Images du Kilauea (Hawaii)

La webcam en direct offre des vues très intéressantes de l’activité éruptive dans le cratère de l’Halema’uma’u . Les gros plans permettent de voir la bouche active sur la paroi sud-ouest du cratère. Le 14 juin 2023, l’activité de spattering était spectaculaire.

La webcam propose également de bonnes images de la surface du lac de lave qui est actif dans la partie sud-ouest du cratère et dont dont la surface monte lentement.

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The live-stream video of Halema’uma’u crater provides very interesting views of the eruptive activity. The slose-ups allow to see the eruptive vent in the southwest wall of the crater. On June 14th, 2023, the activity of spattering at this vent was quite spectacular.

The webcam also provides good images of the surface of the southwestern lava lake whose surface is slowly rising.

See screenshots above.

Climat : ça va vraiment mal ! // Climate : It’s going from bad to worse !

La hausse des températures sur Terre s’est accélérée ces dernières semaines et est en train d’atteindre des niveaux records en juin 2023. L’arrivée d’El Niño se confirme, de sorte que 2023 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée.
Les températures moyennes relevées jusqu’à présent en juin 2023 sont supérieures de près de 1° C aux relevés pour ce même mois depuis 1979. Bien que le mois de juin ne soit pas encore terminé, les climatologues expliquent qu’il suit un schéma de renforcement du réchauffement climatique global et que 2023 pourrait devenir l’année la plus chaude de tous les temps, encore plus chaude que 2016.
La NOAA vient d’indiquer que les conditions El Niño sont effectivement présentes et qu’elles « se renforceront progressivement » au début de l’année prochaine. En conséquence, le réchauffement d’origine anthropique sera exacerbé par un événement naturel qui ajoute généralement entre 0,1°C et 0,2°C à la température moyenne de la planète.
Il se pourrait que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée. Tous les climatologues s’accordent à dire que cela sera probablement le cas à l’avenir pour chaque année El Niño, tant que rien ne sera fait pour réduire la combustion de combustibles fossiles et la pollution par le carbone.
2023 a déjà été le théâtre de sévères vagues de chaleur dans des pays et des régions comme Porto Rico, la Sibérie et l’Espagne. De plus, la chaleur au Canada a contribué à déclencher d’énormes incendies de forêt.
En 2023, le monde a connu son troisième mois de mai le plus chaud en 174 ans. L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ont connu le mois de mai le plus chaud de leur histoire. En mai 2023, l’Organisation Météorologique Mondiale a averti que les températures augmenteraient probablement au cours des cinq prochaines années, à cause du phénomène El Niño, mais aussi des émissions de gaz à effet de serre.
Il y a aussi de fortes chances que la température moyenne dépasse 1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle. C’est le seuil clé convenu par les gouvernements lors de la COP 21, la conférence de 2015 sur le climat de Paris. .
La chaleur ne concerne pas seulement  la terre ferme. La NOAA a confirmé en mai un deuxième mois consécutif de températures record à la surface des océans. L’excès de chaleur des océans, qui couvrent 70% de la surface du globe, influence la température de la planète, mais a aussi un effet sur les populations de poissons, le blanchissement des récifs coralliens et l’élévation du niveau de la mer.
Indépendamment du fait que 2023 soit la plus chaude, ou l’une des plus chaudes, jamais enregistrée, les scientifiques préviennent que les impacts du réchauffement climatique sont désormais évidents. Il en sera ainsi tant que les émissions de gaz à effet de serre ne seront pas radicalement réduites.
Source : médias d’information internationaux.

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Global temperatures have accelerated to record-setting levels in June 2023, with El Niño on its way, a situation that could potentially propel 2023 to become the hottest year ever recorded.

Preliminary global average temperatures taken so far in June are nearly 1°C above levels previously recorded for the same month, going back to 1979. While the month is not yet complete, climate scientists say it follows a pattern of strengthening global heating that could see this year named the hottest ever recorded, topping 2016.

NOAA has warned that El Niño conditions are now present and will “gradually strengthen” into early next year. As a consequence, human-caused warming will be exacerbated by an event that typically adds between 0.1°C to 0.2°C to the overall global temperature.

2023 will almost certainly be the warmest year on record. All climate scientists agree to say that it is likely to be true for just about every El Niño year in the future, as long we we continue to warm the planet with fossil fuel burning and carbon pollution.

