Kilauea (Hawaï) : Épisode 53 !

Après une brève activité préliminaire de faible intensité débutée vers 11 h 20 (heure locale) le 12 août 2026, avec des jaillissements intermittents et des débordements de lave depuis la bouche nord, l’Épisode 53 de l’éruption du Kilauea a démarré à cette bouche à 15 h 45, avec des fontaines de lave atteignant 25 à 30 mètres de hauteur.

Par la suite, les fontaines ont culminé à 150 mètres au-dessus du sol entre 17 h 00 et 17 h 45.

Le panache éruptif s’est élevé à plus de 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les vents soufflant du nord-est ont transporté du dioxyde de soufre, ainsi que des cendres fines et des cheveux de Pélé, vers le sud-ouest. L’épisode est toujours en cours au moment où je rédige ce message, à 19 h 45 (heure locale).

L’Épisode 53 a pris fin brutalement le 13 août 2026 à 01 h 23 (heure locale), après plus de neuf heures et demie d’activité de fontaines de lave qui ont jailli de la bouche éruptive nord nord. Comme je l’ai indiqué précédemment, la hauteur maximale des fontaines a atteint environ 150 mètres, tandis que le panache s’est élevé à plus de 5 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le débit effusif a culminé à environ 230 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 135 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’épisode. On estime à 4,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Cette lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Le passage soudain d’une phase de déflation sommitale à une phase d’inflation à la fin de l’Épisode 53 laisse présager un nouvel épisode de fontaines de lave dans les jours à venir.

Source : HVO.

Images webcam de l’Épisode 53

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After a quick precursory low-level activity that began around 11:20 a.m. (local time) on August 12, 2026, with the onset of intermittent lava dome fountaining and overflows from the north vent, Episode 53 of the Kilauea eruption began from the north vent at 3:45 p.m. With lava fountains 25-30 meters high. Peak fountain heights later reached 150 m above ground level between 5:00 and 5:45 p.m. The plume from this eruption is reaching over 5,400 meters above sea level. Winds were blowing from the northeast carrying SO2 gas along with fine ash and Peleʻs hair to the southwest. The episode is going on while I’m writing this post at 19:45 (local time).

Episode 53 ended abruptly at 1:23 a.m. (local time) on August 13, 2026 after more than 9 and a half hours of continuous lava fountaining from the north vent. As I put it before, peak fountain heights reached approximately 150 meters and and plume height reached over 5500 m above sea level. The effusion rate peaked at about 230 cubic meters per second, with an average effusion rate of 135 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 4.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 40-50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The abrupt switch from summit deflation to inflation at the end of Episode 53 indicates that another lava fountaining episode is likely in the coming days.

Source : HVO.

Réchauffement climatique : L’Everest devient un cimetière à ciel ouvert // Global warming : Mount Everest is becoming an open-air graveyard.

Concentrations de CO2 : 427,46 ppm (11 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Avec la hausse des températures, la neige et la glace fondent à grande vitesse dans l’Himalaya. Cette fonte fait ressortir les corps d’alpinistes qui ont perdu la vie en montagne il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Des restes humains ont récemment été découverts près de la cascade de glace du Khumbu, sur l’Everest. Les sherpas ont prévu d’informer les autorités et ont souligné la nécessité de prendre rapidement en charge cette dépouille. Le corps pourrait appartenir à l’un des trois guides portés disparus lors d’une avalanche en 2014 ; un important effondrement de sérac avait déclenché une coulée qui a emporté 16 personnes.

 

Crédit photo : Wikipedia

Ces découvertes se multiplient à mesure que le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers, exposant des corps longtemps enfouis sous la glace. De nombreuses dépouilles reposent dans la « zone de la mort », où le faible taux d’oxygène accroît les risques de mal aigu des montagnes et peut s’avérer fatal au bout d’un certain temps. Certains corps sont retrouvés dans un état quasi identique à celui du moment du décès, équipés de leur tenue complète, avec crampons et baudriers.
En 2017, la main d’un alpiniste a émergé près du Camp I, et un autre corps est apparu sur le glacier du Khumbu la même année. Des alpinistes népalais qualifiés ont été mobilisés pour récupérer ces restes.
D’après la Himalayan Database, 229 alpinistes sont décédés sur le versant népalais de l’Everest, tandis que 110 ont perdu la vie sur le versant nord (tibétain). Bon nombre de corps situés côté népalais n’ont jamais été récupérés, alors que ceux du versant tibétain ont plus souvent été évacués.
La cascade de glace du Khumbu, l’un des passages les plus périlleux de l’ascension, a vu un nombre croissant de corps apparaître ces dernières années. Beaucoup se trouvent au-dessus de la « zone de la mort ».

