Hawaii : Bonnes nouvelles pour le habitants des Leilani Estates // Good news for Leilani Estates residents

Voici enfin de bonnes nouvelles pour les habitants des Leilani Estates dont les maisons ont été détruites lors de la dernière éruption du Kilauea. 700 structures ont disparu sous les coulées de lave.

L’État d’Hawaï vient d’accorder une subvention de 10 millions de dollars à la Grande Ile pour aider les habitants à se relever après l’éruption du Kilauea. Les fonds doivent être utilisés pour protéger « la santé, la sécurité et le bien-être des habitants de la région, ainsi que pour la planification de leur réinstallation et celle des entreprises agricoles durement touchées par l’éruption volcanique.»
La Grande île avait déjà reçu un financement de 12 millions de dollars de la part de l’Etat d’Hawaii en guise d’aide suite à la situation de catastrophe naturelle provoquée par l’éruption au mois de mai. Il reste à ce jour environ 4 millions de dollars de cette somme.
Les 22 millions de dollars cumulés reçus jusqu’à présent permettront de répondre aux «besoins immédiats» de la Grande Ile jusqu’au mois de juin.
La Grande Ile s’apprête à solliciter pour le long terme un financement fédéral d’environ 480 millions de dollars dans le cadre d’un «budget de travaux en cours» pour une reconstruction du lotissement.

Source: The Honolulu Advertiser.

L’autre bonne nouvelle est que la compagnie d’assurance Lloyd’s de Londres a accepté de dédommager ses clients dont les demandes avaient été rejetées à la suite de l’éruption de Kilauea. Les sommes seront versées aux personnes ayant subi une perte totale de leurs biens et dont la demande de dédommagement avait été refusée en raison d’une controverse à propos d’un chapitre de la police d’assurance concernant «l’exclusion en cas de coulées de lave». Le dédommagement devrait concerner des dizaines d’assurés, avec des sommes s’élevant à «des dizaines de millions» de dollars. De plus, une compensation pour mauvaise foi et pratiques trompeuses continuera à être demandée à la compagnie d’assurance.
Source: West Hawaii Today.

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Here is some good news for the residents of the Leilani estates whose homes were destroyed during the last Kilauea eruption. 700 structures disappeared under the lava flows.

The State of Hawaii has just given a $10 million grant to the Big Island to help jump-start recovery efforts following the Kilauea Volcano eruption. The funds must be used for the protection of “health, safety and welfare of area residents, and for relocation planning for residents and agricultural enterprises adversely impacted by the volcanic eruption.”

The Big Island previously received $12 million in State funding for disaster response following the eruption in May. Of that amount, about $4 million is left.

The combined $22 million collected from the State so far will help address the island’s “immediate needs” through June.

A “work in progress budget” identifies about $480 million in federal funding for long-term recovery that the island also plans to request.

Source: The Honolulu Advertiser.

The other good news is that Lloyd’s of London has agreed to pay policyholders whose claims were denied following the Kilauea eruption. The payments will be made to those who experienced a total loss and were denied because of controversial “lava exclusion” language. That should affect dozens of policyholders, with payments totalling “tens of millions” of dollars. Moreover, compensation for bad faith and deceptive practices still will be sought.

 Source: West Hawaii Today.

Au mois de mai 2018, la lave a envahi les Leilani Estates et détruit un grand nombre d’habitations (Crédit photo: USGS / HVO)

