Lire à Limoges au Champ de Juillet : « de l’argent jeté par les fenêtres »!

Lire à Limoges à la patinoire est loin de faire l’unanimité, malgré l’auto-satisfaction de la municipalité. La conseillère municipale Muriel Jasniak-Laskar a indiqué dans le journal de France 3 Limousin que le budget consacré à Lire à Limoges était passé de 500 000 à 300 000 euros. S’agissant du coût du chapiteau, « dépenser 200 0000 euros pour seulement 3 jours serait de l’argent public jeté par les fenêtres ». Le monde de la culture appréciera une telle déclaration. Ah, j’oubliais, il y aura des food-trucks – pardon, des camions de nourriture – à l’extérieur de la patinoire, ce que les restaurants du centre-ville apprécieront eux aussi.

A côté de cela, côté culture, Limoges accueillera l’arrivée d’une étape du Tour de France au mois de juillet, ce qui n’est pas gratuit. Il est bon de rappeler que la ville a dû se porter candidate auprès d’ASO, propriétaire de l’événement, pour figurer sur le programme de la Grande Boucle. Une fois cette étape validée, il faut envoyer un chèque de 110 000 € à l’ASO pour une arrivée, ce qui sera le cas à Limoges en 2023. A ce chèque doivent s’ajouter plusieurs dépenses pour se mettre en conformité avec le cahier des charges d’ASO : aménagement de la signalisation routière, implantation du village-départ, réfection des routes, mobilisation de forces de l’ordre… Ces coûts se chiffrent de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros. Un article de presse nous apprend que si les plus grandes villes sont capables de gérer seules ce budget, les petites municipalités ont souvent besoin de subventions départementales et régionales. Bien sûr, on va me parler de retombées économiques d’un tel événement, ce qui n’intéresse pas forcément les auteurs qui ont été éliminés de Lire à Limoges 2023.

On n’oubliera pas, non plus, la présence d’une patinoire au marché de Noël 2022, Place de la République à Limoges. Je n’ai pas réussi à en trouver le coût, mais il a bien fallu que la municipalité mette la main à la poche. Le 21 novembre 2022, on pouvait lire ceci sur le site de France Bleu : « La plus épineuse question a concerné le maintien de la patinoire extérieure. Engagée dans le cadre d’un marché public signé au printemps dernier, la ville n’a en réalité pas vraiment eu le choix selon le maire Emile-Roger Lombertie. « La patinoire était réservée, donc ça nous aurait coûté aussi cher de renoncer que de l’offrir aux Limougeauds. » Pour limiter les frais, il précise toutefois que le prestataire a fourni un nouveau moteur pour fabriquer la glace, dont l’épaisseur sera par ailleurs réduite. L’économie est ainsi estimée à 35% par rapport à la facture d’électricité initiale, mais ce sera la dernière fois que Limoges mise sur la glace pour Noël. En raison aussi du réchauffement climatique, les glissades devraient se faire sur des rollers l’an prochain. »

Attendons 2024 pour savoir si Lire à Limoges sera maintenu à la patinoire ou fera son retour au Champ de Juillet…ou ailleurs !