La récupération de corps en haute altitude est une opération coûteuse et dangereuse, nécessitant souvent des équipes spécialisées ainsi que des conditions météorologiques favorables. Ce sujet reste controversé au sein de la communauté des alpinistes : il s’agit d’une entreprise qui coûte des milliers de dollars et mobilise jusqu’à huit sauveteurs pour chaque corps. Transporter des charges lourdes est difficile en haute altitude, et un corps peut peser plus de 100 kilos. La mission est pourtant nécessaire. Comme l’a déclaré un Sherpa : « Si nous continuons à laisser ces corps sur place, nos montagnes se transformeront en cimetières. »
Certains corps ont, au fil du temps, servi de sinistres points de repère pour les alpinistes. L’un d’eux, surnommé « Green Boots » (Chaussures vertes), marquait l’emplacement d’une grotte située près de la voie d’ascension, à environ 8 500 mètres d’altitude. Un autre repère similaire avait été baptisé « Sleeping Beauty » (La Belle au bois dormant).

 

Crédit photo : Nepal Plus

L’Himalaya recèle encore bien des secrets. Si la dépouille de George Mallory – alpiniste britannique disparu en 1924 – a finalement été retrouvée en 1999, celle de son compagnon de cordée, Andrew Irvine, n’a jamais été localisée. Il en va de même pour leur appareil photo, qui pourrait apporter la preuve qu’ils ont effectivement atteint le sommet et, potentiellement, réécrire l’histoire de l’alpinisme.

Les scientifiques avertissent que le recul des glaciers dans la région de l’Everest s’accélère. Un rapport de 2023 du Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) indique que les glaciers de la région de l’Hindou Kouch-Himalaya pourraient perdre jusqu’à 80 % de leur volume d’ici la fin du siècle. L’épaisseur des glaciers de la région de l’Everest a diminué de plus de 100 mètres au cours des six dernières décennies. Le rythme de la perte de glace a presque doublé depuis 2009. La nouvelle étude explique que, si le réchauffement climatique demeure la cause majeure du recul glaciaire, l’activité humaine au camp de base exerce une pression supplémentaire sur la glace et contribue à se disparition.

Camp de base de l ‘Everest, source de forte pollution sur cette montagne (Crédit photo : Wikipedia)

Le gouvernement népalais a délivré 401 permis d’ascension pour l’Everest en avril 2026. Le Népal a porté le coût du permis de 11 000 à 15 000 dollars. Alors que la Chine restreint l’accès depuis son territoire, le Népal voit un nombre important d’alpinistes tenter l’ascension de l’Everest.
Source : Everest Chronicle.

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With rising temperatures, snow and ice are melting at high speed in the Himalayas. The melting ice uncovers the bodies of climbers who died on the mountain several years or tens of years ago.  Human remains have recently been found near the Khumbu Icefall on Mount Everest. The local mountain guides planned to inform local authorities, and stressed that the remains should be handled promptly.

The body could belong to one of three guides who went missing in an avalanche in 2014, when a large serac collapse triggered an avalanche that swept away 16 people.

Such discoveries are becoming more frequent as rising temperatures accelerate glacial melt, exposing bodies long buried beneath the ice. Many bodies lie in the « death zone, » where low oxygen levels increase the risk of acute mountain sickness and eventually prove fatal after a certain period of time. Some bodies are still almost exactly as they were at the time of death, clad in their full gear, with crampons and harnesses.

In 2017, a climber’s hand surfaced near Camp I, and another body appeared on the Khumbu Glacier the same year. Trained Nepali climbers were deployed to retrieve the remains.

