Sol volcanique et éléphantiasis // Volcanic soil and elephantiasis

Selon une nouvelle étude publiée dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, on a observé une augmentation des cas d’éléphantiasis en Ouganda en 2015 ; la maladie est causée par la marche pieds nus sur un sol volcanique. Pendant des décennies, de minuscules cristaux contenus dans le sol pénètrent dans la peau et finissent par provoquer le gonflement des membres et les ulcères typiques de la maladie. L’éléphantiasis est une maladie tropicale invalidante qui provoque un fort gonflement des parties du corps concernées. On estime que 120 millions de personnes étaient victimes de la maladie dans le monde en 2000. Ce sont des vers parasites qui sont responsables de la plupart des cas.
Les personnes recensées dans le district de Kamwenge, dans l’ouest de l’Ouganda, ne correspondent pas aux symptômes habituels car la région n’est pas connue pour abriter les parasites qui causent l’éléphantiasis. Des membres de l’Organisation Mondiale de la Santé, des centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies et le Ministère ougandais de la Santé ont identifié 52 cas suspects. Les analyses n’ont révélé aucun signe des vers qui causent la maladie. En revanche, l’équipe médicale a constaté que les victimes souffraient d’une forme beaucoup plus rare, connue sous le nom de podoconiose. Le gonflement a tendance à se produire dans les membres inférieurs, en sachant que les victimes souffrent également de démangeaisons de la peau, d’une sensation de brûlure et d’ulcères.
Les chercheurs ont noté que la région concernée avait été en grande partie recouverte de forêts jusqu’aux années 1960. Les arbres et les prairies ont ensuite  fait place à l’agriculture. Les gens ont commencé à travailler la terre pieds nus. Le sol dans les régions volcaniques telles que le district de Kamwenge contient des cristaux qui irritent les pieds. Une fois que les cristaux pénètrent dans la peau, on observe des cycles d’inflammation à répétition avec une accumulation de tissu cicatriciel qui bloque les vaisseaux lymphatiques, ce qui entraîne l’éléphantiasis.
Les personnes peuvent souffrir de podoconiose pendant des décennies avant de développer l’éléphantiasis. Beaucoup de personnes dans l’ouest de l’Ouganda ont probablement souffert en silence depuis plus de 30 ans. Les chercheurs ont constaté que le nombre de cas est resté stable pendant des décennies en raison de la durée de développement de la maladie. Ils recommandent fortement le port de chaussures de protection par l’ensemble de la population pour prévenir la podoconiose, ainsi que des programmes d’éducation sur les soins des pieds.
Sources: Journaux africains et américains.

————————————-

According to new research published in the American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, a surge in elephantiasis cases in Uganda in 2015 was caused by people walking on volcanic soil barefoot. Over decades, tiny crystals in the soil had penetrated the skin, eventually causing the limb swelling and ulcers typically associated with the disease. Elephantiasis is a dilapidating tropical disease that causes extreme swelling of the affected body parts. An estimated 120 million people were infected across the world in 2000. Parasitic worms are responsible for most cases.

The cluster of cases in the Kamwenge District, western Uganda, was unusual as the area had never been known to harbor parasites that cause elephantiasis. Experts from the World Health Organization, the U.S. Centers for Disease Control and Prevention and the Ugandan Ministry of Health identified 52 suspected cases. Findings showed no evidence of the filarial worms that cause the disease. Instead, the team found the victims were suffering from a much rarer form of the disease, known as podoconiosis. Swelling tended to occur in victims’ lower limbs, with people also suffering from skin itching, a burning sensation and ulcers.

The researchers noted that the area was largely forested up until the 1960s, when the trees and grasslands were cleared for farming. People began working on the land barefoot. The soil in volcanic regions such as Kamwenge District contains crystals that irritate the feet. After the crystals penetrate the skin, there are repeated cycles of inflammation, eventually leading to a buildup of scar tissue that blocks the lymphatic vessels, resulting in elephantiasis.

People can be suffering from podoconiosis for decades before it becomes obvious that they are developing elephantiasis. Many of the people affected in Western Uganda probably had been suffering silently without help for more than 30 years. Researchers said that rates had remained stable over decades because of the length of time the disease needed to develop. They said universal use of protective shoes should be recommended to prevent podoconiosis, along with education programs about foot care.

