Crues glaciaires mortelles // Deadly glacial outburst floods

Plus de 100 personnes sont portées disparues dans le nord-est de l’Inde après la rupture d’un lac glaciaire le 4 octobre 2023 dans l’État himalayen du Sikkim. La cause de la catastrophe a été initialement attribuée à un épisode de très fortes pluies sur le lac Lhonak, ainsi qu’au rejet d’eau du barrage de Chungthang. Cependant, la catastrophe est aujourd’hui attribuée à une crue glaciaire qui a tué au moins 19 personnes avec de nombreux disparus, et emporté des routes et des ponts.
Une crue glaciaire est la libération soudaine de l’eau qui s’est accumulée dans d’anciens lits de glaciers. Ces lacs se forment lors du recul des glaciers, un phénomène naturel accéléré par la hausse des températures due au réchauffement climatique d’origine anthropique.
L’eau de fonte des glaciers se déverse souvent dans les rivières, mais les blocs de glace et l’accumulation de débris peuvent édifier un barrage naturel derrière lequel se forme un lac glaciaire. Si ces barrages naturels se rompent, de grandes quantités d’eau peuvent s’échapper soudainement des lacs et provoquer des inondations dévastatrices.
Les barrages naturels qui retiennent les lacs glaciaires peuvent se rompre pour diverses raisons. Ce peut être une avalanche de neige ou un glissement de terrain, événements qui déclenchent une vague dans le lac. Il peut aussi s’agir d’un débordement du lac à cause de la pluie ou de la fonte des glaciers. Parfois, le barrage se dégrade progressivement au fil du temps et finit par se rompre à la suite d’un événement tel qu’un séisme.
Dans la mesure où elles peuvent être causées par de nombreux et différents facteurs, les crues glaciaires sont imprévisibles. Néanmoins, elles sont étroitement liés au réchauffement climatique actuel. En effet, la hausse des températures entraîne la fonte et la disparition des glaciers, la moitié des 215 000 glaciers de la planète devraient fondre d’ici la fin du siècle, même si le réchauffement peut être plafonné à 1,5°C, comme décidé lors de la COP 21 à Paris.
Le volume des lacs glaciaires a bondi de 50 % en 30 ans, selon une étude de 2020 basée sur des données satellitaires. Plus les lacs se forment et plus ils sont grands, plus ils représentent un risque pour les populations en aval.
Le principal danger des crues glaciaires réside dans leur imprévisibilité. La probabilité qu’un lac libère l’eau qu’il retient est difficile à estimer avec précision sans études détaillées. L’une d’elles, publiée dans la revue Nature Communications a révélé que 15 millions de personnes vivent à moins de 50 kilomètres d’un lac glaciaire et à moins d’un kilomètre d’une inondation potentielle due à une brèche dans la digue qui le retient. Le risque est plus grand dans les hautes montagnes d’Asie, une zone qui couvre une douzaine de pays, dont l’Inde, le Pakistan, la Chine et le Népal.
Ces populations sont d’autant plus vulnérables qu’elles sont souvent pauvres et peu préparées à faire face à l’arrivée soudaine d’eaux de crue catastrophiques. Les scientifiques affirment que c’est le nombre élevé de personnes et leur capacité réduite à faire face à une catastrophe qui jouent un rôle clé dans la détermination du risque de crue glaciaire. Des milliers de personnes, par exemple, ont été tuées par les crues des lacs glaciaires dans les hautes montagnes d’Asie, alors que seulement quelques unes ont péri dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord, région qui compte deux fois plus de lacs glaciaires.
Les scientifiques appellent à davantage de recherches sur les risques posés par les crues glaciaires, en particulier dans la région andine – au Pérou, par exemple – qui reste relativement peu étudiée, mais également à une meilleure préparation des populations. Bien sûr, la meilleure solution pour prévenir les crues glaciaires serait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre afin de diminuer l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers, mais pour l’instant, ce n’est qu’un rêve…
Réflexions personnelles inspirées d’articles parus dans la presse internationale.

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More than 100 people are missing in India’s northeast after a glacial lake burst open on October 4th, 2023 in the Himalayan state of Sikkim . The cause of the flood was initially attributed to a cloudburst over Lhonak Lake, along with the release of water from the Chungthang dam. However, the disaster has since been identified as the result of a glacial lake outburst flood (GLOF) that killed at least 19 with many others missing, and washed away roads and bridges.

A glacial lake outburst flood (GLOF) is the sudden release of water that has collected in former glacier beds. These lakes are formed by the retreat of glaciers, a naturally occurring phenomenon that has been accelerated by the warmer temperatures of human-caused global warming.

