Inquiétudes pour le puits de carbone de l’Amazonie // Concerns for the Amazon carbon sink

Alors que la mise de côté – au moins momentanée – de l’exploration pétrolière au Groenland était une bonne nouvelle, il est une autre information qui est beaucoup plus inquiétante. D’après une étude publiée dans la revue Nature, les échantillons prélevés en altitude au cours de la dernière décennie montrent que le sud-est de l’Amazonie a été une source de dioxyde de carbone (CO2) sur la période 2010-2018, une évolution qui semble liée au changement climatique et à la déforestation. Le rôle de puits de carbone de la forêt amazonienne, la plus grande forêt tropicale de la planète, est donc sérieusement menacé. Il y a certes beaucoup de carbone stocké dans les forêts de l’Amazonie mais dans certaines régions, le CO2 libéré dans l’atmosphère excède maintenant ce qui est absorbé.

Les puits de carbone océanique et terrestre absorbent environ la moitié des émissions anthropiques de CO2. Les écosystèmes terrestres ont permis sur les 50 dernières années de pomper un quart du dioxyde de carbone lié aux activités humaines. Ils le doivent en grande partie à la forêt tropicale amazonienne où le CO2 absorbé pour la photosynthèse excède la quantité émise par la décomposition de la matière organique.

Si l’Amazonie, avec les 123 milliards de tonnes de carbone contenus dans ses arbres et son sol en arrivait à devenir une source plutôt qu’un puits de CO2, l’équation du changement climatique prendrait un tour plus complexe.

Depuis 1970, les forêts tropicales de la région ont diminué de plus de 17%, principalement pour permettre l’élevage du bétail et les cultures qui le nourrissent. Les forêts sont généralement défrichées par le feu, ce qui à la fois libère de grandes quantités de CO2 et réduit le nombre d’arbres disponibles pour absorber le dioxyde de carbone.

Le changement climatique est également un facteur clé. Annuellement, l’Amazonie se réchauffe dans son ensemble à peine plus que le reste de la planète. Mais il y a de grandes différences selon les régions et les saisons. Il est important de noter que le sud-est de l’Amazonie est, avec l’Arctique, un « point chaud » du réchauffement climatique.

La capacité du bassin amazonien à absorber le CO2 est un point clé mais les données satellitaires, en partie à cause de la couverture nuageuse persistante, ne sont pas en mesure de fournir une réponse complète. Pour contourner ce problème, les chercheurs ont utilisé des avions pour collecter près de 600 échantillons de CO2 et de monoxyde de carbone (CO) de 2010 à 2018, à des altitudes allant jusqu’à 4,5 kilomètres au-dessus de la canopée. Les relevés leurs ont permis de faire un bilan du CO2 absorbé par les forêts pour la photosynthèse par rapport à la quantité de CO2 produite par la décomposition de la matière organique.

Les relevés reflètent clairement les dégâts engendrés par l’activité humaine. Les changements les plus importants sont relevés dans les zones qui ont subi une déforestation à grande échelle et ont été fortement brûlées. L’étude montre que l’ouest de l’Amazonie absorbe encore légèrement plus de CO2 qu’il n’en dégage. Mais le sud-est, surtout pendant la saison sèche, émet plus de dioxyde de carbone qu’il n’en absorbe. On y observe une hausse des températures et une baisse des précipitations.

La forêt tropicale reçoit des précipitations, à l’échelle du bassin, d’environ 2 200 mm par an en moyenne. L’évapotranspiration a été estimée par plusieurs études comme étant responsable de 25 % à 35 % des précipitations totales. Mais les activités humaines risquent de perturber les interactions écosystème-climat. En effet, l’élimination des forêts provoque une augmentation de la température et réduit l’évapotranspiration.

