Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Des panaches de vapeur et de gaz faibles à modérés avec des traces de cendres sont toujours observés à White Island (Nouvelle-Zélande). Le niveau d’alerte reste à 2 tandis que la couleur de l’alerte aérienne a été relevée à Orange en raison de la teneur en cendres observée dans les panaches.
Source : GNS.

Photo: C. Grandpey

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Une forte éruption de l’Ibu (Indonésie) a produit des fontaines de lave atteignant des centaines de mètres de hauteur et des panaches de cendres s’élevant à 5,5 km au-dessus du niveau de la mer le 11 janvier 2025. Des éclairs ont été observés dans les panaches (voir image ci-dessous), ainsi que la croissance d’un dôme de lave actif. Le processus a entraîné l’apparition de coulées de lave sur le flanc nord du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est restée à l’Orange après un passage au Rouge le 11 janvier pendant une brève période.
Le 15 janvier, un nouveau panache de cendres dense s’est élevé à 4 km au-dessus du sommet et une coulée pyroclastique a dévalé le versant nord sur environ 500 mètres. De plus, le nombre de séismes volcaniques peu profonds a augmenté et les données de déformation montraient une inflation les 6 et 13 janvier. Le niveau d’alerte a été relevé à 4 (le plus élevé sur une échelle de quatre niveaux) le 15 janvier et il est demandé au public de rester à au moins 5 km du cratère actif et à 6 km de la brèche dans la paroi nord du cratère.

Suite à cette recrudescence de l’activité, les autorités ont décidé d’évacuer environ 3 000 habitants dans cinq villages. De nombreux habitants se sont déjà rassemblés dans une salle des fête, prêts à être évacués.

Source : PVMBG, Magma Indonesia.

Éruption de l’Ibu le 11 janvier 2025 (Crédit photo : Climagram, Twitter)

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En prévision de la prochaine éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande), des barrages en terre destinés à détourner la lave sont surélevés jusqu’à neuf mètres de hauteur, entre la Grindavíkurvegur et le Blue Lagoon.
Certains scientifiques pensent que la prochaine éruption pourrait survenir fin janvier ou début février. En ce qui me concerne, je penche plutôt pour la mi-février.
L’objectif principal des digues de terre est de protéger le Blue Lagoon et la centrale électrique de Svartsengi. Leur destruction poserait de réels problèmes.
Les ouvriers sur les barrages en terre sont engagés dans une course contre la montre. Ils travaillent 24 heures sur 24 et ont jusqu’à présent réussi à déplacer quelque 60 000 mètres cubes de matériaux. Ces barrages se sont avérés essentiels pour empêcher la lave de faire trop de dégâts. Il est bien évident que la lave surgit là où elle en a envie, mais la stratégie derrière ces remparts s’est jusqu’à présent avérée extrêmement utile.
Source : Médias d’information islandais.

Source: Iceland Review

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Un nouvel essaim sismique a commencé dans la région des Champs Phlégréens (Italie) à 07h58 (heure locale) le 13 janvier 2025. L’INGV a indiqué que l’événement le plus fort de la séquence avait une magnitude de M1,2 ± 0,3. Au total, quelque 95 événements ont été enregistrés jusqu’à présent. Leurs profondeurs variaient entre 0,2 km et 3,1 km.
De tels événements sont courants dans les régions sismiques actives comme les Campi Flegrei. Cependant, à cause de leur faible profondeur ils peuvent être bien ressentis par la population, même avec de faibles magnitudes.
Source : INGV.

