Archéologie glaciaire // Glacial archaeology

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog (28 janvier 2018, 3 octobre 2023 à propos de la Norvège, par exemple) que les glaciers fondent à une vitesse incroyable partout dans le monde, ce qui ouvre un nouveau champ de recherche : l’archéologie glaciaire. Des artefacts, des corps et des virus conservés dans la glace depuis des millions d’années refont surface aujourd’hui. La fonte des glaciers permet également aux archéologues d’explorer des zones autrefois trop dangereuses à atteindre.
À l’heure actuelle, les randonneurs et les alpinistes tombent sur de mystérieux objets anciens dans les Alpes suisses et leurs découvertes intéressent les archéologues. De l’Âge de fer à l’époque romaine en passant par le Moyen Âge, les gens traversaient les cols recouverts de glace dans les Alpes avec des vaches, des mules, de l’huile, du vin, des skis, des armes et bien d’autres denrées. Leurs biens, perdus ou abandonnés, refont maintenant surface à mesure que les glaciers fondent, et ils nous donnent des indications intéressantes sur les civilisations et les époques passées.
La Suisse compte plus de glaciers que tout autre pays européen, et ils reculent rapidement avec la hausse des températures. En 2022 et 2023, le pays a perdu 10 % de son volume glaciaire.
Les personnes qui trouvent des artefacts sur la glace les gardent parfois comme souvenirs. Par exemple, une statue en bois est restée accrochée au mur du salon d’un alpiniste pendant près de 20 ans avant qu’un conservateur de musée s’en aperçoive et obtienne sa restitution. L’alpiniste avait trouvé la statue dans l’eau de fonte d’un glacier en 1999 et l’avait décapée avec des produits de nettoyage modernes, ce qui aurait pu endommager l’objet. Les archéologues ont tout de même réussi à dater le bois qui appartient au 1er ou 2e siècle avant JC, autrement dit l’Âge de fer.
Au fur et à mesure que la glace fond et que les découvertes s’accélèrent, les archéologues de la ville de Sion (Suisse) collectent ces objets à des fins de recherche. Le Musée d’Histoire du Valais est à l’avant-garde dans le nouveau domaine de l’archéologie glaciaire. Le musée a même présenté ses objets dans une exposition itinérante. Au fur et à mesure de leur arrivée, les découvertes glaciaires sont entreposées dans un congélateur géant au sous-sol du bâtiment.
Les découvertes d’objets sur les glaciers permettent d’en savoir davantage sur l’histoire humaine et l’économie ancienne de la région, mais leur interprétation constitue un défi car il n’existe aucune structure, route, ville ancienne ou autre objet pouvant offrir des indices sur les origines ou la finalité d’un artefact. Certaines découvertes sont des mystères entiers. Les bâtons et les statues en font partie. Certains bâtons datent de l’époque des Romains, qui utilisaient les Celtes comme guides sur les glaciers et pour traverser les Alpes. Les archéologues travaillent sur la datation des bâtons au Carbone 14. A l’image des statues, de nombreux objets glaciaires sont constitués de matériaux organiques – bois, matières végétales, cuir – qui se dégradent rapidement à basse altitude quand ils ne sont plus emprisonnés dans la glace.
D’autres découvertes, comme les biens ayant appartenu à un homme du 17ème siècle, mettent en lumière l’économie ancienne des Alpes. Après avoir passé au crible ses beaux vêtements, ses pièces de monnaie du nord de l’Italie et ses armes en provenance de l’Allemagne actuelle, les archéologues pensent qu’il s’agit d’un marchand. Deux mulets dont les restes ont été découverts à proximité transportaient peut-être ses marchandises. Les archéologues dont persuadés que l’homme est mort dans un accident, par exemple en tombant dans la crevasse d’un glacier. Il représente un instantané d’une économie ancienne qui s’étendait à travers les Alpes. Pendant des siècles, les gens ont franchi au péril de leur vie des cols et des glaciers dangereux pour atteindre des zones habitées de l’autre côté des montagnes.
Certains artefacts pourraient être porteurs de maladies disparues depuis longtemps, comme la peste noire. Les archéologues doivent donc être prudents et se laver les mains après avoir manipulé des restes d’animaux ou de personnes, car ils pourraient être porteurs de virus ou d’autres microbes encore vivants après avoir été congelés. Les chercheurs ont déjà découvert des virus restés actifs dans les glaciers tibétains et le pergélisol arctique. J’expliquais dans un article que le dégel du pergélisol en Sibérie avait libéré de l’anthrax qui a infecté des dizaines de personnes et tué un enfant en 2016. Plus inquiétant, la grippe espagnole était toujours présente dans les cadavres de mineurs norvégiens enterrés au Svalbard.
De nombreux objets sont très fragiles une fois que la glace qui les entoure a fondu. Les archéologues doivent donc se dépêcher de les analyser. Comme je l’ai indiqué plus haut, dès qu’ils ressortent à la surface d’un glacier, le cuir et autres matières organiques peuvent être détruits par les éléments et l’eau de fonte en seulement deux ans. Pour sauver le plus grand nombre possible d’objets, les archéologues ont créé une application – IceWatcher – permettant aux randonneurs et alpinistes de faire part de leurs découvertes et les confier aux archéologues. Une trentaine ont été signalées sur l’application au cours de ses deux premières années.
Source  : Business Insider via Yahoo Actualités.