According to the Himalayan Database, 229 climbers have died on Everest’s Nepal side, while 110 have died on the mountain’s northern (Tibet) side. Many on the Nepal side remain unrecovered, while bodies on the Tibetan side have more often been removed.

The Khumbu Icefall, one of the mountain’s most dangerous sections, has seen an increasing number of bodies exposed in recent years. Many are located above the so-called “death zone”. Recovering bodies at high altitude is costly and hazardous, often requiring specialised teams and favourable weather conditions. High-altitude body recovery remains a controversial topic within the mountaineering community. It is an undertaking that costs thousands of dollars and requires up to eight rescuers for each body. Carrying heavy loads is difficult at high altitudes, and a body can weigh over 100 kilograms; nevertheless, the effort is necessary. As one Sherpa put it, « If we keep leaving them behind, our mountains will turn into graveyards. »

Some bodies have historically served as grim markers for climbers. One such landmark, known as “Green Boots,” marked a cave near the summit route at about 8,500 metres. Another similar landmark was named « Sleeping Beauty ».

The Himalayas still hold many secrets. While the body of George Mallory—a British mountaineer who disappeared in 1924—was finally found in 1999, that of his climbing partner, Andrew Irvine, was never located. Nor was their camera, which could provide proof of a successful ascent—potentially rewriting the history of mountaineering.

Scientists warn that glacial retreat in the Everest region is accelerating. A 2023 report by the International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) says glaciers in the Hindu Kush Himalayan region could lose up to 80 percent of their volume by the end of the century. Glaciers in the Everest region have thinned by more than 100 metres over the past six decades, with the rate of ice loss nearly doubling since 2009. The new study argues that while global warming remains the overwhelming cause of glacier retreat, human activity at Base Camp is adding localised stress to the shrinking ice.

The Nepalese government has issued 401 climbing permits for Everest in April 2026. Nepal has raised the climbing fee to $15,000 from $11,000. With China restricting access from its side, Nepal has seen a significant number of climbers attempting Everest.

Source : Everest Chronicle.

L’éruption de l’Etna vue par l’INGV

Alors que l’activité éruptive se poursuit sur l’Etna avec un trémor qui montre des valeurs élevées, l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV) a dressé un bilan de la situation et tenté de prévoir son évolution.

Selon l’Institut, l’ouverture des bouches éruptives à des altitudes décroissantes constitue un signal géologique d’un intérêt majeur pour l’évaluation des risques. La morphologie de la zone, qui inclut la Valle del Leone et la Valle del Bove, forme, certes, un bassin de confinement naturel, mais l’évolution rapide du comportement des bouches éruptives exige une vigilance et une surveillance constantes.

Le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale. Cet événement souligne la rapidité avec laquelle la morphologie instable des cônes peut engendrer des phénomènes à haut risque.

Des relevés satellitaires effectués le 11 août 2026 ont confirmé la formation de tunnels de lave au Monte Simone. Ces tunnels assurent une circulation efficace de la lave, même à faible débit d’effusion .Ce processus d’isolation thermique permet à la lave de conserver sa fluidité et d’atteindre des altitudes inférieures. Actuellement, les fronts ont dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisent entre 1 370 m et 1 380 m près de la Rocca Capra.

Au vu de la situation actuelle, l’INGV envisage trois scénarios possibles :
1) Poursuite de l’activité explosive sommitale et de l’activité effusive avec des coulées de lave qui restent confinées dans la Valle del Leone et la Valle del Bove.
2) Possibilité d’une évolution rapide avec des colonnes éruptives plus puissantes ou de nouvelles coulées pyroclastiques générées par l’effondrement des cônes, comme lors de l’événement du 11 août.
3) Menace d’une intensification de l’activité effusive. Même si le débit d’émission au niveau du cratère diminue, la présence de tunnels de lave sur le Monte Simone maintient un risque élevé d’un déplacement de la lave vers les basses altitudes.

Dans sa conclusion, l’INGV explique que l’activation simultanée des conduits explosifs au sommet et des systèmes effusifs latéraux est la preuve d’une forte énergie de activité éruptive. La remontée persistante de nouveau magma et le développement d’un système de transport efficace avec les tunnels de lave demandent la plus grande attention en matière de protection civile.