Glacier melt is often channelled into rivers, but ice or the build-up of debris can form a natural dam, behind which a glacial lake builds. If these natural dams are breached, large quantities of water can be released suddenly from the lakes, causing devastating flooding.

The natural dams holding back glacial lakes can be breached for a variety of reasons. Causes include an avalanche of snow, or a landslide causing a wave in the lake, or overfilling of the lake… from rain or the glacier melting. Sometimes the dam has been gradually degraded over time, or is ruptured by an event like an earthquake.

Because they can be caused by so many different factors, the breaches are highly unpredictable. However, they are closely linked to the current global warming. Indeed, global warming is driving the disappearance of glaciers, with half the Earth’s 215,000 glaciers projected to melt by the end of the century, even if warming can be capped at 1.5°C, as decided during COP 21 in Paris.

The volume of glacial lakes has jumped by 50 percent in 30 years, according to a 2020 study based on satellite data. The more and larger lakes form, the greater the risk they pose to populations downstream.

The particular danger of GLOFs lies in their unpredictability. The probability of a lake releasing a GLOF is difficult to accurately quantify without detailed and localised studies. A research published in Nature Communications found that 15 million people live within 50 kilometres of a glacial lake and within one kilometre of potential flooding from a breach. The risk is greatest in Asia’s high mountains, an area that covers parts of 12 countries, including India, Pakistan, China and Nepal.

These populations are all the more vulverable as they may be poorer and less prepared to deal with the sudden arrival of catastrophic floodwaters. Scientists sai it is the high number of people and the reduced capacity of those people to cope with disaster that plays a key role in determining overall GLOF danger. Thousands of people, for example, have been killed by glacier lake outburst floods in High Mountains Asia but only a handful in North America’s Pacific Northwest, even though that region has twice as many glacial lakes.

Scientists have called for more research on the risks posed by GLOFs, particularly in the Andean region – especially in Peru – which remains comparatively understudied, but also for better preparedness. Of course, the best solution to prevent GOLFs would be to reduce our emissions of greenhouse gases in order to reduce the impact of global warming, but for the moment, this is just a dream…

Adapted from articles in the international press.

Le lac Imja, près de l’Everest, est un lac glaciaire dont la longueur a triplé depuis 1990. (Crédit photo : Planetary Science Institute)

Certaines zones des Alpes sont sous la menace de lacs glaciaires, comme celui de Rosolin à Tignes, mais ils sont étroitement surveillés (Crédit photo : RTM)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’INGV indique que le 3 octobre 2023 à partir de 06h33 UTC (8h33 heure locale), un débordement de lave était visible sur le Stromboli (Sicile) dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Dans le même temps, une activité de spattering était observée dans la zone du cratère Nord.
D’un point de vue sismique, on a enregistré une hausse de l’amplitude moyenne du tremor volcanique qui a atteint un niveau élevé.

 

La coulée de lave vue par la caméra thermique de l’INGV

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Dans un bulletin diffusé en fin de soirée le 2 octobre 2023 (heure locale), l’AVO indique que l’activité éruptive du Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) a de nouveau augmenté, avec des fontaines de lave. À partir de 21h00, l’activité sismique a commencé à augmenter de manière significative. À peu près au même moment, les images satellite ont montré une hausse de la température de surface correspondant à la présence d’une fontaine de lave. Cette situation a été confirmée par les images webcam. Cette fontaine a produit de petites avalanches de roches et de lave sur la pente du volcan. Le Shishaldin a ensuite émis un panache de cendres qui a atteint 12 k d’altitude. En conséquences, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à Warning (Danger).

Comme les fois précédentes, l’éruption a décliné au cours des heures suivantes pour se terminer dans la matinée du 3 octobre. La couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange et ne niveau d’alerte volcanique à Watch (Vigilance).

