Kanlaon (Philippines)

Une éruption phréatique mineure a été observée sur le Kanlaon à 9h47 (heure locale) le 9 décembre 2017. L’éruption a été précédée par un dégazage au niveau du cratère dans la soirée du 8 décembre. Un épisode de dégazage antérieur avait déjà été observé en septembre 2016.
En se basant sur les enregistrements sismiques, PHILVOCS indique que l’éruption a duré une dizaine de minutes.
La hausse de la sismicité sous le volcan a commencé le 18 août 2017 et s’est poursuivie les jours suivants, obligeant le PHIVOLCS à élever le niveau d’alerte de 1 à 2 le 15 novembre 2017. Le niveau d’alerte 2 reste en vigueur, ce qui signifie que le volcan reste actif de manière modérée. Une éruption plus importante ne peut être exclue.
Il est rappelé au public que l’entrée dans le périmètre de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 kilomètres est strictement interdite en raison des risques d’éruptions phréatiques soudaines.
Le dernier épisode éruptif du Kanlaon a débuté le 24 novembre 2015 et s’est terminé le 18 juin 2016 avec un VEI de 2 sur 7.
Sources: PHILVOCS & The Watchers.

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A minor phreatic eruption occrred at Kanlaon volcano at 09:47 (local time) on December 9th, 2017. The eruption was preceded by degassing at the summit crater during the evening of December 8th. A previous degassing episode had already been observed in September 2016.

Based on the seismic record, PHILVOCS indicates that the eruption lasted about 10 minutes.

Seismic unrest under the volcano started on August 18th, 2017 and continued increasing, forcing PHIVOLCS to raise the Alert Level from 1 to 2 on November 15th, 2017. Alert Level 2 remains in effect, which means that the volcano is undergoing a moderate level of unrest. A more significant eruption cannot be excluded.

The public is reminded that entry into the 4-kilometer radius Permanent Danger Zone (PDZ) is strictly prohibited due to the further possibilities of sudden and hazardous steam-driven or phreatic eruptions.

The last eruptive episode of this volcano started on November 24th, 2015 and ended on June 18th, 2016, with a VEI of 2 out of 7.

Sources: PHILVOCS & The Watchers.

Oraefajokull (Islande): Un casse-tête pour les volcanologues et des autorités // A headache for volcanologists and local authorities

Comme je l’ai écrit à deux reprises les 22 et 24 novembre 2017, les volcanologues islandais s’inquiètent de la situation sur l’Oraefajokull suite à une augmentation récente de la sismicité et d’un affaissement de la caldeira sommitale qui s’est approfondie d’une vingtaine de mètres tandis que les crevasses se sont agrandies. Cela a incité les autorités à élever le niveau d’alerte à la couleur Jaune. L’Oraefajokull ne s’est pas manifesté depuis sa dernière éruption en 1727-1728,
Des scientifiques de l’Office Météorologique Islandais (OMI) ont détecté 160 séismes dans la région au cours de la seule semaine dernière, au moment où ils intensifient leur surveillance du volcan. Les événements sismiques sont pour la plupart de faible magnitude, mais leur nombre est anormalement élevé.

Ce qui inquiète le plus les scientifiques, c’est l’impact dévastateur que pourrait avoir une éruption de l’Oraefajokull. Le volcan se cache sous le glacier Vatnajokull. Son éruption explosive de 1362 fut la plus puissante depuis la colonisation de l’île. En plus du risque volcanique proprement dit, il y a le manque de données historiques qui pourraient aider les scientifiques à prévoir le comportement du volcan.
Pour remédier à ce manque de données, les scientifiques installent de nouveaux équipements sur et autour du volcan. Ceux-ci comprennent des capteurs GPS ultra sensibles, des webcams pour obtenir des images du volcan en temps réel, et des capteurs pour mesurer la composition chimique de l’eau des rivières qui sortent du glacier. À l’embouchure de la rivière Kvia, persiste une forte odeur de soufre et l’eau est trouble, signes évidents que l’eau provient d’une activité géothermale dans la caldeira.

L’hypothèse la plus plausible est qu’un nouveau magma s’agite en profondeur et provoque actuellement une activité géothermale. Jón Frímann nous informe que des mesures récentes effectuées sur l’Öræfajökull ont confirmé l’intrusion d’un dyke dans la partie méridionale du volcan. De plus, cette région montre une certaine inflation. À l’heure actuelle, la quantité de magma semble proche de celle qui est sortie lors de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010. Actuellement, le dyke se trouve à une profondeur de 2 à 6 km et explique l’augmentation de l’activité hydrothermale sur l’Öræfajökull. Il est bien sûr impossible de prévoir l’évolution de la situation.