Pointe de flèche en quartzite découverte en Norvège suite à la fonte d’un glacier. (Crédit photo: Espen Finstad/secretsoftheice.com)

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I have exlained in several posts (January 28th, 2018, October 3rd, 2023 about Norway, for instance) that glaciers are melting at an incredible speed around the world, and they have opened up a new field of research : glacial archaeology. Artifacts, bodies, and viruses frozen deep in ice for millions of years are now emerging to the surface. Melting glaciers are also allowing archaeologists to explore areas that were once too dangerous to reach.

Today, hikers and mountaineers are stumbling on mysterious ancient objects in the Swiss Alps, and their discoveries are keeping archaeologists busy. From the Iron Age to the Ancient Romans to the Middle Ages, people travelled across the Alps’s icy mountain passes with cows, mules, oil, wine, skis, weapons, and more. Their lost or abandoned belongings are now surfacing as the mountains’ glaciers melt, revealing clues about past civilizations and eras.

Switzerland has more glaciers than any other European country, and they are receding quickly as global temperatures rise. In 2022 and 2023, the country lost 10% of its total glacier volume.

People who find unique artifacts lying on the ice sometimes take them as keepsakes. For instance, a wooden statue hung on a mountaineer’s living room wall for nearly 20 years before a museum curator saw an old email about it and reached out. The mountaineer had found the statue soaked in meltwater in 1999 and wiped it down with modern cleaning products, which may have damaged the ancient object. Archaeologists managed to date the wood to the 1st or 2nd century BC, the Iron Age.

As the ice melts and discoveries accelerate, archaeologists in the town of Sion collect these objects for research. The Valais History Museum is at the forefront of the new field of glacial archaeology. The museum has even sent its artifacts on a traveling glacial archaeology exhibit. Glacial findings are hidden in a giant freezer in the basement of the building.

Findings from glaciers are revealing more about human history and ancient economies in the region, but it is a challenge as there are are no structures, roads, ancient cities, or other objects that can offer clues about an artifact’s origins or purpose. Some discoveries are total mysteries. The sticks and the statues are two of them. Some sticks date to the time of the Romans, who used the Celtics as guides over the glaciers and through the Alps. Archaeologists are working on radiocarbon dating the sticks. Like the statue, many glacier artifacts are organic materials – wood, plant materials, leather – that don’t survive well at lower altitudes where they aren’t frozen.

Other discoveries, like the belongings of a 17th-century man, shed light on the ancient Alps economy. Based on his fine clothes, coins from Northern Italy, and weapons from present-day Germany, the archaeologists think he was a merchant. Two mules whose remains were discovered nearby may have been carrying his wares. Archaeologists suspect the man died in an accident, such as falling into a crevasse in the glacier. He’s a snapshot of an ancient economy that stretched across the Alps. For centuries, people have braved treacherous cols and glaciers to reach settlements on the other side of the mountains.

Some artifacts could carry long-extinct diseases like the Black Plague, so archaeologists have to be careful and wash their hands after handling the remains of animals or people since they could carry viruses or other microbes that are still viable from being frozen. Researchers have previously found active viruses frozen in Tibetan glaciers and Arctic permafrost, tens of thousands of years old. I explained in a post that thawing permafrost in Siberia released anthrax that infected dozens of people and killed a child in 2016. More worrying, the Spanish flu’ was still present in the corpses of Norwegian miners buried in Svalbard.

Many objects are vulnerable once the ice around them melts. Archaeologists have to hurry.