Sources : African and U.S. newspapers.

Éléphantiasis des jambes à cause de la filariose (Crédit photo : Wikipedia)

Etna: Dernières nouvelles // Mt Etna: Latest news

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’Etna a connu un regain d’activité le 13 avril en début se soirée. L’INGV explique aujourd’hui le déroulement des événements.

Après l’arrêt de l’épisode effusif qui a pris fin pendant la nuit du  8 au 9 Avril 2017, une nouvelle séquence éruptive a été observée le 10 avril à partir d’une bouche située, comme précédemment, à la base sud du cône du cratère Sud-Est. Cette éruption n’a duré que 24 heures environ. La lave a coulé vers le SE avant d’atteindre la lèvre occidentale de la Valle del Bove et de descendre sur quelques centaines de mètres en aval, le long de la paroi. .
Après trois jours de calme, le soir du 13 Avril, l’ouverture de trois bouches effusives, sur le flanc sud du cône de Cratère SE et à sa base sud, a marqué le début d’un nouvel épisode d’activité effusive. Le début de l’éruption a été précédé d’une augmentation soudaine de l’amplitude du tremor volcanique et d’une courte activité explosive de la bouche située sur l’ancienne dépression entre l’ancien et le nouveau Cratère SE. Deux coulées de lave sont apparues, alimentées par les deux premières bouches en amont, ainsi qu’une troisième coulée alimentée par la bouche la plus basse. Les bouches éruptives les plus en amont sont restées actives pendant quelques heures en émettant des petites coulées de lave qui ont cessé après avoir parcouru quelques centaines de mètres, tandis que la troisième bouche, située à la base du cône, est restée active en alimentant une coulée vers le sud-est, en direction de la Valle del Bove. Au matin du 14 Avril, le front de cette coulée se trouvait sur la paroi ouest de la Valle del Bove, et avançait par-dessus la coulée du 10-11 Avril.

Source : INGV.

Ce soir, le tremor semble marquer le pas. Les webcams montrent que la lave en provenance du Cratère SE continue à s’écouler de manière modérée en direction de la Valle del Bove.

Il est intéressant de noter que, suite à ce dernier regain d’activité, le maire de Nicolosi a promulgué une nouvelle ordonnance stipulant que l’accès à l’Etna Sud était libre jusqu’à 2600 mètres d’altitude et avec accompagnement obligatoire d’un guide jusqu’à 2750 mètres. Au-dessus de cette altitude, l’accès est interdit, sauf aux organismes mentionnés précédemment.

L’Etna est actuellement en alerte JAUNE. Voici un lien vers le document de la Protection Civile définissant le niveau d’alerte:

Cliquer pour accéder à Avviso_n06_14042017.pdf

———————————

As I put it earlier, MtEtna went through a new outbreak of activity on 13 April in early evening. Today, INGV explains the events.
After the end of the effusive episode which stopped on the night of 8-9 April 2017, a new eruptive sequence was observed on 10 April from a vent situated, as before, at the southern base of the cone of the South-East Crater. This eruption lasted only about 24 hours. Lava flowed towards the SE before reaching the western rim of the Valle del Bove and descending a few hundred meters along the wall. .
After three days of calm, on the evening of April 13th, the opening of three effusive vents on the southern flank of the cone of the SE Crater and at its southern base marked the beginning of a new episode of effusive activity. The onset of the eruption was preceded by a sudden increase in the amplitude of the volcanic tremor and a brief explosive activity at the vent located on the former depression between the old and new SE Crater. Two lava flows appeared, fed by the first two vents upslope, and a third flow fed by the lowest vent. The two upslope vents remained active for a few hours, emitting small lava flows that stopped after a few hundred meters, while the third vent at the base of the cone remained active and fed a flow towards the Valle del Bove. On the morning of the 14th of April, the front of this flow was located on the western side of the Valle del Bove, and superimposed the 10-11 April flow.
Source: INGV.

This evening, it looks as if the tremor is declining. The webcams show that lava from the SE Crater is still flowing moderately toward the Valle Del Bove.

