Ces jours-ci, les volcanophiles s’ennuient à Hawaii… // Volcano lovers getting bored in Hawaii these days…

A Hawaii, le Kilauea traverse une période creuse. Aucune coulée de lave à se mettre sous les yeux depuis le 17 septembre 2023 !

Au cours des derniers jours de 2023, les scientifiques de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) ont détecté une hausse de la sismicité au sud du sommet du Kilauea, à des profondeurs de 1,6 à 4 km, avec des magnitudes allant de M 1,0 à M 2,5. Ces événements faisaient suite à une forte augmentation de l’inflation du sol dans le secteur de Sand Hill. Le HVO a écrit sur son site Internet que des essaims sismiques comme celui-ci peuvent précéder les éruptions, mais la sismicité n’a pas montré de migration latérale ou ascendante laissant penser que le magma se déplaçait vers la surface. Il n’y avait aucun signe d’éruption imminente sur le Kilauea. Cependant, le HVO ajoutait qu’il fallait être très prudent dans les prévisions, car la région sommitale du volcan restait instable, avec un niveau d’inflation élevé et une activité sismique continue. Une éruption pouvait donc se produire avec peu ou pas d’avertissement.

Début février 2024, une éruption était attendue aussi bien à Hawaii qu’en Islande et on pouvait se demander où la lave allait percer la surface en premier. L’Islande a gagné la partie avec une éruption qui a débuté le 8 février. Dans le même temps, le HVO signalait que la sismicité avait diminué sur le Kilauea dans la matinée du 1er février 2024, avec 15 à 20 événements par heure. La diminution de l’activité sismique et de la déformation du sol révélaient que l’intrusion magmatique avait ralenti ou s’était arrêtée et que la probabilité d’une éruption avait diminué. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été abaissés. Hawaii avait perdu la partie contre l’Islande !

 
Eruption en Islande le 8 février 2024 (image webcam)

Déformation du sol sur le Kilauea avec déflation soudaine entre le 1er et le 2 février 2024 (Source: HVO)

 

Alors qu’une nouvelle éruption est attendue en Islande dans les derniers jours de février ou les premiers jours de mars 2024, la situation est actuellement calme sur le Kilauea, sur la Grande Ile d’Hawaii. Les dernières mises à jour du HVO indiquent « des niveaux de sismicité faibles à modérés au sommet et le long du système de failles de Koa’e au sud-ouest du sommet, suite à l’intrusion magmatique de la fin janvier. » La déformation du sol reste faible, les inclinomètres montrent une légère tendance déflationniste. Les émissions de SO2 sont également faibles, avec environ 100 tonnes par jour. En conséquence, aucune éruption n’est prévue à court terme à Hawaii.

Aucune lave active dans le cratère de l’Halemz’uma’u

Même si aucune lave active n’est actuellement visible, le Kilauea mérite une visite avec plusieurs sites intéressants (Sulphur Banks, Kilauea Iki, et autres). Le Mauna Loa et le Mauna Kea sont également très intéressants à visiter. Se trouver au sommet du Mauna Kea au milieu des télescopes, avec une vue sur le Mauna Loa et toute l’île d’Hawaii, est une expérience formidable. Et pourquoi ne pas faire un saut à Maui et traverser la caldeira de Haleakala ?

 

Photos: C. Grandpey

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In Hawaii, Kilauea is going through a slow period. There has been no active lava since September 17th, 2023.

In the last days of 2023, scientists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) detected elevated unrest and increased seismicity to the south of Kilauea’s summit, at depths of 1.6 – 4 km, with magnitudes ranging from M 1.0 to M 2.5. These events followed a sharp increase in the rate of inflation on the Sand Hill tiltmeter. HVO wrote on its website that earthquake swarms like this can precede eruptions, but there was no lateral or upward migration of earthquakes that would have suggested magma was moving toward the surface, There were no signs of an imminent eruption at Kilauea. Hpwever, HVO added one should be very careful to make predictions as the volcano’s summit region remained unsettled, with a high level of inflation and continued seismic activity. A summit eruption could occur with little or no warning.

