Les leçons du séisme de dimanche à Anchorage // The lessons of Sunday’s earthquake in Anchorage

drapeau-francaisLes sismologues en poste à Anchorage ont remarqué que le séisme de M 7.1 enregistré dimanche matin a secoué les quartiers de la ville de manière très inégale. Cette observation a pu être faite grâce à un vaste réseau de sismographes installés dans toute la ville. Il a été conçu il y a près de 20 ans, installé il y a une décennie et vraiment testé pour la première fois dimanche dernier.
Les instruments montrent que certains quartiers d’Anchorage ont ressenti le séisme de dimanche aussi fortement qu’en 1964. Toutefois, le tremblement de terre de1964 a causé beaucoup plus de dégâts, avec des mouvements du sol beaucoup plus importants et une durée beaucoup plus longue. La secousse de 1964 a duré 4 minutes, un laps de temps suffisant pour liquéfier le sol dans certaines parties de la ville. En revanche, le séisme de dimanche matin a duré seulement 10 à 15 secondes.
Les sismologues savent depuis longtemps que la partie E d’Anchorage a des sols plus résistants et donc plus susceptibles de faire face à des séismes. Par contre, le secteur O de la ville repose sur une couche d’argile très sensible aux séismes et qui peut se liquéfier en cas de secousses très fortes.
Après le séisme de 1964, les ingénieurs et les géologues ont déconseillé la reconstruction de certaines zones de la ville où les sols argileux s’étaient effondrés au cours des glissements de terrain qui avaient emporté des bâtiments. Ils ont réussi à limiter le développement urbain dans des zones à risque de glissement de terrain où le gouvernement fédéral a financé un important projet de stabilisation. Mais les autorités locales n’ont pas toujours écouté les scientifiques et elles ont autorisé la reconstruction dans d’autres secteurs. Ainsi, dans le quartier de Turnagain, où des dizaines de maisons se sont effondrées dans des fractures, ou ont terminé leur course dans l’océan en 1964, de nouvelles maisons, des routes et des services publics ont été construits sur leurs ruines. Plusieurs sismologues ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas de vivre dans ces maisons et qu’ils éviteraient de fréquenter certains bâtiments du centre-ville.
Dans les années 1990, il y a eu un projet visant à installer un réseau d’instruments à Anchorage afin de montrer comment le sol peut avoir un comportement différent selon les endroits. Il était prévu qu’un réseau de 40 sismographes fonctionnerait en continu dans les services d’incendie, dans le sous-sol, dans les zones élevées et dans les parcs, etc. Le financement et l’installation de ce réseau ont pris de nombreuses années. Il a fallu ensuite attendre l’événement sismique qui permettrait d’activer les capteurs de mouvements du sol et de fournir des données détaillées. Cet événement s’est produit dimanche !
L’information donnée par les capteurs permettra de valider les modèles que les ingénieurs utilisent pour concevoir des bâtiments dans un pays exposé aux séismes. Les données pourraient également permettre aux scientifiques de répartir les sols en différentes catégories à travers Anchorage en fonction de leur capacité à accélérer les secousses sismiques. Ces informations pourraient définir des normes de construction dans des zones étroitement définies.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisSeismologists in Anchorage noticed that Sunday morning’s M 7.1 earthquake shook the town neighbourhoods with vastly different force.
This observation could be made thanks to the best urban seismograph network in Alaska, conceived almost 20 years ago, installed a decade ago and receiving its definitive test Sunday.
The instruments show that Sunday some parts of Anchorage experienced a shaking probably as high as during the massive 1964 earthquake that transformed the region. But the 1964 did vastly more damage with massively greater motion and much longer duration. The rupture in 1964 lasted 4 minutes, long enough to liquefy ground in Anchorage. The latest quake lasted only 10 to 15 seconds.
Experts have long known that the east side of Anchorage generally has stiffer soils and bedrock that resist shaking. The west side of town rests on a layer of clay that shakes readily and can turn to liquid with enough shaking.
After the 1964 earthquake, engineers and geologists tried to prevent rebuilding of some areas of the city where clay soils collapsed into slides that took down buildings. The experts succeeded in limiting development on some of the slides where the federal government paid for a massive stabilization project. But the city overruled the experts to allow rebuilding in other areas. In Turnagain, where scores of houses fell into cracks or sank into the ocean, new houses, roads and utilities were built over their ruins. Earthquake experts declared they would not live in those homes and they avoid some buildings downtown.
In the 1990s, there was a project to set up a system of instruments in Anchorage that would show how the ground moves differently over our varied soils. A thick network of 40 seismographs would operate continuously in fire houses, underground in drill holes, in high rises and parks, and elsewhere. The network took many years to fund and build. Then came the long wait for the kind of large earthquake that could activate the strong-motion sensors and give detailed data.
That moment came Sunday.
The information will help validate models that engineers use to design buildings in earthquake country. With extensive study, the data could also allow scientists to designate soils in different areas around town according to how they accelerate seismic shaking. That information could determine building design standards in closely defined zones.
Source : Alaska Dispatch News.