L’Amazonie a perdu plus de 17% de sa surface forestière depuis 1970, notamment pour la conversion en terres agricoles. La déforestation s’est fortement accélérée entre 1991 et 2004. Le taux de déforestation a commencé à ralentir à partir de 2004, mais on.observe une reprise depuis 2015. La situation s’est encore aggravée avec l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil en 2019. En 2020, la déforestation a atteint son plus haut niveau depuis 2008.

Passés certains seuils, il est à craindre que des puits de carbone deviennent des sources importantes de libération gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’Amazonie est l’un des exemples de rétroactions susceptibles d’amplifier le réchauffement climatique. D’autres phénomènes pourraient entrer en jeu, comme le dégel du pergélisol, qui contient de grandes quantités de carbone organique.

Le dégel du pergélisol, les hydrates de méthane océaniques, l’affaiblissement des puits de carbone terrestres et océaniques, la croissance de la respiration bactérienne, le dépérissement des forêts amazonienne et boréale, la réduction de la couverture de neige, la réduction de la glace de mer et des calottes polaires sont autant de processus qui pourraient amplifier l’élévation de température globale liée à la hausse de concentration de CO2. Une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences explique que l’ensemble de ces facteurs pourrait faire passer le réchauffement de la planète de 2°C à environ 2,47°C, avec une fourchette probable entre +2,24°C et +2,66°C.

Source : global-climat.

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While the shelving – at least momentarily – of oil exploration in Greenland was good news, there is another piece of news that is far more disturbing. According to a study published in the journal Nature, samples taken at altitude over the last decade show that the south-eastern Amazon was a source of carbon dioxide (CO2) over the period 2010-2018, an evolution which seems to be linked to climate change and deforestation. The role of the Amazon rainforest, the largest tropical forest on Earth as a carbon sink is therefore seriously threatened. While there is a lot of carbon stored in the forests of the Amazon, in some areas the CO2 released into the atmosphere now exceeds what is absorbed.

Oceanic and terrestrial carbon sinks absorb about half of anthropogenic CO2 emissions. Terrestrial ecosystems have made it possible over the past 50 years to pump out a quarter of the carbon dioxide linked to human activities. They owe much to the Amazon rainforest where the CO2 absorbed for photosynthesis exceeds the amount emitted by the decomposition of organic matter.

If the Amazon, with the 123 billion tonnes of carbon in its trees and soil were to become a source rather than a sink of CO2, the climate change equation would take a more complex turn. Since 1970, the region’s tropical forests have shrunk by more than 17%, mainly to support the rearing of livestock and the crops that feed them. Forests are usually cleared by fire, which both releases large amounts of CO2 and reduces the number of trees available to absorb carbon dioxide.

Climate change is also a key factor. Annually, the Amazon as a whole warms up slightly more than the rest of the planet. But there are big differences between regions and seasons. It is important to note that the southeastern Amazon, along with the Arctic, is a global warming « hot spot ».

The capacity of the Amazon basin to absorb CO2 is a key point but satellite data, mostly because of persistent cloud cover, is unable to provide a complete answer. To get around this problem, researchers used planes to collect nearly 600 samples of CO2 and carbon monoxide (CO) from 2010 to 2018, at altitudes up to 4.5 kilometers above the canopy. The readings enabled them to assess the CO2 absorbed by forests for photosynthesis in relation to the quantity of CO2 produced by the decomposition of organic matter.

The readings clearly reflect the damage caused by human activity. The most significant changes are found in areas that have suffered large-scale deforestation and have been heavily burned. The study shows that the western Amazon absorbs slightly more CO2 than it emits. But the southeast, especially during the dry season, emits more carbon dioxide than it absorbs. There is an increase in temperatures and a decrease in precipitation.

The rainforest receives basin-wide precipitation of about 2,200 mm per year on average. Evapotranspiration has been estimated by several studies to be responsible for 25% to 35% of total precipitation. But human activities risk disrupting ecosystem-climate interactions. Indeed, the elimination of forests causes an increase in temperature and reduces evapotranspiration.