In early February 2024, an eruption was expected both in Hawaii and in Iceland and one could wonder where lava would pierce the surface first. Iceland won the game with an eruption that started on February 8th. In the meantime, HVO reported that seismicity had decreased on Kilauea by the morning of 1 February, 2024, with 15-20 earthquakes per hour. The decrease in seismic activity and ground deformation suggested that the intrusion of magma had slowed or stopped and that the likelihood of an eruption had decreased. Both the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code were lowered. Hawaii had lost the game against Iceland !

While a new eruption is expected in Iceland in the last days of February or the first days of March, the situation is quiet at the moment on Kilauea on Hawaii Big Island. The latest HVO updates indicate « low to moderate rates of seismicity at the summit and along the Koaʻe fault system southwest of the summit, following an intrusion of magma into the area at the end of January. » Ground deformation remains low with tiltmeters showing a slight deflationary tendency. SO2 emissions are low too, with about 100 tonnes per day. As a consequence no eruption is predicted in the short term in Hawaii.

Even though no active lava is currently to be seen, Kilaue is worth a visit with several interesting sites (Sulphur Banks, Kilauea Iki, and others). Mauna Loa and Mauna Kea are also very interesting to visit. Standing at the summit of Mauna Kea among the telescopes is, with a view of Mauna Loa and the whole island, is a great experience. And why not pop over to Maui and cross the Haleakala caldeira ?

Islande : pourquoi je ne crois pas à une éruption // Iceland : why I don’t believe an eruption will occur

Comme je l’ai indiqué précédemment, je pense – mais je peux me tromper – qu’il n’y aura pas d’éruption sur la péninsule de Reykjanes. Selon moi, on est face à une éruption avortée. Que s’est-il passé ?

L’intrusion magmatique ne fait aucun doute. Tous les instruments ont démontré sa présence. Elle est même considérable, couvrant un distance d’une quinzaine de kilomètres du nord au sud, sur une bonne largeur.

L’intrusion a probablement débuté vers le 24 – 27 octobre 2023 quand les sismographes se sont agités et quand les inclimomètres au sol et les satellites ont détecté un gonflement du sol.

Avec sa source probable dans le secteur de Svarstsengi, le magma en provenance des profondeurs a emprunté les fractures qui déchirent l’Islande du nord-est au sud-ouest. Elles sont le fruit de l’accrétion que connaît l’Islande depuis des lustres. L’une de ces fractures,, légèrement orientée NE – SO, a conduit l’intrusion magmatique vers la bourgade de Grindavik où la pression du magma a fait se soulever et se fracturer le sol, avec la sismicité qui va de pair.

En s’étalent dans les fractures, cette intrusion à grande échelle n’a pas eu une pression suffisante pour que la lave perce la surface. Deux paramètres (sismicité et inflation) semblaient annoncer une éruption, mais les émissions de gaz et leur température étaient absentes. Certes, on a détecté la présence de SO2 en profondeur dans un puits de forage, mais ce n’est pas suffisant pour annoncer un éruption en surface.

Aujourd’hui, si la sismicité persiste, de même que le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi, ces phénomènes n’ont plus rien à voir avec leur ampleur initiale. De plus, le tremor  montre des valeurs basses.

Source: IMO

On peut raisonnablement penser, comme l’indique le Met Office, qu’il subsiste une alimentation du dike magmatique en profondeur, sous le magma en cours de solidification de l’intrusion, ce qui justifie la sismicité et la déformation enregistrées actuellement. Toutefois, cette arrivée de magma n’a plus la force d’atteindre le surface. D’ailleurs les hypocentres des séismes restent, pour la plupart, à 3 – 5 km de profondeur.

Il faut néanmoins rester vigilant. Comme je l’écrivais le 27 novembre, un nouvel afflux de magma pourrait changer la donne, mais les instruments le signaleront.

En attendant, le Blue Lagoon reste fermé au moins jusqu’au 7 décembre.

