Kilauea (Hawaii): Quand l’éruption finira-t-elle ? // When will the eruption come to an end ?

Quand l’éruption finira-t-elle? C’est la question à laquelle seule Madame Pele est capable de répondre. Bien sûr, les scientifiques qui étudient actuellement l’éruption du Kilauea tireront de nombreuses leçons des événements qu’ils ont pu observer au sommet et sur l’East Rift Zone. Ils ont à leur disposition des technologies de pointe qui n’existaient pas pendant les éruptions de 1924, 1955 et 1960. Le HVO existe depuis plus de 100 ans et les techniques de surveillance du Kilauea ont beaucoup évolué. Les volcanologues ont utilisé de nouvelles méthodes pour évaluer la profondeur du lac de lave de l’Halema’uma’u, ou encore la hauteur des panaches et les particules de cendres. Les drones ont été essentiels à la cartographie des coulées de lave. Cette éruption marque probablement l’arrivée des drones en volcanologie grâce à leur capacité de collecter des données dans des zones dangereuses et inaccessibles. En plus, ils sont relativement bon marché et ne mettent pas des personnes en danger.
Cependant, même avec toutes ces nouvelles technologies et tous les scientifiques mobilisés pour étudier l’éruption du Kilauea, beaucoup de questions restent sans réponse, au moins pour l’instant.
Si la hausse de l’activité sismique, les déformations du sol et d’autres paramètres peuvent alerter les scientifiques sur l’imminence d’une éruption, les prévisions à plus long terme restent impossibles. Comme l’a dit un volcanologue: « Il est très difficile d’étudier un volcan et de prévoir la date de sa prochaine éruption, tout comme il est impossible de prévoir les séismes. On peut examiner le comportement d’un volcan dans le passé et voir à quelle fréquence il est entré en éruption, mais nous ne savons pas vraiment ce qui se passe sous terre.  »
La question que tout le monde se pose à l’heure actuelle est la suivante: Quand cessera l’éruption du Kilauea?
L’étude des éruptions les plus récentes peut fournir quelques indices. Les événements majeurs qui se sont produits sur l’East Rift Zone en 1840, 1955 et 1960 ont duré respectivement 26 jours, 88 jours et 36 jours. La journée d’aujourd’hui marque le 41ème anniversaire de la sortie de la lave dans les Leilani Estates. La plus longue des trois éruptions précédentes a duré un peu moins de trois mois. La plus longue éruption sommitale a duré 70 ans. L’éruption qui se déroule actuellement à Puna est très différente et la plupart des scientifiques pensent qu’il est peu probable qu’elle dure aussi longtemps.
Une évaluation approximative du volume de lave émis par l’éruption actuelle a été proposée au vu de la zone couverte le 5 juin. On estime que le volume de lave dans les Leilani Estates avait alors atteint 84,5 millions de mètres cubes, ce qui est inférieur aux éruptions de 1840 (205 millions de mètres cubes), de 1955 (87,6 millions de mètres cubes) et de 1960 (113,2 millions de mètres cubes). Il y a certes une marge d’erreur dans le chiffre proposé pour l’éruption actuelle, mais la quantité de lave émise – au moins jusqu’à présent – est loin des impressionnants volumes précédents.
Le magma de l’éruption actuelle est probablement issu du point chaud qui alimente habituellement les volcans hawaiiens et il ne peut pas être exclu que l’éruption des Leilani Estates donne naissance à une nouvelle bouche qui serait active sur le long terme, comme l’a été le Pu’u O’o. Cependant, ce n’est qu’une simple hypothèse, car personne ne sait comment évoluera l’éruption en cours.
Adapté d’un article dans le Honolulu Star Advertiser.