The Amazon has lost more than 17% of its forest area since 1970, especially for conversion to agricultural land. Deforestation accelerated sharply between 1991 and 2004. The rate of deforestation began to slow from 2004, but there has been a recovery since 2015. The situation worsened further with the election of Jair Bolsonaro as president. Presidency of Brazil in 2019. In 2020, deforestation reached its highest level since 2008.

Beyond certain thresholds, it is to be feared that carbon sinks will become major sources of greenhouse gas release into the atmosphere. The Amazon is one example of feedback that may amplify global warming. Other phenomena could come into play, such as the thawing of permafrost, which contains large amounts of organic carbon.

Thawing of permafrost, oceanic methane hydrates, weakening of terrestrial and oceanic carbon sinks, growth of bacterial respiration, dieback of Amazonian and boreal forests, reduction of snow cover, reduction of ice sea and polar ice caps are all processes that could amplify the rise in global temperature linked to the rise in CO2 concentration. A study published in Proceedings of the National Academy of Sciences explains that all of these factors could increase global warming from 2°C to around 2.47°C, with a probable range between + 2.24°C. and + 2.66°C.

Source: global-climat.

La presse américaine face au réchauffement climatique // U.S. news media and climate change

Maintenant que Donald Trump n’est plus à la Maison Blanche, la presse américaine n’hésite plus à attribuer le changement climatique aux activités humaines et à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ainsi, on peut lire dans le Los Angeles Times que « la vague de chaleur record qui balaie la côte ouest est là pour nous faire comprendre que le changement climatique est bien présent et que nous devons nous adapter ».

Le nord-ouest de la côte Pacifique, y compris le Canada, a connu des conditions que les prévisionnistes ont décrites comme « sans précédent et mettant la vie en danger ». Portland, dans l’Oregon, a atteint 45 °C le 28 juin 2021, pulvérisant le précédent record de 44 °C établi la veille. À environ 160 km plus au sud, à Eugene, les compétitions d’athlétisme en vue des Jeux Olympiques ont été interrompues le 27 juin dans l’après-midi et il a été demandé aux spectateurs de quitter le stade en raison de la chaleur extrême. La température à Seattle, dans l’État de Washington, a atteint 41,6 °C. Il faisait si chaud ces derniers jours que la ville a fermé au moins une piscine publique, de peur que les visiteurs ne se brûlent les pieds sur le carrelage.

Les journaux insistent sur le fait que tout cela se passe en juin et que nous ne sommes qu’au tout début de l’été. Si la population n’avait pas encore pris conscience que le changement climatique provoquait des conditions météorologiques extrêmes, cette vague de chaleur sans précédent en est là pour le lui faire comprendre, et ce n’est probablement pas terminé car le dôme de chaleur responsable des températures record devrait persister dans le nord-ouest, et même se déplacer vers l’Idaho et le Montana.

Ces conditions extrêmement chaudes sont une répétition de l’année dernière, qui a égalé 2016 comme année la plus chaude jamais enregistrée. 2020 a également été la pire année pour les incendies de forêt aux Etats Unis ; plus de 40 000 kilomètres carrés sont partis en fumée. La tendance est appelée à se poursuivre et ces températures extrêmes ne feront que persister. En effet, les activités humaines ne cessent d’envoyer du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui piègent la chaleur dans l’atmosphère.

La vague de chaleur actuelle démontre que le monde ne réduit pas assez rapidement l’utilisation des combustibles fossiles et les émissions de carbone. Pour prévenir les pires effets du changement climatique, il faudra que les pays industrialisés, en particulier les Etats Unis, prennent des mesures significatives.

