pélé ». En Islande, ces fibres sont connues sous le nom de nornahár ou « cheveux des sorcières. »
L’un des principaux problèmes causés par l’éruption de l’Holuhraun est la pollution de l’air qui peut affecter différentes régions de l’Islande, selon la direction du vent. Par exemple, les enseignants ont récemment gardé à l’intérieur de l’établissement les enfants de l’école maternelle de Graenuvellir près d’Husavik pour les mettre à l’abri du SO2 que le vent avait poussé vers le nord. Comme l’a dit le maire de Norðurþing: «Il n’y a absolument rien que l’on puisse faire, à part rester à l’intérieur. Les personnes les plus sensibles doivent éviter l’effort physique à l’extérieur, essayer de rester chez elles et chauffer leurs maisons pour empêcher le gaz d’y pénétrer. »
D’une manière générale, le gouvernement a émis des alertes sur les risques pour la santé. L’exposition au dioxyde de soufre peut provoquer une irritation des yeux, de la gorge et des poumons. Des niveaux élevés peuvent conduire à des difficultés respiratoires. Les enfants sont les plus vulnérables. La plupart des Islandais espèrent seulement que le vent souffle dans le bon sens et aussi qu’il pleuve pour réduire les effets des nuages de gaz.

Source : Iceland Review.

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drapeau anglaisThe Holuhraun eruption continues with no significant changes. The subsidence of the Barðarbunga caldera is going on as well and seismicity is still high on the volcano. The area covered in new lava from the Holuhraun eruption now measures 70 square kilometres, a 7-square-km larger than two and a half weeks ago.

For comparison, the Eyjafjallajökull icecap, is 78 square kilometres and Þingvallavatn, the country’s second largest lake, 82 square kilometres.

The new lava has been dubbed Nornahraun or ‘Witches’ Lava’ after the abundance hair-like similar to the ones to be found on Hawaii’s kilauea where they are called Pele’s hair. In Icelandic the fibers are known as nornahár or ‘witches’ hair.’

One of the main problems caused by the Holuhraun eruption is the air pollution that may affect different regions of Iceland according to the wind direction. For instance, the kids at the Graenuvellir kindergarten in Husavik  were recently kept inside to protect them from the SO2 that had been blown to the north. Said the mayor of Nordurthing: “There’s exactly nothing you can do, aside from going inside. People that are more sensitive than others need to avoid physical exertion outside and try to stay inside and warm up their houses to prevent the gas from getting inside.”

Globally, the government has issued warnings on the health risks. Exposure to sulfur dioxide can cause irritation in the eyes, throat and lungs. High levels can lead to breathing difficulties. Children are the most vulnerable. So most Icelanders are just hoping the wind blows the right way and also for rain to damp the gas clouds.

Source : Iceland Review.

Holuhraun-blog
Le champ de lave de l’Holuhraun vu par l’ Institut des  Sciences de la Terre.

Hawaii: Le HVO fait taire les rumeurs à propos de la Lower East Rift Zone // HVO dismisses the rumours about the Lower East ERift Zone