L’art de cartographier les coulées de lave // The art of mapping lava flows

Lors de la récente éruption* du Kilauea dans la Lower East Rift Zone (LERZ), le HVO (géré par l’USGS) a régulièrement diffusé les cartes des coulées de lave afin d’informer le public. Ce n’était pas la première fois que de tels documents étaient mis à la disposition du public ; en effet, des cartes semblables montrant les coulées en provenance du Pu’uO’o avaient déjà été diffusées sur le site web du HVO pendant de nombreuses années.
Voici comment ces cartes sont élaborées par le personnel du HVO : Des programmes informatiques connus sous le nom de Geographic Information Systems (SIG) sont utilisés par les cartographes de l’USGS depuis de nombreuses années. À l’aide d’un logiciel SIG disponible dans le commerce, l’utilisateur crée une série de «couches» incluant des données telles que les routes et les frontières politiques qui, mises ensemble, forment une carte.
Lorsque le magma est entré dans la LERZ au début du mois de mai 2018, le HVO a préparé un modèle de carte de la région prêt à être diffusé rapidement si la lave faisait surface. La première fracture éruptive s’est ouverte dans la subdivision des Leilani Estates en fin d’après-midi le 3 mai et le HVO a publié sa première carte dès le lendemain matin.
Lors de la conception de cette carte, les cartographes, à l’aide du programme SIG, ont pris en compte diverses règles logiques pour symboliser et superposer les différentes couches. Par exemple, les routes sont représentées en nuances de gris car d’autres couleurs pourraient prêter à confusion ; le bleu est souvent utilisé pour les ruisseaux ou les pentes les plus raides et le rouge est réservé aux coulées de lave. Dans la superposition des couches, une coulée de lave est toujours en haut, car elle détruit tout ce qui se trouve sur son passage. Une route apparaissant au-dessus d’une coulée de lave suggérerait qu’elle a survécu ou a été reconstruite récemment.
Les cartes de la LERZ ont également été fortement influencées par les cartes précédentes à propos du Pu’uO’o. L’utilisation d’un même style cartographique pour le Pu’uO’o et la LERZ ne créait pas de confusions chez les personnes habituées à visualiser les premières sur le site web du HVO.
Pendant la première semaine d’éruption dans la LERZ en 2018, les coulées de lave furent difficiles à cartographier car elles sont restées près des fractures dans les Leilani Estates où la végétation masquait leur progression. Cartographier la lave à pied, qui avait été fréquemment pratiqué pour les coulées du Pu’uO’o, était trop dangereux dans les Leilani Estates en raison de la difficulté d’atteindre des issues de secours.
En conséquence, le HVO a tout d’abord représenté les fractures éruptives par de simples pointillés sur les premières cartes. Plus tard, à mesure que la lave envahissait Lower Puna, les images satellitaires furent d’une aide précieuse pour cartographier le champ d’écoulement de la lave. Cela a permis aux géologues de dessiner des polygones à deux dimensions autour des coulées de lave mises en place depuis la mise à jour précédente. Après avoir associé ces nouvelles données à celles obtenues sur le terrain par les équipes de l’USGS, les polygones ont été ajoutés en rouge vif à la carte de l éruption. Lorsque les vues satellitaires n’étaient pas disponibles, les polygones étaient calculés à l’aide d’un processus similaire à partir de cartes thermiques obtenues par hélicoptère.
Le processus de création de polygones à partir d’images satellitaires ou thermiques peut prendre quelques heures. Le problème, c’est que la vitesse de progression de certaines coulées de lave dans la LERZ pouvait très rapidement rendre ces cartes obsolètes. Cela a conduit les analystes SIG à utiliser des méthodes de cartographie plus efficaces. Par exemple, certaines cartes publiées à la fin du mois de mai et au début du mois de juin 2018 montraient à l’aide d’une simple flèche et d’un point le front de coulée qui avait été localisé quelques minutes auparavant lors du survol en hélicoptère. Si les photographies aériennes permettaient d’avoir des points de repère, il était alors possible, pour les analystes SIG, d’esquisser les fronts des coulées sur les images satellitaires. Ces méthodes ont accéléré le processus de cartographie lorsque le besoin d’informations devenait crucial.
Chaque éruption volcanique est différente et, la prochaine grande éruption hawaïenne* nécessitera probablement de nouvelles méthodes, encore plus innovantes, de cartographie des coulées de lave.
Source: USGS / HVO.

* Les expressions «récente éruption dans la Lower East Rift Zone» et «prochaine grande éruption hawaiienne» semblent indiquer que le HVO a finalement admis que l’éruption qui a eu lieu entre mai et août 2018 est définitivement terminée!

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During Kilauea Volcano’s recent lower East Rift Zone (LERZ) eruption*, the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO) regularly released lava-flow maps to inform the public about the situation. This was not the first time such maps have been in the public eye, as regular maps of Pu’uO’o lava flows have been posted to HVO’s website for many years.

Here is how these maps are worked out by the HVO staff. Computer programs known as Geographic Information Systems (GIS) have been the preferred tool of USGS cartographers for many years. Using commercial GIS software, the user creates a stack of “layers,” such as roads and political boundaries that together form a map.

When magma intruded into the LERZ in early May 2018, HVO prepared a template map of the region that could be ready for rapid distribution if/when lava erupted to the surface. The first eruptive fissure opened in the Leilani Estates subdivision in the late afternoon of May 3rd, and HVO released its first eruption map the next morning.

