Ile de Baffin (Canada) : La fonte de la calotte glaciaire révèle de nouveaux paysages // Baffin Island (Canada) : The melting of the ice cap uncovers new landscapes

En faisant référence à une étude parue dans Nature communications, le site Futura Sciences nous apprend que le réchauffement climatique a fait fondre la glace dans l’archipel arctique canadien et mis à jour des paysages qui étaient restés enfouis pendant au moins 40 000 ans, voire jusqu’à 115 000 ans, sous plusieurs mètres de glace. Au train où vont les choses, la totalité des glaciers de l’île de Baffin, où ces anciens paysages ont été libérés, pourrait disparaître dans les prochains siècles car l’Arctique continue de se réchauffer deux fois plus rapidement que le reste du globe.

Les chercheurs ont daté 124 échantillons de toundra et de roches, prélevés sur 30 sites en bordure de calotte glaciaire de Penny, dans l’est de l’île de Baffin, et répartis sur une superficie de 170 x 70 km. Comme elle est immobile – à l’inverse des glaciers – et repose sur des terrains plats, la calotte glaciaire préserve les décors qu’elle recouvre sans les éroder. La datation au carbone 14 montre que cela fait plus de 40 000 ans (limite haute de cette méthode) que cette végétation et ces rochers n’ont pas vu la lumière du jour. Une reconstitution du paléoclimat de l’île de Baffin indique par ailleurs que la région subit actuellement son siècle le plus chaud depuis 115 000 ans. Cela montre que les paysages révélés aujourd’hui par des températures similaires à cette lointaine époque étaient cachés depuis aussi longtemps.

Un descriptif de l’étude peut être lu sur le site Nature Communications.

Source : Futura Sciences, Nature Communications.

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Referring to a study published in Nature Communications, the Futura Sciences website informs us that global warming has melted ice in the Canadian Arctic Archipelago and uncovered landscapes that have been buried for at least 40,000 years, or even to 115,000 years, under several metres of ice. As things go, all the glaciers on Baffin Island, where these ancient landscapes were liberated, could disappear in the next few centuries as the Arctic continues to warm up twice as fast as the rest of the globe.
The researchers dated 124 tundra and rock samples from 30 sites along the Penny Ice Cap in eastern Baffin Island over an area of ​​170 x 70 km. As it is motionless – unlike glaciers – and based on flat terrain, the ice cap preserves the scenery it covers without eroding it. 14C dating shows that this vegetation and these rocks have not seen the light of day for more than 40,000 years (upper limit of this method). A reconstruction of the Baffin Island paleoclimate also indicates that the region is currently experiencing its warmest century in 115,000 years. This shows that the landscapes revealed today by temperatures similar to this distant era were hidden for a simar period.
A description of the study can be read on the Nature Communications website.
Source: Futura Sciences, Nature Communications.

On peut voir l’île de Baffin en gris sur la petite carte en bas à gauche. Les échantillons récemment mis au jour par le recul de la calotte glaciaire proviennent de 30 sites dans l’est de l’île. Les cercles montrent les sites où seules des plantes ont été prélevées. Les carrés indiquent que des plantes et des roches ont été prélevées. Le site a est un sommet pentu, dépourvu de glace, où seules les roches ont été prélevées. (Source : Nature Communications)

You can see Baffin Island in gray on the small map at the bottom left. Samples recently discovered by the retreat of the ice cap come from 30 sites in the eastern part of the island. The circles show the sites where only plants were collected. The squares indicate that plants and rocks have been sampled. Site a is a steep-sided, unglaciated summit where only rocks have been sampled. (Source: Nature Communications)

Des nouvelles inquiétantes sur le Groenland // Disturbing news about Greenland

Alors que Donald Trump continue de nier l’existence du changement climatique, une équipe internationale de chercheurs a révélé que le réchauffement climatique a déjà fait fondre les glaciers côtiers et la calotte glaciaire côtière du Groenland au delà du point de non-retour.
Dans une étude publiée dans Nature Communications, des scientifiques américains et européens décrivent comment les glaciers et les calottes qui couvrent des dizaines de milliers de kilomètres carrés le long de la côte du Groenland ont atteint un «point de basculement» critique, au-delà duquel une nouvelle fonte est inévitable. La glace avait déjà dépassé ce point de basculement il y a 20 ans, mais la technologie n’existait pas encore pour confirmer le phénomène.

