Oraefajokull (Islande): Un casse-tête pour les volcanologues et des autorités // A headache for volcanologists and local authorities

Comme je l’ai écrit à deux reprises les 22 et 24 novembre 2017, les volcanologues islandais s’inquiètent de la situation sur l’Oraefajokull suite à une augmentation récente de la sismicité et d’un affaissement de la caldeira sommitale qui s’est approfondie d’une vingtaine de mètres tandis que les crevasses se sont agrandies. Cela a incité les autorités à élever le niveau d’alerte à la couleur Jaune. L’Oraefajokull ne s’est pas manifesté depuis sa dernière éruption en 1727-1728,
Des scientifiques de l’Office Météorologique Islandais (OMI) ont détecté 160 séismes dans la région au cours de la seule semaine dernière, au moment où ils intensifient leur surveillance du volcan. Les événements sismiques sont pour la plupart de faible magnitude, mais leur nombre est anormalement élevé.

Ce qui inquiète le plus les scientifiques, c’est l’impact dévastateur que pourrait avoir une éruption de l’Oraefajokull. Le volcan se cache sous le glacier Vatnajokull. Son éruption explosive de 1362 fut la plus puissante depuis la colonisation de l’île. En plus du risque volcanique proprement dit, il y a le manque de données historiques qui pourraient aider les scientifiques à prévoir le comportement du volcan.
Pour remédier à ce manque de données, les scientifiques installent de nouveaux équipements sur et autour du volcan. Ceux-ci comprennent des capteurs GPS ultra sensibles, des webcams pour obtenir des images du volcan en temps réel, et des capteurs pour mesurer la composition chimique de l’eau des rivières qui sortent du glacier. À l’embouchure de la rivière Kvia, persiste une forte odeur de soufre et l’eau est trouble, signes évidents que l’eau provient d’une activité géothermale dans la caldeira.

L’hypothèse la plus plausible est qu’un nouveau magma s’agite en profondeur et provoque actuellement une activité géothermale. Jón Frímann nous informe que des mesures récentes effectuées sur l’Öræfajökull ont confirmé l’intrusion d’un dyke dans la partie méridionale du volcan. De plus, cette région montre une certaine inflation. À l’heure actuelle, la quantité de magma semble proche de celle qui est sortie lors de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010. Actuellement, le dyke se trouve à une profondeur de 2 à 6 km et explique l’augmentation de l’activité hydrothermale sur l’Öræfajökull. Il est bien sûr impossible de prévoir l’évolution de la situation.

Dans le scénario le plus optimiste, l’activité géothermale pourrait cesser progressivement. La formation d’un lac sous-glaciaire serait plus inquiétante car il pourrait provoquer des inondations de grande ampleur. Le scénario le plus pessimiste serait une éruption du volcan.
Comme je l’ai écrit dans mes notes précédentes, les autorités ont déjà pris des précautions. Les habitants ont reçu des instructions d’évacuation. Si une évacuation est ordonnée, tout le monde dans la région recevra un texto et la radio diffusera des mises à jour. La police est confiante car elle sait que les 200 personnes vivant dans la zone proche du volcan sauront réagir, mais leur plus grande préoccupation est de pouvoir contacter les touristes. L’Islande a connu un énorme essor touristique depuis l’éruption de l’Eyjafjallajokull en 2010 et quelque 2000 touristes parcourent chaque jour la région proche de l’Oraefajokull. Alors que certains restent dans des hôtels qui pourront alerter leurs clients, d’autres passent la nuit dans des camping-cars disséminés dans la région. La police dit que les habitants savent ce qu’il faudra faire en cas d’éruption; ils connaissent chaque plan et ils sauront réagir, alors que les touristes ne sauront pas quoi faire. Une telle situation pourrait devenir un cauchemar pour la police en cas d’éruption soudaine.
Source: The Seattle Times & IMO.

—————————————-

As I put it in two posts on November 22nd and 24th, Icelandic volcanologists worry about the situation at Oraefajokull due to a recent increase in seismicity and a subsidence of the ice caldeira at the summit of the volcano. It has deepened by twenty metres and crevasses have become larger since it was first spotted. This prompted authorities to raise the alert level to Yellow. Oraefajokull has been dormant since its last eruption in 1727-1728,

Experts at the Icelandic Meteorological Office (IMO) have detected 160 earthquakes in the region in the past week alone as they are stepping up their monitoring of the volcano. The earthquakes are mostly small but their sheer number is unusually high.

What worries scientists the most is the devastating potential impact of an eruption at Oraefajokull. The volcano lies under the Vatnajokull glacier. Its 1362 eruption was the most explosive since the island was populated. Adding to the danger is the lack of historical data that could help scientists predict the volcano’s behaviour.

To remedy the lack of data for Oraefajokull, scientists are installing new equipment on and around the volcano. Those include ultra-sensitive GPS sensors, webcams for real-time imagery of the volcano and sensors in the rivers coming out of the glacier to measure the chemical composition of the water. At the mouth of the Kvia River, there is a strong smell of sulphur and the water is murky, clear signs that geothermal water is draining from the caldera. The most plausible hypothesis is that new magma is on the move deep below the surface and currently triggering geothermal activity. Jón Frímann informs us that recent measurements of Öræfajökull volcano have confirmed a dyke intrusion in the southern part of the volcano, and that area is showing inflation. At the moment the amount of magma is now estimated close to the one that erupted during the 2010 eruption of Eyjafjallajökull volcano. At the moment the dyke is at a depth of 2 – 6 km and it accounts for the increase in the current hydrothermal activity in Öræfajökull volcano. Of course, the evolution of the situation cannot be predicted.

In the most benign scenario, the phenomenon could simply cease. More concerning would be the development of a subglacial lake that could lead to massive flooding. At the far end of the spectrum of consequences would be a full eruption.

As I put it in my previous notes, authorities are taking precautions. Residents have received evacuation briefings. If an evacuation is ordered, everyone in the area will receive a text message and the radio will broadcast updates. Police are confident that the 200 persons living in the area close to the volcano will know how to react, but their biggest concern is contacting tourists. Iceland has seen a huge boom in tourism since the 2010 eruption of Eyjafjallajokull and about 2,000 tourists travel across the area close to Oraefajokull every day. While some stay in hotels that could alert their guests, others spend the night in camper vans spread across the remote area. The police say that locals know what to do; they know every plan and how to react, whereas tourists don’t and might become a nightmare for the police in case of a sudden eruption.

Source: The Seattle Times & IMO.

Vue satellitaire de l’Oraefajokull (Source: ESA)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.