Etna (Sicile) : la Faille de Tremestieri rappelle qu’elle est active // Mount Etna (Sicily) : The Tremestieri Fault reminds us that it is active

Une étude de l’INGV et de l’Université de Catane, publiée en juillet 2025, a analysé la structure profonde de l’Etna et le lien entre l’activité sismique et la remontée du magma, révélant de nouveaux détails sur la dynamique interne du volcan. En analysant plus de 15 000 séismes sur une période d’une vingtaine d’années, les chercheurs ont retracé les structures qui entraînent la déformation de la croûte et leur interaction avec les mouvements du magma. Lors des événements éruptifs, la pression exercée par le magma dans les couches de la croûte peut activer des failles même à des distances et des profondeurs considérables des cratères sommitaux.

On peut lire dans l’étude que la dynamique du flanc oriental de l’Etna, connu pour son glissement lent et régulier vers la mer Ionienne, est particulièrement intéressante. Les recherches montrent que ce mouvement n’est pas uniforme, mais se produit le long de structures diverses, déclenchées par une combinaison de failles anciennes, de pressions magmatiques et d’affaissements de surface.

Cette étude trouve sa confirmation avec la Faille de Tremestieri, qui traverse le flanc sud du volcan de Nicolosi à Tremestieri Etneo, et présente de nouveaux signes de « fluage asismique » expression qui fait référence au déplacement de surface, mesurable le long d’une faille en l’absence de séismes notables. Des mouvements de sol lents et constants, connus depuis des années par les scientifiques, se manifestent par de nouvelles fissures dans des zones densément peuplées. Ces mouvements, liés à l’interaction entre l’activité magmatique et la collision des plaques africaine et eurasienne, deviennent préoccupants lorsqu’ils affectent le tissu urbain, déformant rues, places et même réseaux d’alimentation en eau.

Des géologues de l’INGV ont mené une inspection à Tremestieri Etneo suite aux signalements des habitants. Les microséismes des 17 et 18 novembre 2025 ont suscité l’inquiétude. Neuf secousses ont été enregistrées, d’une magnitude comprise entre M1,5 et M2,5, localisées entre Pedara et Mascalucia. Les plus fortes ont été ressenties à Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati et Gravina di Catania ; elles ont fait trembler les maisons et réveillé plusieurs familles.

Source: INGV

Des relevés de terrain ont confirmé la réactivation du système de failles au cœur de Tremestieri. Sur la place du centre éducatif « Teresa di Calcutta », d’anciennes fissures se sont déplacées latéralement de 1,5 cm. Dans d’autres secteurs de la localité, un réseau de fissures étagées a déplacé le sol d’environ 1 cm, entraînant la rupture d’une canalisation d’eau, signe évident des contraintes sous-jacentes. La déformation sur la petite place de la Via Etnea est encore plus significative avec des affaissements verticaux allant jusqu’à 0,5 cm et horizontaux de 1 cm, accompagnés de compressions qui font onduler le revêtement. Plus en amont, le long de la route SP 3/II Tremestieri–Mascalucia, une autre fracture ancienne s’est réactivée, provoquant une nouvelle fuite d’eau et des mouvements d’extension d’environ 1 cm.
Les géologues expliquent que ce ne sont pas des événements inattendus, mais ils nous rappellent que même les failles silencieuses déforment le sol, affectant les bâtiments et les infrastructures. La déformation s’atténue progressivement en amont, où des irrégularités du plan de faille ralentissent le glissement.

Dans la conclusion du rapport des experts de l’INGV, on peut lire que pour les zones habitées de l’arrière-pays etnéen, le message est clair : « une surveillance continue et des évaluations sur le terrain sont indispensables à une planification urbaine éclairée et résiliente. Dans une région où volcanisme et tectonique sont intimement liés, chaque fissure devient un signal précieux pour atténuer les risques et prévenir des dommages plus importants. »

Source : La Sicilia, INGV.

