L’IA pourrit la vie jusque sur l’Etna ! Fontaines de lave au Cratère Nord-Est !

Je le dis depuis le début : l’intelligence artificielle (IA) va nous pourrir la vie et contribuer à la diffusion de fausses informations. C’est ce qui est arrivé le 26 décembre 2025 avec la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo de 6 secondes de l’Etna (Sicile) qui a cumulé 900 000 vues et provoqué la colère des guides de l’Etna et des scientifiques locaux. .
On observe actuellement sur le volcan une petite activité strombolienne à l’intérieur du Cratère Nord-Est. La fausse vidéo a accentué le phénomène et montre un cratère éjectant carrément des bombes qui retombent sur la neige alors qu’en réalité, l’activité reste confinée à l’intérieur du cratère. Ces images paraissent si réelles qu’elles ont trompé des milliers de personnes, y compris certains responsables locaux.
La vidéo de six secondes a été publiée sur une page Facebook de Catane. En une demi-journée, elle a été visionnée plus de 900 000 fois et partagée plus de 1 200 fois. Il a été demandé à la personne qui l’a publiée de la retirer ou de préciser qu’il s’agit d’une création d’intelligence artificielle. Elle a refusé. Son seul but était d’obtenir un grand nombre de « j’aime ».
La réalité éruptive est celle que j’ai expliquée le 26 décembre. Une hausse d’activité est observée par l’INGV et l’alerte aérienne (VONA) est passée à la couleur Jaune (niveau 2, avant l’Orange et le Rouge). Les instruments montrent une activité strombolienne à l’intérieur du Cratère Nord-Est, accompagnée d’une hausse du tremor. Le nuage éruptif est transporté par le vent en direction nord-est, et de légères retombées de cendres ont été signalées à Piano Provenzana et Taormine.

Au vu de ces événements, la Protection civile régionale de Sicile a relevé son niveau d’alerte. Le système Etnas (Etna integrated alert system) est passé au niveau F1 en raison de la forte probabilité de fontaines de lave. Les touristes ne sont pas autorisés à accéder au-dessus de 2500 mètres d’altitude.

Photo: C. Grandpey

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Dans son dernier bulletin du 27 décembre 2025 à 16h28 (heure locale), l’INGV indique qu’après quelques heures de calme relatif, un nouvel épisode de fontaines de lave a débuté au Cratère Nord-Est à 15h15 avec des jets de lave de 300 à 400 m de hauteur et une colonne éruptive qui s’est élevée à plusieurs kilomètres au-dessus du sommet de l’Etna avant d’être poussée par le vent vers l’ouest. À 15:45, l’activité a commencé à diminuer et les fontaines ont évolué vers de fortes explosions avec des bulles de lave qui ont projeté des matériaux pyroclastiques jusqu’à la
base du cône et au-delà. Cet épispde a été plus intense qu’un autre déjà observé dans la matinée.

Source : INGV.

Source: Boris Behncke / INGV

Source: INGV

Un projet de loi sur la désinformation climatique bientôt à l’Assemblée Nationale ? J’ai des doutes !

Le 24 octobre dernier, j’ai diffusé une note intitulée « Désinformation climatique : ça suffit ! » Je faisais référence à un rapport publié le 22 octobre 2025 par les ONG QuotaClimat, Data for Good et Science Feedback . Il révèle que des chaînes de télévision et des radios sont minées par la désinformation, phénomène que j’ai dénoncé à plusieurs reprises sur ce blog.

Un article paru dans le journal Le Populaire du Centre le 27 octobre 2025 nous apprend que 300 personnes (experts, journalistes, responsables audiovisuels) ont répondu, à Paris, à l’appel du député PS haut-viennois Stéphane Delautrette, qui propose la création d’un observatoire de la couverture médiatique des enjeux écologiques. Son projet de loi, actuellement en commission, attend d’être inscrit à l’ordre du jour des débats dans l’hémicycle et pourrait (le conditionnel est de rigueur) être débattu prochainement à l’Assemblée Nationale.