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Une crise sismo-volcanique intense continue d’affecter les régions de l’Afar, au sud de l’Éthiopie, et d’Oromia, au nord, près des volcans Fentale et Dofan, dans le Grand Rift éthiopien. Au moins 2 personnes ont été blessées et des dégâts importants ont été signalés aux habitations, aux dispensaires, aux écoles, aux routes et aux infrastructures essentielles.
La crise a commencé le 22 décembre 2024, avec une série de séismes modérés à forts dont les épicentres se trouvaient près des volcans Fentale et Dofan. L’événement le plus récent avait une magnitude de M4,4 le 12 janvier 2025.
En plus de la sismicité intense, la région a connu l’ouverture de grandes fissures dans de nombreux districts. Comme je l’ai indiqué précédemment, les fissures ont rendu inutilisable une importante pompe alimentant les terres agricoles. Le sol s’est affaissé en certains endroits et a intensifié les moments d’angoisse parmi la population locale. Plus de 60 000 personnes ont été évacuées de la région.
L’activité serait liée à une intrusion magmatique sous la surface.
Source : The Watchers.

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L’INETER indique qu’une hausse d’activité a été observée sur le Telica (Nicaragua) le 11 janvier 2025, avec de nombreuses émissions de gaz et de cendres qui ont atteint 150 m au-dessus du sommet et ont continué au cours des trois jours suivants.
Le volcan a connu 4 petites explosions et projeté des cendres et du gaz le 14 janvier, ainsi que des fragments de roche qui ont dévalé les pentes du volcan sur une cinquantaine de mètres.
L’INETER explique que les émissions peuvent se poursuivre dans les heures ou les jours à venir. Le risque de colonnes de cendres plus importantes et de retombées de cendres dans les localités voisines reste présent. Il est conseillé à la population de couvrir leurs réserves d’eau et de nourriture et d’éviter de s’approcher ou de grimper sur le volcan.

 

Vue du Telica le 14 janvier 2025 (Source : INETER)

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Le 15 janvier 2025, vers 9 h 15 (heure locale), l’éruption du Kīlauea (Hawaï) dans la caldeira sommitale a repris du service avec une petite coulée de lave émise par la bouche la plus au nord, après un petit épisode de spattering. Vers 9 h 55, des fontaines de lave ont commencé à jaillir, ce qui a intensifié l’activité des coulées. Le 15 janvier, les fontaines atteignaient une centaine de mètres de hauteur au niveau de la bouche nord et une cinquantaine de mètres sur la bouche sud.
Cet événement marque le début du quatrième épisode de l’éruption sommitale en cours. 
Source : HVO.

 

Image webcam de l’activité le 15 janvier 2025

Image webcam de l’activité le 17 janvier 2025

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Weak to moderate steam and gas plumes with traces of volcanic ash continue at White Island (New Zealand). The Alert Level remains at 2 while the Aviation Color Code has been raised to Orange because of the ash content observed in the plumes.

Source : GNS.

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A strong eruption at Ibu (Indonesia) produced lava fountains reaching hundreds of meters and ash plumes rising to 5.5 km above sea level on January 11th, 2025. Volcanic lightning was observed (see photo above), as well as the growth of an active lava dome. The process has resulted in the advancement of lava flows on the northern flank of the volcano.The Aviation Color Code remains at Orange following an upgrade to Red on January 11th for a brief time.

The authorities have maintained the volcano’s Alert Level at 3 and advised residents to avoid the 4.5 km radius around the summit.

Following this increase in activity, authorities have decided to evacuate about 3,000 residents in five villages. Many residents had already gathered in a village hall, ready for evacuation.

Source : PVMBG, Magma Indonesia

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In anticipation for the next eruption on the Reykjanes peninsula (Iceland) , earthen dams that are used to divert the lava are being raise up to nine metres, stretching from Grindavíkurvegur down to the Blue Lagoon..

Some scientists believe the next eruption in Reykjanes could come later this month or in early February. As far as I’m concenered, I rather expect the next eruption by mid-February.

The main goal of the defense walls is to protect the Blue Lagoon and the Svartsengi power plant. Their destruction would pose real problems.

