Obama mécontente l’Alaska // Obama annoys Alaska

drapeau francaisComme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, les Américains ont été conditionnés par leurs gouvernements – surtout quand les Républicains étaient au pouvoir – à l’idée que le changement et le réchauffement climatiques sont le résultat d’un cycle naturel et que leurs industries, en particulier l’industrie pétrolière, ne sont pas responsables du phénomène.
Ces derniers mois, après les promesses de la COP 21, l’administration Obama a pris plusieurs décisions pour réduire l’impact de l’exploration pétrolière dans l’Arctique. L’administration envisage maintenant d’interdiction des forages en mer dans plusieurs zones de l’Océan Arctique au large de l’Alaska. Ce projet se situe dans le cadre d’un plan de gestion de l’industrie pétrolière jusqu’en 2022. Il a déclenché des vagues de colère dans l’État où le pétrole est depuis plusieurs décennies un pilier de l’économie alaskienne. Les habitants craignent que les récentes mesures visant à réduire l’exploration et l’exploitation pétrolière dans l’Arctique conduisent à un effondrement de l’économie de l’Alaska, avec une forte augmentation du chômage. Tant pis pour la fonte des glaciers !
La dernière proposition de l’administration Obama comprend plusieurs options relatives au forage en mer en Alaska: La proposition qui a le plus de chances d’aboutir prévoit une vente de bail unique dans chacune des zones suivantes : la mer des Tchouktches, la mer de Beaufort et Cook Inlet. Une autre option « ne comporte aucun renouvellement de bail et prévoit d’autres mesures visant à protéger les ressources naturelles et réduire les conflits avec d’autres utilisations de l’océan, comme les activités de subsistance. »
La décision de l’administration fait suite aux plans annoncés récemment par le Président Obama  et le Premier Ministre canadien Justin Trudeau dont le but est de donner la priorité à la protection de l’environnement en Arctique. Les deux hommes ont expliqué qu’ils n’autoriseraient les forages commerciaux dans l’Arctique que s’ils répondaient aux meilleures normes de sécurité et aux exigences environnementales, y compris les questions liées au changement climatique.
En janvier 2015, Obama avait déjà ordonné l’interdiction des forages dans certaines parties des mers de Beaufort et des Tchouktches. En décembre 2014, il avait mis un frein aux forages dans les eaux de la Baie de Bristol pour protéger les eaux de pêche.

Source: Alaska Dispatch News.

D’un point de vue politique, Obama ne risque pas grand chose. L’Alaska, Etat riche grâce à ses ressources pétrolières, a une tradition de vote républicain. Les récentes décisions de l’administration Obama ne risquent donc pas de faire trop d’ombre à la candidature démocrate d’Hillary Clinton. Mes contacts en Alaska m’ont indiqué qu’ils « s’attendaient au pire  » si Hillary Clinton devenait présidente des Etats Unis.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs I put it several times before, American people have been conditioned by their governments, above all when the Republicans were in office, to the idea that climate change and global warming are the result of a natural cycle and that their industries, especially the oil industry are not responsible for the phenomenon.

In recent months, following the promises of the Paris climate conference, the Obama administration has taken several decisions to reduce the impact of oil exploration in the Arctic. The administration is now considering barring offshore drilling in more areas of the Arctic Ocean off Alaska as part of a years-long effort to establish a plan for the oil industry through 2022. The prospect of this decision has triggered waves of anger in the State where oil has been a backbone of the economy for several decades. There are fears that the recent measures to reduce oil exploration and exploitation in the Arctic might lead to a fall of the Alaskan economy together with a strong increase in unemployment. Let’s forget the melting of the glaciers!

The latest proposal includes several options for Alaska offshore drilling: The lead proposal would consider a single lease sale each in the Chukchi Sea, Beaufort Sea and Cook Inlet planning areas. An alternative option “includes no new leasing, as well as other measures to protect natural resources and reduce conflicts with other ocean uses, such as subsistence activities.”