Déposé fin 2024, ce projet de loi a obtenu le soutien d’une centaine de parlementaires issus de huit groupes politiques différents. (Sans surprise, les groupes LR et RN ne figurent pas parmi les soutiens). La question est d’autant plus urgente que des événements climatiques atypiques et inhabituellement violents se sont multipliés ces derniers mois, au même rythme que les fake-news sur les réseaux sociaux mais aussi dans certains médias. La Haute-Vienne, d’où est issu le député Delautrette, a été meurtrie par la dernière tempête Benjamin.

Au cours du débat organisé le 22 octobre à l’Hôtel de Lassay, le député a déclaré : « Il s’agit de remettre sur le métier notre combat contre la désinformation climatique. Le but de cette réunion est de participer à la réflexion parlementaire autour de la protection de l’espace informationnel et de la transparence des enjeux environnementaux. Une telle affluence est significative de l’urgence à agir. »

La proposition de loi suggère la création d’un observatoire de la couverture médiatique des enjeux écologiques. Elle prévoit aussi la mise en place de nouveaux outils afin de permettre à l’Arcom (l’organisme de contrôle de l’audiovisuel en France) d’imposer aux médias des volumes horaires minimaux consacrés aux enjeux environnementaux en période électorale, ainsi qu’une programmation reflétant l’état des connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique, notamment ses origines anthropiques. Selon Stéphane Delautrette, « la désinformation climatique représente une menace directe pour la qualité du débat démocratique et la capacité de chacun à appréhender les enjeux de la transition écologique. »

Source : Le Populaire du Centre.

Reste à savoir de ce qu’il adviendra de ce projet de loi conduit par le député haut-viennois. Si une loi voit le jour, elle sera forcément ‘détricotée’ et vidée des éléments les plus significatifs. Nous sommes malheureusement habitués à une telle procédure parlementaire. Malgré les catastrophes climatiques à répétition qui frappent notre pays (violentes tempêtes, gigantesques inondations, incendies de végétation dévastateurs), la notion de réchauffement climatique n’est toujours pas profondément ancrée chez de nombreux Français. La politique de l’autruche a encore de beaux jours devant elle. Il suffit pourtant de se rendre dans les Alpes et plus précisément au bord de la Mer de Glace pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts. L’ayant constatée à une échelle plus grande et avec encore plus d’intensité dans les zones arctiques, je ne cesse de lancer des messages d’alerte sur ce blog. Le Creusois ayant la réputation d’être têtu, je continuerai aussi longtemps que je le pourrai…

La Mer de Glace, l’une des preuves françaises du réchauffement climatique (Photo: C. Grandpey)

Colère à Grindavik (Islande) // Anger in Grindavik (Iceland)

La BBC, média d’information britannique réputé pour son sérieux, a essuyé de vives critiques de la part des autorités et des habitants de Grindavík après la publication d’un article intitulé « La ville fantôme d’Islande ensevelie sous la lave ».
Dans les commentaires publiés sur la page Facebook de la BBC, de nombreux Islandais et étrangers soulignent que les informations présentées sont trompeuses, voire carrément fausses. L’article explique la situation de Grindavík au lendemain de l’éruption de novembre 2023. On se souvient que la ville avait été profondément meurtrie par des séismes et avait été menacée par la lave. Deux maisons avaient même été détruites par une coulée.

Crédit photo: presse islandaise

Dans son article, la BBC affirme que la ville est « essentiellement une ville fantôme » et que les visiteurs peuvent désormais participer à des visites organisées à travers la ville ensevelie sous la lave.
Les autorités du port de pêche sont furieuses car l’article va à l’encontre de l’un de leurs principaux objectifs, à savoir « montrer aux gens que la vie ici continue normalement. Des centaines de personnes viennent travailler à Grindavík chaque jour. » Selon les autorités, ce type de couverture médiatique nuit non seulement à Grindavík, mais à tout le pays, et pourrait nuire à l’industrie touristique islandaise.
On ignore quelle sera la réponse officielle, bien que la question ait été abordée lors d’une récente réunion du conseil municipal. Les autorités ajoutent que la BBC aurait dû consulter le nouveau site web de la ville, VisitGrindavik.is, qui vise à fournir des informations précises sur la vie dans le port de pêche.
« C’est du mauvais journalisme.» En réalité, sur les quelque 1 200 maisons de Grindavík, seules 80 environ sont inhabitables, soit environ 7 %. Aujourd’hui, la ville est pleine d’habitants et de visiteurs chaque jour, et il est profondément irresponsable pour un média comme la BBC de laisser entendre que la ville est presque déserte. De nombreux habitants vivent encore à Grindavík, et la ville n’est en aucun cas abandonnée, contrairement à ce que prétend l’article. Plusieurs autres personnes ont exprimé de la désapprobation, qualifiant l’article de la BBC de profondément trompeur et d’exemple de fausses nouvelles (fake news).
Source : Iceland Monitor.