The workers at the earthen dams are in a race against time. They have been working around the clock and have thus far managed to move some 60,000 cubic metres of material. These dams have proven essential to keeping lava from doing maximum damage. Naturally, lava will arise where it wants to, but the planning behind these walls has so far proven extremely accurate.

Source : Icelandic news media.

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A new seismic swarm began in the Campi Flegrei area (Italy) at 07:58 (local time) on January 13th, 2025. INGV reported the strongest event in the sequence having a magnitude M1.2 ± 0.3 with a total of 95 localized earthquakes recorded so far. The depths of the earthquakes ranged between 0.2 km and 3.1 km.

Such events are common in seismically active regions like Campi Flegrei. However, their shallow nature can lead to increased felt intensity, even at low magnitudes.

Source : INGV.

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An intense seismo-volcanic crisis is still affecting Ethiopia’s southern Afar and northern Oromia regions near the Fentale and Dofan volcanoes in the Main Ethiopian Rift. As a result, at least 2 people have been injured and significant damage to homes, health centers, schools, roads, and critical infrastructure has been reported.

The crisis started on December 22nd, 2024, with a series of moderate to strong earthquakes centered near Fentale and Dofan volcanoes. The most recent event had a magnitude M4.4 on January 12th , 2025..

In addition to intense earthquakes, the region has witnessed large cracks in numerous districts. As I put it previously, the cracks have rendered an important water pump supplying agricultural fields inoperable. The ground in some areas has sunk and intensified fears among the local population. More than 60 000 people have been evacuated the region.

The activity is believed to be linked to magma intrusion beneath the surface.

Source : The Watchers.

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INETER indicates that an increase in activity was observed at Telica (Nicaragua) on January 11th, 2025, with multiple gas and ash emissions reaching 150 m above the summit and continuing over the next three days.

The volcano experienced 4 small explosions and ejected ash and gas on January 14th, together with rock fragments that traveled about 50 meters along the volcano’s slopes.

INETER warns of the possibility of continued emissions in the coming hours or days. The potential for larger ash columns and falling ash in nearby communities persists. Residents are advised to cover water and food supplies, and avoid approaching or climbing the volcano.

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Around 9:15 a.m. (local time) on January 15th, 2025, the eruption of Kīlauea (Hawaii) within the summit caldera resumed with a small lava flow exiting the north vent, following low-level continuous lava spattering. Around 9:55 a.m., low-level lava fountaining started with more rigorous lava flow activity.

This event marks the beginning of the fourth episode of the ongoing summit eruption. By 9:50 a.m., lava flow activity increased, and lava fountaining began around 9:55 a.m. On January 15th, lava fountain heights reached 90 to 100 meters from the north vent and 40 to 50 meters from the south vent.

Source : HVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Et si une super éruption se produisait aujourd’hui ? // What if a super eruption occurred today ?

Dans la conclusion de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que ce que je crains le plus aujourd’hui, c’est l’éruption d’un super volcan, autrement dit une éruption qui produirait plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. Il existe des exemples de telles éruptions dans le passé : Long Valley et Yellowstone aux États-Unis, Taupo en Nouvelle-Zélande ou Toba en Indonésie. Sans aller aussi loin dans le volume de matériaux émis, une éruption comme celle du Tambora en 1815 serait une catastrophe pour notre société moderne.

Image satellite de la région du Toba (Source: NASA)

L’éruption du Tambora en avril 1815 est la plus puissante observée dans l’histoire moderne. Elle a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). Les panaches éruptifs ont atteint une altitude de plus de 40 kilomètres. L’éruption a expulsé 100 kilomètres cubes de cendres, de ponces et d’aérosols ainsi que 60 mégatonnes de soufre. Avec les aérosols de SO2 dans l’atmosphère, moins de lumière solaire a atteint la surface de la Terre, et l’année 1816 a été appelée « l’année sans été » car la température moyenne de la planète a diminué de 0,53 °C. L’éruption initiale a tué 10 000 habitants. Les décès régionaux dus à la famine et aux maladies ont totalisé 80 000 personnes. La production agricole a été réduite et la famine a frappé le monde. Une pandémie de choléra a balayé le monde, faisant d’innombrables victimes.