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When will the eruption come to an end? This is the question only Madame Pele is able to answer. Sure, scientists studying the current eruption of Kilauea will learn a lot from the events at the summit and along the East Rift Zone. They are benefiting from advanced technologies that were not available during corresponding events in 1924, 1955 and 1960. The Hawaiian Volcano Observatory has existed for more than 100 years and the technology has changed tremendously with new ways to monitor Kilauea. For instance, scientists have been using new techniques to track the depth of the Halemaumau lava lake, plume heights and ashfall particles. Drones have been essential to mapping lava flows. This eruption may be really the coming of age of drone technology being able to collect data from dangerous and inaccessible areas relatively cheaply and with minimal danger to people.

However, even with all the advanced science and staff mobilized to document and study the Kilauea eruption, many questions about the volcano will remain unanswered, at least for now.

Although increased seismic activity, ground movement and other signs can alert scientists to imminent eruptions, longer-term forecasts are still impossible. As one volcanologist put it: “It’s very difficult to look at a volcano and put a date on a calendar when it will erupt next, just like it’s impossible to predict earthquakes. You can look at what it’s done in the past and how frequently it’s erupted, but we don’t really know what’s going on underground.”

The most pressing question at the moment is: When will Kilauea stop erupting?

Studying previous eruptions most similar to the current one may provide some clues. Major East Rift Zone events in 1840, 1955 and 1960 lasted 26 days, 88 days and 36 days, respectively. Today marks the 40th day since lava emerged in the Leilani Estates. The longest of those three previous eruptions lasted just shy of three months. The longest eruption at the summit lasted 70 years. The current one down in Puna is very different, and most scientists think it is unlikely to last that long.

A rough calculation has been made of the volume of lava produced by the current eruption, based on the area covered as of June 5th. It is estimated the Leilani Estates flows put out 84.5 million cubic metres of lava, less than the eruptions of 1840 (205 million cubic metres), 1955 (87.6 million cubic metres) and 1960 (113.2 million cubic metres). The margin of error is big, but at least so far the amount of lava is far from the impressive previous volumes.

Magma is probably still being supplied from the hotspot and it cannot be excluded that the Leilani Estates eruption will become a new long-term vent, like Pu’u O’o. However, this is just a simple hypothesis as nobody knows about the future of the current eruption.

Adapted from an article in the Honolulu Star Advertiser.

Crédit photo: USGS

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Hawaii: Projet de relogement pour les victimes de l’éruption // Rehousing project for the eruption victims

Les autorités hawaïennes prévoient de venir en aide aux personnes victimes de l’éruption du Kilauea avec un projet de relogement comparable à celui entrepris après les dégâts causés par un tsunami à Hilo en mai 1960 (voir ma note du 2 juillet 2015). À l’époque, les autorités ont élaboré une stratégie baptisée Kaikoo Plan qui s’est concrétisé dans les six mois. Ce plan a permis la construction de nouveaux logements à Waiakea, en dehors de la zone d’inondation du tsunami, pour les personnes déplacées. Cela a également permis de créer le Kaikoo Mall, petit centre commercial dans la ville de Hilo et le développement de la zone industrielle de Kanoelehua à Waiakea.
Le tsunami du 23 mai 1960 a été déclenché par un puissant séisme au Chili et a tué 61 personnes. Il a détruit une grande partie du centre-ville de Hilo et réduit à néant un quartier connu sous le nom de Shinmachi Town. Shinmachi se trouvait sur ce qui est maintenant un espace vert dans le Wailoa State Park et n’a jamais été reconstruit.

S’agissant de l’éruption actuelle du Kilauea, le secteur de Kapoho a été évacué quelques heures avant que la lave atteigne et recouvre le carrefour de Four Corners., privant ainsi la région de ses routes d’accès. Plus de 500 maisons dans le secteur de Kapoho se trouvent isolées.
La lave a déjà contraint l’évacuation d’une grande partie de la subdivision des Leilani Estates et de toute la subdivision de Lanipuna Gardens, qui rassemblent plus de 800 maisons. Le 2 juin 2018, la lave avait détruit 87 habitations, contre 77 le 31 mai 2018.
Source: Journaux locaux.