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A study by the INGV and the University of Catania, published in July 2025, analyzed the deep structure of Mount Etna and the link between seismic activity and magma upwelling, revealing new details about the volcano’s internal dynamics. By analyzing more than 15,000 earthquakes over a period of about twenty years, the researchers traced the structures that cause crustal deformation and their interaction with magma movements. During eruptive events, the pressure exerted by magma in the crustal layers can activate faults even at considerable distances and depths from the summit craters.
The study notes that the dynamics of Mt Etna’s eastern flank, known for its slow and steady slide towards the Ionian Sea, is of particular interest. Research shows that this movement is not uniform, but occurs along various structures, triggered by a combination of ancient faults, magma pressures, and surface subsidence.
This study is confirmed by the Tremestieri Fault, which runs along the southern flank of the volcano, from Nicolosi to Tremestieri, and exhibits new signs of « aseismic creep, » a term that refers to surface displacement measurable along a fault in the absence of significant earthquakes. Slow, constant ground movements, known to scientists for years, are appearing as new fissures in densely populated areas. These movements, linked to the interaction between magmatic activity and the collision of the African and Eurasian plates, become a concern when they affect the urban fabric, deforming streets, squares, and even water supply networks.
INGV geologists conducted an inspection in Tremestieri Etneo following reports from residents. The micro-earthquakes of November 17 and 18, 2025, caused concern. Nine tremors were recorded, ranging in magnitude from M1.5 to M2.5, located between Pedara and Mascalucia. The strongest were felt in Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati, and Gravina di Catania; they shook houses and woke several families. Field surveys confirmed the reactivation of the fault system in the heart of Tremestieri. In the square of the “Teresa di Calcutta” educational center, old fissures had shifted laterally by 1.5 cm. In other parts of the town, a network of stepped cracks has displaced the ground by about 1 cm, causing a water pipe to burst—a clear sign of the underlying stresses. The deformation in the small square on Via Etnea is even more significant, with vertical subsidence of up to 0.5 cm and horizontal subsidence of 1 cm, accompanied by compression that is causing the pavement to undulate. Further upslope, along the SP 3/II Tremestieri–Mascalucia road, another old fracture has reactivated, causing a new water leak and extensional movements of about 1 cm. Geologists explain that these are not unexpected events, but they remind us that even silent faults deform the ground, affecting buildings and infrastructure. The deformation gradually diminishes upstream, where irregularities in the fault plane slow the sliding.

The conclusion of the INGV experts’ report states that for inhabited areas of the Etna hinterland, the message is clear: « Continuous monitoring and on-the-ground assessments are essential for well-informed and resilient urban planning. In a region where volcanism and tectonics are closely linked, every fissure becomes a valuable signal for mitigating risks and preventing more significant damage. »
Source: La Sicilia, INGV.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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À Hawaï, on attend le 42ème épisode éruptif du Kilauea. Selon les derniers bulletins du HVO, il devrait se produire entre le 11 et le 16 février 2026.

Le 41ème épisode éruptif a été particulièrement puissant (image webcam)

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Au Pérou, l’IGP indique que des explosions sont toujours enregistrées sur le Sabancaya. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent jusqu’à 3400 mètres au-dessus du sommet. La couleur di niveau d’alerte reste Orange.

Crédit photo: IGP

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Sheveluch et le Krasheninnikov.

Le KVERT précise que l’éruption explosive-extrusive du Sheveluch se poursuit. Une séquence d’explosions a débuté le 29 janvier, avec des panaches de cendres s’élevant à 11 km d’altitude le 2 février 2026. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Quelques heures plus tard, des explosions ont généré des panaches de cendres s’élevant à 7,5 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne a alors été ramenée à l’Orange. Une explosion survenue le 3 février a généré un nuage de cendres atteignant 11,5 km d’altitude. L’alerte aérienne est à nouveau passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange quelques heures plus tard. Cette activité est susceptible de perturber le trafic aérien international et à basse altitude.

Crédit photo: KVERT

L’activité effusive se poursuit sur le Krasheninnikov avec des coulées de lave sur les pentes orientales du cône nord du volcan.

Crédit photo: KVERT

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Aux Philippines, l’éruption effusive du Mayon se poursuit, avec des coulées de lave, des coulées pyroclastiques et des éboulements. Le 1er février 2026, les coulées de lave atteignaient environ 3,7 kilomètres dans la ravine de Basud (est), 1,6 kilomètre dans celle de Bonga (sud-est) et 1,3 kilomètre dans celle de Mi-isi (sud). Une lueur intense est également visible à l’œil nu au niveau du cratère. Des articles de presse indiquent que des retombées de cendres ont été observées le 2 février 2026 dans au moins cinq villages. Les cendres, accompagnées de pluie, ont réduit la visibilité sur les routes et affecté les terres agricoles.

Le Mayon demeure en alerte de niveau 3. Le Phivolcs rappelle au public que l’accès à la zone de danger permanent de six kilomètres est strictement interdit.

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En Islande, à force de nous dire qu’une éruption va se produire le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, elle va bien finir par arriver!

