Les touristes sont-ils en train de tuer Pompéi ? Pas si sûr ! // Are tourists killing Pompeii ? Not so sure !

drapeau-francaisSelon un représentant des Nations Unies, Pompéi est menacé par les foules de touristes qui viennent visiter le site chaque année. Ils sont accusés de « contribuer à l’usure des ruines. Les marches de l’entrée du temple d’Apollon, en particulier, ont été endommagées par l’afflux de touristes. » Le représentant de l’UNESCO pense que les visiteurs doivent être orientés vers d’autres sites archéologiques qui se trouvent à proximité, qui sont tout aussi intéressants, mais qui attirent moins de monde.
Environ 3 millions de touristes foulent le sol de Pompéi chaque année tandis que d’autres grands sites archéologiques comme Herculanum, Stabies ou la Villa Pompea sont beaucoup moins populaires. Ainsi, Herculanum reçoit 300.000 visites par an et la Villa Poppea seulement 30.000.
Une conférence a été tenue pour discuter d’un nœud ferroviaire installé à Pompéi et qui relierait les ruines de grandes villes italiennes et d’autres sites archéologiques. Un tel réseau permettrait de répartir le flux de touristes plus également entre les différents sites. Il a par ailleurs été suggéré de modifier le tracé des itinéraires de visites à l’intérieur de Pompéi. Cela permettrait de promouvoir d’autres parties du site, telles que les expositions, et de diriger les touristes vers des secteurs peu visités.
Source: The New York Post.

Personnellement, je ne suis pas certain que les touristes soient la principale cause du délabrement de Pompéi. Bien sûr, un trop grand nombre de visiteurs peut devenir une nuisance quand ces gens marchent dans les ruines ou piétinent le sol des anciennes demeures. Cependant, comme je l’ai écrit dans plusieurs articles, les autorités italiennes ont aussi leur part de responsabilité. Le 20 mars 2014, j’indiquais qu’un mur s’était effondré suite aux fortes pluies qui s’étaient abattues sur la Campanie. Quelques jours plus tard, on apprenait qu’un fragment de fresque de près de 20 centimètres de diamètre, sur lequel figure la déesse Artémis, avait été dérobé dans la maison de Neptune, située dans une zone non ouverte au public. Le 30 juin 2014, plusieurs articles de presse faisaient savoir que des parties d’une colonne et d’un mur s’étaient effondrées à Pompéi en raison de fortes pluies. C’était le dernier d’une série d’incidents qui ont fait du site un symbole de la mauvaise gestion des lieux culturels de l’Italie. Les autorités chargées de la préservation de Pompéi ont par la suite indiqué que la partie supérieure d’une colonne et un pan de mur avaient cédé dans un ancien magasin qui se trouve dans une partie du site fermée aux visiteurs et qui devait être restaurée dans le cadre du Grand Projet Pompéi, un plan de 105 millions d’euros en partie financé par l’Union européenne et lancé début 2013. Cependant, le travail a été interrompu en raison d’un procès intenté contre le groupe qui avait remporté l’adjudication de restauration!

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drapeau anglaisAccording to a United Nations official, Pompeii is being threatened by the crowds of tourist who come to visit the site every year. They are accused of “wearing out the ruins. The entrance steps of the Temple of Apollo, in particular, have been ruined by the influx of tourists.” The UNESCO representative thinks visitors should be diverted to other nearby archaeological sites, which are just as impressive but less crowded.
About 3 million tourists trample through Pompeii every year while other major archaeological sites like Herculanum, Stabies or the Villa Pompea are far less popular. For instance, Herculaneum receives 300,000 visits annually and the Villa Poppea only 30,000.
A conference has been held to discuss the planned railroad hub at Pompeii that would connect the ruins to major Italian cities and other archaeological sites. This would distribute the flow of tourists more evenly among the key sites. Another suggestion has been made to redirect the itineraries within Pompeii and promote different parts of the site, such as the exhibitions and less-visited areas.
Source : The New York Post.