2023 has already seen severe, record heatwaves in places from Puerto Rico to Siberia to Spain, while the heat in Canada helped spur huge wildfires.

The world had its third warmest May in a 174-year temperature record last month, with North America and South America both having their hottest May ever recorded. In May 2023, the World Meteorological Organization warned that global temperatures will likely soar over the next five years, fueled by El Niño as well as greenhouse gas emissions.

There is also a good chance the average temperature will exceed 1.5°C beyond pre-industrial times, the key threshold agreed by governments at the Paris climate conference. .

The heat is not only on land. NOAA has confirmed a second consecutive month of record high ocean surface temperatures in May. Excess heat in the oceans, which cover 70% of the globe’s surface, influence overall global temperatures, as well as warp fish populations, bleach coral reefs and drive coastal sea level rise.

Regardless of whether 2023 ends up the hottest ever recorded, scientists caution that the escalating impacts of the climate crisis are now starkly evident and won’t be slowed until greenhouse gas emissions are radically cut.

Source : International news media.

Les anomalies thermiques se multiplient

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Kilauea (Hawaii) continue. La webcam en direct du HVO a filmé un vortex provoqué par le vent, et rarement observé dans le cratère de l’Halema’uma’u.

https://youtu.be/55SE_hqe8VE

Le vortex s’est formé directement au-dessus du lac de lave et a pris la forme d’un entonnoir avant de se dissiper au bord du cratère.
Les scientifiques expliquent que ces vortex se forment en raison de la chaleur extrême. La température à la surface du lac de lave atteint environ 1150°C. Le vortex arrache et faut voler des morceaux de lave.
L’USGS ajoute que des vortex provoqués par le vent ont également été observés en 2018 lors de l’éruption explosive au sommet du Kilauea.

Image extraite de la vidéo

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Le PHIVOLCS enregistre toujours des séismes volcaniques et de nombreuses chutes de blocs sur le Mayon (Philippines). La cendre provoquée par les chutes de blocs et le dégazage modéré du cratère génèrent des panaches riches en vapeur qui glissent le long des tentes du volcan avant de se disperser. L’incandescence du cratère est toujours visible la nuit. La lave qui s’écoule lentement depios le cratère sommital donne naissance à une coulée de lave et de débris qui emprunte les ravines Mi-isi et Bonga. On observe également des coulées pyroclastiques de courte durée. .
Selon le PHIVOLCS, le Mayon montre « actuellement un niveau d’activité relativement élevé », en raison de la présence de magma dans le cratère. Le volcan est en niveau d’alerte 3 depuis le 8 juin 2023. L’Institut demande au public de se méfier des coulées pyroclastiques et des lahars susceptibles d’emprunter les ravines le long de l’édifice volcanique. Les pilotes doivent éviter de voler à proximité du volcan.

Au 13 juin 2023, 16 152 personnes avaient été évacuées ; 15 493 se trouvaient dans des centres d’hébergement et 659 séjournaient chez des amis et de la famille.

Vue du Mayon le 14 juin 2023 (Source: PHIVOLCS)

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Il semble que le Popocatepetl (Mexique) ait retrouvé son activité normale, avec des émissions quotidiennes de vapeur et de gaz contenant parfois de petites quantités de cendres. Les panaches s’élèvent jusqu’à 1,6 km au-dessus du sommet. De petites retombées de cendres sont encore signalées dans plusieurs localité. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

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Les explosions phréatiques se poursuivent sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica), avec des panaches de gaz et de vapeur qui s’élèvent de 1 à 2,5 km au-dessus du bord du cratère. Le 8 juin 2023, une éruption phréatique a éjecté l’eau du lac et des sédiments à une centaine de mètres au-dessus du bord du cratère, avec un panache de vapeur qui s’est élevé à 3 km de heuteur.
Source : OVSICORI.

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De nombreux panaches de cendres denses s’élèvent jusqu’à 500 m – 3 km au-dessus du sommet de l’Anak Krakatau (Indonésie). Les images de la webcam montrent parfois des matériaux incandescents projetés au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et il est demandé au public de rester à au moins 5 km du cratère.
Source : CVGHM.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The eruption of Kilauea (Hawaii) continues. The HVO live webcam has filmed a rarely seen wind vortex in Halema’uma’u Crater.

https://youtu.be/55SE_hqe8VE

The phenomenon formed directly over the lava lake and grew into a high funnel before dissipating at the edge of the crater.