The move follows President Barack Obama’s recently announced plans to focus on protecting the Arctic environment, along with Canadian Prime Minister Justin Trudeau. Obama and Trudeau said they would allow commercial drilling in the Arctic only if it meets the highest possible safety and environmental standards — including issues related to climate change.

In January 2015, Obama ordered prohibitions on drilling in portions of the Beaufort and Chukchi seas. The previous month, the president restricted drilling in waters of Bristol Bay to protect fishing waters.

Source: Alaska Dispatch News.

From a political standpoint, Obama does not risk much. Alaska, a State rich with oil resources, regularly votes Republican. Recent decisions of the Obama administration are therefore unlikely to make too much shade for the Democratic nomination of Hillary Clinton. My contacts in Alaska told me that they « expected the worst » if Hillary Clinton became President of the United States.

Oleoduc

L’oléoduc trans-alaskien, colonne vertébrale de l’économie de cet Etat.

(Photo: C. Grandpey)

Prévention sismique en Alaska: il reste beaucoup à faire // Insufficient seismic prevention in Alaska

drapeau-francaisLorsque la Maison Blanche a tenu un sommet sur la préparation aux séismes la semaine dernière, l’Alaska était aux abonnés absents. Le 49ème Etat n’a pas été convié, même si les 10 séismes les plus puissants aux États-Unis ont été enregistrés en Alaska, et même si les habitants d’Anchorage venaient de subir une secousse de M 7.1 la semaine précédente.
Cependant, il convient de noter que, même si l’Alaska n’a pas été invité à participer au sommet, le bureau du gouverneur a contacté la Maison Blanche et demandé à participer aux futures réunions traitant de la préparation aux séismes.
La raison la plus importante de cette absence à la Maison Blanche est que l’Etat d’Alaska n’est pas prêt. Son réseau sismique aurait besoin d’être modernisé pour pouvoir prétendre à un système d’alerte précoce.
Le Japon est la référence dans ce domaine. Dans le pays, les portes des casernes de pompiers sont connectées à des capteurs et s’ouvrent automatiquement. Les trains ralentissent automatiquement pour éviter les déraillements. Les usines peuvent arrêter de fonctionner ou désactiver les conduites de gaz. Pendant le séisme de M 9 qui a secoué le Japon en 2011, une alerte a été émise et les trains à grande vitesse qui roulent à plus de 320 km/heure ont ralenti, évitant tout déraillement.
L’Alaska ne possède pas le type d’infrastructure nécessaire qui permettrait de mettre en place un système d’alerte précoce efficace. Contrairement à la Californie et à l’Etat de Washington, les équipements de détection alaskiens ne répondent pas aux normes nationales.
Anchorage est certainement l’une des villes qui devraient déployer en priorité un système d’alerte. En outre, il devrait y avoir suffisamment de stations de détection à travers l’Alaska, ainsi que des sismomètres et des systèmes informatiques performants capables de diffuser un message dès que la terre commence à trembler.
Aucune estimation du coût de l’extension de la surveillance sismique n’a été formulée pour Anchorage, Las Vegas ou d’autres villes sujettes aux séismes, mais qui ne font pas partie des projets de systèmes d’alerte précoce à l’échelle nationale. Le respect des normes officielles coûterait probablement à l’Alaska quelque 7 millions de dollars par an. Il faudrait déjà que l’Etat réponde aux normes du système sismique national, ce qu’il ne fait pas. En ce moment, la National Science Foundation conduit un programme de 40 millions de dollars, avec l’installation de 260 capteurs à travers l’Alaska, à des fins de recherche. Le problème est que ces capteurs seront retirés dans cinq ans, sauf si l’Etat peut trouver de l’argent pour les acheter et les entretenir, au moins dans certaines régions.
Adapté d’un article du journal Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisWhen the White House held a summit on earthquake preparedness last week, Alaska was conspicuously absent. Nobody invited Alaska, even though the 10 largest earthquakes in the United States have been in Alaska and even though the residents of Anchorage had just felt an M 7.1 event the week before.
However, it should be noted that, even if the state of Alaska was not invited to participate in the White House meeting, the governor’s office has been in touch with the White House to express interest in participating in any future earthquake preparedness efforts.
The most important reason for this absence is that Alaska is simply not ready. Its seismic network would need considerable upgrading to be at a position where it could contemplate an early warning system.
Japan is the reference as far as warning systems are concerned: Firehouse doors connected to sensors open automatically. Trains automatically slow down to prevent derailments. Factories can halt operations or turn off gas lines. During Japan’s M 9 earthquake in 2011, the alert went out and bullet trains travelling more than 320 km per hour slowed, avoiding derailment.
Alaska doesn’t have the kind of infrastructure onto which it could build an efficient early warning system. Unlike California and Washington, the state’s detection equipment is not up to national standards.
Anchorage is certainly one of the cities that would need future deployment of an alert system. Besides, there should be enough sensor stations across the state, as well as seismometers and computer systems that operate without any delay, to get the message out when the earth starts moving.
No cost estimate is available yet for expanding earthquake monitoring to Anchorage, Las Vegas or other earthquake-prone cities that are not part of the current plans for early warning systems. Meeting national standards would probably cost Alaska about 7 million dollars annually. But that’s if the state already met the standards of the Advanced National Seismic System, which it doesn’t. Currently, the National Science Foundation is carrying out a $40 million program installing 260 sensors across Alaska for research purposes. The problem is that these sensors will be removed in five years unless the state can find the money to buy and maintain them, at least in part of the state.
Adapted from an article in Alaska Dispatch News.