As I put it above, as soon as they melt out to the surface of a glacier, leather and other organic materials can be destroyed by the elements and the meltwater in just two years. To help save as many objects as possible, the archaeologists created an app – IceWatcher – for hikers to report their findings. Hikers reported about 30 discoveries on the app in its first two years.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Stromboli (Sicile) : une île profondément blessée

Après 2022, 2024 menace d’être une nouvelle année noire pour le tourisme à Stromboli.

Souvenez-vous : le 25 mai 2022, à l’occasion du tournage d’une fiction pour la RAI, un incendie, vraisemblablement non autorisé et vite devenu incontrôlable, s’est déclaré à quelques dizaines de mètres des zones habitées. Aidées par le vent fort, les flammes ont ravagé tout le versant est de l’île pendant près de 24 heures, détruisant environ 248 hectares de végétation et laissant des blessures encore ouvertes dans le cœur des habitants.

Source: presse italienne

Un peu plus de deux mois plus tard, le 12 août 2022, une bombe météorologique a déversé un déluge d’eau sur l’île. Plus de 40 mille tonnes de matériaux, mis à nu par l’incendie de végétation, ont été remobilisés et se sont précipités dans les ruelles de Stromboli qui ont vite été submergées par la boue. Des maisons ont été endommagées et certaines personnes blessées.

Source: presse italienne

Des procédures judiciaires sont actuellement en cours pour prouver les responsabilités, évaluer les dégâts causés par les deux catastrophes et vérifier s’il existe un lien entre elles. Deux ans après, l’île de Stromboli continue de payer les conséquences du manque de protection du territoire.

Le 14 avril 2024, une réunion a rassemblé les autorités et les dirigeants de RAI Fiction en charge du tournage du film. Il a été demandé de ne pas le diffuser, mais la société de production ne veut rien entendre. La fiction, intitulée “Sempre al tuo fianco” devrait sortir au mois de septembre 2024.

Le refus de la population de Stromboli de voir le film s’explique par le fait que l’île est aujourd’hui confrontée à une nouvelle menace pour son économie. Une alerte Rouge, décrétée début juillet, est toujours en cours suite à une brutale crise éruptive du volcan, avec de possibles effondrements majeurs le long de la Sciara del Fuoco. Le risque de tsunami est à la fois géologique et économique car la fréquentation touristique est en forte baisse.

Crédit photo: Protection Civile

Aux dégâts causés à Stromboli par la double catastrophe s’ajouterait l’insulte de la diffusion du drame qui représente encore une blessure pour les citoyens. Pour les autorités locales et la population, la décision de la RAI de procéder à la diffusion, prévue pour le mois de septembre, malgré le non unanime de la population, démontre un manque total de respect. Les dégâts causés d’abord par l’incendie, puis par l’inondation catastrophique, sont encore évidents, à tel point que plus de 16 millions d’euros ont été alloués pour effectuer des réparations et pour prendre des mesures préventives. Il semble inconcevable à la population de s’asseoir confortablement sur le canapé pour regarder le drame qui l’a profondément blessée…
Source : La Sicilia.

Pompéi en 79 : une éruption, mais pas seulement ? // Pompeii in 79 : an eruption, but not only ?

La découverte de deux squelettes présentant d’importantes fractures et traumatismes, découverts dans les ruines de Pompéi, semble indiquer que des secousses sismiques ont amplifié la destruction de l’ancienne cité romaine par l’éruption du Vésuve en octobre 79. Ce n’est pas la première fois que cette hypothèse est avancée. Je l’ai mentionnée à plusieurs reprises à propos de Pompéi dans mes notes précédentes.