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The BBC, the British news media that is said to be very serious, has come under heavy criticism from residents of Grindavík after publishing a story under the headline “Iceland’s ghost town buried by lava.”

In comments on the BBC’s Facebook page, many Icelandic and foreign readers point out that the information presented is misleading and, in some cases, plainly incorrect. The article discusses Grindavík in the aftermath of the volcanic eruptions of November 2023. One can remember that Grindavik was deeply affected by earthquakes and that the town was under the threat of lava. Two houses waere destroyed by a lava flow. In its article, the BBC is claiming that the town is “essentially a ghost town” and that visitors can now join organized tours through the town buried under lava.

Authorities in the fishing port are furious because the article goes against one of their main challenges, namely « to help people understand that life here goes on as normal. Hundreds of people come to work in Grindavík every single day. » They say that news coverage like this harms not only Grindavík but the whole country, potentially damaging Iceland’s tourism industry.

It is unclear how the town authorities will formally respond, though the issue was discussed at a recent town council meeting. They add that the BBC should have referred to the town’s new website, VisitGrindavik.is, which aims to provide accurate information about the community.

« This is unbelievable journalism. » The truth is that out of the nearly 1,200 houses in Grindavík, only about 80 are uninhabitable, roughly seven percent. Today, the town is full of residents and visitors every day, and it is deeply irresponsible for a major outlet like the BBC to imply the town is nearly deserted. Many residents still live in Grindavík, and the town is by no means abandoned, contrary to what the article suggests.

Several other persons expressed similar disappointment, calling the BBC article deeply misleading and an example of fake news.

Source : Iceland Monitor.

Attention aux fausses informations! // Beware of fake news!

La calotte glaciaire du Groenland continue de fondre et il faut se méfier de certains médias qui affirment que la calotte glaciaire du Groenland est en train de se rétablir et que la fonte était due à un « réchauffement naturel ». Cet article véhiculant des informations erronées a été publié sur le site The Daily Skeptic il y a quelques semaines, mais tout est faux. La calotte glaciaire du Groenland continue de perdre de la glace. Tous les chercheurs s’accordent à dire que ce processus est provoqué par le réchauffement climatique, lui-même causé par les émissions de gaz à effet de serre. Selon la NOAA, la calotte glaciaire du Groenland a perdu de la masse chaque année depuis 1998, exposant des terres auparavant couvertes et contribuant à l’élévation du niveau de la mer. La NASA ajoute que ces pertes se sont élevées en moyenne à environ 273 milliards de tonnes de glace par an depuis 2002.
Ce document accéléré montre la fonte de la calotte glaciaire du Groenland entre 2002 et 2020 :
https://youtu.be/sK4qz-h8o1M

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The Greenland ice sheet keeps melting and one should not take into account some media claims that the Greenland ice sheet is recovering and that previous melting was caused by « natural warming. » This fake news article was published on the website The Daily Sceptic a few weeks ago, but it’s all wrong. The ice sheet continues to lose ice. All researchers agree that this process is driven by warming caused by greenhouse gas emissions. According to NOAA, the Greenland ice sheet has lost mass every year since 1998, exposing previously covered land and contributing to global sea level rise. NASA adds that these losses have averaged around 273 billion tons of ice per year since 2002.

This timelapse document shows the melting of the Greenland ice sheet between 2002 and 2020:

https://youtu.be/sK4qz-h8o1M

Photo: C. Grandpey