De plus, la canicule actuelle montre que nous ne sommes pas préparés à affronter les conséquences du réchauffement climatique. Il suffit de voir à quel point les températures supérieures à la normale dans le nord-ouest du Pacifique ont paralysé les infrastructures de base. À Washington, la police a fermé une partie d’une route car l’asphalte commençait à se fissurer et à se déformer sous l’effet de la chaleur. Dans certaines régions qui ne sont pas habituées à de telles conditions météorologiques, les bus scolaires n’ont pas de climatisation et ils ne pouvaient plus transporter les écoliers en toute sécurité. À Portland, le système de transport en commun a été mis hors service. Il est conçu pour un temps doux, avec des températures généralement comprises entre 5 et 20 degrés Celsius. Bien que des ajustements aient été apportés ces dernières années pour résister à une chaleur plus intense, la situation devient ingérable en matière de sécurité lorsque le mercure dépasse 43 degrés, comme ce fut le cas ces derniers jours.

De nombreuses routes, systèmes de transport en commun, barrages, digues et réseaux électriques aux États-Unis ont été construits il y a des décennies ; ils sont conçus pour des températures différentes et des fluctuations météorologiques moins extrêmes. Une vague de chaleur record en Californie l’été dernier a déclenché des coupures de courant. Des pannes semblables risquent de se produire à nouveau cette année. Une vague de froid record au Texas au début de l’année 2021 a également entraîné des pannes de courant à grande échelle. Le réseau électrique du pays n’est pas conçu pour résister aux conséquences du changement climatique qui peut pousser les températures à des extrêmes dans les deux sens.

Les autorités américaines commencent à agir face à ces menaces et à investir des milliards de dollars dans des projets visant à rendre les infrastructures plus résilientes au changement climatique. Le besoin est grand, et le financement est encore trop faible. Il ne faut pas se voiler la face ; le changement climatique coûtera cher aux États-Unis, quelle que soit la rapidité avec laquelle le gouvernement fédéral réagira. Le choix est clair : ou bien il réagit et investit dès à présent pour éviter des dommages plus importants, ou bien il attend que le pays soit confronté à des vagues de chaleur, des incendies de forêt, des inondations et d’autres catastrophes plus meurtrières. Le coût n’en sera que plus élevé.

En France, les médias nous ont certes informés qu’il faisait très chaud dans l’ouest de l’Amérique, mais la nouvelle n’a pas fait les gros titres. Elle a été supplantée par les élections locales et leur taux d’abstention record, le Tour de France et l’Euro de football. La principale question posée par les journalistes français à propos du « dôme de chaleur» aux États-Unis et au Canada a été : Est-ce que ça peut nous arriver ? Les climatologues ont expliqué que le phénomène n’était pas causé en premier lieu par le changement climatique, mais il est accéléré et de plus en plus fréquent en raison de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Source : The Los Angeles Times.

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Now that Donald Trump is no longer in the White House, U.S. newspapers no longer hesitate to attribute climate change t human activities and the increase of greenhouse gases in the atmosphere. For instance, the Los Angeles Times wrote that “the record-breaking heat wave baking the West Coast is another painful sign that climate change is here, and we have to adapt.”

The Pacific Northwest, including Canada, has been sizzling, with conditions forecasters have described as “unprecedented and life-threatening.” Portland, Oregon, hit 45°C on June 28th, 2021, breaking the previous all-time high of 44°C, set the day before. About 160 km to the south, in Eugene, the U.S. track and field Olympic trials were halted on June 27th in the afternoon, and spectators were asked to evacuate the stadium, due to the extreme heat.

Seattle in Washington State hit 41.6°C. It was so hot in recent days that the city closed at least one public pool amid concerns that visitors would burn their feet on the deck.

The newspapers insists that all of this is happening in June, the very beginning of summer. If it was not already clear that climate change is fueling more extreme weather patterns, this unprecedented heat wave is another blistering example. There is surely more to come, as the heat dome responsible for the record-breaking temperatures is expected to linger in the Northwest, moving slowly toward Idaho and Montana.

These extremely hot conditions are just a replay of last year, which tied 2016 for the hottest year on record. 2020 was also the worst year on record for wildfires, with more than 40,000 square kilometres burned. And this trend is bound to continue as temperatures are driven upward by the warming effects of human activities that spew carbon and other heat-trapping compounds into the atmosphere.

