Stromboli (Sicile) : une restriction de plus // One more restriction

Suite à la récente activité du Stromboli avec coulées pyroclastiques jusque sur la surface de la mer, l’interdiction de navigation dans la zone devant la Sciara del Fuoco, entre Punta delle Chiappe et Punta Labronzo, a été étendue d’un à deux milles marins (1 mille marin = 1852 m). L’ordonnance a été émise par l’Autorité Portuaire de Milazzo suite à une note reçue du Département National de Protection Civile demandant cette extension de la zone. L »interdiction est émis pour des raisons de sécurité, liées au risque de nouveaux paroxysmes et de possibles glissements de terrain.

Source : Giornale di Sicilia.

—————————————-

Following Stromboli’s recent activity, with pyroclastic flows travelling down onto the surface of the sea, the navigation ban in the area in front of the Sciara del Fuoco, between Punta delle Chiappe and Punta Labronzo, has been extended from one to two nautical miles (1 nautical mile = 1852 m). The ordinance was issued by the Port Authority of Milazzo following a note received from the National Department of Civil Protection requesting this extension of the area. The ban is issued for security reasons, related to the risk of new paroxysms and possible landslides.
Source: Giornale di Sicilia.

Photo: C. Grandpey

L’éruption de White Island (2019) au cinéma // A movie after the 2019 White Island eruption

Le 9 décembre 2019, une explosion soudaine s’est produite à White Island (Nouvelle-Zélande). Elle a tué 21 personnes et blessé 26 autres. Parmi les 47 victimes, il y avait 24 Australiens, 9 Américains, 5 Néo-Zélandais, 4 Allemands, 2 Chinois, 2 Britanniques et un Malaisien. La plupart de ces touristes ne portaient que des T-shirts et des shorts. 38 étaient des passagers d’un navire de croisière – l’Ovation of the Seas – qui effectuait un voyage de 12 jours autour de la Nouvelle-Zélande. Ils avaient acheté l’excursion sur White Island auprès d’une agence de voyage néo-zélandaise. J’ai décrit l’événement et ses conséquences dans plusieurs notes de ce blog. Dans les jours et semaines qui ont suivi la catastrophe, il s’est agi de trouver qui était responsable de la sécurité des touristes et de savoir si des manquements étaient constatés, bref, qui pouvait être tenu pour responsable du drame.
Un film intitulé « The Volcano : Rescue From Whakaari » vient de sortir. Il a été réalisé par Rory Kennedy. Pour autant que je sache, il ne peut être vu que sur Netflix. On peut lire qu’il s’agit d’« un récit précis de l’éruption volcanique de Whakaari / White Island. […] Le film raconte viscéralement une journée où des gens ordinaires ont été appelés à faire des choses extraordinaires, tout en plaçant cet événement tragique dans le contexte plus large de la nature, de la résilience et du pouvoir de notre humanité commune. »
À en juger par la bande-annonce, il s’agit d’un film catastrophe américain typique qui s’appuie sur des événements réels. J’ai décrit avec détail ce qui s’est passé sur l’île que j’ai moi-même visitée en janvier 2009.

Au final, la tragédie a montré qu’on ne sait pas prévoir les éruptions volcaniques, encore moins sur ce type de volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. Je pense que tenir les volcanologues néo-zélandais responsables de la mort de ces personnes serait un non-sens. De la même manière, le navire de croisière et l’agence de voyage doivent-ils être tenus responsables? Je ne le pense pas. Le niveau d’alerte volcanique n’était pas particulièrement élevé et aucune éruption n’était envisagée par les agences volcanologiques néo-zélandaises. La suite se résume à une bataille d’avocats et une question d’argent. Il était clair que les participants blessés et ceux – ou leurs familles – qui avaient perdu un être cher voulaient des compensations financières.
Voici la bande-annonce du film:
https://youtu.be/hnxGV9RQutE

——————————————-

On Dcember 9th, 2019, a sudden explosion occurred at White Island (New Zealand). It killed 21 people and injuring 26 others. The 47 people were identified as twenty-four Australians, nine Americans, five New Zealanders, four Germans, two Chinese, two Britons and one Malaysian. Many of them were just wearing T-shirts and shorts for the day. Of these people, 38 were passengers on a shore excursion from the cruise ship Ovation of the Seas which was on a 12-day voyage around New Zealand. I described the event and its consequences in several posts on this blog. Questions were asked about who was responsible for the safety of tourists and, if failings are found, who would be held accountable

A film entitled “The Volcano: Rescue From Whakaari” has just been released. It was directed by Rory Kennedy. As far as I know it can only be seen on Netflix. It is supposed to be « a close examination of the Whakaari / White Island volcanic eruption. […] The film viscerally recounts a day when ordinary people were called upon to do extraordinary things, placing this tragic event within the larger context of nature, resilience, and the power of our shared humanity. »

Judging from the trailer, it is a typical American disaster movie based on real events. I carefully described what happened on this island I personally visited in January 2009. In the end, the tragedy showed that we cannot predict eruptions, even less on this type of explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire. I think that holding NZ volcanologists responsible for these people’s deaths would be a nonsense. In the same way, should the cruise ship and the travel agency be held resposible ? I don’t think so. The alert level for the volcano was not very high and no eruption was predicted by the NZ volcanological agencies. The rest was just battle of lawyers and a matter of money. It was clear to me that the participants who were injured and those – or their families – who lost a dear person wanted financial compensations.