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Mise à jour du 12 août 2026 à 18 heures (heure locale) : Au vu du dernier bulletin diffusé par l’INGV le 12 août 2026 en fin de journée, la situation sur l’Etna ne semble pas avoir montré de changements profonds depuis la veille.
L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m, 2 090 m et 1 900 m. Les fronts des coulées de lave alimentées par la bouche située à 2 360 m semblent se refroidir. À 13h00 (heure locale), les fronts actifs les plus avancés, liés à la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à une altitude de 1 365 m, près de Rocca Capra dans la Valle del Bove.

L’activité explosive de la Voragine continue avec des intensités variables. Les émissions de cendres se dirigeaient aujourd’hui vers le sud, avec un fort impact sur le trafic aérien (voir ci-dessous).

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique ne présente pas de changements significatifs et demeure élevée, avec une nette et progressive tendance à la hausse. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 m au-dessus du
niveau de la mer.

Les signaux de déformations du sol ne montrent pas de changements particulièrement significatifs par rapport aux données précédentes.

Image satellite de l’Etna le 11 août 2026 (Copernicus : Sentinel-2)

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Les nuages de cendres émis par la Voragine et parfois la Bocca Nuova continent d’envahir les couloirs d’approche des aéroports de Catane-Fontanarossa et de Comiso et ont entraîné leur fermeture. Ce 12 août 2026, l’aéroport de Catane était fermé au minimum jusqu’à 18 heures, mais sa fermeture  – ainsi que celle de l’aéroport de Comiso – vient d’être prolongée jusqu’au 13 août à 16 heures. Cette situation illustre une nouvelle fois la vulnérabilité d’un système qui, en pleine saison touristique, est exposé aux aléas climatiques.

Les cendres volcaniques ne constituent pas un simple désagrément ; elles représentent une menace réelle pour la sécurité aérienne. L’Aviation Civile rappelle que les particules abrasives en suspension peuvent réduire considérablement la visibilité, endommager les surfaces extérieures et, surtout, causer des dégâts aux moteurs et aux systèmes embarqués des avions, avec des conséquences faciles à imaginer. . C’est pourquoi la SAC, société gestionnaire de l’aéroport de Catane, en coordination avec les autorités aéronautiques, met en œuvre des protocoles stricts prévoyant la fermeture temporaire de l’espace aérien ou de l’aéroport concerné.
Les répercussions pour les voyageurs sont immédiates avec des retards en cascade, des annulations préventives et de nombreux détournements vers d’autres aéroports. La situation s’est compliquée avec la fermeture de celui de Comiso qui sert habituellement de soupape de sécurité à Fontanarossa. Cette situation relance le débat sur les lacunes des transports en Sicile.

Le journal La Sicilia a diffusé un dessin qui résume bien la situation :

Réchauffement climatique dans les Alpes : fermeture des refuges du Goûter et de Tête Rousse

A cause de la sécheresse et des canicules, d’importantes chutes de pierres ont été observées sur la voie principale d’accès au Mont Blanc. Le maire de Saint-Gervais a donc décidé de prendre une décision rare. Il a ordonné par arrêté municipal la fermeture des refuges de Tête Rousse et du Goûter. « La période de sécheresse que nous traversons fait que la pratique de l’alpinisme nécessite une vigilance toute particulière. Les différents épisodes de canicule viennent de se traduire, pour l’ascension de l’aiguille du Goûter et plus particulièrement pour la traversée du couloir, par des importantes chutes de pierres. »

Les compagnies des guides de Saint-Gervais et de Chamonix avaient déjà décidé de suspendre les courses prévues sur le Mont Blanc. Pour expliquer sa décision, le maire a déclaré : « C’est le milieu naturel et la montagne qui dictent leurs règles et chaque alpiniste doit faire preuve d’humilité. Faire le Mont Blanc ne relève pas du défi ou de l’exploit et ne mérite pas qu’un alpiniste risque sa vie et celle des secouristes par orgueil. » Suite à l’arrêté municipal, plusieurs dizaines d’alpinistes qui étaient arrivés dans les deux refuges vont devoir faire demi-tour et redescendre dans la vallée.

Source : presse régionale.

Vue du refuge du Goûter (Crédit photo: Wikipedia)