The current heat wave is another reminder that the world is not moving fast enough to curtail the use of fossil fuels and reduce carbon emissions. To prevent the worst effects of climate change will take dramatic change on the part of the world’s industrialized nations, most especially the United States.

Most imortant, as the current heat wave demonstrates, we are already feeling the effects of climate change, and we are totally unprepared. It suffices to see how higher-than-normal temperatures in the Pacific Northwest crippled basic infrastructure. In Washington, the police closed a portion of a highway after the asphalt started to crack and buckle under the heat. In some areas that are unaccustomed to such weather, school buses had no air conditioning and could not safely transport students to summer school.

In Portland, the city’s transit system was taken out of service. It was designed for mild weather, with temperatures typically between 5 and 20 degrees Celsius. While the transit agency has made adjustments to the system in recent years to withstand more intense heat, it cannot safely operate when the mercury goes above 43 degrees, as it did in recent days

Many of the roads, transit systems, dams, levees and energy grids in the U.S. were built decades ago, designed for different temperatures and less-extreme weather fluctuations. A record-breaking heat wave in California last summer triggered rolling blackouts; heat-driven outages will be a risk again this year. A record-breaking cold snap in Texas earlier this year also led to mass power outages. The nation’s infrastructure is not prepared to withstand the consequences of climate change, which can push temperatures to extremes in both directions.

U.S. lawmakers are beginning to act on the seriousness of the threat and investing billions of dollars for projects aimed at making infrastructure more resilient to climate change. The need is great, and the funding is still too little. The reality is that climate change will cost the United States, no matter how quickly it responds. We can pay now to avoid greater damage or pay later, when the nation is forced to manage more deadly heat waves, wildfires, floods and other disasters.

Sure, the French news media informed us that it was very hot in western America but the news did not make the headlines. It was overtaken by the local elections and their record abstention rate and the Euro football tournament. The main question asked by French journalists about the “heat dome” in the U.S. and Canada was: Can it happen to us? Climatologists explained that the phenomenon was not caused by climate change, but accelerated and becoming more frequent because of the accumulation of greenhouse gases in the atmosphere.

Source : The Los Angeles Times.

Source : The Vancouver Sun

Goma sous la menace du Niyragongo…et du Lac Kivu // Goma under the threat of Nyiragongo…and Lake Kivu

Suite à l’éruption du Nyiragongo, les importants dégâts matériels et les quelque 35 victimes, des voix se font entendre pour que l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) soit enfin doté de moyens dignes de ce nom pour surveiller les volcans de la région. Il ne faudrait pas  oublier le Nyiamragira qui entre, lui aussi, régulièrement en éruption. Un député congolais a recommandé au gouvernement la réforme de l’OVG et il a insisté pour que ce dernier soit doté des moyens et matériels adéquats afin de prévenir d’éventuels risques.

L’éruption du Nyiragongo a également rappelé qu’une autre menace plane sur la région et ses 2 millions d’habitants, dont 600 000 dans la ville de Goma. Il s’agit du méthane du lac Kivu. En 2002, les scientifiques redoutaient que la coulée de lave entre dans le lac et provoque de redoutables explosions. Heureusement, il n’en a rien été et la lave s’est arrêtée à temps.

Selon des scientifiques, le lac Kivu contient mille fois plus de gaz dissous que le lac Nyos au Cameroun (1700-1800 morts en août 1986). Si la lave du Nyiragongo atteignait les profondeurs du lac Kivu, il pourrait se produire une déstabilisation de ses eaux stratifiées. Le gaz pourrait s’échapper brusquement et asphyxier les hommes et les animaux.

