Prévision et prévention volcaniques : Les défis de la communauté scientifique // Volcanic prevision and prevention : The challenges of the scientific community

Un rapport publié aux Etats-Unis par les Académies Nationales des Sciences, d’Ingénierie et de Médecine identifie de grands défis pour la communauté scientifique afin de mieux se préparer aux éruptions volcaniques
Malgré une meilleure compréhension des volcans, notre capacité à prévoir le moment, la durée, le type, la taille et les conséquences des éruptions volcaniques est limitée. Afin d’améliorer la prévision éruptive et sauver des vies, le rapport identifie les priorités de recherche pour un meilleur suivi des éruptions volcaniques et trois grands défis auxquels est confrontée la communauté volcanologique.
Le comité qui a mené l’étude a décrit les priorités de recherche dans des domaines tels que les processus qui gèrent le déplacement et le stockage du magma sous les volcans; comment les éruptions commencent, évoluent et finissent; comment un volcan entre en éruption; la prévision des éruptions; la transformation des paysages, des océans et de l’atmosphère face aux éruptions volcaniques; le comportement des volcans face aux changements à la surface de la Terre.
Sur la base de ces priorités de recherche, le comité a identifié trois grands défis majeurs pour faire progresser la science et le suivi des volcans:

Prévision de l’ampleur, de la durée et du risque induit par les éruptions en intégrant les observations avec des modèles.
Les prévisions actuelles sont basées sur la simple reconnaissance de données de surveillance volcanique. Ces approches ne sont pas toujours couronnées de succès parce que ces données de surveillance n’appréhendent pas la diversité des volcans ou leur évolution au fil du temps. Une approche basée sur des modèles de processus physiques et chimiques, s’appuyant sur le suivi des données de surveillance, comme cela se fait dans les prévisions météorologiques, pourrait améliorer la précision de la prévision éruptive. Une telle approche nécessite l’intégration de données et de méthodologies à partir de disciplines multiples.

Quantifier les cycles de vie des volcans et surmonter notre compréhension partielle actuelle.
La compréhension actuelle du cycle de vie d’un volcan est faussée car seulement un petit nombre de volcans sont étudiés. Une surveillance accrue depuis le sol, la mer et l’espace peut surmonter certaines de ces lacunes d’observation. L’amélioration des capacités de surveillance actuelles et la mise en place d’infrastructures permettant de rendre disponibles  les données historiques et de surveillance sont essentielles pour améliorer la compréhension des processus volcaniques et l’évaluation des risques volcaniques. Le comité a fait remarquer que des technologies innovantes telles que les capteurs peu coûteux, les drones et les nouvelles méthodes géochimiques micro-analytiques sont des outils prometteurs pour fournir de nouvelles connaissances sur l’activité volcanique.

Mettre en place une coordination au sein de la communauté volcanologique.
Près de 100 volcans entrent en éruption quelque part sur Terre chaque année. Le renforcement de la recherche pluridisciplinaire, de la recherche nationale et internationale, la mise en place de partenariats et de réseaux de formation peuvent aider la communauté scientifique à donner un nouvel élan aux progrès scientifiques résultant de l’étude des éruptions à travers le monde.

L’étude a été parrainée par la National Science Foundation, la NASA, l’USGS et les Académies Nationales des Sciences, d’Ingénierie et de Médecine. Le rapport complet peut être lu à cette adresse:
Http://www8.nationalacademies.org/onpinews/newsitem.aspx?RecordID=24650&_ga=1.36767842.396567824.1492636182

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A report published by the National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine identifies grand challenges for the scientific community to better prepare for volcanic eruptions

Despite broad understanding of volcanoes, our ability to predict the timing, duration, type, size, and consequences of volcanic eruptions is limited. To improve eruption forecasting and warnings to save lives, the report identifies research priorities for better monitoring of volcanic eruptions and three grand challenges facing the volcano science community.

The committee that conducted the study outlined several key questions and research priorities in areas such as the processes that move and store magma beneath volcanoes; how eruptions begin, evolve, and end; how a volcano erupts; forecasting eruptions; the response of landscapes, oceans, and the atmosphere to volcanic eruptions; and the response of volcanoes to changes on Earth’s surface.