Selon les chercheurs, la fonte complète de la glace côtière du Groenland pourrait faire monter le niveau de la mer d’environ 4 centimètres, avec un impact sur certaines îles et certaines zones côtières en raison des risques d’inondation, d’érosion et d’autres effets.
La calotte de glace du Groenland, qui couvre environ 80 pour cent de la surface de l’île, est la deuxième plus grande étendue de glace au monde après celle de l’Antarctique. Les mêmes processus qui ont causé la fonte accélérée de la glace côtière du Groenland pourraient également entraîner la fonte de la calotte principale qui recouvre le reste de l’île, avec des résultats dévastateurs faciles à imaginer. Pour l’instant, cette calotte de glace est encore stable et son point de basculement n’a pas encore été atteint. Toutefois, si le réchauffement climatique continue, il est très probable qu’il sera vite atteint, puis franchi. Si la totalité de la calotte glaciaire du Groenland devait fondre, cela entraînerait une élévation mondiale de plus de 6 mètres du niveau de la mer.
Jusqu’à 30 pour cent de la glace côtière du Groenland devrait disparaître d’ici 2100. Les chercheurs affirment que le réchauffement climatique est responsable de ce déclin précipité. Si la température de la Terre augmente de 2 degrés Celsius, comme convenu lors de la COP 21 de Paris, la couche de glace du Groenland pourrait connaître la même fonte accélérée que les glaciers côtiers et les calottes côtières de l’île.
Source: The Huffington Post.

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Even as President Donald Trump continues to deny the urgency of climate change, an international team of researchers has revealed how global warming has already melted Greenland’s coastal glaciers and ice caps past the point of no return.

In a study just published in Nature Communications, U.S. and European scientists describe how the glaciers and ice caps that cover tens of thousands of square kilometres along the coast of Greenland have reached a critical “tipping point,” beyond which further melting is unavoidable. The ice had already surpassed this tipping point 20 years ago, only the technology to confirm this had not existed until now.

According to researchers, the complete melting of Greenland’s coastal ice could raise global sea levels by about 4 centimetres. It is an increase that could impact some islands and low-lying coastal areas through flooding, erosion and other effects.

The Greenland ice sheet, which covers about 80 percent of the island’s surface, is the second-largest ice body in the world after the Antarctic ice sheet. The same processes that have caused the accelerated melting of Greenland’s coastal ice bodies could also influence the island’s massive ice sheet, with devastating results. For now, the ice sheet is still safe and its tipping point has not been crossed yet. But if warming continues, it is very likely that it will be crossed. If the entire Greenland ice sheet were to melt, it would cause a global sea level rise of more than 6 metres.

Up to 30 percent of Greenland’s coastal ice is expected to disappear by 2100. If the Earth’s temperature increases by 2 degrees Celsius, as agreed during the Paris COP 21, the Greenland ice sheet could experience the same accelerated melting that the island’s coastal glaciers and ice caps are facing.

Source: The Huffington Post.

Calotte côtière et glaciers côtiers du Groenland (Photos: C. Grandpey)

Sale temps pour les manchots! // A dark future for the penguins!

drapeau-francaisUne étude récente publiée par l’Institut Goddard pour les Etudes Spatiales de la NASA confirme que le réchauffement climatique est en train de faire fondre l’Antarctique à un rythme impressionnant. La surface occupée par la glace de mer autour de l’Antarctique n’a jamais été aussi faible depuis le début des relevés en 1979 et elle est en train de se réduire encore davantage. Déjà en 2016, les scientifiques avaient relevé des indices qui annonçaient la situation actuelle. Par exemple, en mai 2016, la glace de l’Antarctique Ouest commençait à se fracturer. Les chercheurs de la NASA ont alors tiré la sonnette d’alarme et annoncé que la fonte pourrait déstabiliser d’énormes surfaces de glace, ce qui entraînerait une élévation globale du niveau des océans de plus de 3 mètres. La seule inconnue était la rapidité avec laquelle se produirait cette élévation du niveau de la mer.
La chaleur infusée dans les océans par la combustion des combustibles fossiles a doublé depuis 1997. Pour faire une comparaison, la NASA indique que c’est l’énergie équivalente à l’explosion d’une bombe atomique de type Hiroshima toutes les secondes pendant 75 années consécutives. La banquise antarctique perd de la masse de plus en plus vite, avec un doublement de cette perte environ tous les dix ans. Au train où vont les choses, on assistera à une élévation du niveau de la mer de plus de 1,80 mètres dans 40 ou 50 ans.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, une fracture d’environ 175 km de longueur s’ouvre depuis 2011 dans la plate-forme glaciaire Larsen C dans l’Antarctique Ouest. A tout moment, un iceberg quatre fois plus grand que la ville de  Los Angeles est susceptible de se détacher.
La glace de l’Antarctique Ouest est en train de fondre dans un processus qui semble irréversible, mais ce qui se passe de l’autre côté du continent antarctique est peut-être encore plus inquiétant. Jusqu’à maintenant épargnée, la banquise de l’Antarctique Est montre  elle aussi des signes de fonte. Huit mille lacs de fonte ont été découverts en août 2016 le long du glacier Langhovde, ce qui confirme des observations effectuées entre 2000 et 2013. Ces lacs de fonte ressemblent à ceux que l’on rencontre au Groenland qui est en train de fondre à un rythme beaucoup plus rapide que l’Antarctique.

