Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Un puissant épisode éruptif a débuté sur le volcan Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 17 avril 2022. Selon le VAAC de Darwin, le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 15 km d’altitude. Les images satellitaires acquises le 18 avril montrent que le panache de cendre s’était dissipé.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.
Plusieurs éruptions similaires ont déjà eu lieu à Manam les 8 et 9 mars 2022.

Episode éruptif sur l’île Manam (Source: NASA)

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L’éruption sommitale du Kīlauea (Hawaï) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave se répand sur le plancher du cratère à partir d’une bouche dans la partie ouest du cratère. Elle s’écoule également à partir d’ouvertures à la base de la paroi N-NE du cratère, et d’une plus petite ouverture à la base de la paroi sud.
Source : HVO.

Image thermique montrant l’activité au fond du cratère de l’Halema’uma’u (Source: HVO)

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Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée sur le Ruang – à ne pas confondre avec le Raung- (Indonésie) durant le mois d’avril, obligeant les autorités à relever le niveau d’alerte à 2. La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 2002, avec un VEI 4.
Le Ruang est le volcan le plus au sud des îles Sangihe, au nord de l’île de Sulawesi.
Un nombre élevé de séismes d’origine volcanique a été enregistré, probablement à cause d’une intrusion magmatique. Selon le CVGHM, cette hausse de l’activité volcanique est susceptible d’être suivie d’une éruption.
Les archives historiques du Ruang montrent des événements explosifs accompagnés de projections de matériaux pyroclastiques dans toutes les directions, avec des coulées pyroclastiques, principalement vers l’est, le sud-est, le sud et le sud-ouest.
Il est conseillé à la population et aux touristes de ne mener aucune activité dans un rayon de 1,5 km du cratère et de 2,5 km à l’est, au sud-est, au sud et au sud-ouest.
Source : CVGHM.

Source: VSI

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L’activité sismique semble diminuer sur la Péninsule de Reykjanes (Islande). Cependant, le Met Office islandais continue de surveiller la zone étroitement.
Dans la matinée du 16 avril 2022, trois séismes d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrés dans la zone à l’est-nord-est de l’île d’Eldey sur la Dorsale de Reykjanes. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 3,5. Dans les 48 heures qui ont suivi, seuls cinq séismes supérieurs à M 2,0 ont été enregistrés sur la Péninsule de Reykjanes.
S’agissant du risque volcanique, les volcanologues islandais sont forcés d’admettre qu’il est impossible de dire si du magma s’accumule dans la région. De la même manière, il est impossible de prévoir ce qui se passera dans les prochains jours concernant la sismicité. Un géophysicien a déclaré qu’il y avait 50% de chances qu’une éruption démarre sur la Péninsule de Reykjanes d’ici la fin de l’année. Bien sûr, une telle affirmation n’appartient pas au domaine de la prévision volcanique! Le scientifique ajoute qu’une telle éruption pourrait se produire sur terre, comme l’éruption dans la Geldingadalir l’année dernière, ou dans l’océan près de la côte de Reykjanes. Autrement dit, personne ne sait! La prévision sismique ou volcanique reste au niveau zéro!
Source : Iceland Monitor, Iceland Review.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste soutenue sur le Ruapehu (Nouvelle-Zélande), avec des épisodes significatifs de tremor volcanique. La température du lac de cratère s’est maintenant stabilisée à 37°C. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Le lac de cratère présente une couleur grise avec des remontées d’eau dans la zone nord. Aucun débordement n’est observé. Des nappes de soufre sont également présentes à la surface du lac. Tous ces phénomènes sont habituels au cours d’une montée en chaleur du Ruapehu. Ils sont le signe de processus provoqués par l’interaction du magma avec le système hydrothermal à l’intérieur du volcan.
Les volcanologues néo-zélandais restent persuadés que la situation actuelle ne se soldera pas par une éruption.
Source : GNS Science.