Le séisme de dimanche en Alaska // The Sunday earthquake in Alaska

drapeau-francaisLa partie sud-ouest de l’Alaska a été secouée par un violent séisme de magnitude M 7.1 aux premières heures du dimanche 24 janvier 2016, avec la destruction de quatre maisons sur la péninsule de Kenai et un mouvement de panique dans toute la région. Le séisme s’est produit à 1h30 (heure locale) sur la rive ouest de Cook Inlet, à environ 105 km à l’ouest de Homer et à environ 260 km au sud-ouest d’Anchorage, à une profondeur de 120 km. Il a duré une trentaine de secondes et a été ressenti jusqu’à Juneau et Fairbanks.
Le séisme a fait tomber des articles des étagères dans plusieurs magasins et a secoué les bâtiments dans toute région. Il n’y a pas eu de blessés. Des pannes de courant ponctuelles ont été signalées.
La péninsule de Kenai a subi l’essentiel des dégâts. Plusieurs heures après le séisme, des équipes de pompiers étaient encore sur les lieux d’une fuite de gaz qui avait provoqué des explosions et déclenché plusieurs incendies dans la région de Lilac Lane. Le risque d’autres fuites de gaz a incité les autorités à évacuer les habitants le long de plusieurs routes de la région et à mettre en place un abri temporaire dans la structure de la Garde nationale.
Le séisme a ouvert une fissure importante dans la Kalifornsky Beach Road, près de Kasilof. La route est devenue une attraction pendant la journée de dimanche, avec de nombreux badauds venus prendre des photos des fissures dans la chaussée. La route a été partiellement fermée et réduite à une voie, avec condamnation des endroits où la chaussée s’était effondrée.
Une série de répliques a suivi le séisme, avec un événement de M 4,7 enregistré environ quatre heures après le séisme initial et ressenti à Anchorage. Le Service d’incendie d’Anchorage a enregistré de nombreux appels concernant des odeurs de gaz, des systèmes d’alarme qui se sont déclenchés, des conduites d’eau rompues, etc., mais la police n’a pas fait état de dégâts vraiment importants.
De nombreux habitants ont déclaré que c’était le plus fort séisme qu’ils avaient ressenti depuis des décennies en Alaska.
Source: Anchorage Dispatch News.
Les séismes sont fréquents en Alaska. Ils sont le résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. Il convient de noter que le séisme s’est produit dans une zone non loin de volcans actifs comme l’Illiamna, le Redoubt et l’Augustine. Bien que le lien entre séismes et éruptions volcaniques n’ait jamais été clairement établi, il sera intéressant d’observer le comportement de ces volcans dans les prochaines semaines.
En cliquant sur ce lien, vous verrez une série de photos mise en ligne par l’Anchorage Dispatch News avec, en particulier, les fractures sur la Kalifornsky Beach Road :
http://www.adn.com/article/20160124/strong-earthquake-felt-throughout-southcentral-alaska