Photo: C. Grandpey

Elle apparaît à nouveau ces jours-ci dans les médias à la suite d’une étude publiée dans la revue Frontiers in Earth Science le 18 juillet 2024. On y apprend que de nombreuses personnes ayant survécu à l’éruption ont probablement été tuées par de « puissants séismes » qui ont rapidement suivi. Les dernières découvertes pourraient permettre aux archéologues de mieux reconstituer les événements qui ont conduit à la destruction soudaine et catastrophique de la ville et de ses habitants.
Au cours des fouilles, en particulier dans la « casa dei Pittori al Lavoro » (maison des Peintres au travail), les chercheurs ont trouvé des incohérences dans les effets de l’éruption dans certains bâtiments effondrés qui supposaient probablement « une explication différente ». Lorsqu’ils ont découvert deux squelettes présentant de graves fractures, appartenant à des personnes d’une cinquantaine d’années, les scientifiques ont décidé d’approfondir leurs recherches. L’une des victimes a été brutalement écrasée par l’effondrement d’un grand fragment de mur. L’autre est probablement morte des suites de ses blessures après avoir tenté de se protéger avec un objet rond en bois dont les chercheurs ont trouvé des traces dans les dépôts volcaniques. Ces individus ont été découverts sur des lapilli de pierre ponce – de petits fragments de roche et de cendre qui sont tombés pendant environ 18 heures au cours de la première phase plinienne de l’éruption. Grâce aux écrits de Pline le Jeune, nous savons qu’elle a commencé vers 13 heures et a duré 2 jours.

Photo: C. Grandpey

Selon la dernière étude, les personnes qui n’avaient pas fui leurs abris ont peut-être été surprises par l’effondrement, provoqué par un séisme, de bâtiments qui croulaient déjà sous le poids de la cendre. Les scientifiques ont déclaré que les deux hommes ne sont pas morts à cause de l’inhalation de cendres ou de la chaleur extrême, comme on le pensait à propos de la plupart de ceux qui ont péri dans la catastrophe. De même, la plupart des personnes qui avaient survécu à la première phase de l’éruption ont probablement été submergées par l’effondrement des murs provoqué par des séismes.

Photo: C. Grandpey

Les chercheurs indiquent qu’il n’existe pas d’« estimation fiable » du nombre de personnes décédées lorsde l’éruption volcanique ou des dommages causés par les séismes qui ont suivi
Source : médias d’information internationaux.

Le tremblement de terre de 62 après JC.
Pompéi avait été victime de séismes avant l’éruption de l’an 79. Comme la plupart des villes situées à proximité de volcans actifs, Pompéi et sa voisine Herculanum étaient sous la menace de séismes. L’un d’eux s’était produit avant l’éruption meurtrière, probablement en février 62, avec une magnitude estimée entre M5,0 et M6,0 et une intensité de IX ou X sur l’échelle de Mercalli. Le séisme de l’an 62 a peut-être été un précurseur de l’éruption du Vésuve en 79. Le philosophe Sénèque le Jeune a écrit un récit de l’événement, en donnant des informations précieuses.
L’épicentre du séisme était situé près du flanc sud du Vésuve. Un lien entre les séismes dans le centre des Apennins et les éruptions du Vésuve a été proposé pour expliquer le séisme de 62, mais ce lien n’a jamais été prouvé.
Les villes de Pompéi et Herculanum ont toutes deux subi des dégâts importants, ainsi que certains bâtiments de Naples et de Nuceria. La maison de Lucius Caecilius Iucundus à Pompéi, détruite plus tard par l’éruption de 79 après JC, contenait des bas-reliefs montrant les dégâts causés à la ville et à son temple de Jupiter lors du séisme de 62. Lucius Caecilius Iucundus est peut-être mort pendant cet événement destructeur
Les dégâts causés par le séisme de l’an 62 étaient au moins en partie réparés à Pompéi et à Herculanum au moment de l’éruption de l’an 79.

A Herculanum, les recherches ont montré que les personnes qui s’étaient réfugiées dans les abris pour bateaux ont été victimes de la chaleur des coulées pyroclastiques (Photos: C. Grandpey)

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A pair of skeletons, with severe fracture and trauma injuries, found in the ruins of Pompeii seems to indicate that earthquakes compounded the cataclysmic destruction of the ancient Roman city by the eruption of Mount Vesuvius in October 79. This is not the first time this hypothesis ha been suggested. I have mentioned it severakl times in previous posts.

It is appearing again in the media following a study published in Frontiers in Earth Science on July 18th, 2024. It suggests that many people who survived the eruption were likely killed by “strong earthquakes” that quickly followed.The new findings may help archeologists better reconstruct the events that led to the sudden catastrophic destruction of the city and its people.

In the course of excavations in the city’s ruins,especially in the ‘casa dei Pittori al Lavoro’ (house of the Painters at Work), researchers found inconsistencies with the effects of volcanic eruption in some collapsed buildings that likely had “a different explanation”. When they found two skeletons with severe fractures, both of men around 50 years of age, scientists decided to investigate further. One individual was suddenly crushed to death by the collapse of a large wall fragment and another likely died from injuries after attempting to protect himself with a round wooden object of which the researchers found rotted traces in the volcanic deposits. These individuals were positioned on top of the pumice lapilli – small rock and ash particles that fell for about 18 hours during the first “Plinian” phase of the eruption. Thanks to the only surviving written testimony of the eruption, written by Pliny the Younger, we know that it started at around 1pm and lasted for 2 days. .