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Au Kamtchatka, l’éruption effusive du Bezymianny se poursuit, avec de l’incandescence au niveau du dôme de lave, des avalanches de matériaux sur le flanc SE et des émissions de vapeur et de cendres. La couleur de l’alerte aérienne reste Jaune.
Une anomalie thermique au niveau du Karymsky était visible sur les images satellites entre le 9 et le 11 avril 2022. Le 20 avril, des explosions ont produit des panaches de cendres qui se sont élevés à 10 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant l’événement, puis a été abaissée à l’Orange.
La couleur de l’alerte aérienne pour le Sheveluch est maintenue à l’Orange.
Source : KVERT.

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Plusieurs épisodes d’émissions de cendres ont été observés sur la webcam de l’Anak Krakatau (Indonésie) et ont été confirmés par des observateurs à la mi-avril. Les panaches s’élevaient jusqu’à 2 km au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 2 km du cratère.
Source : CVGHM.

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Des émissions de gaz à basse température sont toujours observées sur le Poás (Costa Rica). L’eau du lac, de couleur gris clair, continue de montrer des convections depuis l’explosion phréatique du 6 avril 2022 au niveau de l' »Orange Fumarola » le long de la paroi interne N du cratère. Une concentration plus élevée de SO2 a provoqué une gêne respiratoire comme des éternuements, de la toux et un essoufflement chez certains habitants.
Source : OVSICORI.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A powerful eruptive episode started at Manam volcano (Papua New Guinea) on April 17th, 2022. According to the Darwin VAAC, the ash plume rose up to 15 km above sea level. Satellite imagery acquired on April 18th indicated that the ash from the volcano has dissipated.

The Aviation Color Code was raised to Red.

Several similar eruptions already took place at Manam on March 8th and 9th, 2022

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The summit eruption of Kīlauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu Crater. Lava is flowing on the crater floor from the west vent region. It is also flowing from breakouts along the N-NE margins of the crater, and a smaller one to the south.

Source: HVO.

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Seismic activity under Ruang – not to be confused with Raung- (Indonesia) increased during the month of April, forcing authorities to raise the alert level to 2. The last eruption of this volcano took place in 2002, with a VEI 4.

Ruang is the southernmost volcano in the Sangihe Island arc, north of Sulawesi Island.

A high number of volcanic earthquakes wasrecorded, suggesting magma intrusion from the interior of the volcano. According to CVGHM, this increase in volcanic activity may be followed by an eruption.

Historical records of its eruptions show explosive events accompanied by ejections of pyroclastic materials in all directions and pyroclastic flows, mainly towards the east, southeast, south, and southwest.

People are advised not to carry out any activity within a radius of 1.5 km from the crater and 2.5 km to the east, southeast, south, and southwest.

Source: CVGHM.

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Seismic activity appears to be subsiding on the Reykjanes Peninsula (Iceland). However, the Icelandic Met Office keeps monitoring the area closely.

In the morning of April 16th, 2022, three earthquakes with magnitudes above M 3.0 were recorded in the area east-northeast of Eldey island on the Reykjanes Ridge. The largest event measured M 3.5. In the following 48 hours, only five quakes above M 2.0 were registered on the Reykjanes peninsula.

As far as the volcanic hazard is concerned, Icelandic volcanologists are forced to admit that it is impossible to tell if magma is accumulating in the area. In the same way, it is impossible to predict what will happen in the coming days about seismicity. A geophysicist said there was a 50/50 chance that an eruption would begin on the Reykjanes peninsula by the end of the year. Of course, one cannot say this is volcanic prediction! The scientist adds such an eruption might occur on land, like last year’s Geldingadalir eruption, or out in the ocean near the Reykjanes coast. Actually, nobody knows. Seismic or volcanic prediction is nil.

Source: Iceland Monitor, Iceland Review.

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Elevated volcanic unrest continues at Mt Ruapehu (New Zealand), with strong volcanic tremor. The Crater Lake temperature has now stabilized at 37°C. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code at Yellow.

The crater lake evinces a grey color with upwellings only at the northern vents area and no overflow. Sulphur slicks are also present on the lake surface. All these characteristics are usual for Ruapehu crater lake during a heating phase.