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Hawaiian authorities plan to help refugees from the Kilauea eruption by launching a rapid re-housing initiative comparable to the resettlement effort that was initiated after a tsunami devastated portions of Hilo in 1960 (see my post of July 2nd, 2015). By that time, authorities developed a strategy called the Kaikoo Plan which was completed within six months. That plan resulted in new housing in Waiakea outside the tsunami inundation area for people who had been displaced, the development of the Kaikoo Mall in urban Hilo, and the creation of what is now known as the Kanoelehua Industrial area in Waiakea.

The May 23rd, 1960 tsunami was triggered by a huge earthquake in Chile and killed 61 people. It demolished much of downtown Hilo and wiped out a neighbourhood known as Shinmachi Town. Shinmachi, which stood on what is now open space in Wailoa State Park, was never rebuilt.

As far as the durrent Kilauea eruption is concerned, the Kapoho area was evacuated a few hours before lava reached and covered the Four Corners intersection, thus depriving the region of its access roads. 500 homes in the Kapoho area are now isolated.

Lava has already forced the evacuation of much of the Leilani Estates subdivision and all of Lanipuna Gardens subdivision, which between them had more than 800 homes. On June 2nd, lava had destroyed 87 homes, compared to the count of 77 reported on May 31st, 2018.

Source: Local newspapers.

Hilo après le tsunami du 23 mai 1960 (Crédit photo: Wikipedia)

L’immobilier à Lower Puna (Hawaii) // Real estate at Lower Puna (Hawaii)

La plupart des familles qui ont été évacuées des Leilani Estates sont impatientes de retourner vivre dans leurs maisons, à condition qu’elles ne soient pas détruites par de nouvelles coulées de lave. Ce comportement peut sembler étrange car peu de gens seraient enclins à retourner vivre dans une région qui est menacée en permanence par une éruption.
La raison pour laquelle ces familles espèrent retrouver leurs domiciles, même si elles vivent à proximité d’un champ de lave encore chaud, est très simple et facile à comprendre ; c’est une raison strictement économique.
La presse hawaïenne donne l’exemple d’une famille qui paie un loyer de 650 dollars par mois pour une maison avec trois chambres et une salle de  bain. Le couple de locataires explique que « c’est seulement en mettant leurs ressources en commun qu’ils peuvent rester dans cette maison ».
Une autre famille vit à Lower Puna depuis près de deux ans et paye un loyer de 500 dollars par mois pour une maison de deux chambres avec une grande cour et beaucoup d’arbres fruitiers. La même maison à Hilo coûterait au moins trois fois autant. Ces locataires ont essayé d’acheter la maison et ont essayé d’obtenir un prêt, mais la banque leur a fait remarquer que la maison était située dans la Zone de Lave 1 et qu’elle ne pouvait donc pas leur accorder le prêt.

Source : Presse hawaienne.

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 Most of the families who evacuated from the Leilani Estates are impatient to go back and live in their houses provided they are not destroyed by new lava flows. This behaviour might seem strange, because few people would be inclined to return to live in such an area which is under the permanent threat of an eruption.

The reason why these families hope: to move back to their houses, even if they may be living in the shadow of a freshly baked lava field, is very simple: economics.

The Hawaiian press gives the example of a family who pays $650 a month for three bedrooms and one bath. They say that “it’s only by pooling their resources that they’re able to stay at the house.”

Another family has lived in Lower Puna for almost two years, paying $500 a month for a two-bedroom, one-bath house with a big yard and lots of fruit trees. The same type of house in Hilo would cost at least three times that much. They tried to the buy the place, and went to try to get a loan for it but the bank told them the house was located in Lava Zone 1, so it could not grant them a loan.

Source: Hawaiian newspapers.