Scientists explain that these vortexes form due to extreme heat. Temperatures at the lake’s surface reach about 1150°C. The vortex can be seen sending pieces of fresh lava flinging around.

USGS officials report wind vortexes were also seen in 2018 during Kilauea’s explosive eruption at the summit.

Kilauea vortex

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PHIVOLCS still records recorded volcanic earthquakes and numerous rockfall events on Mayon (Philippines). The ash from the rockfalls and continuous moderate degassing from the crater produce steam-laden plumes that crpept downslope before drifting away. Crater incandescence can be seen at night. A very slow effusion of lava from the summit crater, generating a lava flow and collapse debris on the Mi-isi and Bonga gullies, is also observed, as well as short-lived pyroclastic flows. .

According to PHIVOLCS, Mayon is “currently in a relatively high level of unrest,” due to magma in the crater. The volcano has been on alert level 3 since June 8th, 2023. The Institute warns the public to be cautious of pyroclastic flows and lahars along channels draining the volcano edifice. Pilots are asked to avoid flying close to the volcano.

By June 13th, 2023, 16,152 people had evacuated; of those, 15,493 were in evacuation shelters and 659 were staying with friends and family.

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It looks as if Popocatepetl (Mexico) has returned to its normal activity, with daily steam-and-gas emissions, sometimes containing minor amounts of ash. The plumes rise as high as 1.6 km above the summit. Minor ashfall is still reported in several municipalities. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

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Phreatic explosions continue at Rincón de la Vieja (Costa Rica), with gas-and-steam plumes that rise 1- 2.5 km above the crater rim. On June 8th, 2023, a phreatic eruption ejected lake water with sediment about 100 m above the crater rim and produced a steam plume that rose 3 km.

Source : OVSICORI.

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Numerous dense ash plumes are visible rising 500 m – 3 km above Anak Krakatau’s summit (Indonesia). Webcam images sometimes show incandescent material being ejected above the crater. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source : CVGHM.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Les Champs Phlégréens, une bombe à retardement ? Are the Phlegrean Fields a time bomb ?

Selon une étude effectuée par des chercheurs du University College de Londres et de l’Institut national italien de recherche en géophysique et volcanologie, le volcan des Champs Phlégréens, en sommeil depuis près de six siècles, se rapprocherait d’une possible éruption. Les chercheurs expliquent que le volcan s’est fragilisé au fil du temps et qu’il est donc plus susceptible de lâcher prise.

Des articles de ce type sont publiés régulièrement et, au final, on se rend compte qu’on n’en sait guère plus sur les risques à court terme générés par cette zone volcanique en milieu urbain.
La nouvelle étude a utilisé un modèle de fracturation volcanique pour interpréter les modèles de sismicité et de soulèvement du sol. On a enregistré des dizaines de milliers de séismes autour du volcan, et la ville de Pouzzoles, qui se trouve au cœur des Champs Phlégréens, s’est soulevée de près de 4 mètres à cause des épisodes de bradyséisme qui affectent la région. Selon les chercheurs, ces événements ont étiré des parties du volcan « presque jusqu’au point de rupture », et le sol semble « prêt à se rompre plutôt que plier. »

Incrustations de coquillages dans les colonnes du temple dit de Serapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

Les séismes sont causés par le mouvement de fluides sous la surface. La nature de ces fluides reste toutefois inconnue, mais les chercheurs pensent qu’il peut s’agir de roche en fusion, de magma ou de gaz volcaniques.
Les séismes se sont produits pendant les périodes d’activité du volcan. La dernière éruption a eu lieu en 1538 et le volcan a montré des signes d’activité pendant des décennies, avec des pics dans les années 1950, 1970 et 1980. Il a traversé une période d’activité « plus lente » au cours des 10 dernières années, mais 600 séismes ont été enregistrés en avril, ce qui représente un nouveau record mensuel.
On qualifie souvent les Champs Phlégréens de « supervolcan »capable de produire des éruptions de catégorie 8, le niveau le plus élevé sur l’Indice d’explosivité volcanique (VEI). Cependant, cette appellation est abusive car la plus puissante éruption jamais enregistrée appartient à la catégorie 7 sur le VEI.

Vue de la Solfatara, le point le plus chaud des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

Dans sa conclusion, l’étude indique que si les Campi Flegrei sont peut-être proches de la rupture, rien ne prouve qu’une éruption se produira réellement. « La rupture peut ouvrir une fissure à travers la croûte, mais le magma doit encore pousser au bon endroit pour qu’une éruption se produise. »
Source  : Médias d’information scientifique.

