Le déni climatique de la politique

Concentrations de CO2 : 426,54 ppm (25 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Je fustige souvent dans ce blog les gestionnaires et les habitants des stations de ski dans les Alpes qui, pour beaucoup, refusent de voir la réalité climatique et les effets du réchauffement de la planète sur leurs montagnes. Les Alpes s’effondrent, les stations de ski de basse et moyenne altitude ferment les unes après les autres, mais rien n’y fait ; ces gens continuent de foncer comme si de rien n’était. On l’a vu avec le projet d’extension du téléphérique de la Grave, heureusement mis à l’arrêt pas le gypaète barbu (voir ma note du 4 juin 2026).

 Photo:  C. Grandpey

La France a prévu d’organiser les Jeux d’Hiver en 2030, et tout se passe comme si le réchauffement climatique n’existait pas. On a pourtant vu que les Jeux de Cortina d’Ampezzo (Italie) en 2026 ont frôlé la catastrophe. 48 heures avant leur début la neige faisait cruellement défaut. Elle est arrivée au dernier moment et a fondu tout au long des épreuves, rendant certaines très compliquées.

En politique, chez nous en France, c’est la même chose. Aucun des candidats à l’élection présidentielle de 2027 n’osera aborder le sujet du réchauffement climatique de manière sérieuse. Je ne suis pas le seul à le dire. Au cours d’une intervention sur France Inter le 25 août 2026, Jean-Marc Jancovici, fondateur et président du groupe de réflexion Shift Project, n’a pas mâché ses mots : « Les candidats à l’élection présidentielle de 2027 sont dans une forme de déni face au réchauffement climatique ». Et d’ajouter : « Quand vous regardez les programmes des partis politiques, vous trouvez des incohérences partout. Il n’y a pas un [candidat] qui est vraiment sorti du déni ».

Pourtant, les épisodes caniculaires, la sécheresse et les incendies de plus en plus fréquents devraient alerter la fameuse « classe politique » qui se targue souvent de faire de la pédagogie auprès de la population. De toute évidence, le mot ‘pédagogie’ n’avait pas la même valeur pour moi à l’époque où j’enseignais !

Je ne pense pas que nos politiques soient assez stupides pour ne pas savoir que nous allons tous dans le mur. Comme le dit Jean-Marc Jancovici, « la claque qu’on a prise cet été [avec les différentes canicules] sera suivie par d’autres, encore pires. Tant qu’on rajoute du CO2 dans l’atmosphère, le climat continue à dériver. Or aujourd’hui, on n’en a jamais rajouté autant, les émissions de l’année dernière sont les plus importantes historiquement ». J’ajouterai que, plus que les émissions, ce sont les concentrations de ce gaz dans l’atmosphère qu’il faut prendre en compte, et elles ne cessent d’augmenter d’une année sur l’autre. La Courbe de Keeling est là pour le prouver.

Malgré cela, il ne faut pas se faire d’illusions. TOUS les candidats se contenteront d’effleurer le sujet du réchauffement climatique au cours de la campagne présidentielle, mais ils se garderont bien de s’y attarder. Au mieux, ils proposeront quelles mesurettes d’adaptation, le mot à la mode, alors que je lui préférerais le mot ‘anticipation‘. La vraie question est : Que pouvons nous faire pour que les émissions de gaz à effet de serre cessent d’augmenter à l’allure où elles le font ? Aucun homme politique n’osera dire qu’il faut s’attaquer au transport routier. On a vu l’accueil réservé à l’Écotaxe et aux portiques autoroutiers prévus par Ségolène Royal en 2014 ! Que sont devenues les aides à l’isolation thermique des maisons et celles pour réduire le coût d’une voiture électrique ? La France est fauchée (du moins pour ces initiatives) et le gouvernement vous dira qu’il n’a pas les moyens de les financer.

Alors, nos politiques se rabattent sur des mesurettes d’adaptation, inefficaces pour la plupart. De toute façon, un politique ne sait pas agir sur le long terme. Jean-Marc Jancovici appelle « la population » à réclamer « des changements » auprès de la classe politique. « Un homme politique, son métier, c’est de se faire élire et réélire, il ne prendra jamais une mesure qui est très impopulaire auprès de la majorité de son électorat. Donc la seule façon d’obtenir des changements structurels, c’est qu’une majorité de la population comprenne les enjeux et demande des changements structurels. Et ça, ça passe par l’éducation, la formation et l’information ».

La partie est loin d’être gagnée. Les températures continuent d’augmenter, les glaciers et la banquise fondent à une vitesse incroyable et l’eau ne va pas tarder à manquer. Les agriculteurs en font déjà les frais. Quel homme politique a abordé ce sujet vital ?

Jeux Olympiques d’hiver : et maintenant? // Winter Olympics : what now?

Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin sont terminés et de nombreuses questions se posent quant à l’avenir des jeux d’hiver, voire ceux d’été.. Le changement climatique pourrait tout bouleverser.
Lorsque les premiers Jeux olympiques d’hiver ont eu lieu à Chamonix, en France, en 1924, les 16 épreuves se sont déroulées à l’extérieur. Les athlètes glissaient sur la neige naturelle des pistes de ski et des températures glaciales régnaient sur les patinoires.
Près d’un siècle plus tard, en 2022, les skieurs ont dévalé des pistes de neige 100 % artificielle près de Pékin. Les pistes de luge et les tremplins de saut à ski avaient leur propre système de refroidissement, et quatre des compétitions olympiques qui avaient lieu en extérieur se déroulent maintenant à l’intérieur : patinage artistique, patinage de vitesse, curling et hockey ont tous lieu dans des bâtiments climatisés.
Les innovations techniques ont rendu possible le déroulement des Jeux d’hiver de 2022 à Pékin, mais l’enneigement artificiel a ses limites avec le réchauffement climatique. Aujourd’hui, la question est la suivante: avec la hausse des températures, à quoi ressembleront les Jeux d’hiver dans le siècle prochain ? Pourront-ils avoir lieu ?
Les anciennes villes hôtes auraient des températures trop élevées. La température diurne des villes hôtes des Jeux d’hiver en février n’a cessé d’augmenter depuis ceux de Chamonix. Elle est passée de 0,4°C dans les années 1920-1950 à 7,8°C au début du 21ème siècle.
Dans une étude récente, des scientifiques ont examiné les sites des 19 derniers Jeux olympiques d’hiver pour voir s’ils pourraient s’adapter au changement climatique à venir. Ils ont constaté qu’au milieu du 21ème siècle, quatre anciennes villes hôtes – Chamonix (France); Sotchi (Russie); Grenoble (France); Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) ne seraient plus en mesure d’accueillir les Jeux, même dans le scénario le plus optimiste prévu par les Nations Unies pour le changement climatique. Si le monde continue à brûler des combustibles fossiles, Squaw Valley en Californie, et Vancouver en Colombie-Britannique, rejoindront cette liste.
Selon les scientifiques, dans les années 2080, le climat de 11 des 21 anciens sites olympiques d’hiver ne permettra pas d’accueillir les événements en plein air; parmi eux se trouvent Turin (Italie); Nagano (Japon); et Innsbruck (Autriche). Ces sites connaîtraient tous des problèmes liés à l’enneigement artificiel.
Les conditions idéales d’enneigement requièrent aujourd’hui une combinaison du froid et de l’humidité, avec une température d’environ -2° C ou moins. Un excès d’humidité dans l’air fait fondre la neige et la glace à des températures plus froides, ce qui affecte la neige sur les pistes de ski et la glace sur les pistes de bobsleigh et de luge.
Sur les 15 sports des Jeux d’hiver actuels, sept sont affectés par la température et la neige : le ski alpin, le biathlon, le ski de fond, le ski acrobatique, le combiné nordique, le saut à ski et le snowboard. Le bobsleigh et la luge sont affectés par la température et l’humidité.
Les innovations technologiques ont permis aux Jeux d’hiver de s’adapter à certains changements au cours du siècle dernier. Le hockey se déroule désormais à l’intérieur, ainsi que le patinage. Les pistes de luge et de bobsleigh ont été réfrigérées dans les années 1960. Les Jeux d’hiver de Lake Placid en 1980 ont utilisé l’enneigement artificiel pour augmenter la quantité de neige naturelle sur les pistes de ski.
Aujourd’hui, on essaye de rendre le ski possible toute l’année avec des installations de ski intérieures. Ski Dubai, ouvert en 2005, compte cinq pistes de ski sur une colline artificielle de la hauteur d’un immeuble de 25 étages à l’intérieur d’un complexe attenant à un centre commercial. [Un fidèle visiteur de mon blog quia visité la structure Ski Dubai m’écrit ceci :  » J’ai eu la chance de visiter le Dubaï Mall, cette « monstruosité » du commerce avec une démesure de tous les instants. J’ai vu de l’extérieur par les grandes vitres l’aquarium géant avec ses requins (!) et les pistes de ski indoor comme vous l’écrivez. Sur le coup, j’ai été impressionné par la taille et la technique, jusqu’à ce que mes yeux se posent sur les manchots (royaux et/ou empereurs, reconnaissables à leurs liseré orange sur la tête) dans un enclos tout en bas de la station. Et d’un coup mon émerveillement a fait place à une certaine « nausée » dirais-je. Ces oiseaux n’ont rien à faire là.] Il y a toutefois un problème: fabriquer de la neige artificielle et la maintenir à basse température nécessite de l’énergie et de l’eau, deux éléments très sensibles dans un monde qui se réchauffe. L’eau devient plus rare dans de nombreuses régions. L’énergie, souvent basée sur l’utilisation de combustibles fossiles, contribue au réchauffement climatique.
Le Comité international olympique reconnaît que le climat des prochaines années aura un impact important sur les Jeux olympiques, hiver comme été. Les Jeux olympiques d’hiver pourraient se limiter à des sites plus au nord, comme Calgary (Alberta / Canada) ou avoir lieu à des altitudes plus élevées.
Les Jeux d’été ressentent également la pression climatique. Les températures chaudes et le taux d’humidité élevé peuvent rendre les compétitions difficiles en été, mais il est plus facile de trouver des solutions que pour les sports d’hiver. Par exemple, on pourrait les décaler vers une autre saison pour éviter les températures excessives. La Coupe du monde 2022, qui se déroule normalement en été, est prévue en novembre afin que le Qatar puisse l’accueillir. L’adaptation est plus difficile pour les Jeux d’hiver à cause de l’obligation d’avoir de la neige ou de la glace pour toutes les épreuves.
Les sports de plein air des Jeux d’hiver pourraient être très différents à l’avenir. Cette différence dépendra avant tout de la manière dont les pays se comporteront face au changement climatique.
Source : Yahoo News, The Conversation.

