La COVID-19 sur l’Everest ! // COVID-19 on Mount Everest !

La pandémie de COVID-19 ne connaît pas de limites. Des cas de contamination viennent même d’être recensés sur l’Everest ! Un alpiniste a été testé positif au coronavirus quelques semaines à peine après la réouverture du plus haut sommet du monde après une année de fermeture à cause de la pandémie.

Un alpiniste norvégien a été mis à l’isolement à l’hôpital pendant huit nuits à cause du virus. Il a été admis dans deux hôpitaux de Katmandou et testé positif au virus à trois reprises. Depuis, il s’est rétabli – test négatif le 22 avril – et reste maintenant chez des amis dans la ville. Des rapports indiquent qu’un sherpa de son groupe a également été testé positif au virus.

L’épidémie est un coup dur pour le Népal, qui dépend fortement des revenus générés par les expéditions sur l’Everest. Des centaines d’alpinistes étrangers ont prévu de tenter l’ascension à partir du mois d’avril quand s’ouvre la saison printanière des expéditions. En plus des revenus touristiques en général, le Népal empoche 4 millions de dollars en délivrant chaque année des permis d’ascension de l’Everest.

Tous les voyageurs entrant au Népal doivent présenter un test COVID négatif, effectué moins de 72 heures avant leur premier vol. Les passagers en provenance de pays présentant de nouvelles variantes de la COVID sont soumis à 10 jours supplémentaires de quarantaine à l’hôtel. Si un test s’avère négatif après cinq jours, ces personnes sont autorisées à passer les cinq jours restants en quarantaine à domicile.

Les autorités préviennent que l’Everest pourrait favoriser la propagation du virus « à grande échelle » en raison des camps de base à très forte fréquentation et de la rotation régulière des habitants de la région qui servent de sherpas aux alpinistes. Cette mise en garde intervient alors que le voisin du Népal, l’Inde, est confronté à des pics quotidiens de COVID-19. Source: La BBC.

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COVID-19 knows no bounds, reaching the farthest ends of the Earth including Mount Everest. At least one climber has tested positive for Covid-19, just weeks after the world’s tallest peak reopened to climbers following a year of closure.

A Norwegian climber was isolated in hospital for eight nights due to the virus. He was taken to two different hospitals in Kathmandu, and tested positive for the virus three times. He has since recovered – testing negative on April 22 – and is now staying with friends in the city. Reports say a sherpa in his party had also tested positive for the virus.

The outbreak is a blow to Nepal, which relies heavily on income generated from Everest expeditions. Hundreds of foreign climbers are expected to attempt the ascent this spring season, which began in April, after the slopes were shut off due to the pandemic.

Aside from wider tourism revenue, Nepal earns 4 million dollars by issuing Everest climbing permits every year.

All travellers entering Nepal must present a negative Covid report, taken within 72 hours of their first flight. Passengers from countries with new Covid variants will be subject to an additional 10 days of hotel quarantine. If a test comes back negative after five days, they will be allowed to spend their remaining five days in home quarantine.

Officials warn Mount Everest could serve as a setting for a « superspreader event » due to crowded camps filled with travellers and a steady rotation of locals assisting the climbing teams. The warnings come as Nepal’s neighbour, India, battles record daily surges of the coronavirus.

Source: The BBC.

Le camp de base de l’Everest, foyer de propagation du virus (Crédit photo : Wikipedia)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : C’était inévitable !

Suite au décès des deux étudiants réunionnais sur le site de l’éruption du Piton de la Fournaise, la surveillance du volcan et de ses abords va être renforcée. La gendarmerie avertit que les randonneurs et automobilistes seront particulièrement surveillés. Les pandores seront vigilants sur le stationnement sur site, en particulier sur le chemin qui mène au parking Foc-Foc, point de départ du sentier qui conduit au point d’observation du Piton de Bert.

L’accès à l’Enclos est strictement interdit par arrêté préfectoral. Le respect strict du couvre-feu sera également étroitement surveillé avec l’interdiction formelle des bivouacs nocturnes. Les gendarmes préviennent qu’ils assureront une présence sur site très tard le soir et très tôt le matin.

Stationnement sauvage, accès à l’Enclos alors qu’il est interdit et non respect du couvre-feu seront donc systématiquement verbalisés à compter du 24 avril 2021. Une convention a également été mise en place avec le sous-préfet de Saint-Pierre pour coordonner toutes les brigades du Sud jusqu’à Saint-Rose et assurer ainsi une présence sur le terrain des gendarmes et policiers municipaux.

Source : Le Journal de l’Ile.

Les explications particulièrement vagues données par le procureure le 23 avril 2021 – « exposition thermique et toxique » – demandent des compléments d’information. Il n’est, bien sûr, pas question d’avoir des détails techniques – qui seront remis aux familles – sur le déroulement des autopsies, mais on aimerait en savoir plus sur les résultats des analyses, de sang en particulier. Elles permettront de connaître les concentrations de gaz (SO2, CO2). En effet, ce n’est pas une simple approche du site éruptif qui a pu provoquer la mort simultanée des deux jeunes. Dans ce cas, il y aurait déjà eu des centaines de morts sur les sites volcaniques de la planète. Il s’est forcément produit quelque chose de particulier. Une simple exposition au SO2 et à la chaleur n’entraîne pas la mort.