Voici deux photos montrant un quartier des Leilani Estates avant et après l’éruption:

Here are two photos of a neighbourhood in the Leilani Estates before and after the eruption:

Crédit photo: USGS

Eruption du Kilauea (Hawaii): Et après? // What next ?

La lave qui s’échappe du Kilauea a obligé près de 2 000 personnes à quitter leurs habitations. Elle a détruit jusqu’à présent au moins 36 structures, dont 26 maisons dans la subdivision des Leilani Estates
Deux semaines après l’ouverture d’une série de fractures dans la région de Lower Puna, la lave ne semble pas vouloir arrêter sa progression. En attendant de pouvoir retourner chez elles, les personnes évacuées sont hébergées dans des tentes érigées sur les aires de stationnement et les terrains de jeux de trois centres communautaires. Les autorités leur permettent de se rendre quotidiennement dans leur maison, un processus qui suppose de faire la queue chaque matin aux points de contrôle et un retour au compte-gouttes dans la soirée.
Personne ne sait quand les coulées de lave vont se calmer, mais les autorités pensent que l’attente pourrait durer au moins un mois. On ne recense aucune victime, mais la progression inexorable de la lave à travers la région démontre à quel point les humains sont impuissants quand Mère Nature décide de remodeler le paysage.
Le retour dans les habitations ne pourra se faire que lorsque la lave aura refroidi et durci. Ceux qui peuvent se le permettre embaucheront des entrepreneurs de travaux publics disposant d’un équipement robuste pour évacuer la lave. Toutefois, ce travail ne pourra être effectué qu’une fois que les autorités auront nettoyé les routes et remplacé des douzaines de poteaux électriques brûlés. On ne sait pas exactement combien de routes et de rues ont été endommagées par la lave. En 1990, une coulée de lave similaire a englouti la bourgade voisine de Kalapana, détruisant près de 200 maisons et recouvrant les routes d’accès. Aujourd’hui, certains habitants de Kalapana ont tracé des sentiers sommaires à travers la lave pour atteindre leurs maisons, mais la plupart n’ont jamais été reconstruites. Aujourd’hui, Kalapana est devenue une destination touristique où les visiteurs viennent randonner dans l’espoir d’observer de petites sorties de lave incandescente au sein de coulées plus anciennes.
Dans les Leilani Estates, la plupart des maisons sont des constructions très simples. La plupart sont des structures de plain pied équipées de panneaux solaires et de systèmes de captage des eaux de pluie car il n’y a pas de réseau d’eau potable dans la région. Les gens qui y vivent ont choisi de prendre le risque de voir leurs maisons détruites par la lave. Beaucoup viennent ici parce que la terre est bon marché. Un petit terrain peut être acheté pour seulement 8 000 dollars.
Comme la zone des Leilani Estates est considérée par l’USGS comme présentant un risque élevé de submersion par la lave, peu de compagnies d’assurance proposent des polices. Celles éventuellement disponibles coûtent des milliers de dollars par an, un coût considérable que de nombreux résidents ne peuvent pas se permettre. Le revenu familial moyen dans la région de Pahoa est d’environ 30 000 dollars par an. Les autorités vont essayer d’alléger la facture pour les habitants qui ont été affectés par les coulées de lave. Il leur est rappelé que les maisons détruites par la lave ne sont pas soumises aux impôts locaux et il existe un système de réduction ou d’élimination des impôts locaux pour les maisons qui ne sont plus accessibles par la route. Au cœur des Leilani Estates, les coulées de lave atteignent parfois une épaisseur de 6 mètres. Dans d’autres secteurs, d’impressionnantes fractures cisaillent les routes qui avaient été laborieusement ouvertes dans l’épaisse végétation. Les entrepreneurs de travaux publics ont déclaré qu’il faudrait des mois pour que la lave refroidisse et durcisse suffisamment pour être évacuée en toute sécurité.
Source: CNBC.

