Les émissions de gaz du Poás (Costa Rica) // The gas emissions of Poás Volcano (Costa Rica)

Le Poás a connu un nouvel épisode éruptif vendredi matin. Le panache a atteint une altitude de plus d’un kilomètre et pouvait facilement être vu depuis plusieurs localités. La majorité des explosions n’expulsent que la vapeur d’eau, mais certaines projettent aussi des sédiments, des blocs et de petites quantités de cendre.
Selon OVSICORI, les panaches de gaz et de vapeur émis par volcan ont une incidence sur la qualité de l’air dans les zones habitées, avec des niveaux supérieurs aux valeurs autorisées de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les habitants de San José, Alajuela, Heredia et Cartago inhalent des quantités élevées de dioxyde de soufre, de dioxyde de carbone et parfois des particules de cendre, qui peuvent avoir un effet négatif sur la santé.
La station de surveillance de la qualité de l’air située à Hatillo a enregistré en moyenne une concentration de CO2 de 81 parties par milliard, avec un pic maximum de 99,1, ce qui dépasse les limites de l’OMS de 75 ppb. Les stations de surveillance dans d’autres zones urbaines ont également enregistré de fortes concentrations de gaz. Les fortes émissions de SO2 et de CO2  mesurées près du cratère du volcan sont interprétées par les scientifiques comme un signe de magma juvénile près de la surface. La combinaison de ces gaz et des fortes pluies comme celle des derniers jours produit des pluies acides, qui causent des dégâts aux cultures, à la végétation et même aux structures métalliques.
En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Poás via la caméra thermique, ainsi que son activité le 21 avril 2017.
http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

————————————-

Poás Volcano went through another eruption Friday morning. The eruptive plume reached an altitude of over 1 kilometre and could be easily seen from many spots of the metropolitan areas. The majority of the events expel only water vapour but some also carry sediments, small rocks and small quantities of ash.

According to OVSICORI, the vapours of the volcano are affecting the quality of the air in the metropolitan area, shooting up the contamination to levels that exceed the permitted values of the World Health Organization (WHO).

Residents of San José, Alajuela, Heredia and Cartago are breathing high levels of sulphur, carbon dioxide and occasionally ash particles, that can have a negative effect in health.

The air quality monitoring station located in Hatillo, registered in average a concentration of carbon dioxide of 81 parts per billion (ppb), with a maximum peak of 99.1 ppb, which exceeds the WHO limits of 75 ppb. Monitoring stations in other urban areas also marked high concentrations of gases. The high levels of sulfur dioxide and carbon dioxide measured near the crater of the volcano are interpreted by scientists as a sign of fresh magma near the surface. The combination of this gases in the air and heavy rains like the ones experienced in the last few days create  acid rain, which causes damage in crops, vegetation, and even metallic structures.

By clicking on this link, you will see images of the volcano through the thermal camera, as well as its activity on April 21st 2017.

http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

Incandescence dans le cratère le 22 avril au matin (Source: RSN)

Crédit photo: Wikipedia.

Champs Phlégréens : Dernières nouvelles // Phlegrean Fields : Latest news

On a beaucoup parlé des Champs Phlégréens ces derniers temps car des articles de presse agitaient la possibilité d’une éruption à court terme. Lé région est surveillée par les scientifiques de l’INGV (section de Naples) qui publient un bulletin hebdomadaire. Voici une synthèse du dernier rapport d’activité diffusé le 11 avril 2017.

S’agissant de la sismicité, les instruments n’ont pas enregistré de séismes au cours de la semaine écoulée. Le dernier événement de M 0,1 a été observé le 25 mars 2017.

L’INGV n’a pas, non plus, relevé de déformation significative du sol. Comme je l’ai indiqué précédemment, la région est soumise à l’activité bradysismique avec des mouvements de soulèvement et d’affaissement du sol. L’un des meilleurs témoins de ce phénomène est le temple dit de Sérapis à Pouzzoles. L’Institut indique que la station inclinométrique de Pouzzoles enregistre un soulèvement du sol de 20 cm depuis janvier 2014, avec 7 centimètres depuis janvier 2016 (voir courbes ci-dessous).

Les émissions de CO2 sur le site la fumerolle de Pisciarelli (versant externe NE de la Solfatara) marquaient une tendance à la hausse avant une réparation effectuée sur le poste de mesures. Depuis la réparation, la tendance semble s’inverser. Il faudra donc attendre quelque temps pour avoir une idée définitive de l’évolution de ces émissions.

La température de la fumerolle de Pisciarelli atteint actuellement 114,2°C, soit une hausse d’environ 3°C depuis le 30 mars 2017.

La situation est donc relativement stable mais demande une surveillance permanente. On sait qu’il existe un réservoir magmatique de quelque 4 km de diamètre à environ 3 km de profondeur sous la région des Champs Phlégréens. Il y a 39 000 ans, une éruption avec un VEI de 7 a propulsé la cendre jusqu’au Groenland et contribué à l’extinction  de Néanderthaliens.