Dans le scénario le plus optimiste, l’activité géothermale pourrait cesser progressivement. La formation d’un lac sous-glaciaire serait plus inquiétante car il pourrait provoquer des inondations de grande ampleur. Le scénario le plus pessimiste serait une éruption du volcan.
Comme je l’ai écrit dans mes notes précédentes, les autorités ont déjà pris des précautions. Les habitants ont reçu des instructions d’évacuation. Si une évacuation est ordonnée, tout le monde dans la région recevra un texto et la radio diffusera des mises à jour. La police est confiante car elle sait que les 200 personnes vivant dans la zone proche du volcan sauront réagir, mais leur plus grande préoccupation est de pouvoir contacter les touristes. L’Islande a connu un énorme essor touristique depuis l’éruption de l’Eyjafjallajokull en 2010 et quelque 2000 touristes parcourent chaque jour la région proche de l’Oraefajokull. Alors que certains restent dans des hôtels qui pourront alerter leurs clients, d’autres passent la nuit dans des camping-cars disséminés dans la région. La police dit que les habitants savent ce qu’il faudra faire en cas d’éruption; ils connaissent chaque plan et ils sauront réagir, alors que les touristes ne sauront pas quoi faire. Une telle situation pourrait devenir un cauchemar pour la police en cas d’éruption soudaine.
Source: The Seattle Times & IMO.

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As I put it in two posts on November 22nd and 24th, Icelandic volcanologists worry about the situation at Oraefajokull due to a recent increase in seismicity and a subsidence of the ice caldeira at the summit of the volcano. It has deepened by twenty metres and crevasses have become larger since it was first spotted. This prompted authorities to raise the alert level to Yellow. Oraefajokull has been dormant since its last eruption in 1727-1728,

Experts at the Icelandic Meteorological Office (IMO) have detected 160 earthquakes in the region in the past week alone as they are stepping up their monitoring of the volcano. The earthquakes are mostly small but their sheer number is unusually high.

What worries scientists the most is the devastating potential impact of an eruption at Oraefajokull. The volcano lies under the Vatnajokull glacier. Its 1362 eruption was the most explosive since the island was populated. Adding to the danger is the lack of historical data that could help scientists predict the volcano’s behaviour.

To remedy the lack of data for Oraefajokull, scientists are installing new equipment on and around the volcano. Those include ultra-sensitive GPS sensors, webcams for real-time imagery of the volcano and sensors in the rivers coming out of the glacier to measure the chemical composition of the water. At the mouth of the Kvia River, there is a strong smell of sulphur and the water is murky, clear signs that geothermal water is draining from the caldera. The most plausible hypothesis is that new magma is on the move deep below the surface and currently triggering geothermal activity. Jón Frímann informs us that recent measurements of Öræfajökull volcano have confirmed a dyke intrusion in the southern part of the volcano, and that area is showing inflation. At the moment the amount of magma is now estimated close to the one that erupted during the 2010 eruption of Eyjafjallajökull volcano. At the moment the dyke is at a depth of 2 – 6 km and it accounts for the increase in the current hydrothermal activity in Öræfajökull volcano. Of course, the evolution of the situation cannot be predicted.

In the most benign scenario, the phenomenon could simply cease. More concerning would be the development of a subglacial lake that could lead to massive flooding. At the far end of the spectrum of consequences would be a full eruption.

As I put it in my previous notes, authorities are taking precautions. Residents have received evacuation briefings. If an evacuation is ordered, everyone in the area will receive a text message and the radio will broadcast updates. Police are confident that the 200 persons living in the area close to the volcano will know how to react, but their biggest concern is contacting tourists. Iceland has seen a huge boom in tourism since the 2010 eruption of Eyjafjallajokull and about 2,000 tourists travel across the area close to Oraefajokull every day. While some stay in hotels that could alert their guests, others spend the night in camper vans spread across the remote area. The police say that locals know what to do; they know every plan and how to react, whereas tourists don’t and might become a nightmare for the police in case of a sudden eruption.

Source: The Seattle Times & IMO.

Vue satellitaire de l’Oraefajokull (Source: ESA)

Quelques nouvelles volcaniques à travers le monde // A few pieces of news from around the world

Les dernières informations fournies par l’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indiquent que le Sabancaya (Pérou) est encore très actif. Entre le 27 novembre et le 3 décembre 2017, une moyenne de 69 explosions a été enregistrée chaque jour. Elles génèrent des colonnes de cendres qui s’élèvent à environ 3 300 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 2 036 tonnes par jour. Plusieurs anomalies ont été détectées sur le Sabancaya par les satellites.

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique qu’il a élevé à la couleur Jaune l’alerte aérienne du Shishaldin (Alaska) au vu de l’augmentation de l’activité sismique et infrasonique au cours des dernières semaines. Ces observations représentent une hausse par rapport à l’activité normale, mais n’indiquent pas nécessairement une éruption à court terme.

L’AVO a également abaissé l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique du Bogoslof (Alaska) le 6 décembre 2017 en raison d’une activité réduite au cours des derniers mois. La dernière activité explosive détectée sur le Bogoslof s’est produite le 30 août 2017. Au cours des trois derniers mois, aucune activité significative n’a été observée.