D’après les calculs de modélisation du Met Office, près de 21 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption de juillet 2025. Depuis le début de la série éruptive en décembre 2023, la quantité de magma sous Svartsengi n’a été supérieure qu’une seule fois à ce qu’elle est maintenant, à savoir 22,6 millions de mètres cubes.
Depuis décembre 2023, on a dénombré neuf éruptions, et la période de calme actuelle est la plus longue observée depuis le début de cette série éruptive. Le 3 février 2026, date de publication du rapport du Met Office, 183 jours s’étaient écoulés depuis la fin de la dernière éruption, le 5 août 2025.
On peut lire dans le rapport : « Alors que l’accumulation de magma se poursuit et que la pression au sein du système augmente, le scénario le plus probable dans les semaines à venir est une intrusion magmatique entre Svartsengi et la chaîne de cratères de Sundhnúkur, qui pourrait aboutir à une éruption. Si une éruption se produit, elle sera très probablement semblable aux éruptions précédentes survenues le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur.» Aucun signe d’accumulation de magma n’est observé ailleurs sur la péninsule de Reykjanes.

Source: Met Office

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte du Yakedake à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 25 janvier 2026 en raison d’une déformation de l’édifice volcanique et une hausse de la sismicité. Une inflation près du sommet a été détectée par les données GNSS et le nombre de petits séismes volcaniques dont les épicentres se situaient à proximité du sommet a commencé à augmenter le matin du 25 janvier. Les sismomètres ont enregistré 75 séismes volcaniques le 25 janvier, 37 le 26 janvier et 22 le 27 janvier. Aucun tremor volcanique n’a été détecté. La population est invitée à la prudence dans un rayon d’un kilomètre autour du cratère.

Crédit photo: GVN

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L’activité éruptive se poursuit sur le Lewotolok (Indonésie). Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent encore parfois jusqu’à 50 à 100 mètres au-dessus du sommet. Le PVMBG explique que les autres jours, aucune émission n’a été constatée ou n’a pas été observée visuellement. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à au moins 3 km du sommet.

Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some information about eruptive activity in the worls, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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In Hawaii, Kilauea‘s 42nd eruptive episode is expected between February 11 and 16, 2026, accorfing to the HVO forecast.

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In Peru, the IGP reports that explosions are still being recorded at Sabancaya. These are generating ash plumes that rise up to 3,400 meters above the summit. The alert level remains at Orange.

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In Kamchatka, the aviation color code remains at Orange for Sheveluch and Krasheninnikov.
KVERT specifies that the explosive-extrusive eruption of Sheveluch continues. An explosive period that began on 29 January produced ash plumes that rose 11 km a.s.l. on 2 February 2026; the ash plume drifted as far as 50 km NNE. The Aviation Color Code was raised to Red. Explosions a few hours later produced ash plumes that rose 7.5 km a.s.l. The Aviation Color Code was lowered to Orange. An explosion on 3 February generated an ash cloud that rose to 11.5 km a.s.l. The Aviation Color Code was again raised to Red, but then lowered back to Orange a few hours later. This activity may disrupt international and low-altitude air traffic.
Effusive activity continues at Krasheninnikov with lava flows on the eastern slopes of the volcano’s northern cone.

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In the Philippines, Mayon Volcano’s effusive eruption continues, with the generation of incandescent lava flows, pyroclastic flows and rockfalls. As of Feb.ruary 1, 2026, lava flows reached approximately 3.7 kilometers in Basud (east) gully, 1.6 kilometers in Bonga (southeast), and 1.3 kilometers in Mi-isi (south). A fair crater glow is also visible to the naked eye. According to a news report ashfall was reported on 2 February 2026 in at least five villages. Ash fell with rain causing reduced road visibility and affecting local farmlands.

Mayon remains under Alert Level 3. Phivolcs reminded the public that entry into the six-kilometer permanent danger zone is strictly prohibited.

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In Iceland, if they keep telling us that an eruption is going to happen along the Sundhnúkur crater row, it’s bound to happen some day!

According to the Met Office’s modeling calculations, just under 21 million cubic meters of magma have now accumulated beneath Svartsengi since the most recent eruption in July 2025. Only once since the eruptive episode began there in December 2023 has the amount of magma beneath Svartsengi been greater than it is now, namely 22.6 million cubic meters.

Since December 2023, there have been nine eruptions, and the current pause in activity is the longest since the eruption sequence began. On February 3rd, 2026), when the Met Office’s report was issued, 183 days had passed since the last eruption ended on August 5th, 2025.

