Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Aucune augmentation significative de l’activité volcanique n’a été observée ces derniers jours. L’événement principal a été l’essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie). Une note spéciale est dédiée aujourd’hui à cet événement.

Pouzzoles et le temple de Serapis sont au coeur de l’activité bradysismique dans la région (Photo: C. Grandpey)

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Les Islandais pensent toujours qu’une éruption est susceptible de se produire sur la péninsule de Reykjanes. L’accumulation de magma et le soulèvement du sol qui l’accompagne se poursuivent dans le secteur de Svartsengi. Après l’intrusion du 10 novembre 2023, l’accumulation de magma n’avait jamais été supérieure à 13 millions de mètres cubes. Environ 17 millions de mètres cubes de magma sont entrés dans la chambre magmatique depuis le début de la dernière éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar le 16 mars 2024. Il s’agit de la deuxième plus grande quantité de magma accumulée sous Svartsengi. La quantité la plus importante était de 19 millions de mètres cubes avant l’éruption du 18 décembre 2023.

Il existe une grande incertitude quant au lieu où un tel événement pourrait se produire, même si ce serait probablement dans des zones semblables à celles des éruptions précédentes.
Source : MetOffice.

On attend une éruption dans le secteur de Sundhnukagigar (Source: IMO)

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En raison de la poursuite de l’activité sismique sur l’Asosan (Japon) et des émissions élevées de SO2, le niveau d’alerte a été porté à 2 (sur une échelle de 1 à 5) et le public a été invité à rester au moins à 1 km du cratère.
Source : JMA.

Crédit photo: F. Gueffier

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L’éruption de l’Ibu (Indonésie) se poursuit et s’est intensifiée ces derniers jours. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le 16 mai 2024, le niveau d’alerte a été relevé à 4 (le maximum sur une échelle de quatre niveaux) et il a été demandé au public de rester à 4 km du cratère actif et à 7 km de la bouche active dans la paroi nord du cratère. 263 habitants ont été évacués de trois villages.
Source : PVMBG.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Marapi (Sumatra) avec des panaches de gaz et de vapeur qui s’élèvent jusqu’à 200 à 300 m au-dessus du sommet. J’ai indiqué dans une note précédente que les lahars du 11 mai ont causé plusieurs morts, des évacuations et des dégâts considérables. Le bilan s’élève à 67 morts, 20 personnes sont toujours portées disparues et 40 à 44 personnes ont été blessées. Au total, 989 familles ont été touchées par les lahars. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4),
Source : PVMBG.

Les coulées de boue sont des phénomènes récurrents en Indonésie (Crédit photo: Wikipedia)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

No significant increase in activity has been observed in the past days. The main event was the seismic swarm in the Phlegrean Fieelds (Italy). A special post is dedicated today to this event.

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Icelanders still think an eruption is likely to occur on the Reykjanes Peninsula. Magma accumulation and the accompanying ground uplift continue in the Svartsengi area. After the intrusion on November 10th, 2023, magma accumulation has never been greater than 13 million cubic meters, until now.  Around 17 million cubic metres of magma have been added to the magma chamber since the last eruption on the Sundhnúkagígar crater row started on March 16th, 2024 and this is the second highest amount of magma that has accumulated under Svartsengi. The highest amount was 19 million cubic metres before the eruption on December 18th, 2023.

There is a high uncertainty about the place where the event might occur, although it is expected to occur in similar areas as the previous eruptions.

Source : Met Office.

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Due to continuing seismic unrest at Asosan (Japan) and elevated SO2 emissions, the Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-5) and the public was asked to stay at least 1 km away from the crater.

Source : JMA.

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The eruption at Ibu (Indonesia) continues and intensified in the past days. As I put it in a previous post, on May 16th, 2024, the Alert Level was raised to 4 (the highest level on a four-level scale) and the public was asked to stay 4 km away from the active crater and 7 km away from the vent in the N crater wall. 263 residents evacuated from three villages.

Source : PVMBG.

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Still in Indonesia, eruptive activity continues at Marapi (Sumatra) with gas-and-steam plumes that rise 200-300 m above the summit. I indicated in a previous post that the 11 May lahars caused several fatalities, evacuations, and widespread damage. The death toll reached 67 people, while 20 remain missing and 40-44 were injured. In all, 989 families were impacted by the lahars. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4),

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Réchauffement climatique et déplacements de populations

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur l’érosion littorale provoquée par la montée du niveau des océans. La fonte des banquises et des glaciers, ainsi que la dilatation thermique des océans provoquent des dégâts sur les côtes, surtout au moment des tempêtes et des marées à fort coefficient. En métropole, mais aussi en outre-mer, des zones habitées sont sous la menace des vagues et des relocalisations devront être envisagées.