In designing this map, GIS analysts considered various logical rules for symbolizing and stacking the layers. For example, roads are shown in shades of gray because other colours could cause confusion, with blue often used for streams or paths of steepest descent, and red reserved for lava flows. In the stacking order, a lava flow is always on top, because it effectively destroys everything that was once in its place. A road shown on top of a lava flow would suggest that it survived or was recently rebuilt.

The LERZ map was also heavily influenced by earlier Pu’uO’o maps. Using a similar cartographic style helped ensure that the LERZ eruption maps were familiar to people accustomed to viewing maps on HVO’s website.

For the first week of the 2018 LERZ eruption, lava flows proved difficult to map, as they stayed close to the fissures in Leilani Estates, where vegetation obscured aerial views of their margins. Mapping the lava on foot, which had been common for Pu’uO’o flows, was too dangerous because of the difficulty to get to exit routes.

As a result, HVO initially used simple dots to depict the eruptive fissures on early maps. Later, as the lava inundation in Lower Puna grew more expansive, satellite views became the preferred method of mapping the flow field. This allowed geologists to draw two-dimensional polygons around lava flows that had been emplaced since the previous update. After associating these new data with field checks by USGS crews, the polygons were added to the eruption map in bright red. When satellite views were unavailable, polygons were derived using a similar process from helicopter-collected thermal maps.

The process of drawing polygons from satellite or thermal imagery could take a few hours. Unfortunately, the speed at which some LERZ lava flows advanced could render those maps obsolete almost immediately. This led GIS analysts to employ more aggressive methods of mapping. For example, some maps posted in late May and early June 2018 showed a simple arrow and point for the flow front, which had been pinpointed only minutes before during a helicopter overflight. If aerial photographs included landmarks, it was possible for GIS analysts to sketch the flow fronts onto pre-eruption satellite images. These methods accelerated the map-making process when the need for information became most critical.

Every volcanic eruption is different, and certainly the next major Hawaiian eruption* will require new, and even more innovative, methods of lava-flow mapping.

Source: USGS / HVO.

* The expressions “recent lower East Rift Zone eruption” and “the next major Hawaiian eruption” seem to suggest that HVO has finally admitted that the May-August 2018 eruption is definitely over!

Sur cette carte, des polygones rouge vif ont été dessinés par les analystes SIG de l’USGS autour de coulées de lave nouvelles ou actives, situées dans la LERZ. Elles apparaissent de couleur plus claire en raison de leur température élevée sur cette carte thermique. Créée lors d’un survol en hélicoptère le 9 mai 2018, cette carte montre les fractures 6 (à gauche) et 15 (à droite) avec Pohoiki Road entre les deux bouches éruptives. (Source: USGS).

Cette carte de la Lower East Rift Zone du Kilauea, mise au point par les analystes SIG de l’USGS, montre l’étendue des coulées de lave émises (en rose) lors de la dernière éruption. Elles couvrent une superficie d’environ 35,5 km2. Il n’y a pas eu d’accroissement des coulées de lave depuis le 9 août 2018. Une activité mineure a été observée dans la Fracture n°8 au début du mois de septembre 2018, mais elle n’a pas eu d’influence sur les marges de la coulée principale. Les zones de couleur violette représentent des coulées de lave émises en 1840, 1955, 1960 et 2014-2015. (Source : USGS)

Moins de restrictions d’accès dans le District de Puna (Hawaii) // Fewer access restrictions in the Puna District (Hawaii)

Voici un signe certain que l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea est entrée dans sa phase terminale: l’ordre d’évacuation obligatoire des Leilani Estates a été levé et est entré en vigueur le samedi 8 septembre à 9h00. Le site était fermé depuis le 31 mai 2018 en raison des coulées de lave et des gaz volcaniques provenant de l’éruption.
L’accès aux Leilani Estates restera réservé aux résidents et aux personnes autorisées. L’ensemble du champ de lave, y compris un périmètre de sécurité de 50 mètres, reste interdit d’accès.

Les habitants qui regagnent leur domicile doivent «prendre des mesures de sécurité et être attentifs aux messages de la Protection Civile et du HVO, car l’éruption pourrait reprendre à tout moment». Ils doivent également «prévoir une protection des yeux et des voies respiratoires contre les particules volcaniques qui irritent les yeux, le système respiratoire et la peau». Ils doivent «prendre garde aux profondes fractures qui restent sur les routes et les terrains de la zone. »