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drapeau anglaisSouthcentral Alaska was rocked by a strong and prolonged M 7.1 earthquake early Sunday January 24th 2016, destroying four homes on the Kenai Peninsula and causing panic throughout the region. The quake struck at 1:30 a.m (local time) on the west side of Cook Inlet, about 105 km west of Homer and about 260 km southwest of Anchorage, at a depth of 120 km. It was felt from Juneau to Fairbanks.
The quake knocked items off shelves and walls and shook buildings throughout the region. There were no immediate reports of injuries. Isolated power outages were reported throughout the region.
The Kenai Peninsula bore the brunt of the damage. Hours after the quake, Kenai Fire Department crews were still at the scene of a « gas leak/explosion » and several fires in the area of Lilac Lane. Concerns over continued gas escapement prompted officials to evacuate residents along several roads in the area and establish a shelter in the National Guard structure.
The quake opened a sizeable crack in the Kalifornsky Beach Road in the Kasilof area. The road became something of an attraction later Sunday as waves of people parked their cars and took photos of the massive cracks wrought in the pavement by the quake. The road was partly closed, reduced to one lane after blocking off the parts where the pavement collapsed.
A series of aftershocks followed the quake, including an M 4.7 event that struck about four hours after the initial quake and could be felt again in Anchorage. The Anchorage Fire Department reported it was « very busy with reports of gas odours, alarm systems sounding, broken water lines, etc. Anchorage police had no reports of major damage.
Facebook and Twitter users reported scattered power outages around the region from the quake, which continued for about 30 seconds.
Many residents said it was the strongest earthquake they’d felt in decades of living in Alaska.
Source: Anchorage Dispatch News.
Earthquakes are frequent in Alaska. They are the result of the subduction of the Pacific plate beneath the North-American plate. It should be noted that the earthquake struck in an area not far from active volcanoes like Mt Illiamna, Mt Redoubt and Augustine. Although the link between earthquakes and volcanic eruptions has never been clearly established, it will be interesting to observe the behaviour of these volcanoes in the coming weeks.
By clicking on this link, you will see a series of photos posted by the Anchorage Dispatch News; many of them show the fissures on the Kalifornsky Beach Road:
http://www.adn.com/article/20160124/strong-earthquake-felt-throughout-southcentral-alaska

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L’Illiamna et le Redoubt sont deux volcans près de l’épicentre du séisme

(Photos: C. Grandpey)

La COP 21 et le dilemme de l’Alaska // The Paris climate conference and Alaska’s dilemma