El Niño : le retour // El Niño is coming back

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) de l’ONU vient de confirmer ce que l’on pensait depuis plusieurs mois (voir mes notes à ce sujet) : il est de plus en plus probable qu’El Niño fasse son retour dans les mois à venir, ce qui favorisera une hausse des températures de la planète, avec à la clé un risque de nouveaux records de chaleur . L’OMM estime qu’il y a 60 % de chances qu’El Niño se développe d’ici la fin juillet 2023, et 80 % de chances qu’il apparaisse d’ici la fin septembre. Un tel événement changera les conditions météorologiques et climatiques dans le monde entier.
El Niño, modèle climatique naturel généralement associé à une hausse des températures dans le monde, ainsi qu’à la sécheresse dans certaines parties du globe et à de fortes pluies dans d’autres, a sévi pour la dernière fois en 2018-2019.
Depuis 2020, le monde est sous l’influence d’un événement de refroidissement La Niña exceptionnellement long qui s’est terminé début 2023 et a cédé la place aux conditions neutres actuelles. Cependant, il est important de noter que, malgré La Niña, les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Sans La Niña, la situation de réchauffement aurait été encore pire.
L’arrivée d’El Niño entraînera très probablement un nouveau pic de réchauffement climatique avec de records de température. À l’heure actuelle, l’OMM explique qu’il n’y a aucune indication de l’intensité ou de la durée d’El Niño à venir. Le dernier épisode a été considéré comme très faible, mais celui d’avant, entre 2014 et 2016, a été considéré comme l’un des plus intenses de tous les temps, avec des conséquences désastreuses. L’OMM souligne que 2016 a été « l’année la plus chaude jamais enregistrée en raison « d’un événement El Niño très puissant d’une part, et du réchauffement induit par l’homme à cause des gaz à effet de serre ».
Étant donné que l’effet El Niño sur les températures de la planète se produit généralement l’année suivant son émergence, l’impact le plus visible sera probablement en 2024. L’OMM s’attend à une augmentation importante des températures au cours des deux prochaines années.
L’arrivée d’El Niño pourrait aussi avoir des effets positifs. Par exemple, cela pourrait apporter un répit à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique et à d’autres impacts liés à La Niña. Toutefois, l’arrivée d’El Niño pourrait également déclencher des événements météorologiques et climatiques plus extrêmes.
L’OMM explique qu’il n’y a pas deux événements El Niño identiques et que leurs effets dépendent, en général de la période de l’année. C’est pourquoi les services météorologiques nationaux doivent suivre attentivement la situation.
Le régime climatique induit par El Niño se produit en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement de neuf à 12 mois. Il est généralement associé au réchauffement des températures de surface de l’océan dans le centre et l’est de l’océan Pacifique tropical. Une augmentation des précipitations est généralement observée dans certaines parties du sud de l’Amérique du Sud, du sud des États-Unis, de la Corne de l’Afrique et de l’Asie centrale, tandis que de graves sécheresses peuvent survenir en Australie, en Indonésie et dans certaines parties de l’Asie du Sud. Pendant l’été dans l’hémisphère nord, l’eau chaude apportée par El Niño peut également alimenter les ouragans dans le centre et l’est de l’océan Pacifique, tout en empêchant la formation d’ouragans dans le bassin atlantique.
Source : Organisation Météorologique Mondiale.

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The UN’s World Meteorological Organization (WMO) has just announced what had been suspected for several months (see my posts about this topic) : there is a growing likelihood that El Niño will develop in coming months, fuelling higher global temperatures and possibly new heat records. WMO estimates ther is a 60-percent chance that El Niño will develop by the end of July 2023, and an 80-percent chance it will do so by the end of September. This will change the weather and climate patterns worldwide.

El Niño, which is a naturally occurring climate pattern typically associated with increased heat worldwide, as well as drought in some parts of the world and heavy rains elsewhere, last occurred in 2018-19.

Since 2020, the world has been hit with an exceptionally long La Niña cooling event which ended earlier this year, ceding way to the current neutral conditions. However, despite La Niña, the last eight years were the warmest ever recorded. Without that weather phenomenon, the warming situation could have been even worse.

The expected arrival of El Niño will most likely lead to a new spike in global heating and increase the chance of breaking temperature records. At this stage, WMO says there is no indication of the strength or duration of the looming El Niño. The last episode was considered very weak, but the one before that, between 2014 and 2016, was considered among the strongest ever, with dire consequences. WMO points out that 2016 was « the warmest year on record because of the ‘double whammy’ of a very powerful El Niño event and human-induced warming from greenhouse gases ».

Since the El Niño effect on global temperatures usually plays out the year after it emerges, the impact will likely be most apparent in 2024. WMO is expecting in the coming two years to have a serious increase in the global temperatures.

The expected arrival of El Niño could have some positive effects. For instance, it might bring respite from the drought in the Horn of Africa and other La Niña-related impacts. But it could also trigger more extreme weather and climate events.

WMO explains that no two El Niño events are the same and their effects depend, in part, on the time of year. This is why national meteorological services should closely monitor the developments.

