Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le soulèvement du sol et l’accumulation de magma se poursuivent sous Svartsengi (Islande) avec un rythme soutenu au cours des dernières semaines. Depuis la dernière éruption, qui a débuté le 16 juillet 2025, environ 10 millions de mètres cubes de magma se sont de nouveau accumulés dans le réservoir magmatique. Si l’on se réfère aux événements précédents survenus le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, la probabilité d’une nouvelle éruption augmentera lorsqu’une quantité de magma égale à celle accumulée lors de la dernière éruption se sera accumulée sous le volcan. Le volume émis lors de cette dernière éruption est estimé entre 11 et 13 millions de mètres cubes. Si le rythme d’accumulation reste inchangé, le seuil inférieur de ce volume devrait être atteint vers le 27 septembre 2025.
Source : Icelandic Met Office.

  Source: Met Office

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L’IGP indique que l’activité éruptive continue sur le Sabancaya (Pérou). Toutefois,, aucune nouvelle explosion n’a été détectée. Les émissions de vapeur et de gaz atteignent une hauteur maximale de 1 600 m au-dessus du volcan. Une activité sismique associée au mouvement des fluides magmatiques et à la fracturation de roches à l’intérieur du volcan est également enregistrée. C’est pourquoi le niveau d’alerte volcanique reste à l’Orange.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Me-Akan (Japon) où la sismicité continue de fluctuer à des niveaux élevés. L’inflation en direction du cratère se poursuit lentement. De légères retombées de cendres autour du cratère étaient observées le 16 septembre 2025. D’importants panaches de vapeur et de gaz s’élèvent toujours de 200 à 800 m au-dessus du Cratère 96-1 avant de se diriger vers l’est et le sud-est. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 5).

Source : JMA.

Crédit photo: GVN

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Une éruption mineure a été signalée sur Barren Island le 20 septembre 2025, deux jours après un séisme de magnitude M4,2 à faible profondeur dans la région. L’épicentre du séisme se situait à 160 km à l’est du volcan. L’événement éruptif a consisté en une activité explosive de courte durée et des émissions de gaz, sans conséquence pour les personnes et les biens car l’île est inhabitée. Le Centre national de sismologie pense que le séisme a pu perturber le système magmatique, bien qu’aucune confirmation de cette hypothèse ne soit disponible.
Barren Island est le seul volcan actif en Inde. Il s’élève au-dessus du plancher de la mer d’Andaman et certaines parties de l’île atteignent plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer. D’un diamètre d’environ 3 km, l’île fait partie de l’arc volcanique Andaman-Nicobar, généré par la subduction de la plaque indienne sous la plaque de la Sonde.
Source : Centre national de sismologie (NCS).

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On observe actuellement une hausse d’activité sur le Bur ni Telong (arc volcanique de la Sonde / Indonésie), avec une sismicité élevée. Des séismes de magnitude M2-3 ont été enregistrés par le réseau sismique et ressentis à plusieurs endroits autour du volcan. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 22 septembre 2025. Il est conseillé au public de se tenir à une distance minimale de 1,5 km du cratère et d’éviter les fumerolles et les solfatares.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive persiste sur le Lokon-Empung. Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent généralement jusqu’à 100 m au-dessus du cratère Tompaluan, où on observe de l’incandescence. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé au public de se tenir à au moins 2,5 km du cratère Tompaluan.
Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive est toujours intense dur le Fuego (Guatemala), avec des explosions stromboliennes quotidiennes à une cadence de 5 à 12 par heure. Ces explosions projettent des matériaux incandescents à 100-200 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs dévalent les flancs du volcan, atteignant parfois la végétation. Des retombées de cendres sont parfois signalées dans les zones sous le vent. De fortes pluies ont généré des lahars dans plusieurs ravines ces derniers jours. Tous ces lahars étaient composés d’un mélange d’eau et de sédiments, charriant des branches d’arbres, des troncs et des blocs pouvant atteindre 3 mètres de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

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Au Kamtchatka, la couleyr de l’alerte aérienne est Orange pour le Sheveluch, le Krasheninnikov et le Karymsky. Elle est Jaune pour le Bezymianny.
Source : KVERT.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile), au niveau de quatre bouches de la zone Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et d’au moins deux bouches de la zone C-S (centre-sud), sur la terrasse cratèrique. Les bouches de la zone N produisent des explosions de faible à moyenne intensité à un rythme de 2 à 8 explosions par heure. Elles projettent des lapilli et des bombes à moins de 150 m au-dessus. Les explosions de faible à moyenne intensité projettent des téphra dans la zone C-S à un rythme de 2 à 5 explosions par heure.
Source : INGV.