To my mind, tourists are not the main cause of Pompeii’s poor conditions. Sure, too many tourists can become a nuisance when they walk or trample inside the ruins. However, as I put it in several past articles, Italian authorities also have their share of responsibility. On March 20th 2014, I wrote that sections of a wall at the site collapsed during heavy rain in Campania. We later learnt that thieves had detached a 20-cm-wide section of a fresco depicting the goddess Artemis from a site known as the House of Neptune.
On June 30th 2014, several press reports told the public that “parts of a column and wall collapsed in Pompeii due to heavy rainfall, the latest of a string of incidents which have made the site a symbol of mismanagement of Italy’s cultural places. The authorities responsible for Pompeii’s upkeep said the upper part of a column and part of a wall had given way in an ancient shop in a part of the site already closed to visitors and due to be restructured under the Great Pompeii Project, a 105 million-euro restoration plan partly funded by the European Union and launched in early 2013. However, work was currently halted due to a legal case against the group that won the restoration contract!

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Photo: C. Grandpey

Mont Io (groupe volcanique Kirishima) / Japon

drapeau-francaisL’Agence météorologique du Japon (JMA) a émis une alerte éruption pour le Mont Io dans le sud du Japon. Le volcan fait partie de l’ensemble volcanique Kirishima et est à cheval sur les préfectures de Miyazaki et Kagoshima. Selon les volcanologues japonais, le Mont Io pourrait émettre des gaz toxiques ou même connaître une petite éruption. Ils ont observé une augmentation du nombre de séismes d’origine volcanique sur le complexe volcanique Kirishima et conseillent aux touristes et randonneurs d’éviter une zone de danger de 800 mètres de rayon autour du cratère du Mont Io.
Au moins 37 séismes d’origine volcanique avaient été enregistrés sur le volcan ce dimanche à la mi-journée. Une augmentation de l’activité a été observée depuis juillet 2015. Une alerte similaire concernant la zone du cratère a été émise en octobre 2014, puis levée en mai l’année dernière, mais la sismicité a repris en juillet
Le 19 février 2016, la municipalité d’Ebino a interdit l’accès aux zones autour du cratère après que des niveaux élevés de H2S aient été détectés.
Source: JMA & The Japan Times.

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drapeau anglaisThe Japan Meteorological Agency (JMA) has issued an eruption warning for Mount Io in southern Japan where the volcano (part of the Kitishima volvanic group) straddles Kyushu’s Miyazaki and Kagoshima prefectures. Mount Io might emit toxic gas or even experience a small eruption. Experts observed an increase in volcanic earthquakes in the Kirishima mountain range, urging tourists and hikers to avoid an 800-metre danger zone around Mt. Io’s crater.
At least 37 volcanic earthquakes were recorded at the site by mid-Sunday. Increased activity has been observed on the volcano since July 2015. A similar warning for the crater area was issued in October 2014 and lifted in May last year, but seismicity resumed in July
On February 19th 2016,the Ebino Municipal Government banned entry to areas around the crater after high levels of H2S were detected.
Source: JMA & The Japan Times.

Kirishima

Localisation du Mont Io (Source: Google Maps)

Le Mauna Loa (Hawaii) continue à gonfler et à frémir // Mauna Loa (Hawaii) keeps inflating and stirring