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The lava leaking from Kilauea Volcano has forced the evacuation of nearly 2,000 people and destroyed so far at least 36 structures, including 26 homes in the subdivision of the Leilani Estates

Two weeks after a series of cracks began opening beneath the area, the lava is showing no sign of stopping. Anxious residents eager to return to their homes have instead built a tent city at the community center’s parking lots and playing fields. Authorities allow them to check on their homes daily, an anxious process as they line up each morning and trickle back out in the evening.

There is no estimate for when the lava flows will slow, but county officials appear to be preparing for a months-long event. No one has been reported injured by the lava, but its inexorable march across the area demonstrates just how powerless humans are when Mother Nature reshapes the landscape.

Recovery will only truly begin once the lava cools and hardens to a relatively soft basaltic rock. Those who can afford it will hire contractors with heavy equipment to clear the hardened lava from their land, after county officials clear the roads and replace dozens of burned power poles. Just how many roads will be cleared and repaired remains uncertain. In 1990, a similar lava flow engulfed the nearby town of Kalapana, destroying nearly 200 homes and covering the roads leading to them. Today, some residents of the area have scratched tracks across the lava to reach their homes but most never rebuilt. Instead, Kalapana has become a tourist destination where visitors can hike out to watch small lava outbreaks ooze across older flows.

In Leilani Estates, few of the homes are elaborate. Most are single-story structures fitted with solar panels and rain-catchment systems since there is no municipal water supply in the area. People who live in the area choose to take the risk of having their houses destroyed by the lava. Many come here because the land is cheap. A small lot can be purchased for just $8,000.

Because the community sits in a zone deemed by USGS to have a high risk of lava, few insurance companies will issues policies there. And those policies that are available cost thousands of dollars a year, a hefty cost many residents cannot afford. According to the Census Bureau, the median family income in Pahoa is about $30,000 annually. County officials are trying to ease the burden of residents who were affected by the lava flows. They remind them that houses destroyed by the lava won’t be taxed, and there is a system for decreasing or eliminating taxes on homes no longer accessible by road. In the heart of the Leilani Estates, the lava has flowed over streets at depths up to 6 metres. In other areas, huge fissures have split roads painstakingly cut through the thick jungle. Contractors said it can take months for the lava to harden and cool enough to remove safely.

Source: CNBC.

 

Il faudra longtemps pour évacuer la lave qui a envahi les Leilani estates, coupé les routes, détruit des maisons et coupé l’électricité (Crédit photo : USGS / HVO)

Dernières nouvelles de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // Latest news of the Kilauea eruption (Hawaii)

8 heures (heure française): Les scientifiques du HVO ont identifié une 21ème fracture dans les Leilani Estates, en dessous de Makamae Street. En outre, plusieurs fractures se sont réactivées dans la subdivision de Lower Puna et le HVO signale des coulées de lave pahoephoe dans le secteur.

La Federal Aviation Administration a avisé les pilotes de l’aviation civile qu’une restriction de vol temporaire doit être respectée dans un rayon de 5 milles marins (environ 9 km) du Kilauea à 30 000 pieds (environ 9 000 mètres) suite à l’éruption explosive du cratère de l’Halemaumau qui a généré un volumineux panache de cendre.
Des masques sont distribués gratuitement (un masque par membre de chaque famille) dans différents centres de la Lower East Rift Zone pour se protéger contre la cendre. Un troisième centre d’hébergement a également été ouvert à la Sure Foundation de Keeau. Il accueillera plus spécifiquement les personnes ayant des problèmes respiratoires, mais tout le monde est le bienvenu.
Source: HVO et journaux locaux.

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20h00 (heure française): Le HVO vient d’indiquer qu’une nouvelle fracture (n° 22) s’est ouverte entre la n° 19 et la n° 20. Plusieurs fractures sont actives avec des projections de lave.  La coulée de lave émise par la fracture n° 17 n’a pas progressé. Comme je l’ai déjà écrit, une nouvelle fracture (n° 21) s’était ouverte le 17 mai à Leilani Estates après une journée de forte pollution atmosphérique à Pahoa et dans d’autres parties de Lower Puna, ce qui a entraîné la fermeture d’écoles et d’un bureau de poste. D’autres fractures se sont réactivées dans les Lanipuna Gardens et au nord-est de cette subdivision.