Based on these research priorities, the committee identified three overarching grand challenges for advancing volcano science and monitoring:

Forecasting the size, duration, and hazard of eruptions by integrating observations with models

Current forecasts are based on recognizing patterns in monitoring data. These approaches have had mixed success because monitoring data do not capture the diversity of volcanoes or their evolution over time. An approach based on models of physical and chemical processes, informed by monitoring data, as is done in weather forecasting, could improve the accuracy of eruption forecasts. Such an approach requires integrating data and methodologies from multiple disciplines.

Quantifying the life cycles of volcanoes and overcoming our current biased understanding

Current understanding of a volcano’s life cycle is skewed because only a small number of volcanoes are studied. Extended monitoring from the ground, sea, and space can overcome some of these observational biases. Expanding and maintaining monitoring capabilities and supporting the infrastructure to make historical and monitoring data available are critical for advancing understanding of volcanic processes and assessing volcanic hazards. The committee noted that emerging technologies such as inexpensive sensors, drones, and new micro-analytical geochemical methods are promising tools to provide new insights into volcanic activity.

Building a coordinated volcano science community

Close to 100 volcanoes erupt somewhere on Earth each year. Strengthening multidisciplinary research, domestic and international research and monitoring partnerships, and training networks can help the research community maximize scientific advances that result from the study of eruptions around the world.

The study was sponsored by the National Science Foundation, NASA, the U.S. Geological Survey, and the National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. The whole report can be read at this address :

http://www8.nationalacademies.org/onpinews/newsitem.aspx?RecordID=24650&_ga=1.36767842.396567824.1492636182

Les volcans de l’arc des Aléoutiennes sont parmi les moins équipés et donc les plus difficiles à surveiller dans le monde (Source: AVO).

 

Les émissions de gaz du Poás (Costa Rica) // The gas emissions of Poás Volcano (Costa Rica)

Le Poás a connu un nouvel épisode éruptif vendredi matin. Le panache a atteint une altitude de plus d’un kilomètre et pouvait facilement être vu depuis plusieurs localités. La majorité des explosions n’expulsent que la vapeur d’eau, mais certaines projettent aussi des sédiments, des blocs et de petites quantités de cendre.
Selon OVSICORI, les panaches de gaz et de vapeur émis par volcan ont une incidence sur la qualité de l’air dans les zones habitées, avec des niveaux supérieurs aux valeurs autorisées de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les habitants de San José, Alajuela, Heredia et Cartago inhalent des quantités élevées de dioxyde de soufre, de dioxyde de carbone et parfois des particules de cendre, qui peuvent avoir un effet négatif sur la santé.
La station de surveillance de la qualité de l’air située à Hatillo a enregistré en moyenne une concentration de CO2 de 81 parties par milliard, avec un pic maximum de 99,1, ce qui dépasse les limites de l’OMS de 75 ppb. Les stations de surveillance dans d’autres zones urbaines ont également enregistré de fortes concentrations de gaz. Les fortes émissions de SO2 et de CO2  mesurées près du cratère du volcan sont interprétées par les scientifiques comme un signe de magma juvénile près de la surface. La combinaison de ces gaz et des fortes pluies comme celle des derniers jours produit des pluies acides, qui causent des dégâts aux cultures, à la végétation et même aux structures métalliques.
En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Poás via la caméra thermique, ainsi que son activité le 21 avril 2017.
http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

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Poás Volcano went through another eruption Friday morning. The eruptive plume reached an altitude of over 1 kilometre and could be easily seen from many spots of the metropolitan areas. The majority of the events expel only water vapour but some also carry sediments, small rocks and small quantities of ash.

According to OVSICORI, the vapours of the volcano are affecting the quality of the air in the metropolitan area, shooting up the contamination to levels that exceed the permitted values of the World Health Organization (WHO).

Residents of San José, Alajuela, Heredia and Cartago are breathing high levels of sulphur, carbon dioxide and occasionally ash particles, that can have a negative effect in health.