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L’Épisode 33 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 19 septembre 2025. Une incandescence est actuellement observée au niveau des bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u, en particulier au niveau de la bouche sud. Le sommet est toujours en phase d’inflation et les modèles indiquent que l’Épisode 34 devrait débuter entre le 28 septembre et le1er octobre 2025.

Image webcam de l’Épisode 33

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Land uplift and magma accumulation continue under Svartsengi (Iceland) and have been at a steady rate in recent weeks. Since the last eruption, which began on 16 July 2025, about 10 million cubic meters of magma have reaccumulated in the magma storage area beneath Svartsengi. Based on previous events on the Sundhnúkur crater row, the likelihood of a new eruption increases once an amount of magma equal to the last event has accumulated beneath Svartsengi. The volume that flowed from the magma storage area during that eruption is estimated at about 11–13 million cubic meters. If the accumulation rate remains unchanged, the lower threshold of this volume is expected to be reached around 27 September 2025.

Source : Icelandic Met Office.

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IGP indicates that eruptive activity continues at Sabancaya (Peru). However, no new explosions have been detected. Steam and gas emissions reach a maximum height of 1,600 m above the volcano. Seismic activity associated with the movement of magmatic fluids and rock fracturing within the volcano is also recorded. Therefore, the Volcano Alert Level remains at Orange.

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Eruptive activity continues at Me-Akan (Japan) and seismicity continues to fluctuate at elevated levels. Tilt in the direction of the crater continues at a low rate. Minor ashfall around the crater was visible on 16 September 2025. Voluminous steam-and-gas plumes are still rising 200-800 m above 96-1 Crater and drifting E and SE. The Alert Level remains at 2 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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A minor eruption was reported at Barren Island on September 20, 2025, two days after a shallow M4.2 earthquake in the region.The epicenter of the earthquake was 160 km east of the volcano.The event consisted of short-lived explosive activity and gas emissions, with no damage or risk to human settlements reported, as the island is uninhabited. The National Centre for Seismology suggested the quake may have disturbed the magma system, although no independent confirmation of the link is available.

Barren Island is India’s only confirmed active volcano. The volcanic edifice rises from the seafloor of the Andaman Sea, with parts of the island reaching several hundred meters above sea level. The island has a diameter of approximately 3 km and is part of the Andaman–Nicobar volcanic arc, generated by subduction of the Indian plate beneath the Sunda plate.

Source : National Centre for Seismology (NCS).

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Increased unrest is currently observed at Bur ni Telong (Sunda Volcanic Arc / Indonesia) with elevated seismicity. Earthquakes with magnitudes of M2-3 were recorded by the seismic network and felt in several locations around the volcano. The Alert Level was raised to 2 (on a scale from 1 to 4) on 22 September 2025. The public is advised to maintain a minimum distance of 1.5 km from the crater area and to avoid the fumarole and solfatara regions.

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Still in Indonesia, continuing unrest is observed at Lokon-Empung. Steam-and-gas plumes usually rise as high as 100 m above the Tompaluan Crater where incandescence can be seen. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2.5 km away from Tompaluan Crater.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity is still intense at Fuego (Guatemala) with daily Strombolian explosions at rates of 5-12 per hour. The explosions eject incandescent material 100-200 m above the summit. Block avalanches descended the flanks of the volcano, sometimes reaching the vegetation. Occasional ashfall is reported in downwind areas Heavy rain generated lahars in multiple drainages during the past few days. All of the lahars were characterized as a mixture of water and sediment that carried tree branches, trunks, and blocks possibly as large as 3 meters in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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In Kamchatka, the aviation color code is kept at Orange for Sheveluch, Krasheninnikov and Karymsky. It is Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily) at four vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 2-8 events per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Low- to medium-intensity explosions eject tephra from the vents in Area C-S at a rate of 2-5 times per hour.

Source : INGV.

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Episode 33 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended on September 19 2025. Glow is currently observed at the vents within Halema’uma’u Crater, especially at the south vent. The summit is reinflating, and models indicate that Episode 34 is likely to start between September 28 and October 1 2025.

Source : HVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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La fonte de la Suède // Sweden is melting

Dans une note intitulée « La fonte de la Norvège », je rappelais que les glaciers de Suède et de Norvège fondent à un rythme de plus en plus rapide, en raison du réchauffement climatique. En 2024, année officiellement enregistrée par le programme Copernicus comme la plus chaude de l’histoire de l’Europe, les glaciers de ces pays nordiques ont connu une fonte moyenne d’environ 1,8 mètre, ce qui est largement supérieur aux moyennes historiques.

S’agissant de la Norvège, j’expliquais dans ma note que l’été 2024 a été une saison de fonte record au Svalbard où les glaciers ont perdu environ 1% de la masse de glace totale de l’archipel.

En Suède, on apprenait il y a quelques jours que huit glaciers ont entièrement fondu en 2024, soit 2,8% du total national, et d’autres sites sont en danger.

On comptait en Suède 277 glaciers en 2024 et 8 d’entre eux ont complètement disparu à cause de la hausse des températures au cours de cette année. Selon le centre de recherche de Tarfala situé dans le nord du pays, près de Kebnekaise, le plus haut sommet de Suède, trente autres glaciers sont en danger,

Selon les climatologue, la disparition de ces glaciers et définitive et il n’y aura pas de retour en arrière car l’accélération actuelle du réchauffement climatique ne le permettra pas. Comme l’a déclaré une glaciologue suédoise avant d’alerter sur la possibilité de perdre trois autres calottes glaciaires : « Une chose est certaine : ces glaciers ne reviendront pas de notre vivant et sûrement jamais si le réchauffement climatique se poursuit.»

Au début de l’année 2025, lorsque les glaciologues suédois se sont réunis pour déterminer à quel moment les glaciers avaient atteint leur niveau le plus bas en 2024, huit avaient disparu des images satellite. Les scientifiques ont d’abord pensé qu’il s’agissait d’une erreur, mais il s’agissait de la triste réalité. Il s’agit des premiers glaciers à être rayés de la carte en Suède, du moins depuis l’introduction des images satellite haute résolution vers l’an 2000.

Parmi les huit glaciers disparus figure le Cunujokeln, le glacier situé le plus au nord du pays, dans le parc national de Vadvetjakka. Le plus grand des glaciers manquant à l’appel avait la taille de six terrains de football. C’est, bien sûr, la chaleur intense de l’année 2024, la plus chaude jamais enregistrée sur la planète, qui a causé la disparition de ces rivières de glace.

Source : presse internationale.

Source: NASA

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In a post entitled « Norway is melting, » I pointed out that glaciers in Sweden and Norway are melting at an increasingly rapid rate due to global warming. In 2024, the year officially recorded by the Copernicus program as the warmest in European history, glaciers in these Nordic countries experienced an average melt of approximately 1.8 meters, which is well above historical averages.
Regarding Norway, I explained in my post that the summer of 2024 was a record melt season in Svalbard, where glaciers lost approximately 1% of the archipelago’s total ice mass.
In Sweden, we learnt a few days ago that eight glaciers completely melted in 2024, representing 2.8% of the national total, and other sites are at risk. There were 277 glaciers in Sweden in 2024, and eight of them have completely disappeared due to rising temperatures during that year. According to the Tarfala Research Center in the north of the country, near Kebnekaise, Sweden’s highest peak, thirty other glaciers are in danger.
According to climatologists, the disappearance of these glaciers is permanent and there will be no turning back because the current acceleration of global warming will not allow it. As a Swedish glaciologist stated before warning of the possibility of losing three more ice caps: « One thing is certain: these glaciers will not return in our lifetime, and certainly never if global warming continues. »
At the beginning of 2025, when Swedish glaciologists met to determine when the glaciers had reached their lowest level in 2024, eight had disappeared from satellite images. Scientists initially thought it was a mistake, but it was the sad reality. These were the first glaciers to be wiped off the map in Sweden, at least since the introduction of high-resolution satellite images around 2000.
Among the eight lost glaciers was Cunujokeln, the country’s northernmost glacier, in Vadvetjakka National Park. The largest of the missing glaciers was the size of six football fields. It was, of course, the intense heat of 2024, the hottest year ever recorded on the planet, that caused the disappearance of these rivers of ice.
Source: international news media.