Les géologues expliquent que cette partie de l’East Rift Zone du Kilauea continue de s’étirer avec l’arrivée d’un nouveau magma et que l’on s’attend à l’ouverture de nouvelles fractures. Des fissures atteignant parfois un mètre de largeur ont été signalées dans les Leilani Estates. Steve Brantley, un volcanologue du HVO que je salue ici, a déclaré qu’un capteur GPS utilisé pour suivre la déformation du sol s’était déplacé de 15 centimètres en 24 heures. C’est une indication que la zone de rift est soumise à de fortes contraintes.
Les opérations continuent à la centrale PGV pour « tuer » trois puits et empêcher les émissions incontrôlées de sulfure d’hydrogène.
Des niveaux importants de SO2 ont été détectés à Pahoa, avec 2,7 parties par million (ppm) à l’ancienne caserne de pompiers. La Protection Civile considère que tout ce qui dépasse 1 ppm reçoit un code de couleur «rouge», ce qui signifie que le gaz peut commencer à poser des problèmes au sein de la population. Cependant, ces chiffres sont temporaires et ne justifient pas des évacuations.
Source: Hawaii Tribune Herald.

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8 a.m. (French time): HVO scientists have identified a 21st fissure in Leilani Estates, down rift of Makamae Street. In addition, several fissures have reactivated in the Lower Puna subdivision and HVO reports pahoephoe lava flows in the area.

The Federal Aviation Administration has alerted general aviation pilots that a Temporary Flight Restrictions exists within a 5-nautical-mile (about 9 km) radius of Kilauea volcano to 30,000 feet  (about 9,000 metres), after the explosive ash-and-smoke eruption from Halemaumau Crater.

Free masks (one mask per family member) for ash protection are being distributed in different centres of the Lower East Rift Zone. A third shelter has also been opened at Sure Foundation, located in Keeau. The shelter will cater specifically to people with breathing issues, but everyone is welcome.

Source: HVO and local newspapers.

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8 p.m. (French time): HVO is reporting a new fissure n° 22, between fissures 19 and 20. Several fissures are active with spattering. The lava flow at fissure 17 has not advanced. As I put it before, a new lava fissure (n° 21) had opened on May 17th in Leilani Estates after a day of heavy air pollution in Pahoa and other parts of Lower Puna that prompted closures of schools and a post office. Other fissures were reactivated in Lanipuna Gardens and northeast of the subdivision.

Geologists say that portion of Kilauea’s East Rift Zone continues to expand with new magma and more eruptions are expected. Large ground cracks as wide as one metre were reported in Leilani. Steve Brantley, an HVO volcanologist I salute here said a GPS instrument used for tracking ground deformation had moved as much as 15 centimetres in 24 hours. This is an indication the rift zone is being forced apart.

Efforts to kill three wells at PGV geothermal plant to prevent unabated releases of hydrogen sulphide are ongoing.

Levels of  SO2 were detected in Pahoa as high as 2.7 parts per million at the old fire station. Civil Defense considers anything above 1 ppm as colour code “red,” which means it can start affecting the general population. However, such readings are temporary and do not justify evacuations.

Source : Hawaii Tribune Herald.