Le KVERT indique qu’une puissante éruption s’est produite sur le Sheveluch (Kamchatka / Russie) le 4 décembre au matin. Une explosion et l’effondrement partiel du dôme de lave ont généré une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 10 km d’altitude avant de s’étirer vers le nord-est et vers l’est au-dessus de l’Océan Pacifique.

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The latest news provided by the Geophysics Institute of Peru indicates that Sabancaya volcano is still quite active. Between 27 November and 3 December 2017, an average of 69 explosions was recorded every day. They generate ash columns that rise about 3,300 metres above the crater. SO2 emissions reach an average of 2,036 tons per day. Several anomalies were detected on Sabancaya by the satellites.

The Alaska Volcano Observatory indicates that it is raising the Aviation Colour Code to YELLOW and the Alert Level to ADVISORY at Shishaldin Volcano based on increased seismic and infrasound activity over the past few weeks. These observations represent a departure from normal background activity, but do not necessarily indicate that an eruption will occur.

The Alaska Volcano Observatory decreased the Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level to UNASSIGNED at Bogoslof on December 6th 2017 due to decreased activity over the previous months. The last detected explosive activity at Bogoslof occurred on August 30th, 2017. Over the past three months there has been no significant activity observed.

KVERT indicates that a powerful eruption occurred at Sheveluch volcano on December 4th in the morning. An explosion and the partial collapse of the lava dome produced an eruption column that rose up to 10 km a.s.l.and drifted both NE and SE before dissipating over the Pacific Ocean.

Eruption du Sheveluch le 4 décembre 2017

(Crédit photo: Y. Demyanchuk / KVERT)

 

Deux nouveaux volcans découverts en Antarctique // Two new volcanoes discovered in Antarctica

D’après le Prague Daily Monitor,  un journal local, une équipe de chercheurs tchèques a détecté deux volcans sous la banquise antarctique. Cependant, aucun détail n’est donné sur l’emplacement exact de ces volcans sur le continent. L’équipe scientifique, de l’Institut Astronomique Tchèque, les a localisés au moyen d’une analyse gravimétrique qui montre le champ gravitationnel de la Terre et ses anomalies locales. Les scientifiques ont nommé les volcans Dana et Zuzana, prénoms féminins répandus en République tchèque.
Les deux chercheurs ont découvert les volcans en utilisant les données gravimétriques fournies par un satellite en orbite à basse altitude autour de la Terre depuis 2009. Les données permettent de détecter différentes structures sur et sous la surface du sol. Les analyses ont révélé des phénomènes tels que des dépôts de sel ou de fer, des vallées et un ancien lit de rivière.
Les scientifiques ont complété les données gravimétriques par des informations topographiques fournies par des mesures radar qui permettent de déterminer l’altitude de la surface de la banquise et du substrat qui se trouve en dessous. Dans le cas des deux volcans, les mesures ont confirmé leur forme typique.
L’équipe scientifique a également découvert cinq lacs sous la glace antarctique. Les chercheurs les ont baptisés du nom de leurs épouses ou de leurs filles. Ce n’est pas la première fois que des noms de femmes sont à l’honneur en Antarctique. Une partie du continent porte le nom de Marie Byrd, l’épouse de l’explorateur polaire Richard Evelyn Byrd.
En plus des volcans, la méthode utilisée par l’équipe tchèque est capable de mettre en évidence des gisements de pétrole, [NDLR : …ce qui n’est pas le plus souhaitable pour l’environnement !]
Source: The Prague Daily Monitor.

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According to the Prague Daily Monitor, a local newspaper, Czech researchers have detected two volcanoes under Antarctic ice layer. However, no details are given about the exact location of the volcanoes on the continent. The team, from the Czech Astronomical Institute (ASU), has detected them by means of a gravimetric analysis that shows the Earth’s gravitational field and its local anomalies. The scientists named the volcanoes Dana and Zuzana, which are female first names widespread in the Czech Republic.

The two researchers discovered the volcanoes by using the gravimetric data supplied by a special satellite that has been orbiting the Earth at a low altitude since 2009. The data enable to detect various structures on and below the ground surface. The analyses helped detect phenomena such as salt or iron deposits, valleys and a long defunct former river bed.

The scientists complemented the gravimetric data by topographic information provided by radar measurements, which ascertain the altitude of both the surface and the ground surface below the ice layer. In the case of the two volcanoes, the measurements confirmed their shape typical of volcanoes.

Members of the scientific team have also uncovered five lakes under the Antarctic ice, naming them all after their wives or daughters. It is not by chance that female names have a tradition in Antarctica. A part of the continent bears the name of Marie Byrd, the wife of polar explorer Richard Evelyn Byrd.

Apart from volcanoes, the method developed by the team can also be used to detect oil deposits.

Source: The Prague Daily Monitor.

Source: Wikipedia