La situation volcanique en Campanie (Italie)

Je rentre de la Campanie avec une première escale à Pouzzoles. Je me suis rendu auprès de la Solfatara où l’activité ressemble à celle observée lors de ma dernière visite en avril 2022. Les mesures effectuées par l’INGV confirment la stabilité de la situation.

 Vue de la Solfatara (Photo : C. Grandpey)

Dans son bulletin du 16 septembre 2025 qui couvre la période de mon séjour, l’Institut fait état de 32 secousses sismiques dans les Champs Phlégréens, avec un magnitude maximale de M2.1± 0.3.

A noter qu’à Pouzzoles, surtout dans la vieille ville, certaines maisons portent les stigmates des dernières secousses sismiques, avec fissures sur les murs et effondrement des pignons.

 Photo : C. Grandpey

S’agissant des états d’âme de la population, les personnes que j’ai rencontrées et interrogées à Pouzzoles font peu de cas de la sismicité ressentie ces derniers temps. Les dégâts ont été mineurs. Selon ces habitants, la presse rend compte d’un sentiment d’angoisse qui n’existe pas vraiment au sein de la population. Les gens savent que les séismes sont liés au bradyséisme et ont toujours existé, de même que les mouvements de soulèvement et d’affaissement du sol. Les propriétaires de mon hôtel (sur le site d’un ancien établissement de bains romains) ont 2 puits contrôlés régulièrement par l’INGV. Leur température est très stable à 45°C. Tant que les mesures sur les différents sites (Solfatara, par exemple) ne varieront pas de manière significative, il n’y aura pas lieu de s’inquiéter.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la déformation actuelle du sol dans les Champs Phlégréens connaît un tendance au soulèvement. Les données recueillies après l’essaim sismique du 15 au 19 février 2025 montrent une augmentation du soulèvement du sol, avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 30 ± 5 mm/mois. Depuis début avril, le soulèvement du sol s’est calmé et atteint une valeur moyenne mensuelle d’environ 15 ± 3 mm/mois. Le soulèvement total est d’environ 33 cm depuis janvier 2024.

Mouvements du sol sur le site de Rione Terra (Pouzzoles du 1er janvier 2024 au 21 septembre 2025 (Source: INGV).

Il est intéressant des se rendre sur le port de Pouzzoles où les bittes d’amarrage des embarcations sont beaucoup plus hautes qu’auparavant.

Photo : C. Grandpey

La température de la fumerolle de Pisciarelli reste stable à 94°C. Celle de la Bocca Grande dans la Solfatara reste stable à 165°C. Cependant, cette dernière température a montré une hausse au cours des dernières années, comme on peut le voir ci-dessous. Mon thermomètre indiquait 140°C dans les années 1990.

 Évolution de la température de la Bocca Grande dans la Solfatara (Source : INGV.)

Comme à l’intérieur de l’agglomération de Pouzzoles, les habitants que j’ai rencontrés autour de la fumerolle de Pisciarelli sourient quand on leur demande s’ils ont peur quand la terre tremble et s’ils redoutent une éruption des Champs Phlégréens. C’est toujours le même refrain : ça dure depuis des siècles et ça durera encore des siècles.

 Vue de la fumerolle de Pisciarelli (Photo : C. Grandpey)

De son côté, l’INGV ne s’attend pas à des variations significatives de l’activité dans les Champs Phlégréens au cours des prochains mois.

Source : INGV.

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La visite du Vésuve est toujours aussi intéressante, ne serait-ce que par les vues sur la baie de Naples et la conurbation napolitaine qui serait en grand danger si le volcan décidait de se réveiller. Ce n’est heureusement pas la cas pour le moment. Le dernier bulletin de l’INGV sur l’activité du Vésuve au cours du mois d’août 2025 se veut rassurant car aucun élément ne montre une évolution significative à court terme.

Photo: C. Grandpey

D’un point de vue sismique, 80 événements d’une magnitude maximale de M1,5 ± 0,3 ont été enregistrés sur le Vésuve au  mois d’août 2025.