drapeau-francaisBien qu’il ne fasse pas la une des journaux, le Mauna Loa continue à s’agiter. C’est ce que révèlent les sismographes et les inclinomètres du HVO qui surveille en permanence le volcan sous l’égide de l’USGS.
Le réseau sismique du HVO a commencé à détecter de petits séismes de plus en plus fréquents sur le Mauna Loa en 2013, tandis qu’un regain d’inflation était détecté par le réseau GPS et par interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) en 2014. Au vu de l’augmentation persistante de la sismicité et de l’inflation, le niveau d’alerte du Mauna Loa est passé de « Normal » à « Advisory » (premier niveau de vigilance) le 15 septembre 2015. Cela indique que sismicité et inflation sont au-dessus de la normale, mais ne signifie pas forcément qu’une éruption va se produire. Le Mauna Loa a connu une période semblable en 2004-2005, avec des anomalies d’inflation et de sismicité, mais il n’y a pas eu d’éruption.
Les 33 éruptions qui ont secoué le Mauna Loa depuis 1843 ont eu lieu au niveau de la caldeira sommitale, ou le long des deux zones de rift (Nord-Est et Sud-Ouest), ou quand des bouches radiales se sont ouvertes sur les flancs nord et ouest du volcan. Si l’on fait un bilan, on se rend compte que la moitié des éruptions ont eu lieu dans la zone sommitale, tandis que l’autre moitié a migré vers une zone de rift.
L’inflation et la sismicité actuelles se situent dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest et dans la partie sud de la zone sommitale. Toutefois, si une éruption se produit, on ne sait pas si elle restera au sommet ou si elle se déplacera vers l’une des zones de rift du volcan. L’activité actuelle du Mauna Loa ne suit pas une évolution constante et prévisible, ce qui traduit probablement une montée irrégulière du magma vers la partie sud-ouest de la caldeira sommitale qui est en cours de gonflement. L’afflux de magma est probablement plus important au moment où l’on observe une hausse de la sismicité.
A l’automne 2015, les mesures ont révélé que la principale source d’inflation sur le Mauna Loa avait quitté la caldeira sommitale pour se diriger vers une zone située un peu plus au sud-ouest. Suite à cette modification de déformation, la sismicité sous la caldeira sommitale a cessé. À l’heure actuelle, la majorité de la sismicité sur le Mauna Loa se situe dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest du volcan. Cette évolution montre qu’il est impossible de prévoir avec certitude si ou quand le volcan entrera en éruption.
La population sur les pentes du Mauna Loa croît rapidement et plusieurs lieux de villégiature de plusieurs millions de dollars sont apparus à Waikoloa, dans la ville de Hilo, et surtout dans les Hawaiian Ocean View Estates. Depuis la dernière éruption du Mauna Loa en 1984, quelque 2,3 milliards de dollars ont été investis dans de nouvelles constructions sur les flancs du volcan
Si une éruption du Mauna Loa se produit, l’une des principales préoccupations concernera la zone de rift sud-ouest du volcan, là même où la lave pourrait jaillir du sol carrément sous les maisons ! Aujourd’hui, des grottes et des vestiges de tunnels rappellent un passé destructeur. Les gens qui vivent à Hawaiian Ocean View Estates savent que la prochaine éruption peut venir très rapidement. Beaucoup d’habitants dans cet endroit tranquille sont sans électricité et sans téléphone. S’il y a une éruption, les autorités feront retentir les sirènes, mais les habitants disent qu’ils ne sont pas sûrs de les entendre.
Hawaiian Ocean View Estates n’est pas le seul endroit où les coulées de lave rappellent la force destructrice de la nature. En 1984, lors de la dernière éruption, la lave s’est arrêtée à seulement 6,5 km de Hilo !
Un danger volcanique indirect existe sur le Mauna Loa ; c’est la menace de puissants séismes. Lorsque le magma s’élève à l’intérieur du Mauna Loa et fait gonfler l’édifice volcanique, ce dernier devient instable, ce qui peut générer de violents séismes. Plusieurs événements extrêmement destructeurs ont eu lieu au cours des périodes d’inflation du volcan, comme le séisme de M 8 du 2 avril 1868 sur le Mauna Loa et, plus récemment, celui de M 7.2 du 29 novembre 1975 sur le Kilauea. Même si les séismes sont imprévisibles, les autorités peuvent inciter la population à édifier des constructions parasismiques et à protéger les objets de valeur.
Sources : HVO & Protection Civile.

A noter que le titre du journal anglais The Express de ce matin – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – n’est absolument pas justifié, mais nous sommes habitués à de telles sottises de la part de la presse à sensation d’outre-Manche.