Timbre indonésien commémorant les 200 ans de l’éruption de 1815.

Des siècles plus tard, la menace d’une éruption similaire reste présente. Les scientifiques affirment qu’une éruption majeure est inévitable, la seule question est de savoir quand elle se produira.
Selon un climatologue de l’Université de Genève, les preuves géologiques indiquent une probabilité de un sur six qu’une éruption volcanique dévastatrice se produise au cours de ce siècle. Cette fois, cependant, les conséquences seraient bien plus graves qu’en 1815. Le monde est désormais beaucoup plus peuplé et aux prises avec une crise climatique qui s’aggrave. Le climatologue a déclaré que l’humanité ne dispose actuellement d’aucun plan spécifique pour faire face à un événement aussi catastrophique.
Les éruptions volcaniques libèrent un mélange de matériaux et de gaz, notamment du dioxyde de carbone (CO2), qui réchauffe la planète. Cependant, la quantité de dioxyde de carbone émise par les volcans est nettement inférieure à celle produite par les activités humaines telles que la combustion de combustibles fossiles. Si le dioxyde de carbone est une préoccupation, les scientifiques se concentrent davantage sur l’impact d’un autre gaz volcanique : le dioxyde de soufre (SO2). Une puissante éruption volcanique peut éjecter du dioxyde de soufre de la basse atmosphère (la troposphère) vers la haute atmosphère (la stratosphère). Dans la stratosphère, le SO2 se transforme en minuscules particules d’aérosol qui renvoient la lumière du soleil dans l’espace, ce qui refroidit la Terre. Ces particules peuvent persister dans l’atmosphère pendant plusieurs années, comme on l’a vu à l’occasion de l’éruption du Pinatubo en 1991.
À l’heure actuelle, une éruption volcanique majeure présenterait des risques importants à court et à long terme. Environ 800 millions de personnes vivent à proximité de volcans actifs et sont confrontées à des conséquences potentiellement dévastatrices, y compris la destruction de villes entières. Par exemple, les Champs Phlégréens près de Naples, en Italie, pourraient constituer une menace grave pour le million d’habitants qui vivent autour du site volcanique.
Même une légère baisse de la température globale d’un degré Celsius peut avoir de graves conséquences régionales. Parmi les impacts, il y aurait des perturbations dans l’agriculture, une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et des perturbations sociétales à grande échelle. On imagine facilement l’impact qu’aurait une éruption du Yellowstone sur les Grandes Plaines des États Unis, le grenier à blé de ce pays.
Une éruption majeure, similaire à celle du Tambora, pourrait entraîner des pertes économiques de plus de 3,6 billions de dollars au cours de la première année de l’éruption. Contrairement à ce que pensent certains scientifiques, l’effet de refroidissement temporaire d’une éruption volcanique n’atténuerait pas les impacts permanents du réchauffement climatique. La planète finirait par revenir à sa tendance de réchauffement d’avant l’éruption.
Le site de la prochaine éruption majeure reste un mystère ; elle est susceptible de se produire n’importe où sur Terre. Les zones particulièrement exposées comprennent les régions volcaniques actives comme l’Indonésie et le Parc national de Yellowstone aux États-Unis.

Une chose est sûre: l’homme n’est pas en mesure d’empêcher ces méga éruptions. Certes, grâce aux progrès de la technologie, nous sommes mieux armés pour prévoir le déclenchement d’un tel événement. Une nouvelle éruption de la Montagne Pelée (Martinique) sera forcément moins meurtrière, mais la Montagne Pelée n’arrive pas à la cheville du Yellowstone en matière de puissance volcanique.