The climate pattern occurs on average every two to seven years, and usually lasts nine to 12 months. It is typically associated with warming ocean surface temperatures in the central and eastern tropical Pacific Ocean. Increased rainfall is usually seen in parts of southern South America, the southern United States, the Horn of Africa and central Asia, while severe droughts can occur over Australia, Indonesia and parts of southern Asia. During summer in the northern hemisphere, El Niño’s warm water can also fuel hurricanes in the central and eastern Pacific Ocean, while hindering hurricane formations in the Atlantic Basin.

Source : World Meteorological Organization.

 

Répartition typique des précipitations sous El Niño et La Niña (Source : WMO)

Faut-il s’attendre à une reprise d’activité du Kilauea (Hawaii) ? // Should we expect a renewal of activity at Kilauea (Hawaii) ?

Dans sa dernière mise à jour, le HVO indique que « l’inflation lente et régulière se poursuit sur le Kilauea. Globalement, l’inflation sommitale est plus significative que pendant les jours qui ont précédé l’éruption du 5 janvier 2023. De petites séquences sismiques se poursuivent de manière irrégulière sous l’Halemaʻumaʻu, le cratère Keanakākoʻi et la lèvre sud de Kaluapele (la caldeira du Kīlauea) depuis le 16 avril.La sismicité au sommet reste élevée et d’autres séquences sismiques sont possibles. Les émissions de SO2 atteignaient 135 tonnes par jour lors des dernières mesures effectuées le 3 mai 2023. ».

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In its latest update, HVO indicates that « slow, steady inflation continues t Kilauea Volcano. Overall, inflation at the summit is higher than conditions preceding the January 5th, 2023 summit eruption. Small flurries of earthquakes continue irregularly beneath Halemaʻumaʻu, Keanakākoʻi Crater, and the southern margin of Kaluapele (Kīlauea caldera) since April 16th. Rates of summit earthquakes remain elevated, and additional earthquake flurries are possible. The most recent SO2 emission rate of approximately 135 tonnes per day was measured on May 3rd, 2023. ».

Cratère de l’Halema’uma’u le 11 mai 2023 (Image webcam)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Le CENAPRED indique que le Popocatepetl (Mexique) est entré en éruption à deux reprises le 10 mai 2023 au matin. La première explosion s’est produite à 1 h 52. Les images de la webcam montrent la zone sommitale du volcan recouverte de matériaux incandescents.
Le Popocatepetl s’est à nouveau manifesté à 3 h 16.
Le CENAPRED a mis en garde la population contre les émissions continues de gaz volcaniques et de cendres, poussées par le vent en direction du sud-est. Il a également été demandé aux habitants de s’abstenir de s’approcher du cratère, compte tenu de la possibilité d’explosions. Il leur a été conseillé de s’éloigner des ravines à cause du risque de coulées de boue et autres matériaux.
Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, phase 2.

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On attend toujours l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui, selon l’OVPF le 21 avril 2023, était une affaire de minutes ou d’heures. On enregistre toujours quelques éboulements et quelques séismes dans la zone sommitale, mais rien de significatif. Même remarque pour l’inflation de l’édifice volcanique. L’Enclos a été rouvert…jusqu’au jour où le volcan décidera que la plaisanterie a assez duré… !

Photo: C. Grandpey

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Dans un bulletin diffusé dans la soirée du 6 mai 2023, l’INGV indiquait qu’une explosion accompagnée d’un nuage de cendres avait secoué le Cratère SE de l’Etna (Sicile) à 23h26 (heure locale).