Crédit photo: AVO

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Le niveau d’alerte du Mayon (Philippines) est maintenu à 3, sur une échelle de 5 niveaux. L’activité volcanique reste soutenue avec des séismes d’origine volcanique et des coulées de lave dans plusieurs ravines. Une inflation du versant supérieur NO du volcan est observée depuis la 4ème semaine de juillet 2023, alors qu’une phase de déflation est enregistrée plus en aval sur ce versant. De manière plus globale, l’ensemble du Mayon reste en phase d’inflation. Des lahars se déclenchent pendant les périodes de pluie. Les émissions de SO2 se situent en moyenne entre 716 et 1 593 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester en dehors de la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 6 km. Il est déconseillé aux pilotes de survoler le volcan.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’éruption se poursuit dans le cratère sommital du Villarrica (Chili) avec une activité strombolienne observée presque toutes les nuits. Des matériaux sont parfois éjectés au-delà du cratère sur les flancs supérieurs du volcan. Les images satellite montrent un spatter cone sur le fond du cratère avec une bouche mesurant 10 x 14 m et une autre bouche plus petite à environ 35 m au nord-est du cône. Lors d’un survol le 29 septembre 2023, les scientifiques ont observé de la lave dans cette bouche et des dépôts de blocs dans le cratère. Le niveau d’alerte volcanique reste à Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et le public est prié de rester à au moins 8 km du cratère. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le niveau intermédiaire sur une échelle à trois couleurs) pour les communautés de Villarrica, Pucón, Curarrehue et Panguipulli.
Source : SERNAGEOMIN.

Activité strombolienne dans le cratère du Villarrica (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

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L’éruption du Fuego (Guatemala) se poursuit sans changement significatif. En général, 3 à 8 explosions sont enregistrées par heure. Elles éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. Comme d’habitude, elles génèrent aussi des panaches de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. De petites retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Des grondements se font entendre quotidiennement et des ondes de choc sont parfois détectées. Les explosions provoquent quotidiennement des avalanches de blocs dans plusieurs ravines. Des lahars sont parfois observés, charriant des branches d’arbres, des troncs et des blocs pouvant atteindre 1 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

Activité éruptive au sommet du Fuego (Crédit photo: CONRED)

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L’éruption du Nevado del Ruiz (Colombie) se poursuit à des niveaux faibles à modérés. La sismicité, indiquant le mouvement de fluides à l’intérieur de l’édifice volcanique, est stable. Plusieurs anomalies thermiques dans le cratère sont identifiées sur les images satellite. Les émissions de cendres et de gaz continuent, atteignant 2 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées à Manizales. Le niveau d’alerte reste à Jaune, niveau III (le deuxième niveau sur une échelle de quatre niveaux).
Source : Servicio Geológico Colombiano.

Carte des risques sur le Nevado del Ruiz (Source: SGC)

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Il n’y a pas d’éruption en ce moment sur le Kilauea (Hawaii), mais la zone située juste au sud du sommet montre une hausse de la sismicité. On est passé de moins de 10 événements par jour à plus de 140 au cours des dernières 24 heures. La plupart des secousses se produisent dans le secteur au sud de la caldeira, à des profondeurs de 2,5 à 3 km sous la surface. La tendance de l’activité sismique est parallèle, mais légèrement au sud, des bouches laissées par l’éruption de décembre 1974.
Source : HVO.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

INGV indicates that on October 3rd, 2023 from 06:33 UTC (8:33 local time), a lava overflow was visible on Stromboli (Sicily) in the upper part of the Sciara del Fuoco. At the same time, spattering activity was observed in the North Crater area.
From a seismic point of view, an increase in the average amplitude of the volcanic tremor was recorded, reaching a high level.

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In a bulletin released late in the evening on Obtober 2nd, 2023 (local time), AVO indicates that eruptive activity at Shishaldin (Aleutians / Alaska) again increased, with lava fountaining. Starting at 9:00 pm, seismic activity began to increase significantly. Around the same time, satellite images showed an increase in surface temperature consistent with lava fountaining, which was confirmed in webcam images. This fountaining produced small hot avalanches of rock and lava down the slope of the volcano. An ash cloud from Shishaldin reaching 12 km above sea level was observed in satellite data. In response, the Aviation Color Code was raised to RED and the Volcano Alert Level to WARNING.

Like previous times, the eruption declined over the next few hours, ending on the morning of October 3rd. The aviation color code was lowerered to Orange and the volcano alert level went back to Watch.

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The alert level for Mayon (Philippines) is kept at 3, on a scale of 5 levels. Volcanic activity remains sustained with volcanic earthquakes and lava flows in several drainages. Inflation of the upper NW slope of the volcano has been observed since the 4th week of July 2023, while a deflation phase is recorded further downslope. More generally, the whole of Mayon remains inflated. Lahars are triggered during rain periods. SO2 emissions average between 716 and 1,593 tonnes per day. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ). Pilots are advised not to fly over or close to the volcano.
Source: Phivolcs.

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The eruption continues in Villarrica’s summit crater (Chile) with strombolian activity observed almost nightly. Material is somrtimes ejected beyond the crater onto the upper flanks of the volcano. Satellite images show a spatter cone on the crater floor with one vent measuring 10 x 14 m, and a smaller vent about 35 m NE of the cone. During an overflight on 29 September 2023, scientists observed lava in the vent and deposits of blocks in the crater. The Volcanic Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-level scale) and the public is asked to stay 8 km away from the crater. The Alert Level is kept at Yellow (the middle level on a three-color scale) for the communities of Villarrica, Pucón, Curarrehue, and Panguipulli.