Prévoir une éruption ne signifie pas être capable d’y faire face. La surveillance de l’activité volcanique est essentielle, mais il faut voir plus loin. Les scientifiques nous expliquent qu’il faudrait planifier une telle catastrophe, mettre en place des plans d’évacuation des populations, ainsi que des protocoles de crise pour garantir un approvisionnement en nourriture et en eau potable. De telles mesures devraient être envisagées à l’échelle mondiale, en coordonnant les efforts entre les États. Quand on voit l’inefficacité des COP pour lutter contre le réchauffement climatique, la partie est loin d’être gagnée en matière de gestion d’une éruption cataclysmale.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Yellowstone site de la prochaine super éruption? (Photo: C. Grandpey)

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In the conclusion of my conference « Volcanoes and volcanic hazards », I explain that what I fear most today is the eruption of a supervolcano. This means an eruption that produced more than 1,000cubic kilometers of materials. We have examples of such eruptions in the past : Long Valley and Yellowstone in the United States, Taupo in New Zealand, or Toba in Indonesia. Without going that far, an eruption like Tambora in 1815 would be a disaster for our modern society.

The Tambora eruption in April of 1815 is the largest observed eruption in recorded history. It reached level 7 on the volcanic explosivity index (VEI). Plumes from the eruption eached an altitude of more than 40 kilometers. The eruption expelled 100 cubic kilometers of ash, pumice, and aerosols into the air along with 60 megatons of sulfur. With the SO2 aerosols in the atmosphere,less sunlight reached Earth’s surface, and the year 1816 was called the “year without a summer” because the average global temperature was reduced by 0.53° C. The initial eruption killed 10,000 locals. Regional deaths due to starvation and disease totaled 80,000 people. In agriculture, crop production failed, and famine gripped the world. A cholera pandemic swept across the globe, claiming countless lives.

Centuries later, the threat of another similar eruption looms. Scientists assert that a massive eruption is inevitable, the question is solely when it will occur.

According to a climate expert at the University of Geneva, geological evidence indicates a 1-in-6 probability of a devastating volcanic eruption occurring within this century. This time, however, the consequences would be far more dire than in 1815. The world is now significantly more populated and grappling with the escalating climate crisis. The climatologist stated that humanity currently lacks any specific plan to address such a catastrophic event.

Volcanic eruptions release a mixture of materials, including planet-warming carbon dioxide (CO2). However, the amount of carbon dioxide emitted by volcanoes is significantly less than that produced by human activities such as burning fossil fuels. While carbon dioxide is a concern, scientists are more focused on the impact of another volcanic gas: sulfur dioxide (SO2). A powerful volcanic eruption can eject sulfur dioxide from the lower atmosphere (the troposphere) into the upper atmosphere (the stratosphere). Up in the stratosphere, SO2 turns into tiny aerosol particles that bounce sunlight back out into space, which makes the Earth cooler. These particles can persist in the atmosphere for several years.

In today’s time, a massive volcanic eruption would pose significant immediate and long-term risks. Roughly 800 million people reside within proximity to active volcanoes, facing the potential for devastating consequences, including the destruction of entire cities. For instance, the Phlegraean Fields near Naples, Italy, show signs of activity and could pose a severe threat to the one million inhabitants around the volcanic site.

Even a minor global temperature drop of 1 degree Celsius can have severe regional consequences. These impacts could include disruptions to agriculture, increased extreme weather events, and widespread societal disruption

A major eruption, similar to Tambora, could result in economic losses of over $3.6 trillion in the first year of the eruption. Contrary to what some scientists think, the temporary cooling effect of a volcanic eruption would not mitigate the ongoing impacts of global warming. The planet would eventually return to its pre-eruption warming trend.

The location of the next massive eruption remains uncertain, with the potential for it to occur anywhere on Earth. Areas of particular concern include volcanically active regions like Indonesia and Yellowstone National Park in the US.