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The Beijing Winter Olympics are over and many questions are raised about the future of the winter games and perhaps even the summer ones. Climate change might upset averything.

When the first Olympic Winter Games were held in Chamonix, France, in 1924, all 16 events took place outdoors. The athletes relied on natural snow for ski runs and freezing temperatures for ice rinks.

Nearly a century later, in 2022, the world watched skiers race down runs of 100% human-made snow near Beijing. Luge tracks and ski jumps had their own refrigeration, and four of the original events are now held indoors: Figure skaters, speed skaters, curlers and hockey teams all compete in climate-controlled buildings.

Innovation made the 2022 Winter Games possible in Beijing, but snowmaking can go only so far in a warming climate. The question is : with rising temperatures, what will the Winter Games look like in another century? Will they even be possible?

Former host cities would be too warm. The average daytime temperature of Winter Games host cities in February has increased steadily since those first events in Chamonix, rising from 0.4°C in the 1920s-1950s to 7.8° C in the early 21st century.

In a recent study, scientists looked at the venues of 19 past Winter Olympics to see how each might hold up under future climate change. They found that by midcentury, four former host cities – Chamonix (France); Sochi (Russia); Grenoble (France); Garmisch-Partenkirchen (Germany) – would no longer have a reliable climate for hosting the Games, even under the United Nations’ best-case scenario for climate change. If the world continues burning fossil fuels at high rates, Squaw Valley, California, and Vancouver, British Columbia, would join that list.

By the 2080s, the scientists found, the climates in 11 of 21 former venues would be too unreliable to host the Winter Olympics’ outdoor events; among them were Turin (Italy); Nagano (Japan); and Innsbruck (Austria). These venues would all be susceptible to problems associated with snowmaking.

Ideal snowmaking conditions today require a dewpoint temperature – the combination of coldness and humidity – of around -2° C or less. More moisture in the air melts snow and ice at colder temperatures, which affects snow on ski slopes and ice on bobsled, skeleton and luge tracks.

Of the 15 Winter Games sports today, seven are affected by temperature and snow: alpine skiing, biathlon, cross-country skiing, freestyle skiing, Nordic combined, ski jumping and snowboarding. Bobsled, luge and skeleton are affected by temperature and humidity.

Developments in technology have helped the Winter Games adapt to some changes over the past century. Hockey moved indoors, followed by skating. Luge and bobsled tracks were refrigerated in the 1960s. The Lake Placid Winter Games in 1980 used snowmaking to augment natural snow on the ski slopes.

Today, initiatives are exploring ways to make skiing possible year-round with indoor skiing facilities. Ski Dubai, open since 2005, has five ski runs on a hill the height of a 25-story building inside a resort attached to a shopping mall.

But making snow and keeping it cold requires energy and water; and both are becoming issues in a warming world. Water becomes more scarce in many areas. And energy, often based on fossil fuel use, further contributes to climate change.

The International Olympic Committee recognizes that the future climate will have a big impact on the Olympics, both winter and summer. The Winter Olympics could become limited to more northerly locations, like Calgary (Alberta / Canada) or be pushed to higher elevations.

Summer Games are feeling climate pressure, too. Hot temperatures and high humidity can make competing in the summer difficult, but these sports have more flexibility than winter sports. For example, changing the timing of typical summer events to another season can help alleviate excessive temperatures. The 2022 World Cup, normally a summer event, is scheduled for November so Qatar can host it. What makes adaptation more difficult for the Winter Games is the necessity of snow or ice for all of the events.

The Winter Games’ outdoor sports may look very different in the future. How different will depend heavily on how countries respond to climate change.

Source: Yahoo News, The Conversation.

Le tremplin de saut à ski de Calgary (Canada) pourrait reprendre du service dans les prochaines années (Photo: C. Grandpey)