L’accès au parc de MacKenzie (MacKenzie State Recreation Area) est également à nouveau autorisé à partir du samedi 8 septembre 2018. Le parc avait été fermé peu après le début de l’éruption au début du mois de mai.
Pendant la réouverture du parc, les personnes qui traversent les récentes coulées de lave doivent respecter des restrictions pour atteindre le rivage à Pohoiki. Une bande de sécurité de 50 mètres par rapport aux dernières coulées de lave est maintenue dans la réserve forestière jusqu’à nouvel ordre.
Les autorités s’attendent à ce qu’un nombre important de personnes viennent explorer les plages nouvellement créées. Les gens doivent faire preuve d’une extrême prudence lorsqu’ils s’approchent du littoral. En effet, en certains endroits, la lave a formé des falaises abruptes et instables, qui tombent directement  dans des eaux très profondes où les courants sont imprévisibles.
La rampe de mise à l’eau de Pohoiki n’a jamais été fermée pendant l’éruption mais elle est actuellement isolée de l’océan par une nouvelle plage de sable noir. Les autorités prévoient d’évaluer la situation la semaine prochaine pour déterminer si la rampe de mise à l’eau peut être réutilisée ou s’il faudra construire une nouvelle rampe à un autre endroit le long de la côte de Puna. La construction d’une nouvelle rampe dépendra des fonds disponibles et de l’accès routier au littoral.
Le Lava Tree State Monumentreste fermé et nécessitera des réparations importantes pour le sécuriser après les séismes qui ont accompagné l’activité volcanique. Ils ont fissuré les trottoirs et endommagé le système d’alimentation en eau du parc.
Les autorités encouragent fortement toute personne se rendant à la MacKenzie State Recreation Area à être « complètement autonome et bien préparée ».
Source: Protection Civile.

En ce qui concerne l’activité volcanique, le HVO indique dans sa dernière mise à jour qu’une certaine incandescence est observée à l’intérieur du cône de la Fracture n° 8 dans la Lower East Rift Zone du Kilauea. Cependant, la zone d’incandescente n’évolue pas, ce qui semble montrer des sources fixes. De petites coulées de lave ont été observées au fond du cône, mais elles ne vont jamais au-delà des parois du cône. Aucune évolution significative n’a été observée au cours des derniers jours.
Source: HVO.

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Here is a sure sign that the eruption in Kilauea’s Lower East Rift Zone is definitely coming to an end: The mandatory evacuation order for Leilani Estates has been lifted and came into effect on Saturday, September 8th at 9:00 a.m. The area had been closed since May 31st, 2018 due to lava flows and volcanic gases from the eruption.

Access to Leilani Estates will remain restricted to residents and authorized personnel only. The entire flow field, including a 50-metre perimeter, remains off limits.

Residents moving back into their homes should “take safety precautions and monitor messages from the Civil Defense and HVO as the eruption could resume at any time”. They should also “consider eye and breathing protection against volcanic particulates, which irritate the eyes, respiratory system and skin.” They should “be aware of large ground cracks which remain on roads and across land parcels, and be mindful while walking or driving in the area.”

MacKenzie State Recreation Area also reopened on Saturday, Sept. 8th, 2018. The park had been closed since shortly after the beginning of the East Rift Zone eruption in early May.

While the park is reopening, there are continuing restrictions for people travelling across recent lava flows to reach the shoreline at Pohoiki. A safety buffer of 50 metres from recent lava flows in the forest reserve will be maintained until further notice.

Authorities expect a significant number of people will be wanting to explore the newly created beaches. People need to use extreme caution when approaching the water. Indeed, in some locations, steep, unstable cliffs were formed by recent lava flows and they drop into very deep water where ocean currents are very unpredictable.”
The boat ramp at Pohoiki was never closed during the eruption but is currently cut off from the ocean by a new black sand beach. Officials plan to assess conditions at Pohoiki again next week to determine whether in the future the boat ramp can be used again or begin making plans to build a new ramp at another location along the lower Puna coast. The construction of a new ramp is dependent on funding and road access to the shoreline.

Lava Tree State Monument remains closed and will need significant repairs to make it safe after earthquakes associated with volcanic activity cracked sidewalks and potentially damaged the park’s water system.

Authorities strongly encourage anyone making the trip to MacKenzie State Recreation Area to be completely self-sufficient and well prepared.

Source: Civil Defense.

As far as volcanic activity is concerned, HVO indicates in its latest update that on Kilauea’s Lower East Rift Zone, small amounts of incandescence are visible within the Fissure 8 cone. However there are no changes to the glowing area, which suggests stationary sources. Small lava flows have been observed within the Fissure 8 cone, however none extend outside the walls of the cone. There is no change in overall activity from observations over the past several days.

Source: HVO.