drapeau francaisComme toujours, quand un événement spectaculaire se produit dans une région ou une autre, les rumeurs ne manquent jamais d’apparaître. C’est le cas avec l’éruption du Kilauea et la coulée de lave du 27 juin qui avance lentement en direction de Paoha.
Il se dit actuellement que l’on aurait observé une hausse de température dans les plans d’eau alimentés par des sources ainsi qu’une augmentation des émissions de vapeur dans certains secteurs du District de Puna. Le HVO n’a pas confirmé ces dires, mais les différents réseaux de surveillance montrent que l’on n’a pas observé de changements significatifs dans l’alimentation magmatique de la zone de rift en aval du Pu’u O’o.
Le HVO rappelle que l’East Rift Zone du Kilauea a plus de 120 km de longueur ; elle s’étire depuis sommet de la caldeira du volcan jusqu’au fond de la mer au large des côtes, en passant par le Cap Kumukahi. La zone définie comme « Lower East Rift Zone » se situe entre le champ de lave del’Heiheiahulu et le Cap Kumukahi. Les principales éruptions récentes le long de cette partie de la zone de rift comprennent celles d’Opihikao en 1960, ainsi que d’autres en 1790, 1840, 1955 et 1961 Le Pu’u O’o se trouve dans la partie centrale de la zone de rift.
En termes de sismicité, déformation et émissions de gaz, la zone de rift entre le Pu’u O’o et le Cap Kumukahi montre actuellement des niveaux normaux. Le nombre de séismes d’une magnitude supérieure à M 1,7 est le plus bas enregistré depuis 15 ans. De plus, c’est l’affaissement qui a dominé la déformation enregistrée par le réseau GPS sur ​​cette même période de temps. Les mesures de gaz n’ont pas montré de variations majeures dans la Lower East Rift Zone.
Autre fait intéressant : On n’a enregistré aucun véritable essaim sismique dans la Lower East Rift Zone depuis le début de l’éruption du Pu’u O’o, ce qui laisse supposer que peu de magma, voire aucun nouveau magma, n’a circulé en aval du Pu’u O’o et des bouches éruptives associées. Au milieu des années 2000, un léger soulèvement de la surface et une légère augmentation de la sismicité ont révélé une possible arrivée minime de magma dans la région, mais cette activité correspondait à une augmentation – qui a diminué par la suite – de l’alimentation magmatique dans l’ensemble du système volcanique.
Si le magma devait commencer à monter vers la surface dans la Lower East Rift Zone, cela se traduirait par une déformation et une activité sismique beaucoup plus importantes. Ces signaux étant absents, le HVO peut affirmer que la hausse de température dans les plans d’eau et l’augmentation des émissions de vapeur ne sont pas dues à une augmentation du volume de  magma en direction de la Lower East Rift Zone.
Cependant, cela ne veut pas dire que le magma n’est pas présent sous cette partie du Kilauea. Des opérations de forage dans la Lower Rift Zone en 2005 ont rencontré une petite poche de magma à une profondeur d’environ 2,5 km. Ce magma était stable et faisait probablement partie des nombreuses petites poches, reliques d’intrusions et d’éruptions passées, qui se trouvent prises au piège dans la zone de rift.

Source : HVO.

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drapeau anglaisAs usual, when a dramatic event occurs in some region or other, rumours never fail to appear. This is the case with the current Kilauea eruption and the June 27th lava flow that is slowly moving toward the Paoha area.

There have been reports of rising temperatures in spring-fed ponds and increased steaming in some areas of Puna. HVO has not confirmed these reports, but based on seismic, geodetic and gas monitoring networks, there has been no change in magma supply to the lower part of the rift zone, downrift of Pu’u O’o.

HVO reminds people that Kilauea’s East Rift Zone is more than 120 km long, stretching from the volcano’s summit caldera through Cape Kumukahi to the offshore sea floor. The area designated as the “lower East Rift Zone” lies between the Heiheiahulu shield and Cape Kumukahi. Notable recent eruptions along this part of the rift zone include the 1960 Kapoho eruption, as well as eruptions in 1790, 1840, 1955 and 1961. The Puu Oo vent is located in the middle part of the rift zone.

In terms of seismicity, deformation and gas emissions, the rift zone between Pu’u O’o and Cape Kumukahi is currently at background levels. The number of earthquakes with magnitudes over 1.7 is the lowest in 15 years, and subsidence has dominated the deformation recorded by the permanent GPS network over that same time period. Gas measurements also have not shown appreciable changes in the lower East Rift Zone.

Interestingly, strong earthquake swarms in the lower East Rift Zone have been absent since the start of the ongoing Pu’u O’o eruption, suggesting that little, if any, new magma has been transported downrift of Pu’u O’o and associated eruptive vents. In the mid-2000s, minor surface uplift and a slight increase in earthquakes suggested a small increase in magma being transported to the area, but that activity was associated with a surge in magma supply to the entire volcano that has since diminished.