The air quality monitoring station located in Hatillo, registered in average a concentration of carbon dioxide of 81 parts per billion (ppb), with a maximum peak of 99.1 ppb, which exceeds the WHO limits of 75 ppb. Monitoring stations in other urban areas also marked high concentrations of gases. The high levels of sulfur dioxide and carbon dioxide measured near the crater of the volcano are interpreted by scientists as a sign of fresh magma near the surface. The combination of this gases in the air and heavy rains like the ones experienced in the last few days create  acid rain, which causes damage in crops, vegetation, and even metallic structures.

By clicking on this link, you will see images of the volcano through the thermal camera, as well as its activity on April 21st 2017.

http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

Incandescence dans le cratère le 22 avril au matin (Source: RSN)

Crédit photo: Wikipedia.

Fuego (Guatemala): Intensification de l’activité explosive // Intensification of explosive activity

Dans un bulletin spécial diffusé le 21 avril, l’INSIVUMEH indique que le Fuego connaît une nouvelle phase d’activité explosive intense avec une moyenne de 5 à 7 explosions faibles à modérées par heure. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 4,6 – 4,9 km d’altitude. Les explosions éjectent également des matériaux incandescents jusqu’à 150 à 300 mètres au-dessus du cratère et déclenchent parfois des avalanches le long des pentes du cône.
Les agences de voyages et les touristes sont fortement invités à ne pas s’approcher du volcan.
Source: INSIVUMEH.

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In a special bulletin released on April 21st, INSIVUMEH indicates that Fuego Volcano is going through a new outbreak of intense activity with an average of 5 to 7 weak to moderate explosions per hour. They generate ash plumes reaching  4.6 – 4.9 km a.s.l. The explosions eject incandescent material up to 150 to 300 metres above the crater and sometimes trigger avalanches along the slopes of the cone.

Travel agencies and tourists are strongly advised not to approach the volcano.

Source: INSIVUMEH.

Sismicité sur le Fuego pendant la matinée du 21 avril 2017.

Nouvelle éruption de Nishinoshima (Japon) // New eruption of Nishinoshima Volcano (Japan)

Selon l’Agence Météorologique Japonaise (JMA), une nouvelle éruption a commencé sur le volcan de l’Ile Nishinoshima le 20 avril 2017. On a observé l’émission d’un panache de couleur blanche près du cratère au centre de l’île, ainsi que d’une coulée de lave. L’éruption a été repérée par un avion de la Garde côtière japonaise vers 14 h 25 (heure locale), ce qui a conduit les autorités à émettre une alerte pour les navires à proximité. Selon le VAAC de Tokyo, le panache de cendre atteignait 2,4 km d’altitude mais il n’était pas visible sur les images satellites et la couleur de l’alerte aérienne n’a pas été modifiée. Cependant, il est possible que l’éruption se poursuive et il est demandé à la population de ne pas approcher à moins de 1,5 km du cratère
La dernière éruption de Nishinoshima a eu lieu en novembre 2015.
Sources: The Watchers, The Japan Tmes.

Même sans savoir lire le japonais, on comprend le message de cette vidéo!

http://www.asahi.com/articles/ASK4P32L5K4PULBJ001.html?ref=line_digest

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According to the Japan Meteorological Agency (JMA), a new eruption started at Nishinoshima volcano on April 20th, 2017. It was characterized by the ejection of white smoke from the vicinity of the crater in the center of the island and a lava flow. The eruption was spotted by Japanese Coast Guard aircraft at about 14:25 (local time), prompting authorities to issue an alert to vessels passing nearby. According to the Tokyo VAAC, the volcanic ash was reaching 2.4 km a.s.l. but the plume was not visible in satellite imagery and the Aviation Colour Code was not raised. However,  there is a possibility the eruption will continue and people are warned not to approach within 1.5 km of the crater

The last eruption of Nishinoshima took place in November 2015.

Sources: The Watchers, The Japan Times.

Even if you can’t read Japanese, you’ll understand the message in this video:

http://www.asahi.com/articles/ASK4P32L5K4PULBJ001.html?ref=line_digest

Vue de l’éruption de 2015 (Source: NASA)