The sustained nature of the volcanic unrest, with the volcanic tremor signals, elevated gas output and hot lake remain indicative of processes being driven by magma interacting with the geothermal system within the volcano.

New Zealand volcanologists think the most likely outcome of this unrest episode within the next four weeks is still that no eruptive activity occurs.

Source: GNS Science.

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In Kamchatka, the effusive eruption at Bezymianny continues, along with incandescence at the lava dome, avalanches descending the SE flank, and steam-and-ash emissions. The aviation color code remains at Yellow.

A thermal anomaly over Karymsky was visible in satellite images between April 9th and 11th, 2022. On April 20th, explosions produced ash plumes that rose to 10 km above sea level. The aviation color code was raised to Red during the event, then lowered to Orange.

Tha aviation color code for Sheveluch is kept at Orange.

Source: KVERT.

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Several ash emissions from Anak Krakatau (Indonesia) were visible in webcam images and described by observers by mid-April. The plumes rose up to 2 km above the summit.

The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 2 km away from the crater.

Source: CVGHM.

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Fumaroles at Poás (Costa Rica) continue to produce low-temperature gas emissions. The lake water continues to convect, and has been light gray in color since the phreatic explosion that occurred on April 6th, 2022 at “Orange Fumarola” located along the inner N crater wall. A higher concentration of SO2 caused some residents to report respiratory discomfort such as sneezing, coughing, and shortness of breath.

Source: OVSICORI.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Escapade en Campanie (1ère partie) : Pouzzoles et les Champs Phlégréens

Il y a quelques jours, j’ai profité des premières belles journées de printemps pour me rendre dans le sud de l’Italie afin de revoir le Vésuve, Herculanum et Pompéi, et surtout visiter le Musée Archéologique de Naples qui me semblait être un complément indispensable à la visite des cités antiques victimes de la fureur du Vésuve. J’avais choisi Pouzzoles comme première étape de ce périple en Campanie.

La ville de Pouzzoles est particulièrement intéressante d’un point de vue géologique car la région connaît des épisodes bradysismiques qui font se soulever et s’abaisser le sol au gré des mouvements de la chambre magmatique qui se cache à quelques kilomètres de profondeur. Les incrustations de coquillages sur les colonnes du Temple de Sérapis sont les témoins d’une époque où la mer avait envahi cet édifice.

Aujourd’hui, la région de Pouzzoles est en phase d’inflation, avec une vitesse moyenne de soulèvement d’environ 13 ± 2 mm par mois. L’ascendance enregistrée à la station GPS de Rione Terra à partir de novembre 2005 est d’environ 93,5 cm, dont environ 60 cm depuis janvier 2016.

Le phénomène s’accompagne de séismes dont certains peuvent être ressentis par la population. Ainsi, au cours du mois de mars 2022, l’INGV a enregistré 339 secousses dans le région des Champs Phlégréens, avec une magnitude maximale de M 3,6 et une profondeur maximale d’environ 3,7 km.

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A proximité de la ville de Pouzzoles, la Solfatara constitue la zone la plus active des Champs Phlégréens. Elle est surveillée comme le lait sur le feu car un réveil de ce volcan causerait des problèmes majeurs. Sa situation au sein d’une zone densément peuplée rendrait l’évacuation de la population très délicate.

Le cratère est situé sur une colline à 190 m d’altitude. Le paysage est lunaire, avec de nombreuses fissures dans le sol d’où s’échappent des fumerolles constituées essentiellement de vapeur d’eau et de gaz comme le CO2. La fumerolle principale, la Bocca Grande, présentait une température de 130-140°C quand je l’ai mesurée dans des années 1990. Aujourd’hui, l’INGV relève environ 90°C. Vous trouverez tous les paramètres concernant la Solfatara en cliquant sur ce lien :

https://www.ov.ingv.it/index.php/monitoraggio-e-infrastrutture/bollettini-tutti/bollett-mensili-cf/anno-2022-2/1064-bollettino-mensile-campi-flegrei-2022-02/file

Attention : la Solfatara est actuellement fermée au public depuis le tragique accident survenu en septembre 2017. Un couple de touristes et leur fils de 11 ans ont trouvé la mort en chutant dans une marmite de boue. Le gosse, âgé de 11 ans, a franchi une barrière de sécurité et a chuté dans une marmite de boue. Les parents ont alors tenté de le secourir mais ont chuté à leur tour dans la cavité. Elle était peu profonde et il est probable que la mort a été causée par les émanations de gaz. Depuis cet accident tragique, les autorités italiennes ont mis en place le sacro-saint principe de précaution, ce qui explique la fermeture du site.