drapeau-francaisLe changement climatique anthropique ne se discute plus; c’est une réalité, avec des conséquences économiques, sociales et écologiques graves. Nous allons droit vers une augmentation moyenne de 5°C si nous ne faisons rien pour réduire émissions de gaz à effet de serre.
Comme les réunions de Buenos Aires, Kyoto et Copenhague, la COP 21 de Paris avait pour but de parvenir à un accord afin d’atténuer certains des effets du réchauffement climatique dans un avenir à court terme. S’il est ratifié, l’accord permettra de limiter l’augmentation de la température globale à 1,5°C. L’objectif est de parvenir à zéro émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans la seconde moitié du 21ème siècle. Des normes plus strictes pourront même être adoptées, vu que l’accord sera réévalué tous les cinq ans.
Il est possible qu’une technologie soit développée pour extraire le carbone de l’air, mais un tel projet reste futuriste. Dans un proche avenir, les seuls moyens d’atteindre des résultats significatifs seront de laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol ou bien de mettre en place une taxe carbone qui réduira considérablement les profits et donc la production d’énergie à base de carbone.
L’accord de Paris sera adopté si suffisamment de pays le signent le 22 avril 2016, représentant ensemble 55% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ces nations comprennent la Chine et les Etats-Unis qui sont les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Les États-Unis ont déjà signé l’accord car l’administration Obama a astucieusement considéré l’accord comme une extension de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques que le Sénat américain avait ratifiée en 1992. S’il s’était agi d’un nouveau traité, il aurait eu besoin d’être ratifié par le Sénat, une éventualité peu probable étant donné le nombre important de climato-sceptiques dans cette institution !
L’Alaska est maintenant confrontée à un dilemme moral. Faut-il que l’État continue à investir massivement dans un gazoduc et encourage ses partenaires Exxon Mobil et ConocoPhillips à construire un réseau de gaz naturel qui pourrait se trouver limité par une taxe carbone dissuasive, ou qui pourrait même être inutilisable lorsque sa construction sera terminée? Ou bien faut-il que l’Alaska suive l’exemple de l’Arabie Saoudite et essaye de gagner le plus d’argent possible pendant qu’il est encore temps ?
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAnthropogenic climate change is no longer a matter of debate; it is a real phenomenon with severe economic, social and ecological consequences. We are headed for a 5°C average increase in global warming if we do nothing about greenhouse gas emissions.
Like the Buenos Aries, Kyoto and Copenhagen meetings, the Paris COP 21 was intended to reach an agreement to ameliorate some of the most severe climate-related effects of the foreseeable future. If ratified, the agreement will limit global average temperature increase to 1.5°C. The goal is to achieve zero net anthropogenic greenhouse gas emissions by the second half of the 21st century. Stricter standards indeed may be enacted, as the agreement will be reevaluated every five years.
It is possible that technology will be developed to extract carbon from air, although at this point it is futuristic. In the near future, the only ways to achieve meaningful climate change results is to either leave coal, gas and oil in the ground or enact a carbon tax that would severely reduce the profit and, hence, production of carbon-based energy.
The Paris agreement will be enacted if enough countries sign it to collectively represent 55% of current global greenhouse gas emissions by April 22nd 2016. That will include China and the U.S., the two largest emitters of greenhouse gases. The U.S. has already signed on because the Obama administration shrewdly framed the agreement as an extension of the United Nations Framework Convention on Climate Change, which the Senate ratified in 1992. As a new treaty, it would have needed to be ratified by the Senate, an unlikely event given the number of climate change deniers in that body.
Alaska now has a moral dilemma. Should we the State be spending massive dollars on a gas pipeline and encourage its corporate partners, Exxon Mobil and ConocoPhillips, to build a natural gas system that may well be restricted by a carbon tax or otherwise be inoperable by the time it is built? Should Alaska follow the example of Saudi Arabia and make money while it can?
Source : Alaska Dispatch News.

Oleoduc

Le pétrole et la pollution qu’il entraîne sont actuellement la clé de voûte de l’économie de l’Alaska.

(Photo: C. Grandpey)

Vers la mort du permafrost? // Will the permafrost die?