Un autre élément de l’Antarctique Est, le Glacier Totten, perd entre 63 et 80 milliards de tonnes de glace par an, soit 10 mètres d’épaisseur. Ce glacier contient assez d’eau pour faire monter le niveau des océans de plus de 3 mètres. Les conséquences d’une telle élévation du niveau de la mer seraient désastreuses car toutes les villes côtières seraient impactées

Alors que la glace de mer de l’Antarctique est à son plus bas niveau, il en va de même pour le krill qui alimente tout l’écosystème, que ce soient les oiseaux de mer, les phoques, les manchots et les baleines. Les stocks de krill ont déjà chuté de près de 80 pour cent dans l’Océan Antarctique occidental. Le krill a besoin de la glace de mer pour survivre à son premier hiver. Ces petits crustacés se nourrissent d’algues de glace de mer et de plancton qui sont indispensables à leur existence. Des chercheurs australiens ont détecté les effets en cascade du manque de krill. Ils ont remarqué que les baleines à bosse étaient plus maigres au cours de leur migration vers le nord où se trouvent leurs aires de mise bas pendant l’hiver, dans le nord-ouest de l’Australie. La diminution du krill a une incidence directe sur la capacité des baleines à bosse à se reproduire. Une fois que les cétacés quittent leur aire d’alimentation estivale, ils jeûnent généralement jusqu’à leur retour l’été suivant. C’est pourquoi les femelles doivent se gaver de krill pendant l’été pour produire leur lait riche en calories pendant l’hiver.
En plus de la réduction de la glace de mer en Antarctique, on apprend que la Chine a l’intention de faire passer son tonnage de krill pêché dans l’Océan Austral de 32 000 tonnes à 2 millions de tonnes par an. Cela serait bien sûr une catastrophe pour tout l’écosystème de la région.
Source: Institut Goddard pour les Etudes Spatiales.

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drapeau-anglaisA recent study released by NASA’s Goddard Institute for Space Studies confirms that global warming is melting Antarctica at a stunning rate. The area of sea ice surrounding Antarctica is the lowest since the inception of continuous record keeping began in 1979 and it’s still tumbling. Already in 2016, all signs were pointing towards this situation. In May, 2016, the West Antarctic ice sheet began tearing apart. NASA researchers sounded the alarm that the melting could destabilize enormous areas of ice, resulting in global sea rise of more than 3 metres. The only unknown is how quickly this sea level rise will occur.

Man-made heat, infused into the oceans from the burning of fossil fuels, has doubled since 1997. To make a comparison, NASA indicates it is the equivalent energy of detonating one atomic Hiroshima-style bomb every second for 75 straight years. The ice sheets are losing mass faster and faster, with a doubling time of about 10 years. If that continues, there will be sea level rise of more than 1.80 metres by 40 to 50 years.

As I put it in previous posts, since 2011, the Larsen C ice shelf in West Antarctica has developed a rift of approximately 175 km in length. Any day now it will calve an iceberg four times the size of Los Angeles.

West Antarctica’s ice sheets are irrefutably thawing. Perhaps even more worrisome is what is occurring on the other half of the continent. East Antarctic ice sheets are now showing signs of a huge melt well underway. Eight thousand superglacial lakes were revealed in August, 2016, along the Langhovde Glacier, from observation taken between 2000 and 2013. Those superglacial Antarctic lakes resemble the melt-water lakes on Greenland, which is currently thawing at a much faster rate than Antarctica.

Another East Antarctic ice sheet, the Totten Glacier, is losing between 63 and 80 billion tons of ice annually or 10 metres in thickness each year. The Totten Glacier contains enough water to raise oceans globally by more than 3 metres. The consequences of a 3-metre sea level rise are unimaginable. All coastal cities would become dysfunctional.

In the meantime, while the Antarctic sea ice is at an all-time low, so too is the Antarctic krill which feeds the entire ecosystem, from seabirds to seals, penguins and whales. Already, krill populations have plummeted by as much as 80 percent in the western Antarctic Ocean. Krill require sea ice in order to survive its first winter. They feed on sea ice algae and plankton; it is central to their existence. Australian researchers have detected the cascading effects of missing krill. They recorded skinnier humpback whales migrating northward to their winter calving grounds in northwestern Australia. Fewer krill directly impacts the humpback’s ability to reproduce. Once the whales leave their summer feeding grounds, they mostly fast until returning the following summer. Females must bulk-up on krill in order to feed calves their rich caloric milk during the winter.

In addition to vast amounts of missing Antarctic sea ice, China intends to increase its 32,000-ton catch of Southern Ocean krill up to 2 million tons annually. This would be disastrous for all Southern Ocean marine life.

Source : NASA’s Goddard Institute for Space Studies.

sea-ice

 Evolution de la glace de mer antarctique entre le 1er et le 30novembre 2016.

(Source: NASA)

 krill

Krill antarctique (Source : Wikipedia)