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As I put it previously, I think – but I could be wrong – that there will be no eruption on the Reykjanes Peninsula. In my opinion, we are facing an aborted eruption. What happened ?
The magma intrusion is beyond doubt. All instruments demonstrated its presence. It is even considerable, covering a distance of about fifteen kilometers from north to south, over a significant width.
The intrusion probably began around October 24 – 27, 2023, as shown by the seismographs and ground inclimometers, as weel as by satellites which detected an uplift of the ground.
With its likely source in the Svarstsengi area, the magma coming from the depths travelled along the fractures which tear Iceland from the northeast to the southwest. They are the fruit of the accretion that Iceland has been experiencing for ages. One of these fractures, slightly oriented NE – SW, led the magma intrusion towards the town of Grindavik where the pressure of magma caused the ground to rise and fracture, with the seismicity that goes parallel.
While spreading out in the fractures, this large-scale intrusion did not have sufficient pressure for lava to break through the surface. Two parameters seemed to indicate an eruption, but gas emissions and their temperature were absent. Sure, SO2 has been detected at depth in a borehole, but this is not sufficient to herald a surface eruption.
Today, seismicity persists, as well as ground uplift in the Svartsengi area, but these phenomena no longer have anything to do with their initial magnitude. What’s more, the tremor is showing low values.
We can reasonably think, as indicated by the Met Office, that there remains a supply of the magma dike at depth, beneath the now solidified magma of the intrusion, which accounts for the seismicity and deformation currently recorded. However, this influx of magma no longer has the strength to reach the surface. Moreover, the hypocenters of the earthquakes remain, for the most part, at 3 – 5 km depth.
However, one should remain vigilant. As I wrote on November 27th, a new influx of magma could change the situation, but the instruments will react and signal it.

Meantime, the Blue Lagoon will remain closed at least until December 7th.

Islande : le Met Office croit toujours à une éruption // Iceland : the Met Office still believes an eruption might occur

Dans sa mise à jour du 27 novembre 2023, le Met Office islandais estime toujours qu’une éruption pourrait se produire le long de l’intrusion magmatique sur la péninsule de Reykjanes.

L’activité sismique a diminué ces derniers jours et est désormais relativement stable. La plupart des événements ont lieu près de Sýlingarfell et Hagafell.

Les données des stations GPS et les images satellite montrent que le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi et que la déformation est toujours en cours le long et autour du dyke magmatique
Selon le Met Office, les données sismiques et de déformation montrent que le magma continue de s’accumuler sous le secteur de Svartsengi et de s’écouler dans la partie médiane du dyke détecté le 10 novembre. En conséquence, une éruption le long de l’intrusion magmatique est toujours considérée comme probable tant que l’afflux de magma se poursuit. La zone où le risque d’une éruption est le plus élevé se situe au milieu du dyke entre Hagafell et Sýlingarfell.
[NDLR : Il est à noter que le tremor continue de montrer des valeurs basses. Pour l’instant, il ne semble pas que l’afflux de magma mentionné par le Met Office soit suffisamment fort pour que la lave puisse percer la surface.]

Le tremor le 28 novembre 2023 (Source: IMO)

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In its update of November 27th, 2023, the Icelandic Met Office still believes that an eruption might occur somewhere along the magma intrusion on the Reykjanes Peninsula.

Seismic activity has declned in the past days and is now relatively stable. Most of the events are located near Sýlingarfell and Hagafell.

Data from GPS stations and satellite images show that uplift continues in the area of Svartsengi and deformation is still ongoing along and around the dike.

According to the Met Office, both seismic and deformation data suggest that magma continues to accumulate beneath Svartsengi and to flow into the middle portion of the dike which formed on November 10th. As a consequence, an eruption along the dike is still considered likely as long as the magma inflow continues. The area with the highest likelihood for an eruption is in the middle part of the dike between Hagafell and Sýlingarfell.

[Editor’s note : It should be noted that the tremor is keeping low values. For the time being, it does not look as if the magma influx mentioned by the Met Office is strong enought for lava to pierce the surface].

Prévision éruptive en Islande : peut mieux faire ! // Eruption prediction in Iceland : could be better!

Le regretté Maurice Krafft disait qu’un volcan en passe d’entrer en éruption présente un peu les mêmes symptômes qu’un malade ou un blessé. Il a de la fièvre, des frissons et une mauvaise haleine. La blessure enfle. C’est un peut la même chose quand un volcan va se réveiller. Les sismographes s’agitent ; les inclinomètres montrent des déformations du sol, la composition des gaz se modifie et leur température augmente.

Source: Wikipedia

Ces derniers temps, trois de ces paramètres semblaient réunis sur la péninsule islandaise de Reykjanes pour que l’on assiste à une belle éruption. Un essaim sismique avait démarré le 24 octobre 2023. Une déformation significative du sol avait fait de même trois jours plus tard. Le 16 novembre, des émissions de SO2 étaient détectées dans un trou de forage à proximité de la centrale géothermique de Svargentsi. Aucune mesure de température n’était indiquée par le Met Office. Il semble que les satellites n’aient détecté aucune anomalie thermique.