Seisme anchorage

Sismogramme du séisme de mars 1964 à Anchorage (Source: IRIS)

La fonte inquiétante de la glace de mer // The worrying melting of the sea ice

drapeau-francaisJe n’insisterai jamais assez sur ce qui se passe dans les régions arctiques, où la fonte de la glace de mer et des glaciers est en train de devenir une catastrophe pour la planète. J’ai pu observer à plusieurs reprises la situation de mes propres yeux et les articles qui paraissent régulièrement dans les journaux de l’Alaska ne font que confirmer que l’avenir est très sombre. J’aurai l’occasion de donner plus de preuves de la fonte des glaciers cet été quand je reviendrai d’Alaska.
S’agissant de la glace de mer* arctique, l’eau de l’océan continue normalement à geler pendant tout l’hiver, avec une couche de glace qui atteint son maximum juste avant la fonte qui commence au printemps, mais pas cette année ! Nous sommes dans la quatrième semaine de février et cela fait deux semaines que la glace de mer a cessé de progresser. Selon le National Snow and Ice Data Center dans le Colorado, la surface couverte par la glace de mer – autrement dit, les zones où la couverture de glace représente au moins 15 pour cent – a atteint un maximum hivernal de 14,2 millions de kilomètres carrés le 9 février, et n’a pas progressé depuis cette date. Si la situation n’évolue pas, les relevés du 9 février établiront un double record. Ce serait à la fois la fonte de glace la plus précoce et la plus faible quantité jamais observée.
Jusqu’à présent, le minimum hivernal de glace de mer depuis le début des observations satellitaires en 1979 a été atteint le 25 février 2015, avec une étendue de glace de 14,54 millions de kilomètres carrés. Le premier maximum hivernal avait été atteint le 24 février 1996. Normalement, la glace de mer atteint son étendue maximale au début ou au milieu du mois de mars; entre 1981 et 2010, le maximum était atteint en moyenne le 12 mars.
Il est encore trop tôt pour affirmer que de nouveaux records ont été établis. L’hiver n’est pas terminé et la glace pourrait se reformer si les conditions météorologiques changent et que cesse la douceur hivernale actuelle dans l’Arctique. Cependant, même si la glace recommence à se former cet hiver, ce sera seulement une couche mince qui disparaîtra rapidement dès que la saison de fonte aura commencé.
L’absence la plus flagrante de glace de mer cet hiver se trouve dans la partie atlantique, près de l’île norvégienne du Svalbard. La glace s’est faite également discrète dans la mer de Béring et dans certaines zones du Pacifique.