Vue du cône de la Fracture n° 8 le 6 septembre 2018 (Crédit photo: HVO)

Kilauea (Hawaii): Quand l’éruption finira-t-elle ? // When will the eruption come to an end ?

Quand l’éruption finira-t-elle? C’est la question à laquelle seule Madame Pele est capable de répondre. Bien sûr, les scientifiques qui étudient actuellement l’éruption du Kilauea tireront de nombreuses leçons des événements qu’ils ont pu observer au sommet et sur l’East Rift Zone. Ils ont à leur disposition des technologies de pointe qui n’existaient pas pendant les éruptions de 1924, 1955 et 1960. Le HVO existe depuis plus de 100 ans et les techniques de surveillance du Kilauea ont beaucoup évolué. Les volcanologues ont utilisé de nouvelles méthodes pour évaluer la profondeur du lac de lave de l’Halema’uma’u, ou encore la hauteur des panaches et les particules de cendres. Les drones ont été essentiels à la cartographie des coulées de lave. Cette éruption marque probablement l’arrivée des drones en volcanologie grâce à leur capacité de collecter des données dans des zones dangereuses et inaccessibles. En plus, ils sont relativement bon marché et ne mettent pas des personnes en danger.
Cependant, même avec toutes ces nouvelles technologies et tous les scientifiques mobilisés pour étudier l’éruption du Kilauea, beaucoup de questions restent sans réponse, au moins pour l’instant.
Si la hausse de l’activité sismique, les déformations du sol et d’autres paramètres peuvent alerter les scientifiques sur l’imminence d’une éruption, les prévisions à plus long terme restent impossibles. Comme l’a dit un volcanologue: « Il est très difficile d’étudier un volcan et de prévoir la date de sa prochaine éruption, tout comme il est impossible de prévoir les séismes. On peut examiner le comportement d’un volcan dans le passé et voir à quelle fréquence il est entré en éruption, mais nous ne savons pas vraiment ce qui se passe sous terre.  »
La question que tout le monde se pose à l’heure actuelle est la suivante: Quand cessera l’éruption du Kilauea?
L’étude des éruptions les plus récentes peut fournir quelques indices. Les événements majeurs qui se sont produits sur l’East Rift Zone en 1840, 1955 et 1960 ont duré respectivement 26 jours, 88 jours et 36 jours. La journée d’aujourd’hui marque le 41ème anniversaire de la sortie de la lave dans les Leilani Estates. La plus longue des trois éruptions précédentes a duré un peu moins de trois mois. La plus longue éruption sommitale a duré 70 ans. L’éruption qui se déroule actuellement à Puna est très différente et la plupart des scientifiques pensent qu’il est peu probable qu’elle dure aussi longtemps.
Une évaluation approximative du volume de lave émis par l’éruption actuelle a été proposée au vu de la zone couverte le 5 juin. On estime que le volume de lave dans les Leilani Estates avait alors atteint 84,5 millions de mètres cubes, ce qui est inférieur aux éruptions de 1840 (205 millions de mètres cubes), de 1955 (87,6 millions de mètres cubes) et de 1960 (113,2 millions de mètres cubes). Il y a certes une marge d’erreur dans le chiffre proposé pour l’éruption actuelle, mais la quantité de lave émise – au moins jusqu’à présent – est loin des impressionnants volumes précédents.
Le magma de l’éruption actuelle est probablement issu du point chaud qui alimente habituellement les volcans hawaiiens et il ne peut pas être exclu que l’éruption des Leilani Estates donne naissance à une nouvelle bouche qui serait active sur le long terme, comme l’a été le Pu’u O’o. Cependant, ce n’est qu’une simple hypothèse, car personne ne sait comment évoluera l’éruption en cours.
Adapté d’un article dans le Honolulu Star Advertiser.

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When will the eruption come to an end? This is the question only Madame Pele is able to answer. Sure, scientists studying the current eruption of Kilauea will learn a lot from the events at the summit and along the East Rift Zone. They are benefiting from advanced technologies that were not available during corresponding events in 1924, 1955 and 1960. The Hawaiian Volcano Observatory has existed for more than 100 years and the technology has changed tremendously with new ways to monitor Kilauea. For instance, scientists have been using new techniques to track the depth of the Halemaumau lava lake, plume heights and ashfall particles. Drones have been essential to mapping lava flows. This eruption may be really the coming of age of drone technology being able to collect data from dangerous and inaccessible areas relatively cheaply and with minimal danger to people.