According to the latest study, the people who did not flee their shelters were possibly overwhelmed by earthquake-induced collapses of already overburdened buildings. Scientists said the two men didn’t die from inhaling ash or from extreme heat as was thought to have been the fate of most of those who perished in the disaster. Similarly, most people who survived the first phase of the eruption may likely have been overwhelmed by collapsing walls due to the earthquakes.

The researchers explain there is still no “reliable estimate” of how many people died from the volcanic eruption or from damage caused by subsequent earthquakes.

Source : international news media.

The earthquake of AD 62.

Like most cities lying close to active volcanoes, Pompeii and the neighbouring city of Herculanum were under the threat of earthqukes. One of them had occurred before the deadly eruption, probably in February 62, with an estimated magnitude betxeen M5.0 and M6.0 and a maximum intensity of IX or X on the Mercalli scale. The earthquake may have been a precursor to the eruption of Mount Vesuvius in AD 79. The contemporary philosopher Seneca the Younger wrote an account of the event, with precious information.

The epicentre of the earthquake was located close to the southern flank of Vesuvius. An association between earthquakes in the central Apennines and eruptions of Vesuvius has been proposed to explain the earthquake, but has not been proved yet

The towns of Pompeii and Herculaneum both suffered major damage, as well as some buildings in Naples and Nuceria. The House of Lucius Caecilius Iucundus in Pompeii, later destroyed by the eruption in AD 79, contained bas-reliefs showing damage to the city and its Temple of Jupiter during the earthquake of 62. Lucius Caecilius Iucundus, may have died during the earthquake.

The damage caused by the AD 62 earthquake was at least partly repaired in both Pompeii and Herculaneum by the time of the AD 79 eruption.

De plus en plus de feux de forêts dans l’Arctique // More and more wildfires in the Arctic

Avec l’accélération du réchauffement climatique, on assiste à une intensification des incendies de végétation. Les médias font état régulièrement de zones dévastées par les flammes en Turquie, en Californie ou encore en Grèce. Le plus inquiétant, c’est que les forêts arctiques partent, elles aussi, en fumée. L’Alaska, le Canada et la Russie sont exposées à des incendies particulièrement intenses.

En Russie, le nombre d’incendies ne cesse d’augmenter, particulièrement en Sibérie, ce qui est confirmé par les images satellites de la NASA. Comme le précise l’agence spatiale, ces incendies se déclenchent dans des zones riches en tourbe, une matière organique fossile qui a une forte propension à brûler. J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur les incendies zombies qui ont tendance à se multiplier dans l’Arctique, en particulier en Sibérie. Vous pourrez lire l’une de ces notes (30 mai 2021) en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/05/30/incendies-zombies-en-siberie-zombie-wildfires-in-siberia/

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

Dans l’Extrême-Orient russe, les outils à bord du satellite Sentinel-2 de Copernicus ont mesuré des épaisseurs anormalement élevées de fumées et des concentrations de particules fines plusieurs fois supérieures au seuil d’exposition moyen recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La situation est tout aussi inquiétante en Alaska où près de 250 000 hectares ont déjà brûlé en 2024. Le dernier incendie le plus spectaculaire a eu lieu dans le Parc National du Denali dans les premiers jours de juillet 2024.

 

Photo: C. Grandpey

Il a entraîné la fermeture du Parc aux visiteurs pendant plusieurs jours. Le Service des parcs nationaux d’Alaska explique que la saison de feux de forêt en Alaska débute fin mai pour se terminer à la fin du mois de juillet. En moyenne, un million d’hectares brûlent dans tout l’Etat chaque année. Il faut ajouter que les forêts arctiques sont fragilisées par le dégel du permafrost, avec des racines qui ne sont plus maintenues solidement dans le sol.