La surveillance se fait sur le terrain et grâce aux satellites qui analysent les moindres déformations du sol.

—————————————–

There has been much talk about the Phlegrean Fields in recent times as newspaper articles were wielding the possibility of a short-term eruption. The region is monitored by INGV (section of Naples) which publish a weekly bulletin. Here is a summary of the last one issued on April 11th, 2017.
Regarding seismicity, the instruments did not record any earthquakes during the past week. The last event (M 0.1) was observed on March 25th, 2017.
INGV did not detect any significant deformation of the soil. As I put it earlier, the region is subject to bradyseismic activity with movements of uplift and subsidence of the soil. One of the best evidence of this phenomenon is the so-called Serapis temple at Pozzuoli. The Institute reports that the tiltmeter station in Pozzuoli has recorded a 20 cm uplift since January 2014, with 7 cm since January 2016 (see graphs below).
CO2 emissions at the Pisciarelli fumarole site (Solfatara NE outer slope) showed an upward trend before repairs were carried out on the measurement station. Since the repair, the trend seems to be reversing. It will therefore be necessary to wait some time to get a definitive idea of ​​the evolution of these emissions.
The temperature of the Pisciarelli fumarole currently reaches 114.2°C, an increase of about 3°C since 30 March 2017.

The situation is therefore fairly stable but requires continuous monitoring. It is known that there is a magma storage some 4 km in diameter and about 3 km deep under the Phlegraean Fields. 39,000 years ago, an eruption with an VEI 7 propelled the ash as far as Greenland and contributed to the extinction of Neanderthals.

Monitoring is performed on the field and thanks to satellites that analyze the slightest deformations of the ground.

Source: INGV Napoli.

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Bilan de l’éruption // An assessment of the eruption

drapeau-francaisL’éruption du Piton de la Fournaise a duré 28 jours, entre le 31 janvier et le 27 février 2017. Le volcan a émis moins de 10 millions de mètres cubes de lave en surface (entre 3 et 8 millios de m3 selon les méthodes d’estimation utilisées). Du fait du faible débit, les coulées ont peu évolué au cours des deux dernières semaines d’éruption. Leur écoulement s’est fait essentiellement en tunnels.

Les déformations associées à la migration du magma vers le site éruptif se sont concentrées sur les parties sud et est du volcan et n’ont pas excédé 30 centimètres. Il est intéressant de noter que depuis l’arrêt de l’éruption le 27 février, l’inflation du cône terminal se poursuit de manière continue. On a enregistré environ 1 cm d’élongation de la partie sommitale en un mois.

Les concentrations en CO2 dans le sol au niveau du Gîte du volcan restent élevées et la sismicité profonde (à environ 20 km sous le niveau de la mer) sous le flanc ouest du volcan a est en hausse depuis le 17 février.

Ces paramètres révèlent une pressurisation en profondeur et une remontée de fluides des zones profondes vers les zones de stockage plus superficielles (environ 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux.

Source : OVPF.

————————————–

drapeau-anglaisThe eruption of Piton de la Fournaise lasted 28 days between 31 January and 27 February 2017. The volcano emitted less than 10 million cubic meters of surface lava (between 3 and 8 million cubic meters according to the methods). Due to the low effusion rate, the flows have little changed during the last two weeks of the eruption. Lava travelled mainly in tunnels.
The deformations associated with magma migration toward the eruptive site were concentrated on the southern and eastern parts of the volcano and did not exceed 30 centimeters. It is interesting to note that since the end of the eruption on 27 February, the inflation of the summit cone has been continuing, with approximately 1 cm of elongation recorded in one month.
CO2 concentrations in the soil at the Gîte remain high and deep seismicity (about 20 km below sea level) under the western flank of the volcano has been on the rise since 17 February.
These parameters reveal in-depth pressurization and an upward movement of fluids from deeper to shallow storage areas (about 2 km deep) below the summit craters.
Source: OVPF.

piton-coulees

Emplacement des coulées (Source: OVPF)