However, even with all the advanced science and staff mobilized to document and study the Kilauea eruption, many questions about the volcano will remain unanswered, at least for now.

Although increased seismic activity, ground movement and other signs can alert scientists to imminent eruptions, longer-term forecasts are still impossible. As one volcanologist put it: “It’s very difficult to look at a volcano and put a date on a calendar when it will erupt next, just like it’s impossible to predict earthquakes. You can look at what it’s done in the past and how frequently it’s erupted, but we don’t really know what’s going on underground.”

The most pressing question at the moment is: When will Kilauea stop erupting?

Studying previous eruptions most similar to the current one may provide some clues. Major East Rift Zone events in 1840, 1955 and 1960 lasted 26 days, 88 days and 36 days, respectively. Today marks the 40th day since lava emerged in the Leilani Estates. The longest of those three previous eruptions lasted just shy of three months. The longest eruption at the summit lasted 70 years. The current one down in Puna is very different, and most scientists think it is unlikely to last that long.

A rough calculation has been made of the volume of lava produced by the current eruption, based on the area covered as of June 5th. It is estimated the Leilani Estates flows put out 84.5 million cubic metres of lava, less than the eruptions of 1840 (205 million cubic metres), 1955 (87.6 million cubic metres) and 1960 (113.2 million cubic metres). The margin of error is big, but at least so far the amount of lava is far from the impressive previous volumes.

Magma is probably still being supplied from the hotspot and it cannot be excluded that the Leilani Estates eruption will become a new long-term vent, like Pu’u O’o. However, this is just a simple hypothesis as nobody knows about the future of the current eruption.

Adapted from an article in the Honolulu Star Advertiser.

Crédit photo: USGS

Hawaii: Projet de relogement pour les victimes de l’éruption // Rehousing project for the eruption victims

Les autorités hawaïennes prévoient de venir en aide aux personnes victimes de l’éruption du Kilauea avec un projet de relogement comparable à celui entrepris après les dégâts causés par un tsunami à Hilo en mai 1960 (voir ma note du 2 juillet 2015). À l’époque, les autorités ont élaboré une stratégie baptisée Kaikoo Plan qui s’est concrétisé dans les six mois. Ce plan a permis la construction de nouveaux logements à Waiakea, en dehors de la zone d’inondation du tsunami, pour les personnes déplacées. Cela a également permis de créer le Kaikoo Mall, petit centre commercial dans la ville de Hilo et le développement de la zone industrielle de Kanoelehua à Waiakea.
Le tsunami du 23 mai 1960 a été déclenché par un puissant séisme au Chili et a tué 61 personnes. Il a détruit une grande partie du centre-ville de Hilo et réduit à néant un quartier connu sous le nom de Shinmachi Town. Shinmachi se trouvait sur ce qui est maintenant un espace vert dans le Wailoa State Park et n’a jamais été reconstruit.

S’agissant de l’éruption actuelle du Kilauea, le secteur de Kapoho a été évacué quelques heures avant que la lave atteigne et recouvre le carrefour de Four Corners., privant ainsi la région de ses routes d’accès. Plus de 500 maisons dans le secteur de Kapoho se trouvent isolées.
La lave a déjà contraint l’évacuation d’une grande partie de la subdivision des Leilani Estates et de toute la subdivision de Lanipuna Gardens, qui rassemblent plus de 800 maisons. Le 2 juin 2018, la lave avait détruit 87 habitations, contre 77 le 31 mai 2018.
Source: Journaux locaux.

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Hawaiian authorities plan to help refugees from the Kilauea eruption by launching a rapid re-housing initiative comparable to the resettlement effort that was initiated after a tsunami devastated portions of Hilo in 1960 (see my post of July 2nd, 2015). By that time, authorities developed a strategy called the Kaikoo Plan which was completed within six months. That plan resulted in new housing in Waiakea outside the tsunami inundation area for people who had been displaced, the development of the Kaikoo Mall in urban Hilo, and the creation of what is now known as the Kanoelehua Industrial area in Waiakea.

The May 23rd, 1960 tsunami was triggered by a huge earthquake in Chile and killed 61 people. It demolished much of downtown Hilo and wiped out a neighbourhood known as Shinmachi Town. Shinmachi, which stood on what is now open space in Wailoa State Park, was never rebuilt.

As far as the durrent Kilauea eruption is concerned, the Kapoho area was evacuated a few hours before lava reached and covered the Four Corners intersection, thus depriving the region of its access roads. 500 homes in the Kapoho area are now isolated.