Le gaz du lac Kivu est composé pour un cinquième de méthane et pour quatre cinquièmes de gaz carbonique. Michel Halbwachs (Université de Savoie) que je salue ici explique que « le méthane représente le vrai danger, car il est vingt fois moins soluble que le C02 : avec vingt fois moins de gaz, on approche plus vite de la saturation. » Des mesures réalisées sur le lac Kivu ont montré que le taux de méthane avait augmenté de 15 % depuis trente ans et que la saturation serait acquise d’ici à la fin du siècle. Danger !!

Pour mettre les populations environnantes à l’abri du risque d’explosion gazeuse, le gouvernement de la RDC avait entrevu l’option de l’élimination du gaz carbonique par le dégazage progressif dans une couche comprise entre 12 et 50 mètres de profondeur du lac Kivu. Le dégazage devrait permettre de diminuer environ 160 millions de mètres cubes de CO2. Mais rien n’a été fait jusqu’à présent.

De plus, le méthane du lac Kivu n’est pas exploité par la RDC, ce qui représente une perte économique énorme pour le pays. Il y a des projets, mais ils n’ont pas encore abouti. Pendant que la RDC tarde, le Rwanda gagne énormément d’argent dans l’exploitation de ce gaz. Le pays a construit la première centrale électrique au monde qui fonctionne grâce à l’exploitation du gaz méthane.

Voir mes notes du 20 mai 2016 et du 8 août 2020 à propos du projet KivuWatt au Rwanda.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/05/20/le-methane-du-lac-kivu-eclaire-le-rwanda-lake-kivus-methane-brings-light-to-rwanda/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/08/08/le-methane-du-lac-kivu-rwanda-rdc-entre-menace-et-legende/

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Following the eruption of Nyiragongo, the significant material damage and some 35 dead, voices are heard asking the Volcanological Observatory of Goma (OVG) to be given real means to monitor the volcanoes in the region. One should not forget Nyiamragira which also frequently erupts. A Congolese MP has advised the government to reform the OVG and insisted that the observatory be provided with adequate means and equipment to prevent possible risks.

The Nyiragongo eruption also served as a reminder that another threat hangs over the region and its 2 million inhabitants, including 600,000 in the city of Goma. This threat is the methane from Lake Kivu. In 2002, scientists feared that the lava flow might enter the lake and cause dreadful explosions. Fortunately, it didn’t and the lava stopped in time.

According to scientists, Lake Kivu contains a thousand times more dissolved gas than Lake Nyos in Cameroon (1,700-1,800 dead in August 1986). If the lava from Nyiragongo reached the depths of Lake Kivu, there could be a destabilization of its stratified waters. The gas could suddenly escape and suffocate people and animals.

One-fifth of the gas from Lake Kivu is methane and four-fifths carbon dioxide. Michel Halbwachs (University of Savoy) whom I greet here explains that “methane represents the real danger because it is twenty times less soluble than C02: with twenty times less gas, we approach saturation more quickly. Measurements carried out on Lake Kivu have shown that the methane rate had increased by 15% over the past thirty years and that saturation would happen by the end of the century. There is a real danger !!

To protect the surrounding populations from the risk of a gas explosion, the DRC government had envisaged the option of eliminating carbon dioxide by gradual degassing a layer between 12 and 50 metres deep in Lake Kivu. Degassing would eliminate around 160 million cubic metres of CO2. But nothing has been done so far.

In addition, the non-exploitation of methane from Lake Kivu, a huge economic loss for the DRC. There are plans, but they haven’t come to fruition yet. While the DRC is late, Rwanda is earning a lot of money in the exploitation of this gas. The country has built the world’s first power plant that runs on the exploitation of methane gas. See my posts of May 20th, 2016 and August 8th, 2020 about the KivuWatt project in Rwanda.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/05/20/le-methane-du-lac-kivu-eclaire-le-rwanda-lake-kivus-methane-brings-light-to-rwanda/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/08/08/le-methane-du-lac-kivu-rwanda-rdc-entre-menace-et-legende/

Le lac Kivu vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Paroles, paroles… // These are only words!