If any magma in the lower East Rift Zone were to begin rising to shallow levels, there would be much stronger deformation and energetic earthquake activity. Based on the absence of these signals, HVO is confident that reports of rising pond temperatures and increased steaming are not the result of an increase in magma being transported to the lower East Rift Zone.

However, this is not to say that magma is not present beneath that part of Kilauea. Drilling operations in the lower East Rift Zone in 2005 actually intersected a small body of magma at a depth of about 2.5 km. This magma was stagnant and probably just one of many small magma bodies trapped within the rift zone, relics of past intrusions and eruptions.

Source : HVO.

East-Rift-Zone

Vue de l’East Rift Zone du Kilauea  (Photo:  C.  Grandpey)

Holuhraun (Islande): L’éruption continue // The eruption continues

drapeau francaisSelon les derniers bulletins du Met Office, l’éruption fissurale qui a commencé à la fin du mois d’août dans l’Holuhraun se poursuit avec la même intensité. Dans le même temps, la caldeira du Barðarbubga continue à s’affaisser, avec des événements sismiques entre M 3 et M 4 pour la plupart. On observe actuellement une certaine baisse de la sismicité dans la partie nord du dyke et sur le site de l’éruption.
Des concentrations élevées de SO2 (en moyenne 35000 tonnes par jour) sont encore détectées. Les émissions de gaz affectent généralement la partie nord de l’Islande, mais peuvent varier en fonction de la direction du vent. Il est conseillé à la population de se tenir informée de la qualité de l’air et des conditions environnementales. Une carte montrant les prévisions de déplacement des gaz est accessible sur la page web du Met Office islandais:
www.vedur.is/vedur/spar/textaspar/oskufok/

Une carte interactive montrant la répartition des gaz se trouve à cette adresse:
www.vedur.is/vedur/spar/gasdreifing

Par ailleurs, il convient de noter que le Barðabunga n’est pas en éruption comme on pourrait le croire en lisant certains articles de presse et rapports scientifiques. Certes, le magma a migré depuis ce volcan avant d’atteindre la plaine d’Holuhraun en suivant un réseau de fractures, mais le Barðarbunga n’est jamais entré en éruption !! S’il l’avait fait, les choses auraient été fort différentes. Une éruption sous-glaciaire aurait très probablement généré des panaches de cendres, des perturbations dans le trafic aérien et des inondations autour du glacier. Il est beaucoup plus pertinent de parler d’une éruption de (ou dans) l’Holuhraun.

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drapeau anglaisAccording to the Met Office’s latest updates, the fissure eruption that started at the end of August in Holuhraun continues with unchanged intensity. The Barðarbubga caldera is still subsiding, with seismic events between M 3 and M 4 for most of them. Fewer earthquakes are now detected the northern part of the dyke and around the eruption site.

High concentrations of  SO2 (an average of 35,000 tons per day) are still detected. The gas emissions usually affect the northern part of Iceland but may vary according to the wind direction. People are encouraged to follow closely the air quality monitoring data and environmental conditions. A map showing the

gas forecast can be found on the web page of the Icelandic Met Office:

www.vedur.is/vedur/spar/textaspar/oskufok/

An interactive map showing the gas distribution can be seen at :

www.vedur.is/vedur/spar/gasdreifing

By the way, it should be noted that no eruption is occurring at Bardabunga volcano as can be read in many media and scientific reports. Sure, magma migrated from beneath this volcano and then travelled to Holuhraun where a fissure eruption is taking place, but Bardarbunga never erupted!! Had it done so, it would have been another matter. It would have been a subglacial eruption, with probable ash plumes, disruptions to air traffic and flooding around the glacier. Speaking of « Holuhraun eruption » is far more relevant!

Holuhraun-eruption

L’éruption vue hier par l’une des webcams.

Bardarbunga-blog

Graphique montrant l’affaissement du glacier du Barðarbunga,  ainsi que la sismicité qui l’accompagne  (Source: Icelandic Met Office).