 Les dernières tempêtes ont causé de sérieux dégâts sur la côte atlantique et les enrochements ont parfois été délogés par les assauts des vagues (photos : C. Grandpey)

À l’échelle de la planète, des relocalisations et des déplacements de populations sont en cours. Au Brésil, l’État de Rio Grande do Sul a connu des pluies diluviennes d’une violence extrême ces derniers temps et se trouve dans une situation désespérée. Des coulées de boue gigantesques ont détruit des maisons et noyé un nombre incalculable de véhicules. Le bilan provisoire est de 147 morts et 124 disparus. Plus de deux millions de personnes sont dans la détresse et d’innombrables infrastructures sont détruites. Ce sont les inondations les plus graves dans l’histoire de cet État ; elles ont déjà entraîné le déplacement de plus de 620 000 personnes depuis le début du mois de mai 2024. 150 000 personnes avaient déjà connu le même sort en 2023. La situation est tellement grave que les autorités se demandent s’il ne faudra pas délocaliser Porto Alegre !

Le quartier de Sarandi à Porto Alegre, sous les eaux le 5 mai 2024 (Source : presse brésilienne)

Cette ville ne serait pas la première à devoir prendre une telle mesure. Il y a trois ans, le gouvernement indonésien a décidé d’abandonner Djakarta (10 millions d’habitants), la capitale actuelle sur l’île de Java, et de construire une nouvelle capitale, Nusantara, sur l’île de Bornéo. Les risques d’inondation étaient devenus trop importants à Djakarta, notamment à cause du risque de submersion lié à la hausse du niveau de la mer. Le gouvernement indonésien s’est donné 15 ans pour mener le projet à son terme. Voir mes notes du 31 août 2019 et du 15 mars 2023 à ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/03/15/la-capitale-indonesienne-bientot-a-borneo-indonesian-capital-soon-in-borneo/

Illustration du transfert de Jakarta vers Kalimantan (Source ; The Jakarta Post)

Des déplacements de populations ont déjà eu lieu dans des proportions impressionnantes. . L’Observatoire des Situations de Déplacements Internes (International Displacement Monitoring Center – IDMC) indique que « chaque année, le nombre de déplacements de populations liés aux catastrophes naturelles est plus important que le nombre de déplacements provoqués par des conflits (26 millions contre 20 millions). » L’Asie du Sud et du Sud-Est connaît les niveaux de déplacements les plus importants suite à des événements climatiques de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Ainsi, le cyclone Mocha a provoqué la fuite de 1,3 million de personnes au Bangladesh, et 900 000 en Birmanie. Il faut savoir que dans un certain nombre de cas, conflits et catastrophes se superposent, ce qui augmente le risque pour les personnes d’être déplacées plusieurs fois ou de manière prolongée. Le rapport de l’IDMC indique qu’au 31 décembre 2023, il y avait 7,7 millions de personnes déplacées en raison de catastrophes dans 83 pays.

D’ores et déjà, on sait que ne nombre de catastrophes va augmenter avec le réchauffement climatique. Il y aura une hausse de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes. L’essentiel des déplacements est actuellement causé par les sécheresses, les inondations, les cyclones, les incendies.

Comme je l’indiquais plus haut, la France est concernée par ces déplacements de population. En 2022, les feux de forêts ont déplacé 45 000 personnes dans l’hexagone. Un sondage commandé fin 2023 par EDF montre que 26% des Français pensent qu’ils devront quitter leur domicile dans les 10 prochaines années, à cause des impacts du réchauffement climatique.

Source : presse nationale et internationale.

Des panneaux mettent en garde contre le risque d’effondrement du littoral, ici à Talmont (Gironde)

Réchauffement climatique : attachez vos ceintures !

Une personne est morte et trente autres ont été blessées à bord d’un vol de la compagnie Singapore Airlines qui a connu de fortes turbulences durant son trajet de Londres à Singapour. Le vol a même dû être redirigé vers Bangkok où l’avion a atterri en urgence.

Les données de suivi du vol indiquent que l’avion a chuté de plus de 1 800 mètres en seulement cinq minutes au-dessus de la mer d’Andaman, au large de la Thaïlande.

Si cet incident implique à nouveau un Boeing, il ne semble pas que la responsabilité de l’avionneur américain soit engagée. Il est probable que la véritable cause soit à rechercher dans les conséquences du réchauffement climatique. C’est ce que révèlent de plus en plus d’études. Dans l’une d’elles, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, des chercheurs de l’université de Reading (Angleterre) ont comparé des données atmosphériques entre 1979 et 2020. En quarante ans, le nombre de turbulences à bord des avions a augmenté de 50 % à cause du réchauffement climatique. C’est particulièrement le cas au-dessus de l’Atlantique, zone aérienne très fréquentée. Au cours des quatre dernières décennies, la durée annuelle totale des turbulences fortes y a augmenté de 55%, passant de 17,7 heures en 1979 à 27,4 heures en 2020. Les turbulences modérées ont également connu une hausse de 37%, passant de 70 à 96,1 heures, quant à celles légères, elles ont augmenté de 17% (466,5 à 546,8 heures).