Pour avoir une très bonne vue sur la Solfatara, je conseille d’emprunter la Via Coste d’Agnano qui longe le site et propose un très bon panorama dans sa partie haute. S’y rendre de préférence de le matin quand l’air ambiant, plus humide, permet de distinguer les différents sites fumerolliens. L’air sec de l’après-midi ne permet plus de voir grand-chose.

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La région de Pouzzoles présente d’autres points d’intérêt comme le lac d’Averno, choisi par Virgile pour y situer l’entrée des Enfers…

 

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Le visiteur pourra aussi grimper au sommet du Monte Nuovo et jeter un œil à l’intérieur du cratère, façonné par l’éruption du 29 septembre au 6 octobre 1538 qui a détruit le village médiéval de Tripergole et mis en fuite la population locale…

Photos : C. Grandpey

La renaissance des mammouths? // The rebirth of mammoths?

L’utilisation d’ADN prélevé sur des restes de mammouths dans le permafrost pour « ressusciter génétiquement » une espèce animale disparue semble sur la bonne voie. En effet, en septembre 2021 a été crée une société qui vise à faire réapparaître des mammouths laineux des milliers d’années après leur disparition dans la toundra arctique.
Grâce à un financement de 15 millions de dollars, un professeur de génétique de l’Université de Harvard, connu pour ses travaux sur le séquençage du génome et l’épissage de gènes, espère que le projet pourra « inaugurer une ère où les mammouths déambuleront à nouveau dans la toundra arctique ». En compagnie d’autres chercheurs; il espère également que cette espèce animale nouvellement créée pourra jouer un rôle dans la lutte contre le changement climatique.
Les chercheurs proposent en fait de créer un hybride à l’aide d’un outil d’édition de gènes connu sous le nom de CRISPR-Cas9. Il s’agira d’épisser des échantillons d’ADN récupérés sur des mammouths congelés dans un échantillon d’ADN d’éléphant d’Asie, le parent le plus proche du mammouth. L’animal qui résultera de cette manipulation aura pour nom « mammophant »; il ressemblera et se comportera probablement comme un mammouth laineux.
Plusieurs scientifiques pensent que la résurrection du mammouth comblera un vide dans l’écosystème laissé derrière eux par ces animaux il y a environ 10 000 ans, en sachant que certaines populations isolées sont restées en Sibérie jusqu’à environ 1 700 avant notre ère Les plus gros mammouths mesuraient plus de 3 mètres au garrot et pesaient jusqu’à 15 tonnes.
Autrefois, les mammouths grattaient la couche de neige pour que l’air froid puisse atteindre le sol et maintenir le pergélisol en l’état. Après leur disparition, la neige accumulée, avec ses propriétés isolantes, a entraîné le réchauffement du pergélisol, ce qui a contribué à libérer des gaz à effet de serre. Certains chercheurs sont persuadés que le retour des mammouths, ou du moins d’hybrides, dans l’Arctique pourrai inverser cette tendance.
Cependant, un professeur de génétique évolutive au Centre de paléogénétique de Stockholm est sceptique quant à cette hypothèse. Il ne pense pas que la réapparition des mammouths aura un impact mesurable sur le changement climatique. Selon lui, rien ne vient étayer l’hypothèse selon laquelle le piétinement d’un très grand nombre de mammouths aurait un impact sur le changement climatique. Au contraire, cela pourrait avoir un effet négatif sur les températures.
Au final, la question est de savoir s’il est souhaitable de faire réapparaître les mammouths. Un scientifique du Wisconsin a déclaré que si on pouvait créer un mammouth ou au moins un éléphant qui ressemble à un mammouth capable de survivre en Sibérie, on pourrait faire à peu près la même chose pour le rhinocéros blanc ou le panda géant. Pour les animaux dont la « diversité génétique diminue », l’ajout de gènes plus anciens provenant d’archives fossiles ou de gènes entièrement nouveaux pourrait améliorer la santé de ces populations.
D’autres chercheurs ne veulent pas voir les mammouths revenir. Selon eux, il ne sera jamais possible de créer une espèce identique à 100 %. De plus, la volonté de régénérer les mammouths soulève un problème éthique. En effet, bien que l’extinction des mammouths il y a des milliers d’années ait laissé un vide dans l’écosystème, cet écosystème s’est vraisemblablement adapté, au moins imparfaitement, à leur absence. Réintroduire une espèce qui a toutes les caractéristiques ayant existé au Pléistocène ne signifie pas nécessairement qu’elle va survivre aujourd’hui. Certains chercheurs ajoutent qu’il y a des plantes et des animaux qui vivaient aux côtés du mammouth et qui ont disparu depuis longtemps ou ont considérablement diminué leur aire de répartition, et le simple fait de ramener le mammouth ne les fera pas revenir.
La « désextinction » proposée des mammouths soulève d’autres questions éthiques. Le mammouth n’était pas simplement un ensemble de gènes, c’était aussi un animal social, comme l’est l’éléphant d’Asie de nos jours On peut se demander ce qui se passera avec l’hybride éléphant-mammouth. Comment sera-t-il accueilli par les éléphants ? »
Tout cela, bien sûr, suppose que la création d’un mammophant soit possible. Les chercheurs espèrent produire un embryon dans six ans. Mais avec quelque 1,4 million de mutations génétiques individuelles qui séparent les créatures anciennes des éléphants d’Asie, la tâche d’épissage génétique représentera probablement un travail de mammouth!.