One can read in the report : “As magma accumulation continues and pressure within the system increases, the most likely scenario in the coming weeks is a magma intrusion from Svartsengi toward the Sundhnúkur crater row, which could culminate in an eruption. If an eruption occurs, it is most likely to be similar in character to previous events along the Sundhnúkur crater row.” No signs of magma accumulation have been observed elsewhere on the Reykjanes Peninsula.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level for Yakedake to 2 (on a scale of 1-5) on 25 January 2026 because of increased deformation and seismicity. Inflation near the summit was detected in GNSS data and the number of small volcanic earthquakes with epicenters near the summit began increasing in morning of that same day. The seismic network recorded a preliminary total of 75 volcanic earthquakes on 25 January, 37 on 26 January, and 22 on 27 January. No volcanic tremors were recorded. The public has been asked to be cautious within 1 km of the crater.

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Eruptive activity continues at Lewotolok (Indonesia). Steam ad gas plumesstill rise as high as 50-100 meters some days above the summit. PVMBG explains that emissions either did not occur or were not visually observed on the other days. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay at least 3 km away from the summit.

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Si la Montagne Pelée (Martinique) entrait en éruption…

Pas de panique ; rien n’indique actuellement qu’une éruption va se produire sur la Montagne Pelée. Certes, une hausse de l’activité sismique est observée depuis 2019 et une campagne a été organisée par l’Observatoire pour voir dans quelle mesure l’édifice volcanique s’est déformé, mais aucun paramètre ne laisse entrevoir un réveil de la Vieille Dame. Toutefois, personne à la Martinique n’a oublié l’éruption du 8 mai 1902 et ses quelque 30 000 victimes.

C’est pour cela que le maire de la commune de Grand-Rivière (530 habitants) a organisé un exercice d’évacuation par voie maritime et terrestre le 31 janvier 2026 afin de voir quelle serait la meilleure solution pour évacuer la population de sa localité en cas de réveil du volcan.

Sur les 530 habitants de la commune, une soixantaine a participé à l’exercice. La moitié des participants est montée dans un bus pour rejoindre Rivière-Pilote (11 600 habitants), la ville de rapatriement désignée dans le Plan Orsec-Volcan en cas d’éruption de la montagne Pelée.

Les autres habitants ont emprunté la voie terrestre, mais pour les associations et le maire, c’est loin d’être la meilleure solution. Le problème rencontré par cette solution est la densité de véhicules sur les route martiniquaises. Les derniers chiffres révèlent 256 000 véhicules immatriculés, avec un réseau routier présentant beaucoup d’embouteillages. Les bouchons seraient donc inévitables en optant pour une évacuation par voie terrestre.

Trois bateaux ont été prévus pour l’exercice d’évacuation maritime ; ils étaient en provenance de Rivière-Pilote où les habitants évacués seront rapatriés. En cas d’éruption, la ville promet d’affréter une dizaine d’embarcations, en renfort des 29 bateaux de pêcheurs que compte déjà Grand-Rivière.

La 31 janvier, les 3 bateaux sont arrivés à destination un quart d’heure avant les bus. Ils ont mis 2h30 environ pour rejoindre Rivière-Pilote, avec une mer agitée.

Les maires de Grand-Rivière et Rivière-Pilote estiment que l’exercice a été concluant et ils envisagent déjà des améliorations en matière de gain de temps pour être tout à fait prêts. D’après le maire de Rivière-Pilote, presque la moitié des habitants de Grand-Rivière pourraient être relogés temporairement à Rivière-Pilote.

Source : Martinique la 1ère.

Cet exercice d’évacuation à petite échelle est intéressant. Il a permis de constater qu’une évacuation par la mer serait probablement la meilleure solution en cas d’éruption de la Pelée. Il faudrait ajouter que le contexte serait très différent de celui de 1902. Aujourd’hui, on sait tirer les leçons du passé et des évacuations auront lieu dès les premiers signes de réveil du volcan. La marine nationale a les moyens de mettre en œuvre suffisamment de navires pour déplacer la population et la mettre en sécurité. On peut affirmer qu’une éruption de la Montagne Pelée au 21ème siècle ne tuera pas des dizaines de milliers de personnes.

Photo: C. Grandpey

Il me vient à l’idée de comparer les localités littorales à la Martinique – Saint Pierre (4000 habitants), Le Prêcheur (1500 habitants), Le Carbet (3700 habitants) – sous la menace de la Montagne Pelée avec Pouzzoles (76 000 habitants),ville italienne qui se trouve sous la menace des Champs Phlégréens, en sachant que la population à risque est estimée à environ 500 000 personnes. Comme je l’ai indiqué précédemment, je pense que l’évacuation de la population de Pouzzoles par la mer serait l’une des solutions à envisager. Comme à la Martinique, la densité de circulation et l’infrastructure urbaine complexe de cette ville aboutiraient rapidement à une congestion des voies terrestres.