One thing is certain: we are not able to prevent these mega eruptions. Of course, thanks to advances in technology, we are better equipped to predict the triggering of such an event. A new eruption of Mount Pelée (Martinique) will necessarily be less deadly, but Mount Pelée does not come close to Yellowstone in terms of volcanic power.

Predicting an eruption does not mean being able to deal with it. Monitoring volcanic activity is essential, but we should look further ahead. Scientists tell us that we should plan for such a disaster, put in place population evacuation plans, as well as crisis protocols to guarantee a supply of food and drinking water. Such measures should be considered on a global scale, by coordinating efforts between States. When we see the ineffectiveness of the COPs in combating global warming, the game is far from won in terms of managing a cataclysmal eruption.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegrean Fields (Italy)

Dans un note rédigée le 19 mai 2024, j’indiquais qu’un essaim sismique avait été enregistré dans la zone des Champs Phlégréens à 04h06 (UTC) le 18 mai 2024. Entre 04h06 et 05h30, l’INGV avait enregistré 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8, à des profondeurs comprises entre 2,3 et 2,8 km.

Dans cette même note, je rappelais qu’un essaim sismique comprenant 64 événements avait déjà secoué la région en début de matinée le 26 septembre 2023. Certaines secousses avaient des magnitudes allant jusqu’à M 4,2, avec des épicentres localisés dans la région de l’Académie-Solfatare (Pouzzoles) et dans le Golfe de Pouzzoles.

Le lundi 20 mai 2024, un nouvel essaim sismique comprenant 150 événements a secoué la région des Campi Flegrei entre 19h51 et 00h31, sans faire de dégâts majeurs. Une secousse d’une magnitude de M 4,4, la plus puissante depuis 40 ans, a été enregistrée à 20h10 (heure locale), à 2,5 kilomètres de profondeur. Elle avait été précédée, quelques minutes plus tôt, par une secousse de M 3,5.

Il est fait état de « fissures » et de « chutes de corniches » tandis que des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le sol d’un supermarché jonché de bouteilles tombées des rayons à Pouzzoles. Par précaution, les écoles resteront fermées ce mardi 21 mai à Pouzzoles où des centres d’hébergement ont été ouverts pour accueillir les habitants paniqués. L’INGV n’exclut pas des répliques.

Dans ma note du 19 mai, je rappelais que le principal problème dans la zone des Champs Phlégréens est la densité de population. Plus de 500 000 habitants vivent dans les villes et villages autour de la caldeira de 13 km de diamètre à proximité de Naples et le long du Golfe de Pouzzoles,

Il est probable que cette sismicité est à liée à l’activité bradysismique qui affecte la région des Champs Phlégréens et se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Actuellement, le sol autour des Champs Phlégréens s’élève de 1,5 cm par mois. L’INGV rappelle que lors de la crise bradysismique de 1982-84 le soulèvement du sol a atteint 9 cm par mois, avec une sismicité incluant 1300 événements par mois. Environ 450 événements ont été enregistrés au cours du mois d’avril 2024.
Chaque fois que la terre tremble dans les Champs Phlégréens, on craint que se produise une éruption majeure. Comme je le rappelle fréquemment sur ce blog, l’anomalie d’un seul paramètre ne suffit pas pour prévoir une éruption. Or, pour le moment, l’INGV précise que les paramètres géochimiques « ne présentent pas de variations significatives par rapport aux tendances des derniers mois, hormis l’augmentation bien connue de la température et de la pression qui caractérise le système hydrothermal ».
Il n’y a donc pas à paniquer, mais la vigilance est de mise. En octobre 2023, dans les jours qui ont suivi l’essaim sismique et la secousse de M 4,2, le gouvernement italien avait décidé de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité de la population dans les villes et villages entourant les Campi Flegrei, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.

Source : INGV, presse italienne.