Source : Médias d’information américains.

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Using recovered DNA to « genetically resurrect » an extinct species moved closer to reality in September 2021 with the creation of a new company that aims to bring back woolly mammoths thousands of years after the last of the giants disappeared from the Arctic tundra.

Thanks to a $15 million infusion of funding, a Harvard University genetics professor, known for his pioneering work in genome sequencing and gene splicing, hopes the company can usher in an era when mammoths « walk the Arctic tundra again. » He and other researchers also hope that a revived species can play a role in combating climate change.

What is being proposed is actually a hybrid created using a gene-editing tool known as CRISPR-Cas9 to splice bits of DNA recovered from frozen mammoth specimens into that of an Asian elephant, the mammoth’s closest living relative. The resulting animal, known as a « mammophant », would look, and presumably behave, much like a woolly mammoth.

Several scientists believe that resurrecting the mammoth would plug a hole in the ecosystem left by their decline about 10,000 years ago, although some isolated populations are thought to have remained in Siberia until about 1,700 B.C. The largest mammoths stood more than 3 meters at the shoulder and are believed to have weighed as much as 15 tons.

Mammoths once scraped away layers of snow so that cold air could reach the soil and maintain the permafrost. After they disappeared, the accumulated snow, with its insulating properties, meant the permafrost began to warm, releasing greenhouse gases. The researchers argue that returning mammoths, or at least hybrids, to the Arctic could reverse that trend.

However, a professor in evolutionary genetics at the Stockholm-based Centre for Palaeogenetics, is skeptical of that claim. He does not think that this will have any measurable impact on the rate of climate change in the future, even if it were to succeed. In his opinion, there is no evidence in support of the hypothesis that trampling of a very large number of mammoths would have any impact on climate change, and it could equally well have a negative effect on temperatures.

In short, the question is : Should we bring back mammoths? A Wisconsin scientists said that if you can create a mammoth or at least an elephant that looks like a good copy of a mammoth that could survive in Siberia, you could do quite the same for the white rhino or the giant panda. Especially for animals that have « dwindling genetic diversity », adding older genes from the fossil record or entirely new genes could increase the health of those populations.

