Fuego (Guatemala)

drapeau-francaisDans son dernier bulletin du 14 avril, l’INSIVUMEH indique que le 6ème épisode éruptif du Fuego pour l’année 2016 est maintenant terminé, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Le 13 avril, le volcan a été secoué par des explosions stromboliennes avec des fontaines de lave atteignant parfois 400 mètres de hauteur et une coulée qui a avancé sur 2 km dans la ravine Las lajas. Le panache de cendre atteignait une altitude de 5,5 km. Comme souvent, les explosions ont généré des ondes de choc ressenties à plusieurs kilomètres de distance.

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drapeau-anglaisIn its latest update, INSIVUMEH indicates that Fuego’s sixth eruptive episode this year is now over, as can be seen on the graph below. On April 13th the volcano was shaken by strombolian explosions with lava fountains as high as 400 m, and a lava flow as long as 2 km into the Las Lajas drainage. The accompanying ash plume ash plume rose up to 5,500 m a.s.l. The explosions produced shock waves that could be felt several kilometres away.

Fuego 13 avril

Source: INSIVUMEH

Puissant séisme dans la région de l’Aso (Japon) // Powerful earthquake in the Mt Aso area (Japan)

drapeau-francaisUn séisme de magnitude M 6.4 (après avoir été estimée à M 7) a frappé la ville de Kumamoto et ses environs sur l’île de Kyushu jeudi soir à environ 21h26. L’étendue des dégâts reste à déterminer, mais il est déjà fait état de bâtiments endommagés et de personnes blessées. Aucune alerte tsunami n’a été déclenchée.
Une forte réplique a frappé la région vers 22h07. Des répliques plus faibles ont également suivi.
L’Agence Météorologique Japonaise a déclaré que l’hypocentre du séisme se trouvait à une dizaine de km de profondeur.

Le trafic sur la ligne du Kyushu Shinkansen a été suspendu.

Après le séisme, la compagnie Kyushu Electric Power a déclaré qu’aucune anomalie n’avait été détectée dans la centrale nucléaire de Sendai, dans la préfecture de Kagoshima. La recherche de dégâts possibles est en cours. Shikoku Electric Power a indiqué que la centrale nucléaire d’Ikata, qui est actuellement à l’arrêt, n’a subi aucun dégât pendant le séisme

Selon l’agence météorologique, le séisme de Kumamoto est le premier événement d’une magnitude M 7 enregistré depuis le grand séisme qui a fait d’énormes dégâts dans la région de Tohoku en mars 2011.

La zone frappée par le séisme se trouve à quelques dizaines de kilomètres de l’Aso. Bien que le lien entre séismes et éruptions volcaniques n’ait jamais été prouvé, le volcan doit être surveillée attentivement.
Source: The Japan Times.

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drapeau-anglaisAn M 6.4 earthquake struck Kumamoto Prefecture and surrounding areas in Kyushu Thursday evening at around 9:26 p.m. The extent of damage was not immediately clear, but reports of damaged buildings and injuries are slowly coming in. There has been no tsunami warning.

A strong aftershock struck the same region at around 10:07 p.m. Weaker aftershocks also followed.

The Japan Met Agency said the earthquake is believed to have struck at a depth of 10 km. All operations on the Kyushu Shinkansen Line were suspended following the quake.

Following the quake, Kyushu Electric Power Co. said it found no abnormalities in its Sendai nuclear plant in Kagoshima Prefecture. The operator said it is further looking into any possible damage. Shikoku Electric Power Co. said its Ikata nuclear plant, which is currently idled, sustained no damage from the quake.

According to the weather agency, the Kumamoto quake is the first intensity-7 quake since the Great East Japan Earthquake that wreaked havoc in the Tohoku region in March 2011.

The area struck by the earthquake lies a few tens of kilometres from Aso volcano. Although the link between such earthquakes and volcanic eruptions has never been proved, the volcano needs to be carefully monitored.

Source: The Japan Times.

Japon

On peut voir sur cette carte la ville de Kumamoto, avec le Mont Aso à l’est. Plus au sud de l’île de Kyushu, on distingue Kagoshima et le Sakurajima tout proche (Source: Google Map).