Source: IMO

Toujours est-il que les signes habituels d’une éruption imminente étaient présents et il était évident que l’on avait affaire à une intrusion magmatique de grande ampleur, d’une quinzaine de kilomètres de longueur du nord au sud, selon les scientifiques islandais.

C’est pourquoi une alerte éruptive a été déclenchée. Le sacro-saint principe de précaution a été mis en œuvre. La sismicité et la déformation les plus intenses étant dans le secteur de Grindavik (3500 habitants), il a été décidé dans l’urgence d’évacuer la ville le 11 novembre. Les habitants n’avaient que quelques minutes pour récupérer leurs biens essentiels car une éruption dans le secteur semblait IMMINENTE, un mot répété à foison par les médias internationaux.

Source: Iceland Review

Les heures et les jours ont passé et point d’éruption à l’horizon. L’imminence d’un tel événement ne semble plus à l’ordre du jour. Sismicité et déformation du sol ont bien décliné et le magma ne semble plus décidé à percer la surface. Le bulletin du Met Office du 23 novembre 2023 n’écarte pas l’éventualité d’une éruption, mais « éruption imminente » et « éruption soudaine » ne sont plus d’actualité.

Les scientifiques islandais ont des idées divergentes sur la question. Il y a quelques jours, un volcanologue islandais m’a écrit que, selon lui, ce serait une affaire de mois. Avec une telle déclaration, on n’est plus dans le domaine de la prévision. C’est comme dire qu’il y aura un risque de vague de froid au mois de février ! En revanche, une scientifique du Met Office expliquait le 18 novembre que la diminution de l’activité sismique et de la déformation du sol indiquait que le magma avait pénétré très haut dans la croûte. Cette dernière étant déjà très fracturée, le magma n’avait pas besoin de beaucoup de force pour atteindre la surface. Ce n’est pas dans mes habitudes de critiquer des scientifiques, mais un telle explication m’a beaucoup surpris, c’est le moins que je puisse dire !

De mon côté, en observant les différents paramètres pré-éruptifs sans que se produise une éruption, j’ai gardé à l’esprit l’expérience que j’avais vécue dans les années 1990 dans le secteur du volcan Krafla, dans le nord-est de l’Islande. Je campais à Reykjalid alors que la sismicité était intense. Allongé sous ma tente, je ressentais clairement des ondes de choc pendant la nuit. Le sol s’était soulevé d’environ un mètre sous la centrale géothermique locale. Je suis resté une journée supplémentaire dans le secteur du lac Myvatn avec l’espoir d’assister à une belle éruption, mais je suis reparti bredouille. Quelques semaines après mon retour en France, j’ai eu l’occasion de rencontrer le regretté Maurice Krafft à l’issue d’une séance de Connaissances du Monde. Il m’a dit, avec son exubérance habituelle : « Ne t’inquiète pas, l’éruption a avorté. » Cela signifiait que le magma avait réussi a se frayer un chemin dans les fractures du sous-sol islandais. Il s’est ensuite solidifié, sans jamais percer la surface. C’est probablement ce qui s’est passé ces derniers temps sur la péninsule de Reykjanes et c’est pour cela que j’ai été pratiquement le seul à évoquer l’hypothèse d’une éruption avortée. Quarante années d’observation sur le terrain sont parfois utiles…

Photo: C. Grandpey

Cela n’exclut pas une nouvelle éruption dans la région comme en 2021 et en 2022. De toute façon, il faut rester vigilant car un nouvel afflux de magma sur le site de l’intrusion changerait la donne.

La question est maintenant de savoir s’il faut autoriser les habitants de Grindavik a rentrer chez eux. Une épée de Damoclès va rester présente, au moins un certain temps, au-dessus de leurs têtes, avec la crainte d’une sortie soudaine de la lave au cœur ou à proximité immédiate de leur bourgade. C’est quand le risque éruptif se trouve à proximité de zones habitées ou de structures essentielles (comme la centrale de Svartsengi) que la prévision éruptive prend toute son importance, pas quand la lave menace de sortir dans une zone désertique.