Lava has already forced the evacuation of much of the Leilani Estates subdivision and all of Lanipuna Gardens subdivision, which between them had more than 800 homes. On June 2nd, lava had destroyed 87 homes, compared to the count of 77 reported on May 31st, 2018.

Source: Local newspapers.

Hilo après le tsunami du 23 mai 1960 (Crédit photo: Wikipedia)

L’immobilier à Lower Puna (Hawaii) // Real estate at Lower Puna (Hawaii)

La plupart des familles qui ont été évacuées des Leilani Estates sont impatientes de retourner vivre dans leurs maisons, à condition qu’elles ne soient pas détruites par de nouvelles coulées de lave. Ce comportement peut sembler étrange car peu de gens seraient enclins à retourner vivre dans une région qui est menacée en permanence par une éruption.
La raison pour laquelle ces familles espèrent retrouver leurs domiciles, même si elles vivent à proximité d’un champ de lave encore chaud, est très simple et facile à comprendre ; c’est une raison strictement économique.
La presse hawaïenne donne l’exemple d’une famille qui paie un loyer de 650 dollars par mois pour une maison avec trois chambres et une salle de  bain. Le couple de locataires explique que « c’est seulement en mettant leurs ressources en commun qu’ils peuvent rester dans cette maison ».
Une autre famille vit à Lower Puna depuis près de deux ans et paye un loyer de 500 dollars par mois pour une maison de deux chambres avec une grande cour et beaucoup d’arbres fruitiers. La même maison à Hilo coûterait au moins trois fois autant. Ces locataires ont essayé d’acheter la maison et ont essayé d’obtenir un prêt, mais la banque leur a fait remarquer que la maison était située dans la Zone de Lave 1 et qu’elle ne pouvait donc pas leur accorder le prêt.

Source : Presse hawaienne.

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 Most of the families who evacuated from the Leilani Estates are impatient to go back and live in their houses provided they are not destroyed by new lava flows. This behaviour might seem strange, because few people would be inclined to return to live in such an area which is under the permanent threat of an eruption.

The reason why these families hope: to move back to their houses, even if they may be living in the shadow of a freshly baked lava field, is very simple: economics.

The Hawaiian press gives the example of a family who pays $650 a month for three bedrooms and one bath. They say that “it’s only by pooling their resources that they’re able to stay at the house.”

Another family has lived in Lower Puna for almost two years, paying $500 a month for a two-bedroom, one-bath house with a big yard and lots of fruit trees. The same type of house in Hilo would cost at least three times that much. They tried to the buy the place, and went to try to get a loan for it but the bank told them the house was located in Lava Zone 1, so it could not grant them a loan.

Source: Hawaiian newspapers.

Voici deux photos montrant un quartier des Leilani Estates avant et après l’éruption:

Here are two photos of a neighbourhood in the Leilani Estates before and after the eruption:

Crédit photo: USGS

Eruption du Kilauea (Hawaii): Et après? // What next ?