Other researchers insist that they don’t want to see mammoths come back. They say it will never be possible to create a species that is 100% identical. Moreover, the expressed aim to regenerate mammoths also brings up another ethical concern: Although the extinction of the mammoth thousands of years ago left a gap in the ecosystem, that ecosystem has presumably now adapted, at least imperfectly, to their absence. Bringing back something that has all the characteristics that would have thrived in the Pleistocene does not necessarily mean it is going to survive today. Some researchers add that there were plants and animals that were living alongside the mammoth that are now long gone or have drastically shrunk in their range, and just bringing back the mammoth will not bring those back.

The proposed ‘de-extinction’ of mammoths raises more ethical issues. The mammoth was not simply a set of genes, it was a social animal, as is the modern Asian elephant. One may wonder what will happen when the elephant-mammoth hybrid is born. How will it be greeted by elephants? »

All of this, of course, assumes that producing a mammophant is even possible. Reseaqrchers hope to produce an embryo in six years. But with an estimated 1.4 million individual genetic mutations separating the ancient creatures from Asian elephants, the task of gene splicing could prove a mammoth undertaking.

Source : American news media.

Représentation d’un mammouth laineux au Musée Royal de Colombie-Britannique (Photo: C. Grandpey)

La culture de la fourrure dans l’Arctique // Arctic fur culture

Pour les gens de ma génération, le seul mot « trappeur » évoque Davy Crockett, « l’homme qui n’a jamais peur », avec son bonnet de fourrure à queue de raton laveur. Les trappeurs existent dans les hautes latitudes depuis des siècles. Aujourd’hui encore, des milliers de Canadiens et d’Alaskiens, y compris les First Nation, s’adonnent toujours à cette activité très réglementée qui fait partie de leur culture ancestrale et représente parfois leur seule source de revenus.

Un article récemment publié dans la presse canadienne et relayé par Yahoo Actualités explique la situation des trappeurs dans le pays.

Peu de gens au Canada réussissent encore à vivre uniquement du piégeage des animaux, une tradition qui remonte à 400 ans, au moment où s’effectuait les premiers échanges entre les autochtones et les explorateurs européens.
L’habitat urbain empiète de plus en plus sur les espaces naturels, ce qui réduit l’espace de vie des animaux. De plus, avec les hivers plus courts à cause du réchauffement climatique et la chute des prix des fourrures, le piégeage devient de plus en plus compliqué.
Le marché de la fourrure doit aussi faire face au boycott des marques de luxe, à l’absence d’acheteurs chinois depuis le début de la pandémie de Covid-19, et maintenant à la perte de deux marchés clés en Russie et en Ukraine depuis l’invasion de ce pays par les Russes. Bien qu’à un niveau encore trop bas, il semble toutefois que la situation se soit stabilisée.
Le Canada est le plus grand producteur de fourrures dans le monde. Quelque 415 000 peaux ont été vendues au cours de la saison 2019-2020 pour un total de 13,8 millions de dollars canadiens.
Au moment de la plus grande vente aux enchères de fourrures en Amérique du Nord, à North Bay au Canada, à environ 350 kilomètres au nord de Toronto, les courtiers vérifient les produits avant le grand événement, qui se tient en ligne en raison de la pandémie de Covid-19. Dans un vaste entrepôt, des dizaines de milliers de peaux d’animaux, parmi lesquels des lynx, des renards, des loups et des ours noirs, sont attachées en paquets suspendus à des étagères. Elles sont triées en fonction de la taille, la couleur et la qualité.
La pression croissante des militants pour les droits des animaux en Europe et en Amérique du Nord a conduit plusieurs grandes marques de luxe, telles que Dolce & Gabbana, Burberry et Chanel, à cesser d’utiliser de la fourrure animale. Le retrait de Canada Goose du commerce des fourrures a été une très mauvaise nouvelle. Cependant, la demande reste très forte et d’autres fabricants devraient combler le vide laissé par l’entreprise canadienne, qui a annoncé l’an dernier qu’elle cesserait bientôt d’utiliser des garnitures en fourrure de coyote sur ses capuches de parkas, un accessoire qui, pendant cinq décennies, a permis de garder au chaud le visage des explorateurs de l’Arctique.
L’industrie de la fourrure animale devra également faire face au manque d’accès aux marchés ukrainien et russe. Ce dernier est le deuxième au monde pour la fourrure, mais victime des sanctions économiques canadiennes et alliées. Un membre de la Fur Harvesters Auction de North Bay a déclaré : « La guerre entre l’Ukraine et la Russie est un énorme handicap parce que nos autres gros acheteurs en Grèce, Italie et Turquie vendent leurs produits manufacturés en Russie et en Ukraine, et sont aujourd’hui soumis à des sanctions. »