drapeau-francaisLes scientifiques du laboratoire du pergélisol de l’Université de l’Alaska à Fairbanks ont déclaré lors d’une conférence de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à San Francisco que le permafrost de la région de North Slope en Alaska se réchauffe beaucoup plus rapidement que prévu.
Dans les années 1980, la température annuelle moyenne de la couche supérieure du pergélisol dans cette région de l’Alaska située le long de l’Océan Arctique était de -8°C. Cette année, elle est de -3°C et des mesures récentes ont même révélé qu’elle s’approchait de 0°C, donc du niveau de dégel. Trois décennies de mesures dans la région de North Slope montrent que la température du pergélisol évolue de pair avec la température de l’air.
L’ampleur du dégel dans les prochaines années et le degré d’affaissement des sols dépendront du niveau du changement climatique pendant le reste du 21ème siècle. Les dernières projections montrent qu’une réduction des émissions de dioxyde de carbone pourrait sauver le pergélisol de North Slope. En conséquence, si les émissions de CO2 continuent d’augmenter au rythme actuel, le réchauffement généralisé du pergélisol va également augmenter de façon spectaculaire. Si l’on prend en compte le scénario proposé par le Representative Concentration Pathway (scénario RCP 8.5), considéré comme le modèle de référence, le résultat sera que sur plus des deux tiers de la région de North Slope d’ici la fin du siècle, la température annuelle moyenne à deux mètres de profondeur sera d’environ 0°C. Selon ce même scénario, de vastes étendues de terre resteront décongelées tout au long de l’année, avec un type de sol connu sous le nom de talik. En conséquence, le sol s’affaissera à grande échelle, souvent de plusieurs mètres sur de vastes surfaces.
Toutefois, si l’on se réfère au scénario RCP 4.5 – une projection qui suppose une stabilisation des émissions de carbone vers le milieu du 21ème siècle et un niveau inférieur de réchauffement de la planète en 2100 – le pergélisol resterait relativement stable. Certes, il y aurait encore des affaissements du sol, mais ils ne dépasseraient guère une vingtaine de centimètres.
Le réchauffement provoqué par les émissions mondiales de CO2 n’est pas le seul facteur à l’origine de la fonte du permafrost de North Slope. Le développement des champs pétrolifères – en particulier les couches de gravier utilisées lors des extractions – contribuent à accélérer son réchauffement. Pour l’industrie pétrolière, le dégel du permafrost et les affaissements de terrain qu’il induit représentent de nouveaux défis. Les prévisions faites par les compagnies pétrolières reposent sur d’anciennes évaluations du pergélisol, avec un sol froid et solide, ce qui n’est plus le cas. A l’avenir, l’industrie pétrolière devra faire face à de nouveaux problèmes avec le réchauffement du sol. Il existe des solutions d’ingénierie pour y remédier, mais elles seront de plus en plus coûteuses.
Au cours de la première décennie du 21ème siècle, le pergélisol couvrait 99% des cinq unités du National Park Service du nord de Alaska. En 2050, une époque où les températures dans cette partie de l’Alaska devraient être plus chaudes de 2°C que maintenant, 89% des terres devraient avoir du permafrost sous la surface de leur sol. À la fin du siècle, seules 36% de terres auront du pergélisol.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisScientists of the permafrost laboratory at the University of Alaska Fairbanks said at a conference of the American Geophysical Union annual meeting in San Francisco that North Slope permafrost in Alaska is warming far more rapidly than previously anticipated.
In the late 1980s, the mean annual temperature of the top layer of permafrost in that region of Alaska along the Arctic Ocean was -8°C. This year, it was -3°C, and has been even warmer and closer to the thaw level in some recent measurements. Three decades of records from the North Slope show that permafrost temperatures closely track air temperatures.
Just how much will thaw in the future, and how much ground will sink as a result of thaw, depends on the degree of climate change through the rest of the 21st century. New projections show that reductions in carbon dioxide could save North Slope permafrost. Should carbon emissions continue to rise at current rates, widespread warming of the permafrost will also increase dramatically. Under what is known as the Representative Concentration Pathway (RCP 8.5 scenario) – considered the reference model – the result will be that on more than two-thirds of the North Slope region by the end of the century, mean annual temperature at two meters’ depth will be about zero degrees Celsius. Under that scenario, large sections of land will be thawed throughout the year, a type of soil known as talik. Correspondingly, land over most of the area will slump, with large sections subsiding by several meters.
But under a scenario known as RCP 4.5 – a projection that assumes a leveling off of carbon emissions by about mid-century and a lower level of global warming through 2100 – the permafrost remains largely stable. There will be ground sinking across nearly all of the North Slope area under the RCP 4.5 scenario, but most of it will be no deeper than 20 centimeters.
The warming caused by global carbon emissions is not the only factor causing North Slope permafrost to warm and edge toward thaw. Oil field development – particularly gravel pads used for oil operators – exacerbates the warming of permafrost.
For the oil industry, the expected thaw and land slumping mean new challenges. Development to date was based on past permafrost conditions, with cold and solid ground. In the future, the industry will face problems as the ground warms. There are some engineering solutions to fix it, but these solutions will be more and more expensive
In the first decade of the 21st century, permafrost covered 99% of the five National Park Service units across northern Alaska. By 2050, a time when temperatures in that part of Alaska are expected to be 2 degrees Celsius warmer than now, 89% of the land is expected to have permafrost beneath the current active soil layer. By the end of the century, only 36% will have permafrost.
Source: Alaska Dispatch News.

Drunken-forest

Les « drunken forests », forêts ivres des hautes latitudes, sont les témoins de la fonte du permafrost. Les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé.  (Photo: C. Grandpey)