La lave qui s’échappe du Kilauea a obligé près de 2 000 personnes à quitter leurs habitations. Elle a détruit jusqu’à présent au moins 36 structures, dont 26 maisons dans la subdivision des Leilani Estates
Deux semaines après l’ouverture d’une série de fractures dans la région de Lower Puna, la lave ne semble pas vouloir arrêter sa progression. En attendant de pouvoir retourner chez elles, les personnes évacuées sont hébergées dans des tentes érigées sur les aires de stationnement et les terrains de jeux de trois centres communautaires. Les autorités leur permettent de se rendre quotidiennement dans leur maison, un processus qui suppose de faire la queue chaque matin aux points de contrôle et un retour au compte-gouttes dans la soirée.
Personne ne sait quand les coulées de lave vont se calmer, mais les autorités pensent que l’attente pourrait durer au moins un mois. On ne recense aucune victime, mais la progression inexorable de la lave à travers la région démontre à quel point les humains sont impuissants quand Mère Nature décide de remodeler le paysage.
Le retour dans les habitations ne pourra se faire que lorsque la lave aura refroidi et durci. Ceux qui peuvent se le permettre embaucheront des entrepreneurs de travaux publics disposant d’un équipement robuste pour évacuer la lave. Toutefois, ce travail ne pourra être effectué qu’une fois que les autorités auront nettoyé les routes et remplacé des douzaines de poteaux électriques brûlés. On ne sait pas exactement combien de routes et de rues ont été endommagées par la lave. En 1990, une coulée de lave similaire a englouti la bourgade voisine de Kalapana, détruisant près de 200 maisons et recouvrant les routes d’accès. Aujourd’hui, certains habitants de Kalapana ont tracé des sentiers sommaires à travers la lave pour atteindre leurs maisons, mais la plupart n’ont jamais été reconstruites. Aujourd’hui, Kalapana est devenue une destination touristique où les visiteurs viennent randonner dans l’espoir d’observer de petites sorties de lave incandescente au sein de coulées plus anciennes.
Dans les Leilani Estates, la plupart des maisons sont des constructions très simples. La plupart sont des structures de plain pied équipées de panneaux solaires et de systèmes de captage des eaux de pluie car il n’y a pas de réseau d’eau potable dans la région. Les gens qui y vivent ont choisi de prendre le risque de voir leurs maisons détruites par la lave. Beaucoup viennent ici parce que la terre est bon marché. Un petit terrain peut être acheté pour seulement 8 000 dollars.
Comme la zone des Leilani Estates est considérée par l’USGS comme présentant un risque élevé de submersion par la lave, peu de compagnies d’assurance proposent des polices. Celles éventuellement disponibles coûtent des milliers de dollars par an, un coût considérable que de nombreux résidents ne peuvent pas se permettre. Le revenu familial moyen dans la région de Pahoa est d’environ 30 000 dollars par an. Les autorités vont essayer d’alléger la facture pour les habitants qui ont été affectés par les coulées de lave. Il leur est rappelé que les maisons détruites par la lave ne sont pas soumises aux impôts locaux et il existe un système de réduction ou d’élimination des impôts locaux pour les maisons qui ne sont plus accessibles par la route. Au cœur des Leilani Estates, les coulées de lave atteignent parfois une épaisseur de 6 mètres. Dans d’autres secteurs, d’impressionnantes fractures cisaillent les routes qui avaient été laborieusement ouvertes dans l’épaisse végétation. Les entrepreneurs de travaux publics ont déclaré qu’il faudrait des mois pour que la lave refroidisse et durcisse suffisamment pour être évacuée en toute sécurité.
Source: CNBC.

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The lava leaking from Kilauea Volcano has forced the evacuation of nearly 2,000 people and destroyed so far at least 36 structures, including 26 homes in the subdivision of the Leilani Estates

Two weeks after a series of cracks began opening beneath the area, the lava is showing no sign of stopping. Anxious residents eager to return to their homes have instead built a tent city at the community center’s parking lots and playing fields. Authorities allow them to check on their homes daily, an anxious process as they line up each morning and trickle back out in the evening.

There is no estimate for when the lava flows will slow, but county officials appear to be preparing for a months-long event. No one has been reported injured by the lava, but its inexorable march across the area demonstrates just how powerless humans are when Mother Nature reshapes the landscape.

Recovery will only truly begin once the lava cools and hardens to a relatively soft basaltic rock. Those who can afford it will hire contractors with heavy equipment to clear the hardened lava from their land, after county officials clear the roads and replace dozens of burned power poles. Just how many roads will be cleared and repaired remains uncertain. In 1990, a similar lava flow engulfed the nearby town of Kalapana, destroying nearly 200 homes and covering the roads leading to them. Today, some residents of the area have scratched tracks across the lava to reach their homes but most never rebuilt. Instead, Kalapana has become a tourist destination where visitors can hike out to watch small lava outbreaks ooze across older flows.

In Leilani Estates, few of the homes are elaborate. Most are single-story structures fitted with solar panels and rain-catchment systems since there is no municipal water supply in the area. People who live in the area choose to take the risk of having their houses destroyed by the lava. Many come here because the land is cheap. A small lot can be purchased for just $8,000.

Because the community sits in a zone deemed by USGS to have a high risk of lava, few insurance companies will issues policies there. And those policies that are available cost thousands of dollars a year, a hefty cost many residents cannot afford. According to the Census Bureau, the median family income in Pahoa is about $30,000 annually. County officials are trying to ease the burden of residents who were affected by the lava flows. They remind them that houses destroyed by the lava won’t be taxed, and there is a system for decreasing or eliminating taxes on homes no longer accessible by road. In the heart of the Leilani Estates, the lava has flowed over streets at depths up to 6 metres. In other areas, huge fissures have split roads painstakingly cut through the thick jungle. Contractors said it can take months for the lava to harden and cool enough to remove safely.

Source: CNBC.

 

Il faudra longtemps pour évacuer la lave qui a envahi les Leilani estates, coupé les routes, détruit des maisons et coupé l’électricité (Crédit photo : USGS / HVO)