 

« Forêt ivre » dans le Yukon (Photo: C. Grandpey)

Plus à l’est, au Canada, après une année 2023 où le nombre d’hectares brûlé a battu des records, les incendies se sont intensifiés depuis le début du mois de juillet 2024, notamment dans les provinces de l’ouest. Fin juin – début juillet en Alberta, l’intensité des feux était très élevée par rapport à la moyenne 2003-2023. Les autorités locales indiquent que 129 feux actifs avaient été recensés le 16 juillet. On estime que ces incendies ont ravagé 1,5 million d’hectares de forêts depuis le début de l’année. La plupart sont causés par la foudre, comme ailleurs sur l’ensemble du continent nord-américain. Ils font partie du cycle naturel des forêts boréales, denses et difficiles d’accès. Le Service des parcs nationaux d’Alaska indique que les incendies contribuent aussi à la régénérescence des forêts.

Cependant, ces incendies sont alimentés par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et de plus en plus intenses qui sont la conséquence du réchauffement climatique d’origine anthropique. Il est utile de rappeler (information Copernicus) que le mois de juin 2024 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré, effaçant le record déjà battu en 2023.

Suivant la tendance de réchauffement de l’Arctique où la hausse des températures est plus rapide qu’ailleurs sur la planète, le nombre et l’intensité des incendies sont en augmentation significative depuis deux décennies dans cette région. Fin juin 2024, des scientifiques de l’université australienne de Tasmanie ont publié une étude dans le journal Nature Ecology and Evolution. Il en ressort que la fréquence des feux de forêt dans le monde a été multipliée par 2,2 entre 2003 et 2023. Ce sont notamment les forêts tempérées de conifères, dans l’ouest des Etats-Unis, et les forêts boréales qui couvrent l’Alaska, le nord du Canada et de la Russie, qui sont les plus touchées, avec une fréquence d’incendies multipliée respectivement par onze et par sept.

Source : médias internationaux, comme France Info dans notre pays.

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With the acceleration of global warming, we are witnessing an intensification of wildfires. The media regularly report areas devastated by the flames in Turkey, California and Greece. Most worrying, the Arctic forests are also going up in smoke. Alaska, Canada and Russia are exposed to intense wildfires.
In Russia, the number of fires continues to increase, particularly in Siberia, which is confirmed by NASA satellite images. As specified by the space agency, these fires start in areas rich in peat, a fossil organic material that has a high propensity to burn. I have drawn attention several times on this blog to the zombie fires that tend to develop in the Arctic, particularly in Siberia. You can read one of these posts (May 30th, 2021) by clicking on this link:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/05/30/feus-zombies-en-siberie-zombie-wildfires-in-siberia/

In the Russian Far East, tools aboard the Copernicus Sentinel-2 satellite measured abnormally high smoke thickness and concentration of fine particles several times higher than the average exposure threshold recommended by the World Health Organization. Health (WHO).
The situation is just as worrying in Alaska where nearly 250,000 hectares have already burned in 2024. The last, most spectacular wildfire took place in Denali National Park in the first days of July 2024. It led to the closure of the Park to visitors for several days. The Alaska National Park Service explains that Alaska’s wildfire season begins in late May and ends at the end of July. On average, one million acres burn across the State each year. It should be added that Arctic forests are weakened by the thawing of permafrost, with roots that are no longer held securely in the soil.
Further east, in Canada, after a year 2023 when the number of hectares burned broke records, fires have intensified since the beginning of July 2024, particularly in the western provinces. At the end of June – beginning of July in Alberta, the intensity of fires was very high compared to the 2003-2023 average. Local authorities indicate that 129 active fires had been recorded on July 16th. It is estimated that these fires have ravaged 1.5 million hectares of forests since the start of the year. Most are caused by lightning, as elsewhere across the North American continent. They are part of the natural cycle of boreal forests which are dense and difficult to access. The Alaska National Park Service says the wildfires also contribute to forest regeneration.
However, these fires are fueled by increasingly frequent and increasingly intense episodes of drought which are the consequence of anthropogenic global warming. It is useful to remember (Copernicus information) that the month of June 2024 was the hottest June on record, erasing the record already broken in 2023.
Following the warming trend in the Arctic where the rise in temperatures is faster than elsewhere on the planet, the number and intensity of fires have been increasing significantly for two decades in this region. At the end of June 2024, scientists from the Australian University of Tasmania published a study in the journal Nature Ecology and Evolution. It appears that the frequency of forest fires in the world increased by 2.2 between 2003 and 2023. The temperate coniferous forests, in the west of the United States, and the boreal forests which cover the Alaska, northern Canada and Russia, are the most affected, with a frequency of fires multiplied by eleven and seven respectively.
Source: international news media, such as France Info in our country.