Islande : une éruption début mars ? // Iceland : an eruption in early March ?

Le Met Office islandais (IMO) indique que le soulèvement du sol dans la région de Svartsengi se poursuit au même rythme que celui qui a précédé les dernières intrusions magmatiques.. Les calculs basés sur les données GPS montrent que l’accumulation de magma depuis la fin de l’éruption du 9 février jusqu’à aujourd’hui est d’environ 2 millions de mètres cubes. Comme je l’ai écrit précédemment, elle était estimée à environ 10 millions de mètres cubes au moment de l’éruption qui a commencé le 8 février. Le Met Office en déduit que si l’accumulation de magma continue au même rythme, on atteindra 10 millions de mètres cubes d’ici fin février ou début mars, date à laquelle la probabilité d’une nouvelle intrusion magmatique et d’une éruption volcanique augmentera considérablement.
L’activité sismique dans la partie occidentale du Mont Fagradalsfjall se poursuit avec environ 80 petits séismes d’une magnitude M 1,5 ou moins depuis le 12 février. Les hypocentres ont une profondeur de 6 à 8 km. La zone reste sous étroite surveillance, mais pour le moment, les données de déformation ne montrent aucun signe d’accumulation de magma.
Source  : IMO.

Début de l’éruption du 8 février (Image webcam)

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The Icelandic Met Office (IMO) indicates that the ground uplift at Svartsengi area continues at similar rates that have been detected duringprevious dyke propagations. Model calculations based on GPS data suggest that magma accumulation from the end of the 9 February eruptiion until today, is about 2 million cubic meters. As I put it before, it was estimated at about 10 million cubic meters when the eruption began on February 8th. The Met Office deduces that if magma accumulation continues at same rate, a total of 10 million cubic meters will be accumulated by the end of February or beginning of March, by which time likelihood of dyke propagation and volcanic eruption will increase significantly.

Seismic activity in the western parts of Mt Fagradalsfjall continues with about 80 small earthquakes with magnitudes M 1.5 or less detected since February 12th. The hypocenters are 6-8 km deep. The area remains closely monitored but at the moment deformation data do not show signs of magma accumulation.

Source : IMO.

Islande : réouverture du Blue Lagoon : jusqu’à quand ? // Iceland : reopening of the Blue Lagoon : until when ?

Le Blue Lagoon a rouvert ses portes le 18 février 2024. La décision a été prise en concertation avec les autorités locales. Le site était fermé depuis le 8 février, lorsqu’une éruption a commencé entre Sundhnúkagígar et Stóra Skógfell, juste au nord-est du Blue Lagoon et de la centrale électrique de Svartsengi.
Environ 150 personnes se trouvaient dans l’enceinte du Blue Lagoon lorsque la dernière éruption a commencé. Il a fallu une quarantaine de minutes pour évacuer les lieux.
La lave de l’éruption du 8 février a traversé la route menant au Blue Lagoon ; les visiteurs devront donc emprunter un itinéraire alternatif.
Personne ne sait combien de temps le Blue Lagoon restera ouvert. Le Met Office islandais enregistre à nouveau un gonflement du sol de 0,5 à 1 cm chaque jour sous Svartsengi. C’était déjà le cas à la suite des éruptions précédentes dans la région. Le Met Office indique qu’une autre éruption ou intrusion magmatique se produira dans les semaines à venir.

Source : Iceland Review.

Photo: C. Grandpey

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Plusieurs visiteurs de mon blog ainsi qu’une journaliste de France 3 m’ont demandé  mon avis sur la situation sur la péninsule de Reykjanes et quelle pourrait être la cause des éruptions à répétition. Comme les volcanologues islandais, je ne peux faire que des suppositions…

Il y a de toute évidence sous le secteur de Svartsengi un réservoir magmatique superficiel qui est bien alimenté par un magma dont l’origine se trouve à très grande profondeur, dans le manteau supérieur, comme l’ont démontré les analyses effectuées par les Islandais. En paraphrasant le regretté Hervé de Goër, scientifique clermontois, je dirais qu’il s’agit probablement d’un magma TGV qui, contrairement aux magmas Omnibus, atteint directement la surface sans étapes, et donc sans différentiations intermédiaires (voir ma note du 20 août 2021 pour plus de détails).