À gauche les événements sismiques des 12 derniers mois ; à droite ceux du mois d’août 2025 (Source : INGV)

Des fumerolles sont visibles à l’intérieur du Gran Cono, mais ces émissions de vapeur blanche ne sont pas annonciatrices d’un phénomène à venir, mais plutôt d’éruptions passées. Comme me l’expliquait un scientifique de l’INGV,  il s’agit d’un phénomène très superficiel. Le sous-sol est encore chaud suite aux dernières éruptions. La température de la fumerolle principale oscille entre 70 et 80°C.

Photo: C. Grandpey

 Quand on regarde les flancs et les abords du Vésuve depuis le sommet ou depuis la Villa San Marco à Stabies, on comprend très vite qu’une éruption aujourd’hui serait une catastrophe de très grande ampleur. La zone actuellement couverte par les plans d’évacuation en cas d’éruption comprend quelque 600 000 personnes, mais cela ne correspond pas à la réalité.  L’histoire du Vésuve nous montre clairement qu’en cas d’éruption plinienne, la zone à risque serait beaucoup plus vaste et engloberait environ 3 millions de personnes. Soyons clairs : aujourd’hui il n’existe aucun plan d’évacuation applicable, et convaincre les Napolitains de fuir dans l’urgence ne sera pas chose facile. Je m’en suis vite rendu comte en discutant avec des habitants de Pompéi, Boscoreale ou Scafati…

 Le Vésuve, Torre Annunziata, Torre del Greco et Stabies vus depuis la Villa San Marco à Stabies (Photo : C. Grandpey)

C’est dans la région de Boscoreale et Boscotrecase que se trouvent les vignobles produisant le fameux Lacryma Christi. Certaines vignes ont été détruites par l’incendie d’août 2025, mais il est toujours possible de visiter plusieurs chais et de déguster leurs breuvages…

Photo: C. Grandpey

Géo-ingénierie polaire : pas la bonne solution face au réchauffement climatique // Polar geoengineering : not the right solution to global warming

Tous les scientifiques s’accordent à dire que la seule solution pour stopper la fonte de la banquise et des glaciers dans le monde est de réduire, voire de stopper, nos émissions de gaz à effet de serre. À côté de cela, certaines voix s’élèvent pour proposer des mesures artificielles de « géo-ingénierie polaire » pour refroidir l’Arctique et l’Antarctique, avec notamment l’installation de gigantesques rideaux sous-marins. Dans une note publiée le 14 mars 2024, j’explique que certains scientifiques souhaiteraient installer des rideaux de 100 kilomètres de long en Antarctique pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers, et plus particulièrement le glacier Thwaites :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Science explique que ces solutions ne sont pas viables. Pire encore, elles pourraient causer des dommages irréparables à l’environnement. Les auteurs de l’étude ont analysé cinq des idées les plus médiatisées :
– Pomper de l’eau de mer et la déverser sur la glace pour l’épaissir artificiellement ou disperser des billes de verre pour la rendre plus réfléchissante ;
– Installer des rideaux géants sur le plancher océanique pour empêcher l’eau chaude de faire fondre les plate-formes glaciaires ;
– Pulvériser des particules réfléchissant le soleil dans la stratosphère, une technique appelée géo-ingénierie solaire, pour refroidir la planète ;
– Forer pour pomper l’eau sous les glaciers afin de ralentir la fonte de la calotte glaciaire ; et ajouter des nutriments comme le fer aux océans polaires pour stimuler le plancton qui est un absorbeur de carbone.
Les scientifiques ont évalué chaque proposition en termes d’efficacité, de faisabilité, de risques, de coûts et d’évolutivité. Leurs conclusions sont formelles : aucune des cinq idées n’a été validée et toutes « seraient dangereuses pour l’environnement ».
L’Arctique et l’Antarctique comptent parmi les environnements les plus hostiles de la planète, et ces idées ne prennent pas en compte ces défis. Aucune des méthodes n’a été rigoureusement testée à grande échelle, et aucune expérience concrète n’a été menée sur les rideaux sous-marins. L’étude prévient que ces rideaux pourraient perturber les habitats des animaux, notamment les phoques et les baleines. Le forage de trous pour extraire l’eau sous les glaciers pourrait contaminer un environnement vierge. La pulvérisation de particules dans la stratosphère pourrait modifier les régimes climatiques à l’échelle de la planète. Selon les auteurs de l’étude, la proposition de disperser de minuscules billes de verre à la surface de l’océan pour l’empêcher d’absorber la chaleur du soleil est l’une des plus préoccupantes. D’ailleurs, les recherches menées par l’Arctic Ice Project sur l’impact des billes de verre dans l’océan ont été interrompues début 2025 car des tests concernant les risques pour l’environnement ont révélé une menace potentielle pour la chaîne alimentaire arctique.
Le coût de ces interventions serait également énorme. La mise en place et l’entretien de chacune sont estimés à au moins 10 milliards de dollars. Les rideaux sous-marins sont parmi les plus coûteux, avec un coût estimé à 80 milliards de dollars sur dix ans pour un rideau de 80 kilomètres. De plus, aucun des projets n’a pu être déployé à une échelle et dans un délai suffisants pour répondre à l’urgence de la crise climatique.
Il convient de noter que certains scientifiques, tout en approuvant la nécessité de réduire drastiquement la pollution responsable du réchauffement climatique, ont mis en garde contre l’abandon des recherches sur la géo-ingénierie polaire. D’autres scientifiques, en revanche, affirment que l’étude offre un examen sérieux et indispensable des risques.
Plus globalement, l’étude démontre clairement que les interventions de géo-ingénierie polaire constituent une solution dangereuse pour réduire les émissions de carbone et ne constituent pas une solution réaliste, ni rentable.
Source : CNN via Yahoo News.