Crédit photo: USGS / HVO

Kilauea (Hawaii) Les risques d’une vie sur un volcan actif // Kilauea (Hawaii) : The risks of living on an active volcano

Cela fait 35 ans que le Kilauea est en éruption, plus précisément depuis le 3 janvier 1983 quand le Pu’uO’o s’est réveillé de manière spectaculaire. Le volcan occupe toute la partie sud-est de l’île d’Hawaï. Malgré cela, les habitants des Leilani Estates, bien que vivant dans la zone de danger n°1, une zone menacée par les coulées de lave, se sont souvent trouvés à plusieurs kilomètres du danger.
Cependant, les dernières décennies ont montré que quelque chose était en train de changer, que le danger se rapprochait, et que l’activité éruptive pourrait débarquer un jour ou l’autre dans la subdivision des Leilani Estates. Pendant 30 ans, la lave avait choisi de couler dans le secteur de Kalapana. Puis, en 2014, des coulées ont failli couper en deux la bourgade de Pahoa, ce qui a révélé un changement dans le comportement du volcan. Kalapana est un village construit sur un champ de lave à environ 15 kilomètres au sud-ouest des Leilani Estates, tandis que Pahoa n’est qu’à environ 3 kilomètres au nord de la subdivision.
On a recensé trois coulées de lave dans le secteur des Leilani Estates depuis 1790. L’éruption la plus récente a eu lieu en 1955, avant la construction des subdivisions dans la région. Le volcan s’était fait oublier, jusqu’à ce que sa dernière éruption oblige les habitants à fuir.
La construction des Leilani Estates a été approuvée en 1960, et quelque 1600 personnes vivent dans la subdivision aujourd’hui. C’est une zone majoritairement rurale où les maisons ont des prix relativement abordables, contrairement à celles beaucoup plus chères sur les îles d’Oahu et Maui. Malgré la situation de la subdivision dans une zone où les coulées de lave présentent un risque élevé sur la Grande Ile d’Hawaii, il n’y a pas de restrictions de construction. Aujourd’hui, les habitants croisent les doigts pour que leurs habitations soient épargnées par la lave, mais 26 d’entre elles ont déjà été détruites…

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Kilauea Volcano has been erupting almost continuously for 35 years, with the Pu’uO’o eruption starting on January 3rd 1983. The volcano takes up the entire southeast portion of the island of Hawaii. Despite this situation, residents of Leilani Estates – though living in Hazard Zone 1, an area most at risk from lava flows – have often been several kilometres away from danger.

However, the past decades showed that something could change and that eruptive activity could occur some day or other in the subdivision. For the last 30 years, lava had been flowing down to Kalapana. Then in 2014, it almost cut Pahoa in half, which revealed a change in the volcano’s behaviour. Kalapana is a small town resting on top of a lava field about 15 kilometres southwest of Leilani Estates. Pahoa, much closer, is only about 3 kilometres to the north.

There have been three lava flows in the Leilani Estates area since 1790. The most recent eruption near the Leilani Estates area was in 1955, before subdivisions were built in the area. The volcano had long been dormant, until its eruption forced villagers in the area to flee.

The construction of Leilani Estates was approved in 1960, and about 1,600 people live in the neighbourhood today. It is a rural area that has offered relatively affordable homes, in contrast with Hawaii’s more expensive real estate on Oahu and Maui. Despite the neighborhood’s position in an area where lava flows are most likely to occur on the island, there are no building restrictions. Today, the residents are crossing their fingers, with the hope that their houses will be spared by the lava, but 26 of them have already been destroyed…

Sud-est de la Grande Ile avec les Leilani Estates (Source: Google Maps)

Les émissions de SO2 du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s SO2 emissions (Hawaii)