Les turbulences surviennent quand deux courants d’air de vitesse, de chaleur et de sens différents se rencontrent. L’air au niveau du sol chauffe et s’élève, tandis que l’air froid des nuages, plus lourd, redescend. Le croisement des deux masses d’air provoque ce que les météorologues appellent le « cisaillement du vent » (wind shear en anglais). Avec le réchauffement climatique et le hausse des températures, plus l’air est chaud, plus le cisaillement augmente. Les pilotes expliquent que cette situation intervient uniquement en zones d’« air clair », dépourvues de nuages, ce qui rend sa prévision extrêmement difficile. Si les turbulences ont lieu dans un milieu nuageux, les conditions sont différentes.

On connaît déjà d’autres conséquences négatives du réchauffement climatique sur l’aviation mondiale. Ainsi, les modifications du jet-stream, qui souffle d’ouest en est, allongent la durée des voyages vers l’ouest. En outre, l’augmentation des températures réduit le poids que les avions peuvent transporter.

Selon les auteurs de l’étude mentionnée ci-dessus, cette augmentation des turbulences doit pousser le secteur de l’aviation à s’adapter. Ces phénomènes peuvent entraîner des retards, des annulations, des déviations ou des dégâts et de l’usure sur les appareils. Les turbulences coûtent à l’industrie entre 150 et 500 millions de dollars par an, rien qu’aux Etats-Unis. Si pour les passagers, les turbulences ne restent souvent que de petits désagréments et des moments d’angoisse, elles peuvent parfois causer des dégâts plus importants, allant jusqu’à d’importantes blessures, comme on vient de le voir avec le vol de la Singapore Airlines. L’étude britannique met en lumière un paradoxe : alors que le transport aérien est affecté par le réchauffement climatique, il en est également un des facteurs aggravants. Selon une étude publiée en 2020, avec l’émission des gaz à effet de serre, le secteur contribue à 3,5% du réchauffement de la planète.

Source : presse internationale.

Illustration du cisaillement du vent à l’origine des turbulences (Source: Airplane Geeks Podcast)

Réchauffement climatique : La Martinique manque d’eau !

Pendant que la métropole se lamente à cause d’une météo pourrie pendant ce mois de mai, la Martinique est confrontée à une sécheresse et une situation hydrique exceptionnelles. Pour la première fois de son histoire, l’île a été placée en situation de « crise sécheresse » par la préfecture le 17 mai 2024 et les prévisions ne permettent pas d’envisager d’amélioration à court terme.

Des mesures strictes ont été prises par les autorités. Un arrêté préfectoral interdit les lavages de voitures et de bateaux, y compris par des professionnels. Une réduction de 25% de la consommation d’eau est imposée aux entreprises consommant plus de 1 000 m³ par an.

Il faut savoir qu’à la Martinique le réseau d’eau est loin d’être performant, avec des coupures fréquentes en temps normal. La situation de sécheresse ne fait qu’aggraver la situation. Depuis début avril, les Martiniquais, en particulier dans le centre et le sud de l’île, doivent composer avec des coupures d’eau tournantes en raison de la baisse du débit des rivières. Une vingtaine d’écoles ont dû fermer, faute de pouvoir assurer les conditions sanitaires d’accueil des élèves.

Au manque de pluie s’ajoutent des records de chaleur avec des températures supérieures de 2°C aux moyennes connues sur les cinq premiers mois de l’année. 8 vagues de chaleur ont été enregistrées entre juillet et septembre 2023. Toute la Martinique est concernée, mais la chaleur a été ressentie particulièrement dans les plaines comme celle du Lamentin et celle de Ducos.

Les climatologues expliquent que quatre facteurs contribuent à cette vague de chaleur et de sécheresse. La période de juillet à septembre est réputée pour ses températures élevées. Les émissions des gaz à effet de serre n’ont pas diminué et donc encouragé l’accélération du réchauffement climatique. Le phénomène El Niño a contribué à la hausse des températures dans la Caraïbe. La saison cyclonique est également tenue pour responsable car elle a provoqué des pannes d’alizés et cette absence de vent a eu des conséquences sur la hausse des températures.

 

En bleu, les écarts de température minimales par rapport à la normale et en rouge les écarts de température maximales (Source : Météo France)

Source : France Info.