Here is the trailer :

https://youtu.be/hnxGV9RQutE

White Island avant et après l’éruption (Photos: C. Grandpey, GeoNet)

Eruption du Mauna Loa : Les cheveux de Pele // Pele’s hair

Suite à l’éruption du Mauna Loa, les services sanitaires hawaiiens ont averti la population à proximité du volcan que des cheveux de Pelé « peuvent être transportés par le vent. »
Les cheveux de Pele sont de fines fibres de verre volcanique qui doivent leur nom à Pele, la déesse des volcans à Hawaii. D’un point de vue historique, il semblerait que l’appellation «cheveux de Pele» remonte au 19ème siècle, époque où le phénomène a été observé pour la première fois dans l’archipel.

Les services du Parc des Volcans expliquent que les fibres ressemblent à des « nattes de cheveux dorés. Lorsque des bulles de gaz éclatent près de la surface d’une coulée de lave, cela peut étirer la surface de la lave qui forme alors de longs fils. » Les mèches de cheveux de Pele peuvent avoir jusqu’à 60 centimètres de longueur, mais mesurent moins d’un micron ou 0,001 millimètre de diamètre, ce qui justifie l’appellation de cheveux. Comme ils sont légers, il peuvent être emportés par le vent.
Les cheveux de Pele peuvent former des tapis de plusieurs centimètres d’épaisseur comme on l’a vu il y a quelques années en bordure du cratère de l’Halema’uma’u avant l’éruption du Kilauea en 2018. Ces tapis fragiles se cassent facilement, mais comme ils sont en verre volcanique, ils peuvent former des échardes qui entrent dans la peau ou dans les yeux, et ils peuvent devenir dangereux, en particulier pour le bétail, si des tresses de cheveux de Pele atterrissent sur l’herbe des prairies. Ce fut un problème à La Réunion il y a quelques années après une éruption du Piton de la Fournaise dont la lave est fluide comme à Hawaii, ce qui favorise l’apparition des cheveux de Pele. Les oiseaux utilisent parfois les fibres dans la confection de leurs nids.

En fonction de la viscosité de la lave et de la force du vent, les cheveux de Pele peuvent ne pas s’étirer complètement en filaments. Ces derniers se terminent alors par une goutte plus ou moins grosse, baptisée « larme de Pele ».
Pour ceux qui ne le savent pas, Pele, abréviation de Pelehonuamea, est une divinité hawaiienne du feu et des volcans. Selon la légende, elle habite au sommet du Kilauea. On dit que la déesse parcourt les îles et apparaît aux gens sous la forme d’une belle jeune femme, ou comme une vieille femme parfois accompagnée d’un chien blanc…

——————————————–

Health officials in Hawaii are warning residents near Mauna Loa of Pele’s Hair « that may be carried downwind from the volcano. »

Pele’s hair are thin glass fibers named after the volcanic deity Pele. From a historical point of view, it seems that the name «Pele’s hair» dates back to the 19th century when the phenomenon was first observed in Hawaii

The fibers resemble “golden mats of hair,” the park service says on a page about the phenomena. « When bubbles of gas near the surface of a lava flow burst, it can stretch the skin of the molten lava into long threads. » Strands of Pele’s Hair can stretch up to 60 centimeters in length but are less than a micron, or .001 millimeters, wide. They are light enough to be picked up and carried by the wind.

Pele’s Hair can form mats up to several centimeters deep. These could be seen some years ago along the rim of Halema’uma’u Craterbefore Kilauea’s 2018 eruptionThe fragile mats are easily broken, but because they are glass, they can form slivers in the skin or eyes, and as such can become dangerous, especially for the cattle if they happen to fall on the grass in the meadows. This was a problem on Reunion Island a few years ago after an eruption of Piton de la Fournaise whose lava is very fluid like in Hawaii, which favours the appearance of Pele’s hair. Birds sometimes use the fibers as part of their nests.

Depending on the viscosity of the lava and the strength of the wind, Pélé’s hair may not stretch completely into filaments. The latter then end in more or less large drops, called «Pele’s tears»

For those who don’t know, Pele, short for Pelehonuamea, is a Native Hawaiian deity of fire and volcanoes, According to legend, she dwells at the summit of Kīlauea Volcano. The goddess is said to travel the islands, appearing to people as a beautiful young woman, or as an old woman, sometimes accompanied by a white dog.