Le 7 mai, Boris Behncke indiquait sur Facebook que « des colonnes de gaz s’échappaient de la zone des « bouches orientales », signe que l’on se trouve dans un contexte de conduit ouvert. Pour le moment, le volcan est dans un état plutôt calme, bien qu’en phase de recharge lente. »

Boris ajoutait qu’il est important de souligner que « le Cratère sud-est est toujours capable de produire des phénomènes éruptifs, parfois fortement explosifs, à tout moment, et sans pratiquement aucun signal avant-coureur. Ce n’est pas forcément le début d’une nouvelle activité éruptive plus significative. Dans le passé il y a eu plusieurs événements explosifs comme celui-ci, et qui n’ont pas été suivis d’une activité supplémentaire. »

 

Crédit photo : Boris Behncke

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La situation est stable sur le Sabancaya (Pérou) où l’on enregistre une vingtaine d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à environ 2 km au-dessus du sommet.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Comme je l’ai écrit précédemment, l’activité du Fuego (Guatemala) s’est intensifiée entre le 2 et le 6 mai 2023. On a observé des explosions intenses, de volumineuses émissions de cendres, des coulées de lave, des coulées pyroclastiques et des lahars. Des avalanches de matériaux ont dévalé plusieurs ravines et atteint parfois la végétation. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
1 120 personnes ont été évacuées. 1 013 ont été transférés dans des abris temporaires mis en place par plusieurs municipalités. L’activité éruptive a ensuite diminué et le niveau d’alerte volcanique a été abaissé au Jaune. Les personnes évacuées sont rentrées chez elles le 7 mai.

Crédit photo: CONRED

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L’activité du Kanlaon (Philippines) a augmenté début mai. Le PHIVOLCS signale une augmentation de la sismicité et de la déformation du sol, ainsi que des émissions de dioxyde de soufre. La déformation du sol affecte les flancs inférieurs et intermédiaires du volcan depuis le mois de mars,
Le niveau d’alerte reste à 1. Le public doit rester en dehors de la zone de danger permanent de 4 km de rayon.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

CENAPRED indicates that Popocatepetl (Mexico) erupted twice on May 10th, 2023 in the morning. The first explosion occurred at 1:52 a.m. Webcam images of the event show the summit area of the volcano covered with incandescent material.

Popocatépetl then erupted again at 3:16 a.m.

CENAPRED warned residents of continuous emissions of volcanic gases and ash, which were blowing in a southeast direction. Officials also urged residents to refrain from ascending to the volcano’s crater, given the possibility of explosions, and to move away from the bottom of ravines in case of mud and debris flows.

The alert level remains at Yellow Phase 2.

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We are still waiting for the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) which, according to OVPF on April 21st, 2023, was a matter of minutes or hours. There are still some rockfalls and earthquakes in the summit area, but nothing significant. Same remark for the inflation of the volcanic edifice. The Enclos has been reopened…until the day when the volcano will decide the joke has gone on long enough…!

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In a bulletin issued on the evening of May 6th, 2023, INGV indicated that an explosion accompanied by an ash cloud shook Mt Etna‘s SE Crater (Sicily) at 11:26 p.m. (local time).
On May 7th, Boris Behncke posted on Facebook that « columns of gas were coming out of the ‘eastern vents’ area, a sign that we are in an open conduit context. For the moment, the volcano is in a rather calm state, although in a slow recharging phase. »
Boris added that it is important to emphasize that « the Southeast Crater is always capable of producing eruptive phenomena, sometimes highly explosive, at any time, and with practically no warning signals. This is not necessarily the start of new, more significant eruptive activity. In the past there have been several explosive events like this, which have not been followed by further activity. »

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The situation is stable on Sabancaya (Peru) where about twenty explosions are recorded daily. They generate ash plumes that rise about 2 km above the summit.
Source: IGP.

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As I put it before, activity at Fuego (Guatemala) was very intense between May 2nd and May 6th, 2023. It included intense explosions, dense ash emissions, lava effusion, pyroclastic flows, and lahars. Avalanches descended several drainages, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall was reported in areas downwind.

1,120 people were evacuated. 1,013 were transferred to temporary shelters set up by several municipalities. Eruptive activity later declined and the Volcano Alert Level was lowered to Yellow. People who were evacuated during the event returned home on May 7th.

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Activity ar Kanlaon (Philippines) increased in early May. PHIVOLCS reports increased seismicity and ground deformation, and sulfur dioxide emissions. Ground deformation has affected the lower and mid-flanks of the volcano since March,

The Alert Level remains at 1. The public should remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm