Nouvelle éruption à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) // New eruption at Manam (Papoua-New-Guinea)

L’île volcanique de Manam fait fréquemment la une des journaux ces jours-ci, avec de puissantes éruptions. La dernière en date a eu lieu au petit matin le 11 janvier 2019, avec pour conséquence le passage de l’alerte aérienne à la couleur Rouge.
Selon le VAAC de Darwin, l’éruption a généré un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 15,2 km au dessus du niveau de la mer. C’est le panache le plus élevé produit par le volcan depuis 2015.
Il est utile de rappeler que l’île de Manam mesure une dizaine de kilomètres de large. Elle se trouve à 13 km de la côte nord de la Papouasie Nouvelle Guinée. C’est l’un des volcans les plus actifs du pays. Deux cratères sont présents au sommet et sont tous les deux actifs, bien que la plupart des éruptions historiques – comme celle du 7 janvier dernier (voir ma note du 8 janvier) – ont eu lieu dans le cratère sud. Il y a quatre « couloirs d’avalanche » qui canalisent la lave et les coulées pyroclastiques qui ont parfois atteint la côte. L’observatoire volcanologique de Rabaul (RVO) demande aux habitants et aux touristes de rester à l’écart de ces vallées
Source: The Watchers.

————————————————-

The volcano-island of Manam is frequently making the headlines these days, with powerful eruptions. A new one took place in the early morning of January 11th, 2019, which prompted to raise the aviation colour code to Red.

According to the Darwin VAAC, the eruption produced an ash plume that rose up to 15.2 km above sea level. It was the highest plume produced by the volcano since 2015.

It is useful to remember that the island of Manam is about 10 kilometres wide. It lies 13 km off the northern coast of mainland Papua New Guinea. It is one of the country’s most active volcanoes. Two summit craters are present; both are active, although most historical eruptions – like that of 7 January (see my post of 8 January) – have originated from the southern crater. There are four « avalanche valleys » that channel lava and pyroclastic flows that sometimes reached the coast. The Rabaul Volcano Observatoty (RVO) has urged residents and tourists to stay away from theese valleys

Source: The Watchers.

Activité éruptive à Manam en 2017 (Crédit photo: NASA)

Mt Agung (Indonésie): Nouvel épisode éruptif // New eruption

Selon le Centre indonésien de gestion des catastrophes (PVMBG), l’Agung est de nouveau entré en éruption dans la soirée du 10 janvier 2019. Les sismographes ont enregistré un événement d’une amplitude maximale de 22 millimètres. Il a duré 4 minutes et 26 secondes.
Cette éruption est la deuxième après du 30 décembre 2018 (voir ma note de ce jour). Ces événements éruptifs interviennent après cinq mois de repos du volcan.
Selon le VAAC de Darwin, la dernière éruption de l’Agung a généré un nuage de cendre de plus de 2 000 mètres au dessus du sommet, soit environ 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un bulletin d’alerte a été émis à l’attention de l’aviation. Cependant, l’éruption ne devrait pas perturber le fonctionnement de l’aéroport Ngurah Rai de Denpasar qui est situé au sud du volcan. La cendre de l’Agung devrait se diriger vers les côtés ouest, nord-ouest et nord.
Source: Médias d’information indonésiens.

————————————————–

According to the Indonesian Centre of Hazard Mitigation (PVMBG), Mount Agung erupted again in the evening of January 10th, 2019. The seismographs recorded an event with a maximum amplitude of 22 millimetres. It lasted 4 minutes and 26 seconds.

This eruption was the second after December 30th, 2018 (see my post on that day). They were the first to occur after five months of quiescence.

According to the Darwin VAAC, Mount Agung’s last eruption generated an ash cloud reaching more than 2,000 metres from its summit, or about 5,400 metres above sea level. A warning has been issued about flight activities near the volcano. However, the eruption should not disturb operations at Bali’s Ngurah Rai Airport in Denpasar, which is located south of the volcano. Mount Agung’s ash is likely to move towards the west, northwest, and north sides of the volcano.

Source : Indonesian news media.

Episode éruptif au sommet de l’Agung (Image webcam)

La Soufrière (Guadeloupe)

Dans son dernier bulletin diffusé le mercredi 9 janvier 2019 à 18h30, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Guadeloupe (OVSG) indique que « la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier 2019 à 04h59 (heure locale) dans la zone du volcan de La Soufrière, continue avec l’enregistrement de 146 séismes depuis son début.

Les séismes sont de très faible magnitude (M < 1). Aucun séisme n’a été signalé ressenti par la population. Les événements se localisent à une profondeur de moins de 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Le niveau d’alerte reste : jaune, vigilance. »

Cette sismicité provoque beaucoup de réactions, voire d’inquiétudes, sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un phénomène nouveau. J’avais décrit la situation sur le volcan dans une note publiée le 26 novembre 2018 où il était déjà fait état d’essaims sismiques de faible magnitude et à faible profondeur.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source : OVSG.

De toute évidence, ce type de sismicité n’est pas le signe d’une montée de magma qui se signalerait par une sismicité beaucoup plus forte révélant des fracturations de l’encaissant, avec des origines plus profondes. Dans le cas présent, on se trouve très probablement en face de mouvements de fluides hydrothermaux sous l’édifice volcanique, comme cela se produit, par exemple, sous le Parc de Yellowstone aux Etats-Unis.

En parlant de la Soufrière de la Guadeloupe, on fait souvent allusion à la situation de 1976 où l’activité était purement phréatique, sans apparition de magma juvénile comme certains l’avaient affirmé à l’époque.

————————————————–

In its latest update issued on Wednesday, January 9th, 2019 at 18:30, the Volcanological and Seismological Observatory of Guadeloupe (OVSG) indicates that « the sequence of volcanic earthquakes that began Tuesday, January 8th, 2019 at 04:59 (local time) in the area of La Soufrière volcano, continues with 146 earthquakes since the beginning of the swarm.
The earthquakes show a very low magnitude (M <1). No event was reported by the population. The quakes are located at a depth of less than 2.5 km under the summit of the dome of La Soufrière. The alert level remains: yellow, Watch. »
This seismicity causes a lot of reactions, even worries, on social networks. This is not a new phenomenon. I described the situation on the volcano in a note published on November 26th, 2018 when there were already reports of small magnitude and shallow seismic swarms.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source: OVSG.
Obviously, this type of seismicity is not the sign of a magma ascent which would be heralded by a much stronger seismicity revealing fracturing of rocks, with deeper origins. In the present case, the seismicity is probably caused by movements of hydrothermal fluids under the volcanic edifice, as happens, for example, under Yellowstone Park in the United States.
Speaking of the Soufrière of Guadeloupe, one often refers to the situation in 1976 when activity was purely phreatic, without the ascent of new magma as some had said at the time.

Crédit photo: Wikipedia

La sismicité récente en Sicile // Recent seismicity in Sicily

Depuis le début de l’éruption de l’Etna et de l’activité sismique le 23 décembre 2018, plus de 70 séismes avec des magnitudes supérieures à M 2,5 ont été enregistrés sur et autour du volcan. Cinq événements avaient une magnitude supérieure ou égale à 4. La plupart avaient leurs épicentres au sud du séisme qui a secoué la région de Milo pendant le nuit du 8 au 9 janvier 2019. Survenu à 00h50 le 9 janvier, ce dernier événement présentait une magnitude M 4,1 ; son épicentre a été localisé dans la région de Piano Pernicana, sur le versant nord-est de l’Etna, dans la ville de Linguaglossa, à environ 10 km de Milo, Trecastagni et Sant ‘ Alfio. Son hypocentre se trouvait à une profondeur de 2 km. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réplique significative dans le même secteur. A noer tout de même qu’à 05h14, une secousse de magnitude M 2,0 a été enregistrée à six kilomètres au nord d’Adrano.
Le séisme de M 4,1 a affecté une région située à plus de 20 km au nord-nord-ouest de la région frappée par l’événement de M 4,9 du 26 décembre 2018 dont l’épicentre se trouvait près de Viagrande, sur le versant sud-est de l’Etna. L’INGV rappelle que de tels séismes se produisent relativement fréquemment dans différentes zones périphériques de l’édifice volcanique. De semblables séismes sont été observés en 2002 avant la spectaculaire éruption de l’Etna. Des séismes avaient alors commencé sur le versant nord-est le 27 octobre 2002, suivis le 29 octobre par d’autres sur le versant sud-est, avec au final une secousse de M 4,7 qui a provoqué des effondrements et des dégâts considérables à Bongiardo, près de Santa Venerina.
Comme je l’ai indiqué précédemment, suite a séisme de M 4,9 à Viagrande, les autorités ont inspectés les constructions de la région. 50% des édifices ont été déclarés utilisables, 25% partiellement accessibles et 24% inutilisables. Le reste devra être détruit. Le nombre de personnes déplacées est passé à 1 334, parmi lesquelles 556 ont eu recours à un hébergement indépendant ; 776 autres sont hébergées dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
Source: La Sicilia.

————————————————————-

Since the beginning of the eruption of Mt Etna and seismic activity on December 23rd, 2018, more than 70 earthquakes with magnitudes higher than M 2.5 have been recorded on and around the volcano. Five events had a magnitude greater than or equal to M 4. Most had their epicentres south of the earthquake that shook the Milo region during the night January 8th-9th, 2019. Recorded at 00:50 on January 9th, the latter event had a magnitude of M 4.1; its epicentre was located in the area of ​​Piano Pernicana, on the northeast slope of Mt Etna, in the town of Linguaglossa, about 10 km from Milo, Trecastagni and Sant ‘Alfio. Its hypocentre was at a depth of 2 km. So far, there has been no significant aftershock in the same area. It should be noted, however, that at 5:14 am, a tremor with a magnitude of M 2.0 was recorded six kilometres north of Adrano.
The M 4.1 earthquake affected an area more than 20 km north-northwest of the region hit by the M 4.9 event of 26 December 2018, whose epicentre was near Viagrande, on the southeast slope of Mt Etna. INGV recalls that such earthquakes occur relatively frequently in different peripheral areas of the volcanic edifice. Similar earthquakes were observed in 2002 before Mt Etna’s dramatic eruption. Earthquakes began on the northeastern slope on 27 October 2002, followed on 29 October by others on the south-east side, ending with an M 4.7 quake which caused collapses and damage in Bongiardo, near Santa Venerina.
As I indicated earlier, following the M 4.9 earthquake in Viagrande, authorities inspected the buildings in the region. 50% of them were declared usable, 25% partially accessible and 24% unusable. The rest will have to be destroyed. The number of displaced persons increased to 1,334, of whom 556 used independent accommodation; 776 others are staying in hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
Source: La Sicilia.

Effets de l’activité sismique en 2002 (Photo: C. Grandpey)