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Dans le même temps l’éruption se poursuit. Le tremor reste à un niveau stable. Les très mauvaises conditions météo n’ont pas permis à l’OVPF de faire des observations sur le terrain.

Photo : C. GRandpey

Morts sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Les corps de deux jeunes randonneurs âgés de 19 ans, étudiants de l’Université de La Réunion, ont été découverts le jeudi 22 avril au matin sur le Piton de la Fournaise, à proximité du site éruptif. Des autopsies doivent être réalisées le 23 avril.

Disparus depuis le 20 avril, les deux garçons étaient recherchés depuis le lever du jour. Les corps ont finalement été découverts vers 11h50 à proximité du cône éruptif. Selon la procureure, il est impossible pour l’heure de connaître l’origine de la mort qui pourrait aussi bien être due à des gaz toxiques qu’à la foudre. Selon le commandant du PGHM, les randonneurs étaient partis avec du matériel pour dormir, de quoi s’alimenter et un réchaud.

Cette tragédie ne va pas accélérer l’ouverture de l’Enclos Fouqué en période éruptive, comme certains l’ont demandé à plusieurs reprises. Les autorités rappellent que l’accès à l’Enclos reste interdit depuis le début de l’éruption, le 9 avril dernier. Elles appellent à la responsabilité de tous les randonneurs et rappellent également l’interdiction de bivouac et de circulation après 18h. Les forces de l’ordre préviennent qu’elles n’hésiteront pas à faire de la répression à l’avenir.

Les gendarmes expliquent que le volcan est une zone extrêmement étendue, sans végétation. Avec le brouillard, on peut se perdre facilement. Le contexte orageux de ces derniers jours était un danger supplémentaire.

Le commandant du PGHM insiste sur le message de prévention autour des randonnées à l’intérieur de l’Enclos. Elles sont interdites en période d’éruption, comme c’est le cas ces jours-ci. La meilleure solution est d’aller voir le volcan la journée, ou tôt le matin à partir de 6h, au niveau du Piton de Bert.

Source : Presse réunionnaise.

Personnellement, même si je ne connais pas les circonstances de la découverte des corps, je pense que les deux jeunes ont été foudroyés. Il y a une vingtaine d’années, j’ai eu l’occasion d’aider à la recherche de deux jeunes randonneurs qui ont été foudroyés côte à côte sur l’Etna. C’est le sujet de l’une des Volcanecdotes que je raconte dans un ouvrage aujourd’hui épuisé. Si les randonneurs avaient été tués par les gaz sur ce volcan, ils ne seraient pas morts aussi vite ensemble. Le SO2 n’entraîne pas une mort aussi rapide en milieu ouvert et ventilé, comme c’est le cas sur le Piton. Seule une nappe de CO2 aurait pu tuer aussi vite. Que je sache, on ne relève pas de telles concentrations de ce gaz sur le volcan. Il va être très intéressant d’avoir les résultats des autopsies.

Photo : C. Grandpey

Islande et Réunion : des éruptions parties pour durer ?

La lave continue de s’écouler à partir de plusieurs fractures en Islande. L’éruption, très populaire auprès de la population islandaise qui s’y rend en grand nombre, reste probablement alimentée par le dyke qui avait été détecté sous la Péninsule de Reykajenes dans les semaines qui ont précédé la sortie de la lave. Il est bien évident que personne ne sait combien de temps durera encore l’éruption. Les volcanologues islandais se sont égarés à plusieurs reprises dans leurs prévisions et c’est maintenant le calme plat de ce côté-là !  Les agences de voyage croisent les doigts pour que la lave coule encore lorsque les frontières ouvriront, avec une entrée en Islande plus facile qu’aujourd’hui.

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L’éruption du Piton de la Fournaise continue sur l’île de la Réunion. La situation est relativement stable comme le montre le tracé du tremor éruptif. L’activité effusive reste confinée au plateau qui s’étend en aval des bouches éruptives.

Comme en Islande, personne ne sait combien de temps la lave va continuer à s écouler. Les remarques de l’Observatoire dans le dernier bulletin du 18 avril 2021 sont très intéressantes. On peut lire que la déflation de l’édifice volcanique a cessé et tend à être remplacée par une phase d’inflation. Si on associe à cette remarque la hausse du flux de CO2 observée ces derniers jours dans les zones proches du volcan, il n’est pas impossible que l’on assiste à une arrivée de magma qui pourrait donner une nouvelle vigueur à l’éruption actuelle. A surveiller.

Côté popularité, l’éruption n’est visible que depuis le Piton de Bert, avec respect du couvre-feu et de la distanciation sociale. La pandémie de Covid-19 fait obstacle aux foules de Zoreilles qui pourraient déferler au parking de Foc-Foc! L’Enclos Fouqué reste fermé. La préfecture de la Réunion ne semble pas près d’adopter une politique d’ouverture semblable à celle pratiquée en Islande…. !

Crédit photo : OVPF