Le réservoir ne doit pas être très volumineux si on en juge par la brièveté des éruptions. Selon les volcanologues islandais, le volume de lave émis le 8 février était de 10 millions de mètres cubes alors que le volume stocké dans le réservoir avait été estimé à 6,5 puis 9 millions de mètres cubes.

Eruption du 8 février 2024 (image webcam)

La répétition relativement rapide des éruptions semble montrer qu’il existe une source magmatique constante dans les profondeurs, et cette source alimente en permanence le réservoir superficiel puisque le gonflement du sol reprend dès que l’épisode éruptif est terminé. Il y aura sûrement d’autres brèves éruptions (combien, on ne la sait pas) jusqu’au jour où cette source sera tarie. De ce fait, les prochaines éruptions devraient se produire dans le même secteur, sauf si le magma trouve ou ouvre de nouvelles fractures, comme il l’a fait pour aller sérieusement menacer Grindavik et y détruire trois maisons.

Image webcam

Il ne faudrait pas que le magma ait la mauvaise idée de se faufiler vers la centrale de Svartsengi en passant sous les digues de terre, ce qui serait catastrophique! A l’heure actuelle, je ne pense pas – comme le redoute un volcanologue islandais – que Reykjavik soit menacée. L’avenir dira si j’ai raison…

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The Blue Lagoon opened again for business on February 18th, 2024. The decision was made in consultation with local authorities. The popular tourist site had been closed since February 8th, when an eruption began between Sundhnúkagígar and Stóra Skógfell, just northeast of the Blue Lagoon and Svartsengi power plant.

Around 150 people were at the Blue Lagoon and the tourist infrastructure around when the last eruption began.  It took about 40 minutes to evacuate the premises.

Lava from the February 8th eruption crossed over the road leading to the Blue Lagoon, so visitors will have to take an alternative route.

Nobody knows how long the Blue Lagoon will remain open. The Icelandic Met Office has recorded a daily land rise of 0.5 – 1 cm beneath Svartsengi, which was also the case in the wake of previous eruptions in the area. It is predicted that another eruption or dyke intrusion will occur within the coming weeks.

Source : Iceland Review.

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I was asked by several followers of this blog and by a France3 journalist my opinion on the situation on the Reykjanes Peninsula and what could be the cause of the repeated eruptions. Like the Icelandic volcanologists, I can only make suggestionss…
There is obviously under the Svartsengi area a shallow reservoir which is well supplied by magma coming from a very great depth, in the upper mantle, as the analyses have demonstrated. Paraphrasing the late Hervé de Goër, a scientist from Clermont-Ferrand, I would say that it is probably a TGV (high speed) magma which, unlike Omnibus (slow speed) magma, reaches the surface directly without intermediate stages.

The reservoir must not be very large judging from the brevity of the eruptions. According to Icelandic volcanologists, the volume of lava emitted on February 8th was 10 million cubic meters while the volume stored in the reservoir was estimated at 6.5 then 9 million cubic meters. The relatively rapid repetition of eruptions seems to show that there is a constant in-depth magmatic source, and this source permanently feeds the surface reservoir since ground uplift resumes as soon as the eruptive episode is over. There will surely be other brief eruptions (how many, we do not know) until the day when this source will dry up. As a result, the next eruptions are likely to occur in the same area, unless magma finds or opens new fissures, as it did when it seriously threatened Grindavik and destroyed three houses there. Let’s hope it does not sneak towards the power plant by passing under the earthen dikes, which would be disastrous ! At the moment, I don’t think Reykjavik is threatened. The future will tell if I am right…