* L’expression « glace de mer » fait référence à la glace qui se forme au cours de chaque hiver à la surface de l’océan. Contrairement à la banquise qui est permanente, la glace de mer disparaît au début du printemps.

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisI will never insist enough about what is happening in Arctic regions where the melting of the sea ice and the glaciers is turning into a disaster for the planet. I could see the situation with my own eyes and the articles that regularly appear in the Alaskan newspapers do confirm that the future will be quite dark. I will have the opportunity to give more evidence of the melting of Alaskan glaciers in the summer.
As far as the Arctic sea ice* is concerned, the ocean water normally keeps freezing through the entire winter, creating ice that reaches its maximum extent just before the melt starts in the spring. Not this year ! We are in the fourth week of February and the sea ice has stopped growing for two weeks. Sea ice extent – the areas with at least 15 percent ice coverage – hit a winter maximum of 14.2 million square kilometres on February 9th, and has stalled since, according to daily reports from the National Snow and Ice Data Center in Colorado. If there is no more growth, the February 9th total extent would be a double record. It would be both the earliest melt and the lowest maximum ever observed.
Up to now, the lowest winter ice-extent maximum in the satellite record dating back to 1979 was hit last year, when ice extent reached 14.54 million square kilometres on February 25th. The earliest seasonal winter maximum was reached in 1996, on February 24th. Normally, ice extent reaches its maximum in early or mid-March; between 1981 and 2010, the average maximum date was March 12th.
It might be too early to affirm that new records have been established. Winter is not over yet and the ice might come back if weather conditions change from what has been a pattern of unusual Arctic warmth. However, even if ice starts growing again this winter, that will be only thin ice that disappears quickly once the melt season starts.
The most notable lack of winter ice has been on the Atlantic side, near Norway’s island of Svalbard. Ice is also low for this time of year in the Bering Sea and Pacific regions.

* Sea ice refers to the ice that forms during every winter at the surface of the ocean. Contrary to the icefield which is permanent, sea ice disappears at the beginning of spring.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique, encore et toujours! // Global warming, again and again!

drapeau-francaisA propos du changement et du réchauffement climatiques, les températures moyennes du mois de janvier à Anchorage (Alaska) étaient de 5 degrés Celsius au-dessus de la normale et celles de la première moitié de février étaient d’environ quatre degrés Celsius supérieures à la normale. En janvier, selon les statistiques du Service National de Météorologie, l’épaisseur de neige atteignait seulement 10 pour cent de la normale.
Selon ce même National Weather Service, El Nino qui a été très puissant, même s’il a perdu de sa force à son point d’origine dans les régions tropicales du Pacifique occidental, envoie encore la chaleur vers l’Amérique du Nord et du Sud.
Source : Alaska Dispatch News.
Il convient de noter que, comme d’habitude, les services météorologiques des Etats-Unis ne mentionnent pas le rôle joué par l’effet de serre provoqué par les activités industrielles et humaines. La plupart des Américains ont été conditionnés par leur gouvernement à l’idée que le changement climatique est provoqué par des cycles climatiques naturels, mais surtout pas par les activités humaines !

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drapeau anglaisStill about climate change and global warming, average temperatures for January in Anchorage (Alaska) were 5 degrees Celsius above normal and those for the first half of February were about four degrees Celsius above normal. January snow depth was only 10 percent of normal, according to National Weather Service statistics.
According to the national Weather Service, the powerful El Nino pattern, though losing its strength at its point of origin in the tropics of the western Pacific, is still funnelling heat to North and South America.
Source: Alaska Dispatch News.
It should be noted that, as usual, the U.S. Weather Service does not mention the role played by industrial or human-related greenhouse gases. Most Americans have been conditioned by their government that climate change is caused by natural climate cycles, NOT by human activities!