Source: Wikipedia

La Solfatara est la zone la plus sensible des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

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In a post written on May 19th, 2024, I indicated that a seismic swarm had been recorded in the Phlegrean Fields area at 4:06 a.m. (UTC) on May 18th, 2024. Between 4:06 a.m. and 5:30 a.m., INGV had recorded 16 earthquakes with magnitudes up to M 2.8, at depths between 2.3 and 2.8 km.
In this same post, I recalled that a seismic swarm comprising 64 events had already shaken the region in the early morning of September 26th, 2023. Some tremors had magnitudes of up to M 4.2, with epicenters located in the region. of the Academy-Solfatara (Pozzuoli) and in the Gulf of Pozzuoli.
On Monday May 20th, 2024, a new seismic swarm comprising 150 events shook the Campi Flegrei region between 7:51 p.m. and 12:31 a.m., without causing major damage. A tremor with a magnitude of M 4.4, the most powerful in 40 years, was recorded at 8:10 p.m. (local time), at a depth of 2.5 kilometers. It had been preceded, a few minutes earlier, by a tremor of M 3.5.
There are reports of “cracks” and “falling cornices” while videos posted on social networks show the floor of a supermarket littered with bottles fallen from the shelves in Pozzuoli. As a precaution, schools will remain closed this Tuesday, May 21st in Pozzuoli where accommodation centers have been opened to accommodate panicked residents. INGV does not exclude aftershocks.
In my note of May 19th, I recalled that the main problem in the Phlegrean Fields area is population density. More than 500,000 inhabitants live in towns and villages around the 13 km diameter caldera near Naples and along the Gulf of Pozzuoli,
It is probable that this seismicity is linked to the bradyseismic activity which affects the Phlegrean Fields and is characterized by a cyclical rise or fall in the Earth’s surface due to the filling or emptying of the magma chambers beneath the region. Currently, the ground around the Phlegrean Fields is rising by 1.5 cm per month. INGV recalls that during the bradyseismic crisis of 1982-84 the ground uplift reached 9 cm per month, with seismicity including 1300 events per month. Around 450 events were recorded during the month of April 2024.
Every time the earth shakes in the Phlegrean Fields, there is fear of a major eruption. As I frequently point out on this blog, the anomaly of a single parameter is not enough to predict an eruption. For the moment, INGV specifies that the geochemical parameters « do not present significant variations compared to the trends of recent months, apart from the well-known increase in temperature and pressure which characterizes the hydrothermal system ».
There is therefore no need to panic, but vigilance is required. In October 2023, in the days following the seismic swarm and the M 4.2 tremor, the Italian government decided to take a series of new measures intended to ensure the safety of the population in the towns and villages surrounding the Campi Flegrei, with in particular assessments of the solidity of buildings.
Source: INGV, Italian news media.

Champs Phlégréens : approche scientifique // Phlegrean Fields : scientific approach

Suite aux derniers événements observés dans les Champs Phlégréens, il m’a semblé intéressant de consulter les données scientifiques diffusées par l’INGV pour faire le bilan de la situation et voir si son évolution présente un sujet d’inquiétude.
A la lumière des données de suivi, il ressort :

SISMICITE : Au cours de la semaine du 2 au 8 octobre 2023, 104 séismes ont été détectés, avec une magnitude maximale de M 4,0±0,3. 44 événements ont été détectés au cours de deux essaims sismiques, le premier dans la zone Solfatara, Pisciarelli, Accademia ; l’autre dans le secteur Solfatara, Accademia. Les hypocentres se situent entre 0,44 et 2,99 km de profondeur.

S’agissant de la DEFORMATION DU SOL, phénomène bradysismique bien connu dans la région, depuis le mois de janvier 2023, le soulèvement maximal du sol est d’environ 15 ± 3 mm/mois. Au cours des deux dernières semaines, parallèlement à la hausse de l’activité sismique, il y a eu une accélération du soulèvement qui a aujourd’hui retrouvé les valeurs enregistrées précédemment en 2023. Le soulèvement enregistré à la station RITE GNSS est d’environ 109,5 cm depuis janvier 2011, dont 25,5 cm depuis janvier 2022.