La nourriture à Pompéi en 79 apr. J.-C

Au cours de ma conférence sur la Campanie, j’explique que depuis l’instauration du Grand Projet Pompéi, avec l’aide d’un financement de l’Union Européenne, les fouilles se sont accélérées sur le site archéologique. La mafia a été évincée. Il ne se passe guère de mois sans qu’un nouveau trésor soit dégagé des matériaux vomis par le Vésuve en octobre 79. J’ai fait état de ces découvertes dans plusieurs notes de ce blog, comme le 12 avril 2023. Quelques mois auparavant, un thermopolium, ancêtre de nos établissements de restauration rapide, richement décoré, avait été présenté aux visiteurs.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/12/29/le-beau-thermopolium-de-pompei-pompeiis-nice-thermopolium/

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Pompéi comptait quelque 80 thermopolia où l’on servait des repas chauds, du vin et diverses victuailles. On y mangeait probablement avec les doigts car aucun ustensile n’a été découvert à Pompéi et à Herculanum. La population possédait toutefois de la vaisselle, comme des bols ornementés en terre cuite.

Source : Parc archéologique de Pompéi

S’agissant de la nourriture consommée par les Romains au premier siècle de notre ère, j’évoquais la possible présence de la pizza à Pompéi dans une note parue le 29 juin 2023.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/06/29/mangeait-on-la-pizza-a-pompei-did-people-eat-pizza-in-pompeii/

Une fresque représentant une nature morte, avec un plat ressemblant à une pizza, venait d’être découverte dans la zone Regio IX du Parc archéologique. « Ressemblant » est le mot important car le plat semble manquer de deux ingrédients essentiels de la pizza – la tomate et la mozzarella – et il inclut un élément qui ressemble étrangement à un ananas.

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Dans un article publié dans le numéro de février 2024 du National Geographic France, on peut lire un article très intéressant qui apporte un éclairage nouveau sur la nourriture consommée par les Romains.

L’article confirme que le plat figurant sur la fresque n’est pas une pizza car il manque l’ingrédient de base, la tomate, qui n’est apparue en Europe qu’au 16ème siècle. De plus, la pizza telle que nous la connaissons n’est pas arrivée à Naples avant la 18ème siècle.

Les aliments consommés par les Romains contenaient des condiments à la saveur de l’umami. Ce mot japonais fait référence à la cinquième saveur de base retrouvée à Pompéi dans un condiment confectionné à partir de poisson fermenté, le garum dont le goût est assez proche de la sauce de poisson vietnamienne. Son arôme était tellement fort qu’il est encore perceptible aujourd’hui dans des jarres prélevées dans un thermopolium.

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Les gens mangeaient aussi des loirs gris farcis et un lointain ancêtre des lasagnes. Ce dernier mets a été révélé par une recette écrite sur du papyrus et traduite par des moines au Moyen-Âge. Le loir gris farci, quant à lui, était consommé après engraissement des animaux dans des récipients garnis de noix. Ils étaient consommés farcis avec du porc, du poivre, des pignons de pin et le garum mentionné ci-dessus.

Les Pompéiens mangeaient aussi beaucoup de fruits (figues, prunes, raisins, dattes d’Afrique du Nord) dont ils se servaient aussi pour réaliser des desserts comme le savillum, proche du flan de pêches au miel et de jambon.

On buvait du vin dans les thermopolia. Les Pompéiens aimaient l’aromatiser et en changer la couleur en y introduisant des fèves dont certaines ont été retrouvées au fond d’amphores.

De manière globale, la nourriture était importante pour les Romains. Si les femmes se contentaient d’un dîner modeste, celui des hommes s’éternisait, souvent jusqu’à l’aube du lendemain. Une historienne explique qu’ « on mangeait encore et encore, une dizaine de plats, jusqu’à s’en rendre malade. On se faisait ensuite vomir, et on recommençait à manger. » Les orgies romaines décrites dans les albums d’ Astérix le Gaulois  ne sont pas une légende…

 

Scène d’orgie dans Astérix chez les Helvètes (1970), inspirée d’une scène du Satyricon de Fellini.