Source : SERNAGEOMIN.

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The eruption of Fuego (Guatemala) continues with no significant changes. In general 3-8 explosions are recorded per hour. They eject incandescent material as high as 300 m above the summit. As usual, they generate ash-and-gas plumes that rise as high as 1.1 km above the crater. Minor ashfall is reported in downwind areas. Rumbling is heard daily, and shock waves are occasionally detected. Explosions cause daily block avalanches in several drainages. Lahars are sometimes observed, carrying tree branches, trunks, and blocks as large as 1 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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The eruption at Nevado del Ruiz (Colombia) continues at low-to-moderate levels. Seismicity indicating the movement of fluids is stable.Several thermal anomalies in the crater are identified in satellite images. Ash-and-gas emissions continue, rising to 2 km above the crater rim. Ashfall was reported in Manizales. The Alert Level remains at Yellow, Level III (the second level on a four-level scale).

Source : Servicio Geológico Colombiano.

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There is currently no eruption on Kilauea (Hawaii), but the area just south of thr summit is showing signs of elevated unrest as earthquake rates beneath the region has just increased from less than 10 earthquakes per day to over 140 earthquakes in the last 24 hours. Most of the earthquakes are now occurring in the region south of the caldera at depths of 2.5 – 3 km below the surface. The trend of the seismic activity parallels, but is slightly south of the December 1974 eruption vents.

Source : HVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le Mont Blanc et le réchauffement climatique

Ces jours-ci, les média français nous apprennent que le Mont Blanc, le plus haut sommet des Alpes et d’Europe occidentale, a été mesuré mi-septembre à 4 805,59 mètres, ce qui représente une baisse de plus de deux mètres en deux ans par rapport aux derniers relevés. En 2021, le point culminant des Alpes avait été mesuré à 4 807,81 mètres.

L’interprétation de ces chiffres demande la plus grande prudence et il faudrait éviter te tirer des conclusions hâtives. En effet, l’altitude du Mont Blanc varie d’une année à l’autre en raison de la taille de la couche de neige qui recouvre le sommet, en sachant que le substrat rocheux culmine à 4 792 mètres et bouge seulement de quelques millimètres en raison de la surrection des Alpes.

En fait, la variabilité d’altitude du Mont Blanc entre 4 806 mètres et 4 811 mètres a toujours existé, à l’image de toutes les calottes glaciaires qui présentent une variabilité saisonnière naturelle en fonction des précipitations et des vents. C’est ce qu’ont expliqué aux médias le glaciologue Luc Moreau et le géomorphologue Ludovic Ravanel,

Tout en gardant à l’esprit ces variations saisonnières de l’altitude du Mont Blanc, il est intéressant d’observer le graphique montrant l’évolution de ces altitudes dans le temps. Les mesures officielles sont effectuées tous les deux ans depuis 2001.

 

Source: Géomètres-experts de Haute-Savoie

On remarque que l’altitude maximale du Mont Blanc a été atteinte en 2007, année où la montagne est repassée au-dessus de 4810 mètres. Le graphique montre que l’altitude décroît de manière plus ou moins régulière par la suite, jusqu’à aujourd’hui. Luc Moreau fait remarquer que la baisse d’altitude « n’est pas représentative du réchauffement climatique ». Cette donnée offre seulement « une indication du changement climatique, mais ne peut pas être interprétée comme son résultat ». Le glaciologue explique que la mesure du sommet alpin est faite à un instant T et qu’elle aurait pu être différente quelques jours plus tard, en fonction de la météo et des chutes de neige. Il faut toutefois ajouter que le manque de précipitations depuis deux hivers et les deux canicules de 2022 et 2023, expliquent l’altitude mesurée qui répond au climat que l’on a eu depuis deux ans.

De son côté, Ludovic Ravanel rappelle que les dernières mesures enregistrées mi-septembre font suite « à deux étés où les températures [en très haute montagne] ont été régulièrement positives, y compris au sommet du Mont Blanc, ce qui est un marqueur du réchauffement climatique ». Comme je l’ai indiqué à l’époque, le 18 juin 2022, une température de 10,4°C a été mesurée à la station météo du col Major (4 750 mètres), à proximité du sommet, soit 3,6°C de plus que le précédent record datant de juin 2019.