On n’observe pas de variations significatives dans les PARAMETRES GEOCHIMIQUES par rapport aux données précédentes, tout en confirmant les tendances de hausse de la température et de la pressurisation du système hydrothermal, ainsi qu’une augmentation du débit des fluides émis.

Dans la zone de Pisciarelli (côté nord-est extérieur de la Solfatare), qui a connu ces dernières années les plus grandes variations dans le processus de dégazage, les émissions de CO2 du sol enregistrées en continu par la station FLXOV8 confirment les tendances enregistrées ces dernières années. En particulier, les émissions de CO2 n’ont pas varié ces derniers jours. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle principale de Pisciarelli a montré une valeur moyenne d’environ 95°C.

Dans la CONCLUSION de son rapport sur les Champs Phlégréens, l’INGV indique que « sur la base de l’image actuelle de l’activité volcanique décrite ci-dessus, aucun élément ne laisse entrevoir une évolution significative à court terme. » Toute modification des paramètres ci-dessus pourrait entraîner une évolution des scénarios de risques. .

Source : INGV.

Comme je l’écrivais précédemment, les variations observées dans la sismicité et la déformation du sol sont des phénomènes habituels dans les Champs Phlégréens. Les paramètres scientifiques doivent toutefois être étroitement contrôlés. La région, densément peuplée, repose à la surface d’un volcan actif dont les humeurs sont imprévisibles. S’il devait se réveiller pour de bon, il faudrait faire vite, très vite, pour mettre la population en sécurité.

Fumerolle de Pisciarelli (Source : INGV)

Vue d’ensemble de la Solfatara (Photo: C. Grandpey)

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Following the latest events observed in the Phlegrean Fields, it seemed interesting to me to consult the scientific data released by the INGV to assess the situation and see if its evolution presents a cause for concern.
In light of the monitoring data, it appears that :

SEISMICITY: During the week of October 2nd to 8th, 2023, 104 earthquakes were detected, with a maximum magnitude of M 4.0±0.3. 44 events were detected during two seismic swarms, the first in the Solfatara, Pisciarelli, Accademia area; the other in the Solfatara, Accademia sector. The hypocenters were between 0.44 and 2.99 km deep.

Regarding GROUND DEFORMATION, because of a well-known bradyseismic phenomenon in the region since January 2023, the maximum ground uplift is approximately 15 ± 3 mm/month. Over the last two weeks, alongside the increase in seismic activity, there has been an acceleration of the uplift which has today returned to the values previously recorded in 2023. The uplift recorded at the RITE GNSS station has been approximately 109.5 cm since January 2011, including 25.5 cm since January 2022.

No significant variations are observed in the GEOCHEMICAL PARAMETERS compared to previous data, while confirming the trends of increasing temperature and pressurization of the hydrothermal system, as well as an increase in the flow rate of emitted fluids.
In the Pisciarelli area (outer northeast side of Solfatare), which in recent years has experienced the greatest variations in the degassing process, CO2 emissions from the soil recorded continuously by the FLXOV8 station confirm the trends recorded in recent years. In particular, CO2 emissions have not changed in recent days. The temperature sensor installed near the main fumarole of Pisciarelli showed an average value of around 95°C.

In the CONCLUSION of its report on the Phlegraean Fields, the INGV indicates that “based on the current picture of volcanic activity described above, there is no evidence to suggest a significant evolution in the short term. » Any modification of the above parameters could lead to an evolution of the risk scenarios. .
Source: INGV.

As I put it previously, the variations observed in seismicity and ground deformation are usual phenomena in the Phlegrean Fields. However, scientific parameters must be closely controlled. The densely populated region sits on the surface of an active volcano whose moods are unpredictable. If it were to wake up for good, authorities would have to act quickly, very quickly, to bring the population to safety.