Les pôles continuent à fondre // The poles keep melting

drapeau-francaisSelon l’Organisation Météorologique Mondiale, l’étendue de glace de mer dans l’Arctique et l’Antarctique en janvier a été la plus faible jamais enregistrée. La glace de mer arctique a reculé à au moins trois reprises cet hiver alors qu’elle aurait dû se développer.
En janvier, la surface moyenne couverte par la glace de mer arctique était de 13,38 millions de kilomètres carrés. Le record précédent a été établi il y a tout juste un an, en janvier 2016, alors qu’il y avait 260 000 km2 de glace en plus. La glace de l’Arctique était inférieure de 8,6% à la moyenne de janvier, alors que la glace de l’Antarctique, où c’est actuellement l’été, était de 22,8% inférieure à la moyenne, selon les chiffres fournis par la NOAA.
Ces dernières années, les climato-sceptiques faisaient généralement référence à l’Antarctique, affirmant haut et fort que la glace de mer de développait de plus en plus autour du continent. Aujourd’hui, cet argument ne tient plus. Après avoir atteint un niveau record au cours de l’année 2014, la glace de mer de l’Antarctique s’est considérablement réduite à la fin de l’année 2016 et au début de 2017.
Bien que ce soit l’été en Antarctique, la glace de mer ne couvrait que 2 287 millions de kilomètres carrés le lundi 13 février, selon des données en temps réel du National Snow and Ice Data Center. C’était pratiquement le record précédent de 2,290 millions de kilomètres carrés le 27 février 1997. Le 14 février, l’étendue de glace avait encore diminué pour atteindre 2.259 millions de kilomètres carrés, ce qui sera un nouveau record une fois que les données seront confirmées.
La glace de mer est presque totalement absente en ce moment sur la côte de l’Antarctique Ouest, cette région où les immenses glaciers sont en train de reculer rapidement et font naître des inquiétudes quant à l’élévation du niveau de la mer.
Il est également important de noter que nous ne sommes qu’à la mi-février ; il se pourrait donc que l’Antarctique perde encore plus de glace de mer avant qu’elle ne recommence à se reformer, selon son cycle saisonnier.
Source: The Washington Post.

Pendant ce temps, les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont atteint un niveau record, avec 405,80 ppm sur le Mauna Loa le 15 février 2017.

A noter que la chaîne de radio France Info a mise en ligne sur son site web un e belle galerie d’images montrant les lacs d’eau de fonte à la surface de la calotte glaciaire du Groenland:

http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/en-images-la-fonte-de-la-calotte-glaciaire-du-groenland-comme-vous-ne-l-avez-jamais-vue_2061703.html

++++++++++

En lisant l’article du Washington Post, on ressent la prudence du journaliste qui l’a rédigé. Il n’y est jamais fait mention du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. L’article se termine par une note optimiste, avec la perspective de voir la glace de mer se reformer avec l’arrivée de l’hiver antarctique. Il est bien évident que le Président Trump n’apprécierait pas un article cautionnant la théorie du réchauffement climatique dans un journal aussi important et populaire que le Washington Post!

—————————————–

drapeau-anglaisAccording to the U.N. World Meteorological Organization, the extent of sea ice in the Arctic and Antarctic in January was the lowest on record, while concentrations of carbon dioxide in the atmosphere hit a record. There have been at least three periods this winter when Arctic sea ice has retreated, when it should have been expanding.

This January, Arctic sea ice averaged 13.38 million square kilometres. The previous record low was just a year ago, in January 2016, when there was 260,000 square km more ice. Arctic ice was 8.6 percent below the average for January, while ice in the Antarctic sea, where it is summer, was 22.8 percent below the average, according to the U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

In recent years, those who had doubts about human-induced climate change usually referred to Antarctica, saying that the sea ice around the continent was growing. Now, the argument for doubters has got really complicated. After seeing a record high for total extent in the year 2014, Antarctic sea ice had been running very low in late 2016 and early 2017.

It is summer in Antarctica right now, and sea ice on Monday February 13th only covered 2.287 million square kilometres, according to « near-real-time data » from the National Snow and Ice Data Center. If that is correct, that would barely edge out the previous record low of 2.290 million square kilometres on February 27th, 1997. The records go back to 1979.

On February 14th this year, the ice extent shrank further down to 2.259 million square kilometres, underscoring the likelihood of a record, once the data is confirmed.

Sea ice is almost completely absent right now along the coast of West Antarctica in particular, a region where huge and fast-retreating glaciers have raised major concerns about potential sea-level rise.

It is also important to note that it’s still only mid-February, so it could be that Antarctic sea will lose more ice before it begins to refreeze and expand again, according to its seasonal cycle.  .

Source : The Washington Post.

Meantime, the carbon dioxide concentrations in the atmosphere reached a new record with 405.80 pp m on Mauna Loa (Hawaii) on February 15th 2017.

The French radio France Info has released on its website a nice galery of photos showing the meltwater lakes at the surface of Greenland’s ice cap:

http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/en-images-la-fonte-de-la-calotte-glaciaire-du-groenland-comme-vous-ne-l-avez-jamais-vue_2061703.html

++++++++++

While reading this Washington Post article, one feels the caution of the journalist who wrote it. There is no mention of global warming caused by human activities. The article concludes with a note of optimism, with the prospect of seeing sea ice reappear with the arrival of the Antarctic winter. Obviously, President Trump would not appreciate an article endorsing the theory of global warming in a newspaper as popular as the Washington Post.

keeling-02

Concentrations de CO2 dans l’atmosphère sur le Mauna Loa (Hawaii) le 15 février 2017. La hausse est constante, avec une progression d’environ 5 ppm au cours des deux dernières années.