Comme je l’ai déjà indiqué à plusieurs reprises, les gaz volcaniques – le dioxyde de soufre (SO2) en particulier – posent des problèmes sanitaires dans la zone où les fissures éruptives se sont ouvertes. Le HVO explique que lorsque le magma est dans les profondeurs de la Terre, le gaz reste dissous car il est soumis à une forte pression. Cette pression diminue à mesure que le magma monte vers la surface et le gaz parvient alors à s’échapper en formant des bulles dans le magma liquide. Le processus est semblable à ce qui se passe quand on ouvre une bouteille d’eau gazeuse. Il y a en général une augmentation des émissions de SO2 juste avant que la lave atteigne la surface car le gaz s’échappe du magma pendant son ascension.
Les capteurs embarqués à bord du satellite Suomi NPP de la NASA ont pu détecter les premiers signes d’activité sur le Kilauea. Les images ci-dessous montrent des concentrations élevées de SO2 le 5 mai, quelques jours après l’ouverture des nouvelles fractures.
Le graphique en dessous met en évidence la variabilité des émissions de SO2 – observée par les capteurs à bord du satellite – entre janvier et mai 2018.
L’interprétation des données satellitaires concernant le SO2 pour des événements tels que l’éruption actuelle est compliquée car il existe plusieurs sources de SO2 qui se mélangent pour former le panache volcanique. Le Kilauea possède plusieurs sources d’émissions de SO2: la caldeira sommitale, le cratère du Pu’u ‘O’o sur l’East Rift Zone, et maintenant le nouveau site éruptif dans les Leilani Estates. Il est souvent très difficile de distinguer les panaches individuels en provenance de ces sources avec la résolution spatiale proposée par le satellite. Malgré tout, il semble y avoir une augmentation globale qui coïncide avec la dernière activité.
Un autre capteur satellitaire – l’ Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer (ASTER) – radiomètre installé sur le satellite Terra de la NASA, a détecté des émissions de SO2 le 6 mai 2018 (voir image ci-dessous) Quand le satellite a survolé Hawaii, la principale source de SO2 semblait provenir de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea, mais un panache important s’étirait aussi au sud-ouest des fractures dans les Leilani Estates. Jusqu’à présent, les alizés ont poussé les nuages de SO2 vers le large, mais Hilo et d’autres localités au nord-ouest des Leilani Estates pourraient voir la qualité de l’air se dégrader si les alizés faiblissaient.
Source: USGS / HVO.

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As I put it several times before, volcanic gases – sulphur dioxide (SO2) above all – poses health problems in the area where the eruptive fissures have opened. HVO explains that when magma is deep underground, the gas remains dissolved because of the high pressure. However, pressure diminishes as magma rises toward the surface, and gas comes out, forming bubbles in the liquid magma. The process is similar to what happens when a bottle of soda is opened. There is usually an increase in SO2 output right before lava reaches the surface, as the gas escapes from the ascending magma.

Sensors onboard the Suomi NPP satellite have begun to detect signs of activity at Kilauea. The images below show elevated concentrations of SO2 on May 5th, a few days after the new fissures opened up.

The chart below underscores the significant natural variability in SO2 emissions as observed by the sensors onboard the satellite between January and May 2018.

Interpreting the satellite SO2 data for events like the current eruption is complicated because there are multiple SO2 sources that combine to form the volcanic plume. Kilauea volcano has several sources of SO2 degassing: the summit caldera; the Pu’u ‘O’o vent on the East Rift Zone; and now the new eruption site in Leilani Estates. It can be very hard to distinguish individual ‘plumes’ from these SO2 sources with the spatial resolution that we have from the satelite, but there seems to be an overall increase that coincides with the latest activity.

Another satellite-based sensor – the Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer (ASTER) on NASA’s Terra satellite – observed SO2 emissions on May 6th, 2018 (see image below) When ASTER passed over Hawaii, the largest source of SO2 appeared to be coming from Kilauea’s summit crater, but there was also a sizable plume streaming southwest from the fissures in Leilani Estates. So far, trade winds have pushed the toxic gas offshore, but Hilo and other communities northwest of Leilani Estates could see air quality deteriorate if the trade winds weaken.

Source : USGS / HVO.

Emissions de SO2 sur le Grande Ile d’Hawaii entre le 30 avril et le 5 mai 2018

(Source: USGS)

Variations des émissions de SO2 entre le 1er janvier et le 5 mai 2018 (Source : USGS)

Image satellite acquise le 6 mai 2018 (Source : NASA)