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drapeau anglaisDespite not being in the headlines, HVO indicates that Mauna Loa continues to be in “a state of unrest based on seismic and deformation monitoring data”.
HVO’s seismic network began to detect increasingly frequent, small earthquakes on Mauna Loa in 2013. Renewed inflation of the volcano was detected by the GPS network and also with Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) in 2014. Based on the elevated rates of earthquakes and persistent inflation, the alert level for Mauna Loa was elevated from Normal to Advisory on September 15th, 2015. This indicates that the volcano is showing signs of unrest above known background levels, but does not mean that an eruption certain. Another period of Mauna Loa unrest in 2004–2005 included inflation and anomalous seismicity, but did not result in an eruption.
Mauna Loa’s 33 eruptions since 1843 occurred within the volcano’s summit caldera or along one of its two rift zones (Northeast and Southwest), or from radial vents located on the north and west flanks of the volcano. All in all, about half remained within the summit area and about half moved down a rift zone.
The current focus of inflation and seismicity is within the uppermost parts of Mauna Loa’s Southwest Rift Zone and the southern summit area. However, should an eruption occur, it is not clear if it would remain in the summit or move into one of the volcano’s rift zones.
The current activity at Mauna Loa has not followed a steady, predictable trend, which may point to an unsteady influx of magma into the inflating area southwest of the summit caldera, with more magma intruding during times of higher seismicity. However, in autumn 2015, measurements revealed that the main source of inflation on Mauna Loa had moved from beneath the summit caldera to an area slightly farther southwest on the volcano. Along with this change in deformation, earthquakes beneath the summit caldera ceased. Currently, most of the earthquakes occurring on Mauna Loa are within the volcano’s uppermost Southwest Rift Zone region. This shows that it is not possible to forecast with certainty if or when the volcano will erupt as a result of the current unrest.
The population on the slopes of the Mauna Loa is growing rapidly and includes several multi-million dollar resorts in Waikoloa, in the city of Hilo, and in Hawaiian Ocean View Estates. Since the last eruption of Mauna Loa in 1984, approximately $2.3 billion dollars have been invested in new construction on the flanks of the volcano
Should an eruption of Mauna Loa occur, one of the biggest areas of concern would be on the volcano’s southwest rift zone, where people have built homes and where lava could erupt right from the ground. Today, caves and archways are reminders of a destructive past. The people who live in Hawaiian Ocean View Estates know the next eruption may come with little warning. Many in this quiet community are without power and phones. If there is an eruption, authorities will sound the sirens, but residents say they are not sure to hear them.
Hawaiian Ocean View Estates is not the only place where lava flows are visible reminders of the powerful force of nature. Just outside of Hilo is another, where lava from the 1984 eruption stopped just 6.5 km from the town.
An indirect volcanic hazard on Mauna Loa is the threat of large earthquakes. As magma enters and inflates Mauna Loa, the volcano becomes unstable, setting the stage for large earthquakes. Extremely destructive earthquakes have occurred during times of inflation, like the M 8 quake of April 2nd 1868 on Mauna Loa and, most recently, the M 7.2 event of November 29th 1975 on Kilauea. While earthquakes cannot be predicted, authorities can warn people to be prepared through sound construction of buildings and by protecting valuables from damage.
Sources: HVO & Civil Defence.

It should be noted that the headline of today’s English paper The Express – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – is not justified at all, but we are used to such nonsense from the yellow press over the Channel.

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Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Coulée de lave sur le versant sud-ouest du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Système d’alerte sur le versant SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Sismicité comparative sur le Mauna Loa (Source: USGS)

Eruption du Shiveluch (Kamchatka / Russie) // Eruption of Sheveluch volcano (Kamchatka / Russia)

drapeau-francaisLe Shiveluch a connu aujourd’hui 24 février un nouvel épisode éruptif, avec un panache de cendre qui est monté jusqu’à environ 6,4 km d’altitude avant d’être poussé vers le NO par le vent. Selon ;e KVERT, l’éruption est liée à la croissance continue du dôme sommital qui s’accompagne d’avalanches pyroclastiques, d’une activité fumerolienne et d’incandescence au sommet de ce même dôme. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique quasiment permanente sur le Shiveluch dont le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

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drapeau anglaisSheveluch erupted again today February 24th, with an eruption plume that rose to about 6.4 km a.s.l. and drifted northwest. According to KVERT, the eruption is to be linked with the continuous growth of the lava dome. The process is accompanied by hot avalanches, fumarole activity and incandescence of the dome summit. Satellite data showed a thermal anomaly over Sheveluch. The Aviation Colour Code is kept at Orange.