Selon un nouveau rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), si nous voulons trouver une solution à la crise climatique actuelle, nous devons cesser d’utiliser des voitures à essence dans les 14 prochaines années, ne pas ouvrir de nouvelles mines de charbon, mettre fin à l’exploration pétrolière et se lancer dans «une transformation totale des systèmes énergétiques qui sous-tendent nos économies».

Intitulé «Zéro net d’ici 2050», le rapport, publié le 18 mai 2021, examine les promesses faites par les gouvernements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et conclut que l’objectif de maintenir l’augmentation des températures globales à 1,5 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels sera « extrêmement difficile » et exigera des efforts importants.

Le rapport confirme ce que j’ai écrit à plusieurs reprises : «Le nombre de pays qui se sont engagés à atteindre des émissions nulles d’ici le milieu du siècle continue d’augmenter, mais il en va de même pour les émissions de gaz à effet de serre et leur concentration dans l’atmosphère. Cet écart entre la rhétorique et l’action doit se combler si nous voulons avoir une chance d’atteindre le ‘zéro net’ d’ici 2050 et de limiter la hausse des températures mondiales à 1,5°C. »

Dans son rapport, l’AIE présente 400 mesures qui, si elles étaient prises immédiatement, permettraient de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de les ramener à presque zéro en 2050. Si de telles mesures étaient prises avec succès, les températures de la planète pourraient être maintenues en dessous du niveau qui provoquera inévitablement une extinction massive, une élévation désastreuse du niveau de la mer, une hécatombe avec la multiplication des vagues de chaleur, et d’autres conséquences que l’Agence de Protection de l’Environnement a déjà constatées.

Les conclusions du rapport de l’AIE rejoignent celles d’une étude publiée en avril par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui rappelait qu’il est grand temps d’enrayer la hausse des températures de la planète.

En 2018, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a publié son rapport sur la nécessité d’ « empêcher les températures de dépasser 1,5°C pour éviter les pires conséquences du changement climatique.»

Lors d’un sommet sur le climat réunissant des chefs de gouvernements en avril, le président Biden a annoncé un nouvel objectif des Etats Unis visant à réduire d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport aux niveaux de 2005. La Chine, qui représentait 27% des émissions mondiales en 2019, s’est engagée à devenir neutre en carbone d’ici 2060.

Selon l’AIE, même si les engagements pris par les deux pays qui ont les émissions les plus élevées, ainsi que par d’autres pays industrialisés dans le cadre de l’Accord de Paris, sont pour la plupart des objectifs ambitieux et non contraignants, « il existe encore une marge de manoeuvre pour atteindre le ‘zéro net’ d’ici 2050, même si « cette marge reste étroite et extrêmement difficile. Elle oblige toutes les parties prenantes – gouvernements, entreprises, investisseurs et citoyens – à agir dès cette année et chaque année suivante pour que l’objectif ne devienne pas hors de portée. »

Selon le rapport, les actions nécessaires pour transformer la consommation et la production d’énergie à l’échelle de la planète sont les suivantes :

– Augmentation de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables de 29% en 2020 à 90% en 2050

– Arrêt de la construction de nouvelles centrales au charbon dès cette année, sauf si elles sont construites avec une technologie de captage du carbone

– Interdiction, dès 2025, de la vente de nouvelles chaudières au mazout et au gaz pour chauffer les bâtiments

– Élimination progressive de la vente d’automobiles à essence d’ici 2035

– Transformation des flottes de véhicules actuels en véhicules électriques ou à hydrogène d’ici 2050

– Orientation des centrales électriques vers des sources d’énergie renouvelables d’ici 2035

– Fermeture de toutes les centrales au charbon non équipées de technologie de captage du carbone d’ici 2040

– Transition de la moitié du transport aérien vers l’hydrogène ou les biocarburants d’ici 2040

Le rapport de l’AIE reconnaît qu’il sera extrêmement difficile d’atteindre ces objectifs. Les émissions et les concentrations de dioxyde de carbone rebondissent fortement en ce moment avec la reprise économique suite à la pandémie de Covid-19.