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All scientists agree to say that the only solutionto stop sea ice and glacirt melting around the world is to reduce or even better, stop our emissions of greenhouse gas emissions. Hoxever, some voices are heard suggesting artificial measures, known as “polar geoengineering,” to cool the Arctic and Antarctic, including giant underwater sea curtains. In a post published on 14 March 2024, I explained that some scientists would like to install 100-kilometer-long underwater curtains in the Antarctic to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers, and more particularly the Thwaites Glacier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

A new study published in the journal Frontiers in Science explains that these solutions are not viable. Worse, they may cause irreparable harm.

The authors of the study analyzed five of the most well-publicized ideas:

  • Pumping seawater onto ice to artificially thicken it or scattering glass beads to make sea ice more reflective;
  • anchoring giant curtains to the seabed to prevent warm water from melting ice shelves;
  • spraying sun-reflecting particles into the stratosphere, a technique called solar geoengineering, to cool the planet;
  • drilling down to pump water from beneath glaciers to slow ice sheet flow; and
  • adding nutrients like iron to polar oceans to stimulate carbon-sucking plankton.

The scientists assessed each proposal for its effectiveness, feasibility, risks, costs, governance issues and scalability. The conclosions of the study are formal : none of the five ideas “pass scrutiny” and all “would be environmentally dangerous.”

The Arctic and Antarctic are among the planet’s harshest environments, and these ideas do not consider these challenges. None of the methods has been robustly tested at scale, with no real-world experiments at all for sea curtains.

The study warns that sea curtains could disrupt the habitats of marine animals including seals and whales; drilling holes to remove water from beneath glaciers could contaminate a pristine environment; and spraying particles into the stratosphere could change global climate patterns. The authors of the study warn that the proposal to scatter tiny glass beads onto the surface of the ocean to stop it absorbing the sun’s heat was one of the more concerning. Research run by the Arctic Ice Project looking at the impact of glass beads in the ocean was wound down earlier in 2025 after ecotoxicological tests “revealed potential risks to the Arctic food chain.”

The price tag on these interventions would also be enormous with each estimated to cost at least $10 billion to set up and maintain. Sea curtains are among the most expensive, projected to cost $80 billion over a decade for an 80-kilometer curtain. Moreover, none of the projects could be deployed on sufficient scale and quickly enough to meet the urgency of the climate crisis concluded.

It should be noted that some scientists, while endorsing the need to drastically reduce planet-heating pollution, warned against cutting off research into polar geoengineering. On the other hand,, other scientists say the study offers a thorough and much needed review of the risks.

Fundamentally, the study shows clearly that polar geoengineering interventions are a dangerous distraction from reducing carbon emissions and do not pose a realistic or cost-effective solution.

Source : CNN via Yahoo News.