Je comprends qu’il est difficile pour les militants pour les droits des animaux en Europe, et particulièrement en France, de comprendre la culture du piégeage dans l’Arctique. En France, par exemple, le nombre d’animaux sauvages est extrêmement faible par rapport aux régions arctiques et leur protection est essentielle à la survie des espèces. Au Canada et en Alaska, la situation est très différente. Les animaux sauvages pullulent et le piégeage – qui est strictement réglementé – permet de contrôler leur nombre et d’éviter la surpopulation.

On trouve à Anchorage des magasins de fourrure qui proposent de superbes vêtements en peau de loup ou de renard arctique, par exemple. Au risque de choquer certains, je dois admettre que si j’habitais en Alaska, je porterais un de ces manteaux qui assurent une protection parfaite contre le froid.

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For people of my generation, the very word « trapper » evokes Davy Crockett, « the man who was never afraid » with his raccoon-tailed fur cap. Trappers have existed in high latitudes for centuries. Whether in Canada or Alaska, many natives engage in this highly regulated activity which is part of their ancestral culture and sometimes represents their only source of income.

An article recently published in the Canadian press explains the situation of trappers in the country.

Few people in the country still manage to make a living solely in the business, which dates back 400 years to the first Indigenous trades of pelts to European explorers. However, thousands of Canadians, including Indigenous people, are still active in the now heavily-regulated industry.

With human encroachment reducing animal habitats, shorter winters caused by climate change, and plunging fur prices, trapping is getting more and more difficult.

The market has been struggling under pressure from luxury brands’ boycotts, the absence of Chinese buyers since the start of the pandemic, and now the loss of two key markets in Russia and Ukraine since Moscow’s invasion. Although at a low level, it looks as if the situation has stabilized.

Canada is the largest producer of wild furs in the world, with some 415,000 pelts sold in the 2019-2020 season for a total of 13.8 million Canadian dollars.

Inside North America’s last major fur auction in North Bay, about 350 kilometers north of Toronto, brokers are busy checking out the offerings ahead of the big event, which is being held online for a third year in a row due to the pandemic. In a vast warehouse, tens of thousands of animal pelts — including lynxes, foxes, wolves and black bears — are tied in bundles hanging from racks, sorted by size, color and quality.

Growing pressure from animal rights activists in Europe and North America led several major luxury brands, such as Dolce & Gabbana, Burberry and Chanel, to stop using fur. Canada Goose’s exiting the fur trade was very bad news for the industry. However, other manufacturers are expected to fill the « void » left by the Canadian company, which announced last year it would soon stop using coyote fur trim on its parka hoods, a feature that for five decades had helped keep Arctic explorers’ faces warm.

The industry will also have to cope with the lack of access to markets in Ukraine and Russia . The latter is the world’s second-largest for fur, but targeted by Canadian and allied economic sanctions. A member of the Fur Harvesters Auction in North Bay said : « The war between Ukraine and Russia is a huge handicap because our other big buyers from Greece, Italy and Turkey., used to sell their manufactured products into Russia and Ukraine, and are subject to the sanctions. »

I understand that it is hard for environmentalists in Europe, and especially in France, to understand the culture of trapping in the Arctic. In France, for instance, the number os wild animals is extremely low compared with Arctic regions. Trapping in Canada and Alaska – which is strictly regulated – helps to control the number of wild animals and avoid overpopulation.

Le renard est un animal très convoité par les trappeurs (Photo : C. Grandpey)