L’IAVCEI et le rôle des scientifiques en contexte éruptif // IAVCEI and the scientists’part in eruptive situations

drapeau-francaisL’Association Internationale de Volcanologie et de Chimie de l’Intérieur de la Terre (IAVCEI) a récemment publié un document intitulé Vers des lignes directrices de l’IAVCEI sur les rôles et les responsabilités des scientifiques impliqués dans l’évaluation  et la gestion des risques volcaniques, ainsi que la réponse aux crises. Il peut être lu à cette adresse, en utilisant le bouton «Télécharger PDF» sur la page:
http://iavcei.us7.list-manage.com/track/click?u=1285967088bec9dad5716099a&id=bb0d9fc90d&e=077f3f6a29

Voici la traduction du préambule de ce document :

L’Association Internationale de Volcanologie et de Chimie de l’Intérieur de la Terre (IAVCEI), en tant qu’association internationale représentative des scientifiques travaillant sur l’évaluation et la gestion des risques volcaniques, favorise une discussion ouverte au sein de la communauté scientifique à propos de nombreux sujets tels que :
* La meilleure façon de comprendre et de prévoir l’activité volcanique, les risques associés, et de contribuer à l’évaluation des risques;
* Les rôles et responsabilités dévolus aux scientifiques avant, pendant et après les crises;
* La nature des relations des scientifiques avec les autorités gouvernementales, les populations à risque, et les médias;
* La manière et l’ampleur de l’implication des scientifiques dans les processus qui conduisent les autorités à prendre des décisions, le degré de responsabilité ou de vulnérabilité des scientifiques dans les conséquences de ces décisions, et la façon dont l’apport des scientifiques peut être perçu et jugé par autrui;
* Le rôle de la culture nationale et locale et la perception du risque à la fois dans la politique de communication et de gestion des risques;
* L’efficacité des descriptions de phénomènes volcaniques prévus, les risques associés, et leurs incertitudes connexes;
* La meilleure façon d’augmenter la sensibilisation, la préparation et l’autonomisation des individus et de la société dans son ensemble, afin de réduire l’impact des phénomènes volcaniques sur la société.

En particulier, IAVCEI, en tant qu’organisme moderne, veut offrir à travers ses médias (son site Web, ses archives, ses documents, ses notes de recommandation) du matériel d’information susceptible d’aider ses membres et d’autres personnes à remplir ces rôles et assumer ces responsabilités. En particulier, les scientifiques ont un rôle à jouer dans la protection des populations et des sociétés contre les dommages causés par des phénomènes volcaniques, dans le cadre de la prise de conscience des besoins et des divers contextes culturels. En outre, l’IAVCEI veut développer des structures au sein desquelles les relations et la communication avec les communautés locales, les médias et les autorités peuvent être encouragées et améliorées.

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drapeau-anglaisThe International Association of Volcanology and Chemistry of the Eart’s Interior (IAVCEI) has recently released a document entitled Toward IAVCEI guidelines on the roles and responsibilities of scientists involved in volcanic hazard evaluation, risk mitigation, and crisis response that can be read at this address, using the “Download PDF” button on the page:

http://iavcei.us7.list-manage.com/track/click?u=1285967088bec9dad5716099a&id=bb0d9fc90d&e=077f3f6a29

Here is the foreword:

The International Association for Volcanology and Chemistry of the Earth’s Interior (IAVCEI), as the representative international association of scientists working on volcanic hazard evaluations and risk mitigation, promotes sustained open discussion within the scientific community of many relevant issues, including the following:

* how to best understand and forecast volcanic activity, the associated hazards, and contribute to risk evaluations;

* the appropriate roles and responsibilities of scientists prior to, during, and after crises;

* the nature of scientists’ relationships with government authorities, populations at risk, and the media;

* the manner and extent of involvement of scientists in processes that eventually lead authorities to make decisions, the extent of the liability or vulnerability of scientists to

the outcomes of these decisions, and the way that scientists’ input may be perceived and judged by others;

* the role of national and local culture and perception of risk in both mitigation policy and communication of hazard and risk;

* the effectiveness of descriptions of forecasted volcanic phenomena and associated hazards, and of their related uncertainties;

* how to best increase the awareness, preparedness and empowerment of individuals, and society as a whole, in order to reduce the impact of volcanic phenomena on society.

In particular, IAVCEI, as a modern learned society wants to offer through its media (e.g., its website, archives, documents, recommendation notes) informative material, which can help members and others to fulfill these roles and responsibilities. In particular, scientists have a role in protecting populations and societies from harm due to volcanic phenomena, within the context of, and being cognizant of, diverse cultural needs and settings. Furthermore, IAVCEI wants to develop frameworks within which relationships and communication with local communities, media, and authorities can be fostered and improved.