S’agissant de l’édification des digues de terre, ce n’est ps un souci. Même si elles ne servent à rien cette fois-ci, rien ne dit que ces protections n’auront pas un rôle à jouer un jour ou l’autre. Il semble que depuis 2020 le magma trouve agréable le séjour sur la péninsule de Reykjanes.

Ces derniers jours, une journaliste du journal Le Point m’a contacté, ainsi que Jacques-Marie Bardintzeff, à propos des différents moyens utilisés pour essayer de détourner une coulée de lave. Vous trouverez l’article à cette adresse:

https://www.lepoint.fr/environnement/en-islande-de-la-terre-et-de-l-eau-envisagees-comme-remparts-contre-la-lave-24-11-2023-2544441_1927.php

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The late Maurice Krafft used to say that a volcano about to erupt presents somewhat the same symptoms as a sick or injured person. He has a fever, chills and bad breath. The wound swells. It’s a bit the same thing when a volcano is about to erupt. Seismicity increases; the ground inflates , the composition of the gases changes and their temperature increases.
Recently, three of these parameters seemed to come together on the Icelandic Reykjanes peninsula to lead to a nice eruption. A seismic swarm started on October 24th, 2023. A significant deformation of the ground did the same three days later. On November 16th, SO2 emissions were detected in a borehole near the Svargentsi geothermal power plant. No temperature measurements were given by the Met Office. However, it appears that the satellites did not detect any thermal anomalies.
Still, the usual signs of an imminent eruption were present and it was obvious that there was a large-scale magma intrusion, around fifteen kilometers long from north to south, according to Icelandic scientists. .
This is why an eruptive alert was triggered. The sacrosanct precautionary principle was implemented. As the most intense seismicity and deformation were in the Grindavik area (pop. 3,500), it was urgently decided to evacuate the town on November 11th. Residents had only minutes to collect their essential goods as an eruption in the area appeared IMMINENT, a word repeated profusely by international media.
Hours and days have passed and there is no eruption on the horizon. The imminence of such an event no longer seems to be on the agenda. Seismicity and ground deformation have declined significantly and magma no longer seems determined to break through the surface. The Met Office bulletin of November 23rd, 2023 does not rule out the possibility of an eruption, but “imminent eruption” and “sudden eruption” are no longer relevant.
Icelandic scientists have divergent ideas on the issue. A few days ago, an Icelandic volcanologist wrote to me that, according to him, it would be a matter of months. With such a statement, we are no longer in the realm of prediction. That’s like saying there will be a risk of a cold snap in February! On the other hand, a Met Office scientist explained on November 18th that the reduction in seismic activity and ground deformation indicated that magma had penetrated very high into the crust. The latter being already very fractured, magma did not need much energy to reach the surface. It’s not my habit to criticize scientists, but such an explanation surprised me a lot !
For my part, while observing the different pre-eruptive parameters without an eruption occurring, I kept in mind the experience I had in the 1990s in the area of the Krafla volcano, in the north- east of Iceland. I was camping in Reykjalid when seismicity was intense. Lying in my tent, I clearly felt shock waves during the night. The ground had risen about one meter under the local geothermal power plant. I stayed an extra day in the Lake Myvatn area with the hope of witnessing a nice eruption, but nothing happened. A few weeks after my return to France, I had the opportunity to meet the late Maurice Krafft after a Connaissances du Monde session. He said to me, with his usual exuberance, “Don’t worry, the eruption has aborted. » This meant that magma had managed to find its way into the fractures in the Icelandic subsoil. It then solidified, without ever breaking through the surface. This is probably what happened recently on the Reykjanes peninsula and that is why I was practically the only one to raise the hypothesis of an aborted eruption.
This does not exclude a new eruption in the region as in 2021 and 2022. In any case, one should remain vigilant because a new influx of magma at the site of the intrusion would change the situation.
The question now is whether to allow the residents of Grindavik to return home. A sword of Damocles will remain present, at least for a certain time, above their heads, with the fear of a sudden lava emission in the heart or in the immediate vicinity of their town. It is when the eruptive risk is near populated areas or essential structures (such as the Svartsengi power plant) that eruptive prediction becomes important, not when lava pierces the surface in a desert area.
Regarding the construction of earth dikes, this is not a concern. Even if they are of no use this time, these protections may have a role to play one day or another. It seems that since 2020 magma has enjoyed staying on the Reykjanes peninsula.