Nouvelles d’Islande // News from Iceland

Suite à leur destruction par l’activité sismique et volcanique, le gouvernement islandais vient de confirmer sa proposition d’acheter tous les logements de Grindavik appartenant à des particuliers et de prendre à sa charge les hypothèques sur ces biens. Le coût est estimé à environ 411 millions d’euros.
L’éruption du 14 janvier a détruit trois maisons à Grindavik, provoqué la formation de crevasses à travers la ville et déplacé les 3 800 habitants sans savoir s’ils reviendront un jour. La ville avait déjà été évacuée le 10 novembre 2023 en raison de l’activité sismique. La dernière éruption, le 8 février 2024, a endommagé une canalisation d’eau chaude, ce qui a privé de chauffage les maisons de la péninsule de Reykjanes.
Lors d’une réunion du conseil des ministres le 9 février, le projet de loi concernant le rachat des maisons a été adopté. Il sera présenté au parlement islandais cette semaine.
Une société immobilière, Þórkatla, sera créée pour gérer l’achat et la gestion des biens qu’elle achétera pour 95 % de leur valeur officielle d’assurance incendie, déduction faite des hypothèques correspondantes. L’entreprise sera financée par le Trésor Public et par des prêts d’institutions financières. L’État devrait être remboursé par l’assurance catastrophe naturelle d’Islande pour toutes les maisons rendues inhabitables.
Les habitants de Grindavík auront jusqu’au 1er juillet 2024 pour participer au programme de rachat de leurs maisons.

Image webcam du 14 janvier 2024

Les travaux de construction d’une canalisation de remplacement de celle de Njarðvík (qui a été recouverte par la lave le 8 février dernier) ont été couronnés de succès et l’eau chaude circule à nouveau sur la péninsule de Reykjanes. Il a fallu construire une nouvelle route au-dessus du champ de lave et assembler par soudure les tuyaux en acier. Une cinquantaine de personnes ont travaillé jour et nuit, avec relais régulier des équipes. La nouvelle canalisation mesure environ 500 mètres de long et pèse environ 80 tonnes. La rapidité de la mise en œuvre est remarquable car elle a mis en commun des équipes appartenant à différents secteurs d’activités
Source  : médias d’information islandais.

Crédit photo  : Iceland Review

Le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi. Une nouvelle éruption est probable, mais personne ne sait où, ni quand.

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Today comes the confirmation that the Icelandic government is offering to buy all residential housing owned by individuals in Grindavík and take over the mortgages on the properties. The cost is estimated to be about 411 million euros.

The January 14th eruption near Grindavík destroyed three houses, caused crevasses to form across town, and displaced the 3,800 inhabitants without knowing if they would ever return. The town had already been evacuated on November 10th, 2023, due to seismic activity. The latest eruption on February 8th, 2024 damaged a hot water pipeline, cutting off heating for Reykjanes homes.

During a meeting of the cabinet of ministers on February 9th, a bill on the purchase was agreed upon. It will be introduced in Iceland’s parliament this week.

A real estate company, Þórkatla, will be established to handle the purchase and management of the properties, which it will purchase for 95% of their official fire insurance value, with the relevant mortgages deducted. The company will be financed by the treasury and with loans from financial institutions. The state is expected to receive reimbursements from the Natural catastrophe insurance of Iceland for any properties rendered uninhabitable.

Grindavík residents will have until July 1st, 2024 to apply to enter the programme and have their homes bought.

The work on the construction of a utility pipe by the Njarðvík pipeline was successful and hot water is now flowing again in the Reykjanes Peninsula. It was necessary to build a new road over the lava field and to weld the steel pipes together. About 50 people worked on the project day and night, with regular team shifts. The pipeline is about 500 meters long and weigh up to 80 tons. The speed of the implementation was unique as it kept many different task groups working simultanously.

Source : Icelandic news media.

Ground uplift is again recorded in the Svartsengi area. A new eruption is quite likely, but nobody knows when and where it will occur.