L’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 1950 // The 1950 eruption of Mauna Loa (Hawaii)

drapeau-francaisDans un article récent, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a décrit l’éruption du Mauna Loa en 1950, annoncée en mars de cette année-là par une inflation de la montagne. Ce gonflement était si important que le tilt été enregistré jusqu’au sommet du Kilauea. Deux mois plus tard, au mois de mai, la déformation continue de l’édifice s’est accompagnée d’une forte augmentation des petits séismes qui annonçaient l’imminence d’une éruption.
Le 29 mai, un séisme de M 6.4 a été enregistré sous le flanc ouest du Mauna Loa et a été ressenti dans toute l’île. A 21h04 (heure locale) le 1er juin, l’éruption a commencé, avec des l’ouverture de fractures au sommet et dans la partie haute de la Southwest Rift Zone.
L’éruption s’est ensuite propagée rapidement vers le bas du rift, entre 3845 et 3350 mètres d’altitude, avec des rivières de lave vers l’ouest et le sud-est. A 22h30, la fracture éruptive avait déchiré la Rift Zone sud-ouest jusqu’à 2380 m d’altitude, avec des fontaines de lave jaillissant sur 18 km et plusieurs rivières bien alimentées qui avançaient rapidement. Ces coulées ont atteint la côte sud de Kona en 3 heures, en détruisant des biens et en coupant la route principale ainsi que les lignes téléphoniques.
L’éruption a duré 23 jours et a produit 376 millions de mètres cubes de lave, avec plus de 90% de ce volume émis pendant les six premiers jours de l’éruption. Avec un volume de lave 200 fois supérieur à celui de l’éruption actuelle du Kilauea, le Mauna Loa en 1950 a émis plus de lave en six jours que le Pu’uO’o en émet en moyenne sur un laps de temps de 4 ans!
Des échantillons de lave prélevés sur l’ensemble des fractures ouvertes en 1950 ont permis d’étudier les changements intervenus dans la chimie et la minéralogie de la lave au cours de l’éruption.
Ainsi, à une altitude supérieure à 3350 m, les premières fractures ont émis un magma à relativement basse température qui s’était refroidi et partiellement cristallisé dans le réservoir sommital peu profond qui, vraisemblablement, avait également alimenté les éruptions antérieures.
Au fur et à mesure que l’éruption de 1950 a progressé, les fractures ouvertes à faible altitude ont émis des volumes de magma plus chaud et plus « primitif », avec une abondance de minéraux formés à des pressions et des températures élevées. Ces minéraux ont cristallisé dès le manteau (à environ 18 km de profondeur) ou bien ont été incorporés pendant l’ascension du magma à l’intérieur du volcan, signe que le magma est monté très rapidement depuis une grande profondeur.
Les cristaux émis à basse altitude indiquent que le magma a commencé à monter dans le manteau supérieur 8 mois avant l’éruption et que la quantité de magma, ainsi que sa vitesse d’ascension, ont augmenté dans les semaines précédant l’éruption.

Source: HVO.

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drapeau-anglaisIn a recent article, the Hawaiian Volcano Observatory described the 1950 Mauna Loa eruption which was announced in March by an inflation of the mountain. This inflation was so significant that tilt was recorded at the summit of Kilauea volcano. Two months later, continuing deformation was accompanied by a sharp increase in small earthquakes, signalling the probability of an eruption.

On May 29th, an M 6.4 earthquake occurred beneath Mauna Loa’s west flank and was felt on the whole island. At 9:04 p.m. (local time) on June 1st, the eruption began, with fissures opening at the summit and uppermost Southwest Rift Zone.

The fissure eruptions quickly spread down rift—from 3,845 to 3,350 metres a.s.l., sending floods of lava to the west and southeast. By 10:30 p.m., the eruptive fissure had slashed the Southwest Rift Zone down to 2380 m a.s.l., unleashing an 18-km-long trail of spectacular lava fountains that fed several well-fed and fast-moving lava flows. These flows reached the south Kona coast in about 3 hours, endangering lives, destroying property, and severing the main highway and telephone lines along the way.

The eruption lasted 23 days and produced 376 million cubic metres of lava, with over 90% of that volume issued during the first six days of the eruption. With an eruption rate 200 times greater than that of Kilauea’s current eruption, the 1950 Mauna Loa eruption produced more lava in six days than Pu’uO’o typically erupts in over 4 years!

Samples of lava collected from the entire extent of the 1950 fissures document changes in the lava chemistry and mineralogy over space and time during this event.

At elevations above 3,350 m, the earliest 1950 fissures erupted comparatively low-temperature magma, cooled and partly crystallized within a shallow summit reservoir that presumably also fed earlier eruptions.

As the 1950 eruption progressed, lower elevation fissures erupted increasing volumes of hotter and more “primitive” magma with an abundance of minerals formed at high pressures and temperatures. These minerals crystallized from their host magma within the mantle (around 18 km deep) or were incorporated as magma rose through the volcano, a sign that magma ascended quickly from great depths.

Crystals erupted from lower elevations indicate that magma began to ascend within the upper mantle up to 8 months before the eruption, and that the rate and amount of magma transport was increasing in the weeks prior to the eruption.

Source: HVO.

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Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)