La déesse Pele dans la Volcano House du Kilauea (Hawaii) [Photo: C. Grandpey]

Cheveux de Pele en paillettes, brillants comme de l’or à la surface de coulées de lave sur le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

On observe parfois des tignasses de cheveux de Pele en bordure des bouches éruptives (Photo: C. Grandpey)

Accumulation de cheveux de Pele en tapis aux abords du cratère de l’Halema’uma’u à Hawaii (Photo: USGS / HVO)

Tourbillons volcaniques // Volcanic whirlwinds

La double éruption du Mauna Loa et du Kilauea est désormais terminée et le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) attire l’attention du public sur des phénomènes que l’on observe parfois au cours des éruptions. Une photo publiée sur les réseaux sociaux montre une sorte de tornade près du front de la coulée de lave émise par la Fracture n°3 sur le flanc nord-est du Mauna Loa. Elle est apparue alors que le volcan était encore actif et que la lave avançait vers la Saddle Road.
Selon un météorologue du Service météorologique national d’Honolulu, les tourbillons visibles sur la photo et une autre image montrant plusieurs autres tourbillons dans le même secteur du volcan ressemblent davantage à des tourbillons de poussière qu’aux tornades mentionnées par certains internautes.
Les tornades et les trombes marines sont de puissantes colonnes d’air en rotation en contact avec le sol. Les tourbillons de poussière ou de sable sont des ensembles de particules de poussière ou de sable soulevées du sol en colonnes tourbillonnantes verticales. Ces tourbillons peuvent également se former lorsque la vapeur tourbillonne près d’un panache de vapeur volcanique.
Les tourbillons de poussière sont un phénomène éolien fréquent qui se produit dans le monde entier. Ils sont provoqués par un fort réchauffement de la surface ; il sont généralement de plus petite taille et moins puissants que les tornades. Ces tourbillons ont généralement des diamètres de 3 à 90 mètres, avec des hauteurs comprises le plus souvent entre 150 et 300 mètres. De plus, ils ne durent normalement que quelques minutes avant de se dissiper. Comme leurs homologues plus puissants et plus destructeurs, ils peuvent également se produire au-dessus de l’eau.
Les tourbillons de poussière se forment généralement dans de l’air très chaud et sec et ne sont pas liés aux nuages ou aux précipitations. Ce sont des phénomènes convectifs provoqués par un échauffement intense du sol. Une coulée de lave est donc susceptible de les déclenche.
Les scientifiques du HVO confirment que l’on a observé souvent plusieurs de ces tourbillons au moment où la principale coulée de lave du Mauna Loa était active. Ils ajoutent que les mêmes types de nuages tourbillonnants ont également été observés lors des éruptions de 2018 et 2020 du Kilauea.
Comme les incendies de forêt, les volcans peuvent créer leur propre climat. En 2018, une tornade de lave, baptisée « lavanado » par les scientifiques du HVO, a été observée sur le système fissural dans les Leilani Estates. D’autres phénomènes météorologiques tels que la foudre volcanique et le tonnerre, les nuages de vog (brouillard volcanique) et des pyrocumulus, également appelés flammagenitus, ont également été observés lors de l’éruption et des coulées de lave de 2018.
Source : HVO, Big Island Now.

—————————————-

The dual eruption of Mauna Loa and Kilauea is now over and the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) draws public attention to phenomena that are sometimes observed during eruptions. A photo released on social networks shows a kind of tornado near the front of the Fissure 3 lava flow on Mauna Loa’s northeast flank. It occurred when the volcano was still active and advancing toward the Saddle Road.

According to a meteorologist with the National Weather Service in Honolulu, the vortices captured in the photo and another image showing multiple whirlwinds near the same area on the volcano are more similar to dust devils than the tornado that some commenters mentioned. .

Tornadoes and waterspouts are violent, rotating columns of air that touch the ground. Dust/sand whirls, commonly called ‘dust devils’, are ensembles of dust or sand particles raised from the ground into vertical whirling columns. These types of vortices also can be formed when vapour swirls near a volcanic steam plume.

Dust devils are a common wind phenomenon that occur around the world. They are created by by strong surface heating and generally smaller and less intense than tornadoes. These types of vortices typically have diameters from 3 to 90 meters and normally range from 150 to 300 meters in height. They also normally last just a few minutes before dissipating. Like their larger and more destructive cousins, they also can occur over water.

Dust devils and similar whirlwinds usually form in very warm and dry air and are not associated with clouds or precipitation. They are triggered by convective phenomena caused by intense heating of the ground, which a lava flow could definitely cause.

HVO scientists confirm there were often several of those whirlwinds observed when the main Mauna Loa lava flow was active, adding the same types of swirling clouds were also observed during the 2018 and 2020 eruptions of Kilauea.

Like wildfires, volcanoes can create their own weather. In 2018, there was a somewhat rare “lavanado” captured over the fissure system in Leilani Estates. Other weather phenomena such as volcanic lightning and thunder, vog and pyrocumulus clouds, also referred to as “flammagenitus”, were also observed during the 2018 eruption and lava flows.

Source : HVO, Big Island Now.

Photo montrant un tourbillon à proximité du front de la coulée émise par la Fracture n°3 sur la zone de rift NE du Mauna Loa (Source : Facebook, Big Island Now)