Il est grand temps que les gouvernements agissent de manière décisive pour accélérer la transition vers des énergies propres. Comme je l’ai écrit précédemment, il appartient aux Conférences des Parties (les COP) d’imposer des mesures réelles et obligatoires, au lieu de mesures non contraignantes.

Source: Yahoo News.

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According to a new report by the International Energy Agency (IEA), if human beings want to solve the climate change crisis, they must stop using gasoline-powered cars within 14 years, abandon the pursuit of new coal mines, end oil exploration and set about « a total transformation of the energy systems that underpin our economies. »

Titled « Net Zero by 2050, » the report, released on May 18th, 2021, examines the pledges made by world governments to dramatically reduce greenhouse gas emissions and concludes that the goal of keeping global temperatures from rising 1.5 degrees Celsius above preindustrial levels will prove « extremely challenging » and demand significant efforts.

The report confirs wha I have indicated in previous posts: « The number of countries that have pledged to reach net-zero emissions by mid-century or soon after continues to grow, but so do global greenhouse gas emissions and their concentration in the atmosphere.This gap between rhetoric and action needs to close if we want to have a chance of reaching net zero by 2050 and limiting the rise in global temperatures to 1.5 °C. »

In its report, the IEA lays out 400 steps that, if taken immediately, would meet the goal of cutting current greenhouse gas emissions in half by 2030 and down to nearly zero in 2050. In the event that such a massive, united global undertaking were successful, global temperatures could be kept below a level that would cause mass extinction, devastating sea level rise, unprecedented death from worsening heat waves, and other consequences that the Environmental Protection Agency has found are already occurring.

The findings in the report by the IEA are nearly the same as those of a study released in April by the United Nations World Meteorological Organization (WMO) warning that “time is fast running out” to keep global temperatures in check.

In 2018, the U.N.’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) issued its landmark report on the need to keep global temperatures from rising above 1.5°C to avert the worst consequences of climate change.

At an April climate summit of world leaders, President Biden announced a new U.S. target to cut greenhouse gas emissions by 50 to 52 percent over 2005 levels by the year 2030. China, which accounted for 27 percent of global emissions in 2019, has pledged this year to become carbon-neutral by 2060.

According to IEA, even though the pledges made by the two countries with the highest emissions, as well as those of other industrialized nations in the Paris Agreement, are mostly nonbinding, aspirational goals, « there are still pathways to reach net zero by 2050, even though « that pathway remains narrow and extremely challenging, requiring all stakeholders – governments, businesses, investors and citizens – to take action this year and every year after so that the goal does not slip out of reach. »

According to the report, the actions required to transform global energy consumption and production include:

 – Increasing the use of renewable sources of energy from 29 percent in 2020 to 90 percent in 2050

– Halting construction of all new coal plants this year, unless they are built with carbon-capture technology

– Implementing a ban in 2025 on the sale of new oil and gas furnaces to heat buildings

– Phasing out the sale of automobiles that use gasoline by 2035

– Conversion of vehicle fleets to either electric or hydrogen fuel sources by 2050

– Shifting power plants away from carbon emissions to renewable sources of energy by 2035

– Closing all coal-fired power plants not fitted with carbon-capture technology by 2040

– Transitioning half of all plane-travel energy sources to hydrogen or biofuels by 2040.

The report, however, is quick to acknowledge that meeting the goals it lays out will be enormously difficult. Global carbon dioxide emissions and concentrations are already rebounding sharply as economies recover from the Covid-19 pandemic. It is high time for governments to act, and act decisively to accelerate the clean energy transformation.

As I put it previously, it is up to the Conferences of Parties (COPs) to impose real, compulsory measures, instead of nonbinding ones.

Source: Yahoo News.

L’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’incite guère à l’optimisme. Il y a vraiment du pain su la planche!