Mt Etna’s current alert level is YELLOW. See the Civil Defense document defining the alert levels on the volcano:

Cliquer pour accéder à Avviso_n06_14042017.pdf

Champs Phlégréens : Dernières nouvelles // Phlegrean Fields : Latest news

On a beaucoup parlé des Champs Phlégréens ces derniers temps car des articles de presse agitaient la possibilité d’une éruption à court terme. Lé région est surveillée par les scientifiques de l’INGV (section de Naples) qui publient un bulletin hebdomadaire. Voici une synthèse du dernier rapport d’activité diffusé le 11 avril 2017.

S’agissant de la sismicité, les instruments n’ont pas enregistré de séismes au cours de la semaine écoulée. Le dernier événement de M 0,1 a été observé le 25 mars 2017.

L’INGV n’a pas, non plus, relevé de déformation significative du sol. Comme je l’ai indiqué précédemment, la région est soumise à l’activité bradysismique avec des mouvements de soulèvement et d’affaissement du sol. L’un des meilleurs témoins de ce phénomène est le temple dit de Sérapis à Pouzzoles. L’Institut indique que la station inclinométrique de Pouzzoles enregistre un soulèvement du sol de 20 cm depuis janvier 2014, avec 7 centimètres depuis janvier 2016 (voir courbes ci-dessous).

Les émissions de CO2 sur le site la fumerolle de Pisciarelli (versant externe NE de la Solfatara) marquaient une tendance à la hausse avant une réparation effectuée sur le poste de mesures. Depuis la réparation, la tendance semble s’inverser. Il faudra donc attendre quelque temps pour avoir une idée définitive de l’évolution de ces émissions.

La température de la fumerolle de Pisciarelli atteint actuellement 114,2°C, soit une hausse d’environ 3°C depuis le 30 mars 2017.

La situation est donc relativement stable mais demande une surveillance permanente. On sait qu’il existe un réservoir magmatique de quelque 4 km de diamètre à environ 3 km de profondeur sous la région des Champs Phlégréens. Il y a 39 000 ans, une éruption avec un VEI de 7 a propulsé la cendre jusqu’au Groenland et contribué à l’extinction  de Néanderthaliens.

La surveillance se fait sur le terrain et grâce aux satellites qui analysent les moindres déformations du sol.

—————————————–

There has been much talk about the Phlegrean Fields in recent times as newspaper articles were wielding the possibility of a short-term eruption. The region is monitored by INGV (section of Naples) which publish a weekly bulletin. Here is a summary of the last one issued on April 11th, 2017.
Regarding seismicity, the instruments did not record any earthquakes during the past week. The last event (M 0.1) was observed on March 25th, 2017.
INGV did not detect any significant deformation of the soil. As I put it earlier, the region is subject to bradyseismic activity with movements of uplift and subsidence of the soil. One of the best evidence of this phenomenon is the so-called Serapis temple at Pozzuoli. The Institute reports that the tiltmeter station in Pozzuoli has recorded a 20 cm uplift since January 2014, with 7 cm since January 2016 (see graphs below).
CO2 emissions at the Pisciarelli fumarole site (Solfatara NE outer slope) showed an upward trend before repairs were carried out on the measurement station. Since the repair, the trend seems to be reversing. It will therefore be necessary to wait some time to get a definitive idea of ​​the evolution of these emissions.
The temperature of the Pisciarelli fumarole currently reaches 114.2°C, an increase of about 3°C since 30 March 2017.

The situation is therefore fairly stable but requires continuous monitoring. It is known that there is a magma storage some 4 km in diameter and about 3 km deep under the Phlegraean Fields. 39,000 years ago, an eruption with an VEI 7 propelled the ash as far as Greenland and contributed to the extinction of Neanderthals.

Monitoring is performed on the field and thanks to satellites that analyze the slightest deformations of the ground.

Source: INGV Napoli.

 

Cratère Sud-Est de l’Etna: C’est reparti! // Mt Etna’s South-East Crater is erupting again!

Depuis le début de la soirée, on observe une nouvelle hausse de la sismicité et du tremor éruptif. Les images des webcams montrent que le Cratère Sud-Est a repris du service après quelques heures de répit. Malheureusement, il est l’heure d’aller se blottir dans les bras …de Morphée !

———————————-

Since the beginning of the evening, there has been a newincrease in seismicity and erruptive tremor. The images of the webcams show that the South-East Crater has resumed service after a few hours’pause. Unfortunately, it is time to go snuggle in the arms … of Morpheus!

Source: INGV Catane

Source: Webcam Radio Studio 7