Il va maintenant falloir observer si la tendance à la baisse de l’altitude du Mont Blanc se confirme dans les prochaines années ou si, dans deux ou quatre ans, le sommet est remonté. Toutefois, le sentiment dominant est qu’on commence à assister à une baisse de l’épaisseur de la glace qui va de pair avec la fonte et le recul des glaciers alpins. Dans les prochaines décennies, une très grande majorité des glaciers vont disparaître en raison du réchauffement climatique d’origine anthropique. Les scientifiques estiment que dans les Alpes on va perdre entre 85 et 99% du volume des glaciers à la fin du 21ème siècle. Le Mont Blanc va forcément être impacté, lui aussi.

Source : presse française, dont France Info.

Photo: C. Grandpey

Hausse des températures : septembre 2023 crève les plafonds !

Les mois se succèdent et se ressemblent. À son tour, Septembre 2023 a été le mois le plus chaud de l’histoire. C’est ce qu’indique l’observatoire européen Copernicus et il y a de fortes chances que des agences comme ERA5, la NASA et la NOAA confirment cette mauvaise nouvelle dans les prochains jours,

Selon Copernicus, 2023 est désormais l’année la plus chaude jamais mesurée à travers le monde sur les neuf premiers mois, avec une anomalie de 1,40°C par rapport à l’ère préindustrielle. On est donc très proche des 1,5°C préconisés par la fameuse COP 21 de Paris. Le GIEC prévoit que ce seuil de 1,5°C sera atteint dès les années 2030-2035, en sachant qu’à plusieurs reprises,le climat a devancé les prévisions des scientifiques. De son côté, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a estimé au printemps 2023 que la barre serait franchie pour la première fois sur une année entière au cours des cinq prochaines années.

Comme je l’ai indiqué plus haut, septembre 2023 poursuit la série de records mensuels mondiaux entamée en juin. Juillet 2023 détient le record absolu, tous mois confondu. Avec une température moyenne de 16,38°C à la surface du globe, le mois de septembre 2023 dépasse le record de septembre 2020 avec une marge affolante de 0,5°C. Septembre 2023 est aussi 1,75°C plus chaud que la moyenne d’un mois de septembre sur la période 1850-1900..On peut ajouter que septembre 2023 est 0,9°C au-dessus de la moyenne de septembre sur la période 1991-2020, soit « la plus forte anomalie mensuelle » jamais mesurée par Copernicus, dont la base de données complète remonte à 1940.

Tous les continents ont été concernés par des anomalies hors du commun. En Europe, septembre 2023 a établi un nouveau record continental pour le premier mois de l’automne météorologique. Le sud du Brésil et du Chili ont connu aussi un déluge en septembre tandis que l’Amazonie est actuellement frappée par une sécheresse extrême qui affecte plus de 500.000 habitants. Les pôles continuent de perdre leur glace:. La banquise antarctique connaît un niveau bas record pour la saison, tandis que la banquise arctique est 18% en dessous de la moyenne.

Face à cette situation, les réponses de l’humanité sont très insuffisantes. Je ne suis pas souvent d’accord avec le pape, mais j’adhère en totalité à ses propos sur les Conferences of Parties, les COP, auxquelles il reproche de ne pas prendre de mesures CONTRAIGNANTES, ce que je répète sans cesse depuis plusieurs années. Tant que ces réunions se limiteront à des débats stériles coûteux et à l’empreinte carbone plus que douteuse, notre société ira droit dans le mur. Les mesures prises en France pour lutter contre le réchauffement climatique sont louables, mais elles se trouvent noyées dans un océan d’inaction.

Après la COP 24 en Pologne, au cœur du bassin houiller de Silésie, qui s’est soldée par le refus du Premier Ministre polonais de baisser sa production de charbon, la prochaine COP 28 se déroulera à Dubaï, chez les producteurs de pétrole ! Lors de cette COP, le thème de la sortie des énergies fossiles est censé être au coeur d’âpres négociations entre des pays, incapables à ce jour de mettre en oeuvre les exigences de l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement de la planète. La messe est dite !

Source : Copernicus, médias nationaux et internationaux.

Dernière minute: Era5 vient de publier ses statistiques qui rejoignent celles de Copernicus. Avec +1.128°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de septembre 2023 est de très loin le plus chaud des archives de l’agence. Le précédent record de 2020 (+0.63°C) est dépassé de 0.5°C. A trois mois de l’échéance, on peut dire que l’année 2023 sera très probablement la plus chaude jamais observée.

Les glaciers suivent l’exemple des banquises et fondent à grande vitesse (Photo: C. Grandpey)