Le problème avec les Champs Phlégréens,c’est que le volcan se trouve dans une zone densément peuplée du sud de l’Italie. Si une éruption devait se produire, elle serait annoncée par plusieurs paramètres géophysiques et géochimiques, mais elle pourrait se déclencher rapidement et le temps d’évacuation de la population pourrait être très court. L’infrastructure des villes dans cette partie du pays rendrait probablement l’opération très compliquée. 500 000 personnes vivent dans ce que la Protection civile a désigné zone rouge, la plus à risque. 800 000 autres personnes vivent dans la zone jaune.

L’évacuation de Pouzzoles sera forcément compliquée (Photo: C.Grandpey)

Les autorités ont élaboré un plan d’évacuation, en vertu duquel les habitants auront trois jours pour partir par leurs propres moyens ou par les transports en commun. Le niveau d’alerte – vert, jaune, orange et rouge – est revu mensuellement. Le niveau d’alerte à Pouzzoles est actuellement Jaune. Les habitants reçoivent des alertes lorsque se produisent des séismes d’une magnitude de M 1,5 ou plus.

Ce n’est pas la première fois qu’une étude est publiée, mettant en garde contre une possible éruption des Champs Phlégréens à court terme. Cependant, des événements récents ont montré que notre capacité à prévoir les éruptions est très faible. Il faut juste croiser les doigts et espérer que ce volcan ne causera pas une catastrophe humaine comme le Vésuve voisin l’a fait dans le passé.

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According to a study conducted by researchers from England’s University College London and Italy’s National Research Institute for Geophysics and Volcanology, the Campi Flegrei volcano, which has been dormant for nearly six centuries, is inching closer to a possible eruption. The researchers explain that the volcano has become weaker over time and as a result is more prone to rupturing.

Articles of this type are published regularly and, in the end, we realize that we know little more about the short-term risks generated by this volcanic zone in an urban environment.

The new study used a model of volcano fracturing to interpret the patterns of earthquakes and ground uplift. There have been tens of thousands of earthquakes around the volcano, and the town of Pozzuoli, which rests on top of Campi Flegrei, has been lifted by nearly 4 meters as a result of them. The quakes and rising earth have stretched parts of the volcano « nearly to the breaking point, » according to a news release about the study, and the ground seems to be breaking, rather than bending.

The earthquakes are caused by the movement of fluids beneath the surface. It’s not clear what those fluids are, but researchers say they may be molten rock, magma or natural volcanic gas.

The earthquakes have taken place during the volcano’s active periods. While it last erupted in 1538, it has been « restless » for decades, with spikes of unrest occurring in the 1950s, 1970s and 1980s. There has been « a slower phase of unrest » in the past 10 years, but 600 earthquakes were recorded in April, setting a new monthly record.

Campi Flegrei is often referred to as a « supervolcano, » which can produce eruptions reaching a category 8 — the highest level on the Volcano Explosivity Index (VEI). However, the biggest-ever eruption only ranked as a category 7 on the VEI.

The study’s conclusion says that while Campi Flegrei may be closer to rupture, there is no guarantee that this will actually result in an eruption. « The rupture may open a crack through the crust, but the magma still needs to be pushing up at the right location for an eruption to occur. »

Source : Scientific news media.

The problem with the Phlegrean Fields is that the volcano is located in a densely populated area of southern Italy. Should an eruption occur, it will be annouced by several geophysical and geochimical parameters, but it could be triggered rapidly and the time to evacuate the population might be very short. The infrastructure of town in this part of the country would probably make the operation very complicated. 500,000 people live in what Italy’s civil protection agency has designated the red zone – the area at highest risk. Another 800,000 people live in the yellow zone.

Authorities have drawn up an evacuation plan, under which residents will be moved out using their own or public transport within three days. The risk level – green, yellow, orange and red – is reviewed monthly. The alert level in Pozzuoli is currently yellow. Locals receive alerts for all tremors of a magnitude of 1.5 or greater.

This is not the first time a study has beeen released, warning of a possible eruption of the Campi Flegrei in the short term. However, recent events have shown that our ability to predict eruptions is very low. We just need to cross our fingers and hope this volcano will not cause a human disaster like neighbouring Vesuvius did in the past.