Photo: C. Grandpey

La plus puissante éruption jamais observée sur Io // The largest eruption ever seen on Io

Un article publié sur le site space.com le 29 janvier 2026 nous apprend que la plus puissante éruption volcanique jamais observée dans notre système solaire a eu lieu sur Io, la lune de Jupiter, grâce à la sonde Juno de la NASA. Des éruptions simultanées ont recouvert une vaste surface de 65 000 kilomètres carrés. Cette éruption, survenue le 27 décembre 2024, a été détectée par l’instrument JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) de Juno, conçu pour capter les émissions thermiques de l’atmosphère de Jupiter et rechercher des aurores boréales. Le système infrarouge de JIRAM permet également de repérer les points chauds volcaniques sur Io. Cet événement volcanique a coïncidé avec un survol rapproché d’Io par Juno, alors que la sonde se trouvait à 74 400 kilomètres au-dessus de la surface de la lune. Io, d’un diamètre de 3 643 km, héberge environ 400 volcans actifs répartis sur sa surface. Cette colossale éruption est décrite dans un article publié le 10 janvier 2026 dans le Journal of Geophysical Research: Planets.

Source: NASA

Les éruptions synchrones observées en décembre 2024 révèlent l’existence d’un réseau jusqu’alors inconnu de réservoirs magmatiques interconnectés, situés juste sous la surface de Io.
Ces éruptions ont libéré une énergie estimée entre 140 et 260 térawatts (un térawatt équivaut à mille milliards de watts). L’éruption la plus puissante jamais enregistrée sur Io jusqu’à présent avait libéré environ 80 térawatts ; il s’agissait de l’éruption du volcan Surt en 2001. À titre de comparaison, l’éruption du mont Saint Helens en 1980, avait libéré une énergie estimée à 52 térawatts.

Données brutes communiquées par JIRAM et recueillies le 27 décembre 2024 à une distance d’environ 100 000 km. La sonde observait le pôle Sud d’Io ; le pic d’activité est clairement visible à droite du pôle.

Les scientifiques insistent sur le fait que cet événement est d’autant plus extraordinaire qu’il n’impliquait pas un seul volcan, mais plusieurs sources actives. Cette parfaite synchronisation laisse supposer qu’il s’agissait d’une seule et même éruption colossale, se propageant sur des centaines de kilomètres dans le sous-sol.

Coupe conceptuelle montrant le système de chambres magmatiques souterraines proposé.

Les auteurs de l’étude pensent que le sous-sol et le manteau d’Io sont comparables à une éponge, c’est-à-dire qu’ils regorgent de pores gorgés de magma. Fait intéressant, tous les volcans connus de la région n’ont pas connu d’éruptions, ce qui laisse supposer que ceux qui sont restés inactifs n’étaient pas connectés à ce réseau magmatique particulier, mais plutôt à d’autres.

Source : space.com

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An article published on the space.com website on January 29, 2026 informs us that the most violent volcanic cataclysm ever seen in our solar system has been witnessed on Jupiter’s moon Io by NASA’s Juno spacecraft, with simultaneous eruptions covering an enormous surface of 65,000 square kilometers. The volcanic outburst (see image above), which took place on December 27, 2024, was detected by Juno’s JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) instrument which was designed to probe thermal emissions in Jupiter’s atmosphere and look for aurorae, but JIRAM’s infrared system also makes it suitable for spotting volcanic hotspots on Io. The volcanic event coincided with one of Juno’s close fly-bys of Io, when the spacecraft was 74,400 kilometers above the moon’s surface. Io, which has a diameter of 3,643 km, harbors approximately 400 active volcanoes scattered across its surface. It is described in a paper published on January 10, 2026 in the Journal of Geophysical Research: Planets.

The synchronous eruptions point to a hitherto undetected network of interconnected magma reservoirs just beneath the volcanic moon’s lava-encrusted surface.

The eruptions released an amount of energy estimated to be between 140 and 260 terawatts (one terawatt is a trillion watts). The previous most energetic volcanic eruption seen on Io was about 80 terawatts, from a volcano called Surt in 2001. For comparison, the Mount St Helens eruption in Washington state in 1980 had a power of 52 terawatts.

Scientists insist that what makes the event even more extraordinary is that it did not involve a single volcano, but multiple active sources. This perfect synchrony suggests that it was a single enormous eruptive event, propagating through the sub-surface for hundreds of kilometers (see image above).

The authors of the study suggest that the sub-surface and mantle of Io may be like a sponge, in the sense that it is filled with pores filled with magma. Interestingly, not all the known volcanoes in the region erupted, suggesting that those that did not erupt were not connected to this particular magma network, but may be linked to others instead.

Source : space.com.